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Médine "Arabian Panther" (complete review)

Publié le 24 novembre 2008 par Mysoulblog

"La panthère a été choisie comme emblème parce que c'est un animal noir et magnifique qui n'attaque pas mais se défend férocement" et comme un hommage aux Black Panthers de l'époque, trop souvent diabolises, Médine a choisi de donner le nom de "Arabian Panther" a son nouvel album. Retour sur ce rappeur havrais de 25 ans qui est loin d'en etre a son premier essai. Médine, de son vrai nom Médine Zaouiche, est un membre actif du label DIN Records qui abrite en autre le collectif La Boussole dont le rappeur fait également partie. Il a déjà 3 albums a son actif avec La Boussole et 3 albums solo : "11 septembre, récit du 11eme jour", "Jihad, le plus grand combat est contre soi-même" et "Table d'écoute". Il a également sorti une tape en même temps que sa tournée du même nom "Don't panik Tape".
Avec pour intro l'explication de la "panthère" des black panthers et l'extrait du film Malcom X "je ne prêche pas la haine, je prêche l'amour, je ne vous parlerais pas si je ne vous aimais pas", Médine donne le ton dès le premier titre de l'album "Self Défense", titre dans lequel il essaie une nouvelle fois d'éveiller les consciences "n'oublie pas ton histoire ou bien le monde t'oubliera". Ce morceau résume bien également sa détermination pour lutter les injustices et les inégalités "baisser les bras ne se fera que sous la pierre tombale". Et au cas où l'auditeur s'y tromperait, il précise que "c'est pas du gangsta rap".
L'album suit son chemin avec son "Peplum" qu'il dédie à tous ceux susceptibles de l'écouter, tous aussi différents soient-ils avec de nombreuse référence à la Grèce antique et au cinéma : "C'est pour les Macsimus en air max, les Cleopatre en tailles basses", "pour les jedi en djelaba", "nos destins sont des longs métrages sans remise de Cesar".
Dans ce nouvel opus, Médine se livre plus que dans les précédents, il ose même davantage les titres en "je", mais toujours de manière très imagée, voire parfois de manière ironique. Ainsi, il nous dresse son "Portrait Chinois" : "si j'étais un homme politique, je serais Mandela...", sans pour autant oublier de dénoncer "Mandela, oublie par l'Amnesty". Ceux qui l'écoutent depuis longtemps savent qu'il jongle avec les effets de style comme personne dans le but de provoquer mais surtout de faire réfléchir : "Si j'étais Bush, je serais un staff avec un femur d'irakien dans la bouche". On l'imagine tout à fait, non ?
Dans "RER D", le rappeur revient sur les calomnies d'une jeune femme qui, en juillet 2004, s'était mutilée en dessinant des croix gamés sur son corps et avait porté plainte en faisant croire qu'elle s'était fait agressée par des hommes qui la pensaient juive. Médine dénonce ici le manque d'objectivité de la part des journalistes "à aucun moment, le conditionnel n'est employé". Il nous offre à la fin ce qu'il pense de cette affaire sous forme d'interrogatoire "de la vengeance dans un costume d'innocence" et il incite la presse à publier des démentis pour chaque affaire similaire. Et quand on lui demande ce qu'il pense de l'antisémitisme, il répond que "c'est un cancer, tout comme l'islamophobie".
Médine pèse toujours le pour et le contre, soigne ses écrits, le choix de ses mots pour être le plus objectif possible. Aussi, il refuse les assimilations, les idées reçues et fait des recherches approfondies sur chaque thème qu'il aborde.
Il rassure dans "Don't panik" en essayant d'irradiquer la xénophobie et les clichés à coup de phrasés acerbes : "Aucun entrax dans mes chronoposts", "Don't panik, j'arrive pour formuler nos intentions", "Banlieusard de ta ville, dis-leur don't panik, africain de ta peau dis-leur don't panik". Il conclut sur une reprise du refrain de Rick Ross "Everyday I'm hustlin" qu'il a remixe en "everyday I'm muslim".
Il faut savoir que "Don't panik" était déjà une expression utilisée par le rappeur lors de sa précédente tournée : le "Don't panik tour" mais aussi le nom de son street album et des t-shirt pour en faire plus qu'un simple concept, une vraie philosophie. Enfin, il conclut sur une reprise du refrain de Rick Ross "Everyday I'm hustlin" qu'il remixe en "everyday I'm muslim"
Toujours respectueux des femmes, il leur dédie une ôde dans "A l'ombre du mâle" : "A l'ombre du mâle se cache le bien, à l'ombre du félin, tu trouveras son féminin", cette phrase resume parfaitement le thème de ce titre accompagné au refrain de la chanteuse/rappeuse Nneka (la classe!). Il en profite pour remettre les pendules à l'heure "si t'as mordu à la cédille de Koxie, je t'affirme qu'on n'a pas tous l'esprit au niveau du cocsis".
Tel un poète, Médine nous récite son "Pantherlude : ils peuvent..." avant de nous offrir le quatrième épisode de son cultissime "Enfant du destin" dans lequel il rend hommage cette fois à Kounta Kinté. Il nous propose ensuite un "Panther Blues" où il compare l'homme et les animaux : "l'homme le pire des compères" [...] "aucun animal n'envoie son adversaire au cimetière, l'homme est le pire frère" en featuring avec le rappeur Tiers Monde.
Toujours dans les revendications et les dénonciations, Médine nous livre un hymne à... sa barbe dans un titre très bien pensé et écrit "Code barbe".
Le rappeur s'essaie à la fiction dans "Camp Delta" en mettant en scène l'enlèvement de trois personnalités parmi les préferées de France : Zidane, Yannick Noah et Johnny Halliday. Il s'imagine alors ce que cela donnerait si ces trois personnes emblématiques étaient emprisonnées a Guantanamo mais que l'on soit clair, il le fait dans un but précis : éveiller davantage les consciences sur ce qu'il se passe là-bas "petite histoire d'un rappeur consterné, le plus dur étant de se sentir concerné alors je parle de prisionniers islamiques derrière un masque représentant les symboles démocratiques".
"Besoin de révolution", premier extrait de ce quatrième album, a pu rappeler aux afficionados son "besoin de résolution" mais Médine s'y attendait alors il précise : "besoin de remplacer le S par le V" dans un titre revendicatif "besoin d'un homme politique boulevard Auriol".
Il conclut par le titre le plus spirituel de l'album "Arabospiritual" : "dans les récits prophétiques, j'ai trouvé mon équilibre", "elle est mon garde-fou, celle qui garde au garde-à-vous, mon garde-boue quotidien", "Médine, j'habite à 5 000km de cette ville mais l'écho de son histoire résonne en moi comme un missile, comme une bénédiction, une sorte d'armure invisible" et où il retrace son parcours "Aucun ancien ne nous a pris sous son aile", "les magazines se décident à nous citer" et fait de nouveau référence à Malcom, Luther King, Massoud, et tous ses "kings" qu'il respecte.

J'oubliais, ne vous inquiétez pas si le livret de l'album commence par la fin, il a été rédigé de gauche à droite sur le modèle de l'écriture arabe. Et sachez également que l'album est disponible en édition limitée avec un t-shirt et un poster !

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