Magazine Culture

Poezibao a reçu, n° 63 (dimanche 11 janvier 2009)

Par Florence Trocmé

Cette rubrique suit l’actualité éditoriale et présente les derniers ouvrages reçus par Poezibao. Il ne s’agit pas de fiches de lecture ou de notes critiques et les présentations font souvent appel aux informations fournies par les éditeurs. Certains points de vue ou remarques sont toutefois le fait de la rédaction et sont alors précédés de la mention ndlr.

Parmi les livres récemment reçus par Poezibao :
Françoise Ascal, Rouge Rothko, Apogée
Revue Amastra-n-Gallar, spécial Bernard Noël
Pier Paolo Pasolini, C, Ypsilon
Christina Vogel, Valéry et Léonard, le drame d’une rencontre
Chantal Crespel-Houlon, « Azur, azur, seconde terre… » Marina Tsvétaeva, poète, Cerf
revue N 4728, n° 15
Bernardette Engel-Roux, Hauts sont les monts, Corlevour
revue Europe, n° Le Clézio
Coll., Visions, visitations, passions, en compagnie de Claude Louis-Combet, Corlevour
Béatrice Bonhomme, La Maison abandonnée, Melis
Didier Bourda, L’hygiaphone, Atelier de l’Agneau
Revue Borborygmes
Revue d’études apollinariennes
Rossano Rosi, Pocket Plan, Les Impressions nouvelles
Christophe Stolowicki, Alix, Le dé bleu

Poezibao a décidé de soutenir l’initiative de Place des Libraires et donne donc aussi souvent que possible, pour chaque livre, un lien vers le site de ce réseau de libraires indépendants qui tentent d’exister en face des géants de la distribution de livres en ligne.

Ascalfrancoise
Françoise Ascal
Rouge Rothko
Apogée, 2008
12 € - sur le site Place des Libraires
En librairie le 21 janvier

« Dans l'enfance, Velasquez, Goya, Van Gogh, Monet sont venus à moi par de petites portes, sous forme de livres de poche mal imprimés, de cartes postales, d'images découpées dans des revues, et même de calendriers des postes. Dès lors la peinture allait m'accompagner. Le face à face avec l'œuvre est devenu irremplaçable par la suite, mais je garde de cette époque une tendresse particulière pour ces supports de rêve que sont les images tenues au creux de la main. Au cours des années, après chaque exposition visitée, j'ai pris l'habitude d'acquérir quelques cartes. Aide-mémoire pour entretenir l'émotion, promesse d'approfondissement, talismans, elles rejoignent mon "atelier intérieur". Tout naturellement elles prennent place dans ces carnets que je tiens depuis toujours. Elles veillent en amies sur l'écriture. Elles nourrissent un dialogue secret. »
C’est dans cet atelier intérieur où l’intime et le collectif se rejoignent, qu’ont mûri les textes réunis ici. Ils invitent à une libre déambulation à partir d’un choix de seize cartes. On y retrouve Rembrandt, Munch mais aussi Kupka et Kandinsky.

Noel
Revue Amastra-n-Gallar, n° 15,
autono 2008

Cette revue espagnole qui avait déjà consacré un beau dossier à Florence Pazzottu offre ici un dossier Bernard Noël, avec des contributions de Jacques Ancet, Béatrice Bonhomme, Régine Detambel, Claire Fourier, Béatrice Machet, Anne Malaprade, Florence Pazzottu ou Claude Royet-Journoud.
La revue est en français mais comporte une traduction en espagnol d’un poème de Bernard Noël, « Ce jardin d’encre ».

Pasolini
Pier Paolo Pasolini
C. suivi de Projet d’œuvre future
traduction d’Isabella Checcaglini et Etienne Dobenesque
Ypsilon Éditeur, 2008, 17 €

Dans les archives de Pasolini, ce long poème « extravagant et ″hors d’œuvre »  figurait dans une chemise intitulée Poèmes marxistes. Inédit en italien jusqu’en 2003, il est traduit ici pour la première fois en français.
C. est l’initiale de chatte, le nom obscène et banal du sexe féminin. Mais C n’est pas tant l’« être » que l’« y être » de la chatte, une manière de la penser –origine et principe sacré du monde –qui est en premier lieu une manière de la dire et de la nommer. C. pas tant la chatte que le langage donc, tel que l’articule la sacralité de ce nom et de tous les « mots voisins »obscènes et banals, dans toutes les langues

Valery
Christina Vogel (éd.)
Valéry et Léonard : le drame d’une rencontre
Genèse de l’Introduction à la méthode de Léonard de Vinci
Rostocker Romanistische Arbeiten, 12, Peter Lang

Léonard de Vinci ne finit pas de hanter la pensée et l’œuvre valéryenne. Frappé très tôt par la vue des Carnets qui réunissent textes et images, Valéry accepte d’écrire, en 1895, Introduction à la méthode de Léonard de Vinci. Les seize études réunies ici montrent que Valéry est conduit à développer sa propre méthode. Tantôt imaginative, proche d’une logique sensible des formes, tantôt conceptuelle, fidèle à une logique rationnelle, la méthode valéryenne se cherche sans jamais se fixer définitivement. La version publiée de l’Introduction gardera la caractère inchoatif des premières esquisses.
(Professeur à l’université de Zürich, Christina Vogel enseigne les littératures française et roumaine. Elle participe à l’édition intégrale des Cahiers 1894-1914 de Valéry et a dirigé de 2004 à 2006 le séminaire de critique génétique de l’équipe Valéry de l’Institut des textes et manuscrits modernes.(dos du livre)

Crespel
Chantal Crespel-Houlon
Azur, azur, seconde terre… » Marina Tsvétaeva, poète
Cerf, 2009
19 €

Le présent ouvrage, centré principalement sur la poésie de Marina Tsvétaeva, est à la fois le récit d’une vie au cœur des turbulences et l’analyse d’une œuvre majeure de la littérature russe du xxe siècle.
Cette étude tente d’approfondir la compréhension des références mystiques dans un contexte d’incroyance.
Chantal Crespel-Houlon a longtemps enseigné le russe ; docteur en études slaves, elle poursuit depuis plus de dix ans des recherches sur l’œuvres de Marina Tsvétaeva dont elle donne ici, outre la traduction d’une trentaine de poème pour la majorité inédits, un substantiel résumé
(dos du livre)

Engel roux
Bernadette Engel-Roux
Hauts sont les monts
De Corlevour, 2008
14 €

Présente à la voix qu’elle salue inauguralement par les vers de la Chanson de Roland – redonnés à entendre dans leur ancien français originel –, tout en rompant de façon inouïe avec ce lignage, Bernadette Engel-Roux inscrit le chant ample de Hauts sont les monts sur un axe vertical double : celui qui, dans le monde, mène vers des sommets, celui qui, dans la langue, regarde en amont un corps millénaire et immémorial, et descend en aval le torrent de sa propre voix. Cependant que, sur un axe horizontal, se dessine un parcours, une errance, une tension inquiète de son vertige face à la cruelle splendeur du monde. Brèche et bouche, le Nom Roland choisit d’y venir dire sa mort exaltée. En ces espaces vastes, qui exaltent et terrifie, Bernadette Engel-Roux trouve son vrai lieu, les hautes salles à même de donner résonance à sa voix, en la distrayant de sa part nocturne.
Site de l’éditeur

N4728 15
Revue N 4728
n° 15
vente au numéro, 12 €, abonnement aux deux numéros de l’année civile, 25 €, étudiants et chômeurs, 15 €

Au sommaire de ce numéro les noms notamment de Jean Miniac, Jean-Baptiste Para, Jacques Demarcq, Jean-Paul Bota, Claude Favre, Fred Griot, Laurent Grisel, Jean-Paul Klée, Béatrice Machet, Valérie Schlée, Jasmine Viguier. A retenir aussi tout particulièrement un hommage à Louis Dubost, l’éditeur de l’Idée bleue, le Dé bleu.

Leclezioeurope
Revue Europe, n° 957-958
janvier-février 2009
Dossier Le Clézio
20 €

Au sommaire de ce numéro, un dossier Le Clézio coordonné par Claude Cavallero, avec des études et textes notamment de Tahar Ben Jelloun, Ananda Devi, Thierry Léger, Gabrielle Althen ; un dossier Michel Jourdan aves des contributions ou textes de Yves Leclair, Philippe Jaccottet, Yves Bonnefoy, Armel Guerne, Maurice Chappaz, Joël Vernet, Jean-Claude Pirotte. Le cahier de création est consacré à des poètes du Mexique.

Louiscombet
Coll., Visions, visitations, passions, en compagnie de Claude Louis-Combet
Corlevour, 2008
24 €

Entre peinture et écriture, voix et style, l’œuvre de Claude Louis-Combet fascine surtout pour la diversité et la polyvocité de son écriture singulière. Singularité, qui trame chacun de ses textes et tisse le lien entre la fiction, où s’inscrit en creux la mythobiographie, et la poésie ; entre la philosophie, et l’essai littéraire ; entre les récits mi-historiques, relatifs à l’expérience mystique, et le travail d’éditeur de textes spirituels anciens. D’une richesse vertigineuse, l’œuvre de Claude Louis-Combet est portée par une tension intérieure qui tient toujours l’écriture au plus près du cœur, de la poésie et de l’émotion.
Le titre le signale : c’est une œuvre qui envisage tout à la fois, entraînant avec elle la langue, les voix, le souffle.
Dix articles de réflexions approfondies, quatre hommages de poètes, huit œuvres d’artistes et quatre textes inédits de l’auteur : voici enfin le premier recueil d’une collaboration totale entre écrivains, poètes, essayistes, philosophes et artistes qui ont voulu suivre l’imaginaire de Claude Louis-Combet, afin de rendre compte de l’œuvre fascinante et vitale d’un des auteurs contemporains les plus prolifiques de son temps.
avec la participation de
B. Bonhomme. S. Boulard. P. de Brancion. C. Brunot. J.L Durrande. B. Engel-Roux. C. Fiat. A. Gur. C. Hubin. M. Johnson. F. Joseph-Lowery. S. Lavauzelle. J-C Meffre. Y. Peyré. & S. Stétié.

Bourda
Didier Bourda
L’hygiaphone
Atelier de l’Agneau, 2008
13 €

« L’hygiaphone commence par une énumération des choses arrivées. Une longue liste saisie dans le quotidien : un poulain meurt dans le champ d’en face, des gens vont au cinéma, une voiture est en vente, etc. On parle du Proche-Orient, de syndicalisme, de sexe : la chute des choses. Le sniper tout le temps du livre attend tranquillement en bordure de la bouche, vieux cercle maintes fois repris dans ces pages, il est seul à mesurer les véritables avancées » (Dos du livre)

Borbo
Revue Borborygmes
n° 10, juin 2008 et 11, septembre 2008
4 € le numéro
site

Sous titré « le trimestriel le plus petit du monde », Borborygmes est une revue de littérature et d’images. Quelques noms relevés au sommaire de ces deux récents numéros : David Ammar, Julien Derôme, Cécile Brisson, Tiziano Fratus, Jean-Claude Pirotte, Stéphane Delavet, etc.

Apollinaire4
Apollinaire
Revue d’études apollinariennes
Éditions Calliopées
Le numéro 20 E

Prenant le relais de deux publications dirigées par Michel Decaudin – la série Guillaume Apollinaire de La Revue des lettres modernes, dont le dernier numéro (22) est paru en 2007, et la revue trimestrielle Que Vlo-ve ?, animée et gérée par Victor Martin-Schmets, la revue semestrielle Apollinaire est à l’heure actuelle la seule qui soit consacrée à l’étude de l’œuvre d’Apollinaire. Co-dirigée par les élèves et amis de Michel Decaudin, Apollinaire a pour ambition de poursuivre son œuvre. Comité de rédaction : Jean Burgos, Pierre Caizergues, Claude Debon, Daniel Delbreil, Etienne-Alain Hubert. Au sommaire de ce numéro 4, un dossier « Contrastes parisiens 199-1901 » de Michel Decaudin, deux études sur Apollinaire et Carl Einstein, de Jean-Pol Madou et Apollinaire et Charlotte Delbo, de Agnès Paulot, et des « Notes sur quelques énigmes de Vendémiaire ». La revue publie bien entendu tous les comptes-rendus et informations nécessaires.

Rosi
Rossano Rosi
Pocket Plan
Les Impressions Nouvelles, 2008
10 €

Ce recueil rassemble quelques dizaines de sonnets et une poignée de rondeaux. Chaque texte est consacré à une rue de Bruxelles, un tram ou un autobus, que l'auteur a un jour empruntés. En somme, il s'agit d'un recueil de promenades : une manière d'herbier urbain où, au rythme des décasyllabes archirimés qui se succèdent de poème en poème, sont consignées telle ou telle observation, telle ou telle rêverie aussi, qu'il a eu l'occasion ou le hasard de faire en traversant des quartiers souvent familiers, parfois insolites. Et comme un hasard en appelle toujours un autre, chaque promenade (à l'exception du poème d'amour qui se trouve au centre exact du livre : l'amour est unique, comme chacun sait) trouve son écho dans une promenade correspondante. Bien entendu, un index détaillé des rues promenées clôt le livre.
Fiche de ce livre sur le site de l’éditeur (avec un extrait)

Stolo
Christophe Stolowicki
Alix
Le Dé bleu, l’idée bleue, 2008
12 €

Brouiller les pistes. N’être jamais là où on l’attend. Ne jamais prêter le flanc. Chez Christophe Stolowicki, cela tourne souvent autour de la lanuge. Il y ferraille avec volupté et rage tout à la fois. De ses langues plutôt : la seconde et bien sûr la première, même si on ne la lire pas ici, celle-ci irriguant celle-là. Recommandation : poncer à la pierre polonaise ma langue de bègue  en extraire la racine  Me faire la bouche aux langues croisées » (Christiane Tricoit, dos du livre)


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