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Safari, critique et conjectures

Par Korril
Je le savais en prenant ma place que j'allais au devant de grosses déconvenues. Mais bon, étant amateur de Mais Qui A Tué Pamela Rose et Un Ticket Pour l'Espace, j'avais envie de voir ce que donnerai le retour de Kad&O sur grand écran.
Du coup j'ai été voir
Safari !
Réalisé par Olivier Baroux
Avec Kad Merad, Lionel Abelanski et Valérie Benguigui Voilà un film qui s'inscrit parfaitement dans l'avalanche de comédies françaises actuelles : un scénario qui n'a rien d'exceptionnel (le héros est placé dans une situation où il est obligé d'enchaîner les gaffes) et des acteurs en vogue (deux d'entre eux ont fait les Ch'ti). Seulement le film est réalisé par Olivier Baroux et il y retrouve, pour le rôle principal, son pote de toujours, Kad Merad (quelques kilos en plus et un salaire surgonflé). Voilà qui augure de l'humour absurde à foison, des déguisements stupides et de la parodie déjanté.
Malheureusement, pour ceux qui ont vu le bande-annonce, Safari avait surtout l'air d'une bonne grosse comédie des familles, avec amant dans le placard et blagues éculées. Et ça en prend pas mal la direction, le film est très très très consensuel. Pas d'histoire sans queue ni tête, pas de poulet géant, pas de seconds rôles complètement fous, Olivier confirme le tournant amorcé avec Ce soir je dors chez toi. Fini le politiquement incorrect, l'humour est lisse, toute situation potentiellement tendancieuse est tout de suite désamorcée. Mais elle reste esquissée, comme un clin d'oeil aux fans de KDO à l'esprit tordu.
Mais que ces derniers se rassurent, le film est quand même régulièrement drôle. Au milieu des passages obligés de ce types de comédies road-trip sur le dépassement de soi (tout le monde a son petit secret, et le plus souvent c'est un cliché), il y a des moments de pur bonheur pour les zygomatiques. L'humour absurde est lui aussi présent, moins féroce et irrévérencieux que dans leurs précédents films. Kad y retrouve un personnage qui lui va comme un gant, un grand benêt peureux mais fier, qui assume à fond toutes ses conneries. A côté de lui le casting est un peu palot, à part les vieux briscards de ce type de film comme Lionel Abelanski, Nicolas Marié ou Omar Sy (monsieur "je suis dans tous les films de l'année"). Plus étonnant, Yannick Noah s'en tire très très bien et campe, pas trop mal, l'un des personnages les plus intéressant et original de Safari.
Au niveau de la mise en scène, on a parfois l'impression d'être devant une pub pour le ministère du tourisme d'Afrique du Sud : longs travellings (magnifiques) sur les paysages, couchers de soleil, troupeaux de buffles qui courent au ralenti, etc. Tout ça est très joli, mais cela ne fait que rajouter dans le côté consensuel de la chose.
C'est là où l'on en vient aux conjectures : soit Olivier Baroux a voulu faire un film résolument grand public, quitte à réfréner l'humour naze que l'on aime tellement, soit la pression d'une grosse production (avec producteurs relous) a eu raison de lui...

Safari est un film trop propre pour être un KDO, mais dans lequel les fans retrouveront sans peine l'humour du duo. Pas ennuyant pour autant, le film est agréable, sans être inoubliable.
Booyaaa !
Ps : je suis toujours pas convaincu que mettre un lion en image de synthèse ce soit très judicieux...

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