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Afghanistan: la peur d'envoyer ses enfants à l'école

Publié le 06 octobre 2007 par Willy
Afghanistan: la peur d'envoyer ses enfants à l'école Aujourd'hui, ils sont six millions de petits Afghans à s'asseoir sur les bancs des écoles. Photo The Boston Globe Agnès Gruda - La Presse Six ans après la chute des talibans, près d'un enfant afghan sur deux ne fréquente toujours pas l'école. Et la proportion est encore plus élevée chez les filles: à peine un tiers ont accès à l'instruction. Ce taux de fréquentation scolaire parmi les plus bas de la planète s'explique en bonne partie par l'insécurité et la peur, soutient Mohammed Haneef Atmar, ministre de l'Éducation de l'Afghanistan. Nommé à la tête de ce ministère il y a un peu d'un an, il y a longtemps que M. Atmar travaille à hausser le niveau d'instruction dans son pays. Sous le règne des talibans, à la fin des années 90, il y dirigeait un réseau de plus d'un millier d'écoles clandestines - tenues illégalement dans des maisons privées, au risque d'exposer élèves et professeurs aux représailles de ce gouvernement ultra religieux. «À l'époque, les élèves pouvaient être violemment battus. Nous nous demandions s'il était moral de les exposer à ce risque. Mais nous avons décidé que oui», a-t-il raconté hier lors de son passage à Montréal. Ce dilemme se pose toujours dans l'Afghanistan de l'an 2007. L'été dernier, une école de filles située à quelques dizaines de kilomètres de Kaboul a été prise pour cible par des terroristes, qui ont arrosé les élèves de balles alors qu'elles sortaient de l'immeuble. Deux élèves ont péri et quatre autres ont été blessées dans cette attaque. Le ministre Atmar raconte s'être rendu à la clinique où étaient soignées les blessées. «Lorsque j'ai voulu les réconforter, l'une d'entre elles m'a dit : Tout ce que je veux c'est que mon école reste ouverte», s'est-il rappelé hier, lors d'une conférence du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM). Bilan mitigé C'est un bilan scolaire mitigé qu'a brossé hier cet homme qui incarne à lui seul l'un des chapitres de l'histoire violente de son pays : car si M. Atmar se déplace avec une canne, c'est parce qu'il a été touché par un missile lors de la guerre civile qui a déchiré l'Afghanistan à la fin des années 80. D'une part, la situation s'est améliorée depuis la chute des talibans : sous leur règne, à peine 700 000 enfants avaient accès à l'instruction - et il s'agissait exclusivement de garçons. Aujourd'hui, ils sont six millions à s'asseoir sur les bancs des écoles - mais cela ne représente encore que 45% des enfants d'âge scolaire, et à peine 35% des filles. Ce bas taux de scolarisation n'est-il pas le reflet d'une tradition? Le ministre Atmar rejette cette interprétation. Selon une étude menée par son ministère, les parents qui hésitent à envoyer leurs enfants à l'école expliquent leurs réticences par trois motifs: la peur pour la sécurité des jeunes, le manque de femmes enseignantes, et le délabrement des infrastructures scolaires. 60 millions pour les écoles En tournée au Canada à un moment où l'engagement militaire en Afghanistan y est de plus en plus critiqué, le ministre afghan ajoute sa voix à celle du président Hamid Karzaï qui appelle Ottawa à ne pas abandonner son pays. Preuve de la bonne volonté canadienne, la ministre de la Coopération internationale Bev Oda a annoncé hier l'octroi de 60 millions $ pour les quatre prochaines années, pour financer le développement du système scolaire afghan. Cet argent servira à construire de nouvelles écoles, mais aussi à produire du nouveau matériel pédagogique. «À Kandahar, 200 000 enfants, dont 40 000 filles, vont à l'école aujourd'hui. Si le Canada se retire, ils ne pourront plus y aller», a fait valoir M. Atmar en guise d'argument en faveur du maintien de la mission canadienne. LE CHIFFRE QUI FRAPPE Le salaire maximal d'un enseignant afghan est de 60$ par mois. Selon un projet de loi qui vient d'être déposé devant le Parlement afghan, cette rémunération pourrait être majorée, pour atteindre un salaire oscillant entre 130 et 600 dollars.

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