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Rompre le ramadan avec les boulettes d’Alexandrie à la sauce abricotée

Par Estebe
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Salam, les jolis aminches


Depuis samedi dernier à l’aube, nos potes musulmans font ceinture. C’est reparti pour un mois de ramadan. Pas boire. Pas manger. Pas fumer. Pas faire de krakou avec la voisine Jasmina. Ceinture donc. Mais de l’aube au crépuscule, seulement. Dès que le soleil s’en va au dodo, la rigolade redémarre. Doucement, notez. Car le jeûne se rompt sans hâte, avec un verre de lait et quelques dattes d’abord, une soussoupe ensuite, manière de pas chambouler ce bidon tout vide. A partir de là, le gueuleton peut s’étaler jusqu’à tard dans la nuit, dans le partage et la convivialité, avec plein de recettes rituelles, qui varient à l’infini du Maghreb au Pakistan et dont le slurpisme nous fait parfois regretter notre impiété congénitale.
Notez que rien ne nous empêche, nous autres mécréants à poil roux et pupille vitreuse, de nous mitonner, puis de mastiquer le soir venu, une joyeuse spécialité orientale. Par exemple ces koftas d’Alexandrie et leur sauce abricotée, adaptation d’un classique égyptien découvert naguère dans un roman dont on a oublié le nom. Mais pas la recette. Nyark.

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Pour les boulettes et deux gulus à table,
il vous faut 350 grammes d’agneau haché par le boucher moustachu, un bulbe d’oignon nouveau, un demi-bouquet de coriandre, des pignons, un œuf et un rien de piment.
Pour la sauce aux abricots et toujours les deux mêmes gulus à table, prévoyez 100 grammes d’abricots secs, deux gousses d’ail, 1,5 déci de bouillon de volaille, de la coriandre en poudre et voilà.
Dans une jatte, en chantonnant un vieux morceau de Cat Stevens, touillez la viande avec six brins de coriandre hachée, l’œuf, l’oignon émincé menu, sel, poivre et piment. Dans vos mimines habiles, moulez ensuite des boulettes de la taille d’une burne de bonobo. Glissez-y un pignon. Et faites dorer sous toutes les coutures, huit-dix minutes à feu mezzo (ou mezze), dans une noisette de beurre.
La sauce? Fastoche. Faites tremper une heure les abricots dans de l’eau tiède. Puis mixez-les avec la coriandre en poudre, une bonne giclée d’huile d’olive et l’ail. Intégrez progressivement le bouillon, jusqu’à texture inspirante. Une pincée de sucre, s’il le faut. Sel, poivre. Et faites chauffer tout doux quelques minutes.
Il faut un gros mamelon de couscous avec ça. Et, si votre religion vous le permet, un bon coup de rouge. Lequel? Aucune idée. Ben oui. Voyez-vous, il y a des jours où nos neurones font le jeûne.

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Assalamou Alaykoum, les potes

NB1 : Un bon bouquin de recettes récent : «Saveurs et couleurs, les cuisines du ramadan à travers le monde» d’Hind Caidi, chez Albin Michel. Drôlement alléchant.

NB2
: Le dicton du jour: les petits crus font les grandes cuites. C’est élégant. Et si pertinent.


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