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Passage au caveau de Gérard Boulay, Sancerre

Par Maigremont

Toujours dans le cadre de notre week-end Sancerrois et après la visite du domaine Christian Salmon à Bué, nous prenons la direction Chavignol fameux hameaux de Sancerre : son crotin, ses vignes et Gérard Boulay. S'il ne fallait retenir que 3 ou 4 producteurs de blanc de l'appellation Sancerre, nul doute que Gérard Boulay en ferait parti.

Ancestral, c'est le moins qu'on puisse dire, puisque les origines remontent à... 1380 ! Gérard nous montre fièrement une contre étiquette qui indique cette mention. Le domaine produit à peu près 60000 bouteilles par an et est composé de différentes parcelles de calcaire, situées autour de Chavignol : ce sol donne un vin rond tout en restituant l'énergie emmagasinée durant la saison. Parmi ces parcelles, nous retrouvons les fameux "Clos de Beaujeu", les "Monts Damnés" et "Comtesse".

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Chavignol


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Les 11 hectares sont exploités grâce à 3 personnes à temps plein, qui sont nécessaires à la conduite des vignes de façon biologique (non certifiée) et pour le travail des sols.

Rencontre avec Gérard Boulay, un homme qui parle très peu, mais dont l'essentiel est contée par ces vins.

Sancerre 2007 : première cuvée, il annonce la couleur : on est pas venu pour rien. Libre de tout, droit dans ses bottes, jolie acidité, rondeur. On est loin du fameux pipi de chat représentatif des sauvignons pas murs. Tout y est... pour 10 € seulement. Bien +

Sancerre 2005 : il paraît plus mur encore que son cadet de 2 ans et l'acidité s'est altérée avec le temps. S'ajoute à cela une forte minéralité digne des plus grands Chablis. Superbe !

Le Clos de Beaujeu 2007 : la parcelle repose sur un sol argilo-calcaire qui n'est autre que le prolongement de

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la strate Kimmeridgienne de Chablis. Les pentes sont raides (jusqu'à 70 %) et tout le travail à la vigne se fait à la main. Le nez est plus en retrait que pour la cuvée de base, mais on sent la bête prête à bondir dans quelques années. Par contre, matière imposante et dense en bouche où l'on ressent cette minéralité sous-jacente. Bien +

Le Clos de Beaujeu 2004 : réputé comme un petit millésime, il fallait la pâte du maître pour le hisser au niveau des plus grands. Le vin évolue d'avantage sur la finesse et un registre floral, avec des pointes de fenouil et d'anis.

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Le vigneron  fait le vin dans sa vigne, pas ailleurs" G Boulay

Le Clos de Beaujeu 2000 : proposé par Gérard Boulay à l'aveugle. Etincelant de jeunesse, pimpant, la complexité s'exprime avec 10 ans de bouteille : fruits jaunes, cèpes frais. Profond et dense à la fois, il pourra tenir encore au moins autant de temps qu'il n'a déjà vécu. Magnifique.

A ce stade de la dégustation, Gérard Boulay nous fait le plaisir d'ouvrir une bouteille d'un millésime plus ancien. La liaison radio est complètement établie entre nous, d'autant que nous avons touché un point sensible du personnage : la cuisine et plus précisément, les accords mets et vins...

Le Clos de Beaujeu 1997 : bien loin de penser qu'un Sancerre pouvait vieillir à ce point, force est de constater que ce qui est dans le verre tient encore parfaitement la route. Arômes de térébenthine et de coquillages, la structure s'est arrondie tout en gardant une certaine vivacité qui lui permet de ne pas tomber dans le vieux vin sans intérêt. Très bien

Les Monts Damnés 2007 : 2007 est un magnifique millésime pour les sauvignons de Loire et particulièrement réussi à Sancerre. Caractérisé par une structure en bouche assez vive, les fondamentaux sont tous présents : de la matière, de l'équilibre, du fruit. C'est encore plus vrai avec ce superbe Monts Damnés. Le terroir argilo-calcaire donne de l'élan et de l'amplitude et comme si ce n'était pas suffisant, tout semble doublé tant en matière d'intensité que de précision. Impossible de ne pas le déclarer Coup de Cœur du jour   !

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Les Monts Damnés 2007 "Comtesse" : la parcelle de "Comtesse" est enclavée dans la partie basse de celle des Monts Damnés. Les raisins issus des vieilles vignes de 70 ans du terroir argilo-calcaire sont vinifiés comme à l'accoutumée en cuve inox et ce comme chaque millésime. Le vin est riche, très grosse matière en bouche, mais pas encore en place. Le potentiel est énorme. Nous avons noté "Wait". Obéissons à la Comtesse alors.

Les Monts Damnés 2005 "Comtesse" : plus précis et plus expressif que le 2007, avec un peu moins d'acidité,  de gras et une très légère sensation sucrée : environ 4 grammes de sucres résiduels qui permettent d'après Gérard Boulay de l'accompagner sans hésiter d'un fois gras.

Comment dire ? Génial. Toutes les cuvées sont intéressantes, riches et mures, paraissant vieillir à merveille. Les prix ? 10 € pour le Sancerre de Base, 15 pour les Monts Damnés et Clos de Beaujeu et 18 pour Comtesse. Une paille compte tenu de la qualité époustoufflante.

Merci à Gérard Boulay pour son accueil, son temps, sa sagesse et sa gentillesse.

Et puis en sortant, un petit tour à la fromagerie Dubois-Boulay située tout à côté  du caveau pour un accord... parfait

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Gérard Boulay

100

Chavignol - 18300 Sancerre
Tel : +33 2 48 54 36 37
@ : boulayg-vigneron@wanadoo.fr 

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