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Durian Durian

Par Cyrilboyer
Durian DurianJe les réserve pour le prochain qui m'offre des chocolats à la liqueur.

Ceux qui pensent que les Chinois (et, plus généralement les habitants du sud est asiatique)mangent n’importe quoi, puisqu’ils cuisinent même du serpent ou du chien, ont raison. Enfin, je n’ai aucun avis sur le serpent, qui n’est sans doute pas plus mauvais que des cuisses de grenouilles, ni sur le chien, qui n’est pas un animal qui m’inspire plus de sympathie qu’un agneau ou un petit lapin, mais j’ai un avis désormais assez tranché sur le durian. J’en avais entendu parler, mais je n’avais osé sauter le pas et goûter à ce fruit qui a la réputation d’être tellement infect qu’il est explicitement interdit d’en consommer dans le métro de Singapour. Et puis, vendredi, bêtement, je me suis laissé tenter par une friandise au durian, rapportée par des invités que je croyais être des amis.

La légende raconte que, en dépit de son infecte puanteur, la saveur du fruit, quoique particulière, n’est pas sans charme. Mon odorat blindé par deux ans de manipulation quotidienne de couches culottes et de lait en poudre, conjugué au fait que ce n’était pas le fruit lui-même que j’allais essayer mais une version bonbon, pour enfant quoi, me confortait dans l’idée que j’essaie d’inculquer à ma fille : « il faut goûter avant de dire que ce n’est pas bon ». Et, de même que je mange des grenouilles ou des lapins cités plus haut, je ne me prive pas non plus de fromages dont l’aspect comme l’odeur sont, objectivement, repoussants.

Soyons honnêtes, j’ai eu l’impression de mordre dans un oignon vieux de deux ou trois ans. Enrobé de caramel, bonbon oblige. Un goût tellement horrible que, en comparaison, le pire chocolat à la liqueur passerait pour un délice incomparable. Il m'était impossible de continuer à manger cette horreur. L’intérêt olfactif et gustatif de la chose étant nul, en ce qui me concerne, passé l’intérêt culturel, essayons de tirer quelque chose de cette expérience, et de chercher comment décrire cette saveur pour le moins déroutante : le pet d'un poisson qui aurait mangé du munster, une confiture au soufre truffée à l'ail fermenté, les chaussettes d'une hyène à l'arrivée d'un marathon, une charogne trempée dans de l'ammoniaque, une plaquette de beurre rance qu'on aurait oubliée deux mois dans une raffinerie de pétrole. C'est surtout très, très puissant et on a du mal à croire que la nature puisse produire de telles choses. Le durianier a dû être créé le -1° jour, quand Dieu venait de recevoir sa mallette de petit chimiste et avait du mal à bien doser les odeurs.

Il paraît que, en Asie, certaines femmes enceinte ont des envies irrépressibles de durian pendant leur grossesse. A tout prendre, je préfère être chargé de trouver des fraises, même au mois de novembre.


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