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e-paper : où sont les éditeurs ?

Par Lorenzo Soccavo

e-paper : où sont les éditeurs ?

Récemment affligé par la politique de certains grands groupes (voir mon post du 24 octobre dernier : Hachette met le livre français sous cloche) j'ai repris espoir hier en écoutant Stéphanie Chevrier, dans le cadre des 7ème Rencontres Tebaldo à Paris.
Stéphanie Chevrier est directrice littéraire au sein du groupe Flammarion. Elle prépare avec Tebaldo et l'auteur de thrillers et de romans d'aventure Henri Lœvenbruck l'édition e-paper du titre Le testament des siècles.
Pour Stéphanie Chevrier, l'édition e-paper est, je la cite scrupuleusement : « un marché supplémentaire ». Si l'éditrice insiste sur le fait que : « le papier électronique n'a pas vocation à remplacer le papier », elle déclare néanmoins clairement que ses confrères doivent aujourd'hui : « apprendre à éditer des ouvrages sur papier électronique... »

Le modèle éditorial que prône Stéphanie Chevrier et que je juge pour ma part pertinent repose, d'une part, sur une édition accompagnée de bonus (biographie, photos et interviews de l'auteur, musiques et sources écrites et iconographiques qui l'ont inspiré [par exemple, des reproductions de Durer pour Le testament des siècles], etc.), et, à terme, d'autre part, sur une lecture approfondie à plusieurs niveaux (documents annexes, cartes géographiques, extraits d'ouvrages cités, etc.).
Livres jeunesse et parascolaires, documents et romans historiques, biographies [« biographie d'un chef d'Etat, par exemple... » proposait notre éditrice : mais à qui pensait-elle ?] et romans de genre sont, en effet, bien adaptés à la base pour inspirer des éditions e-paper.
En parallèle ou après un succès en librairie, une édition e-paper pourrait en effet, sur le modèle des DVD avec bonus après projection en salles du film, donner une seconde vie à nombre de livres.
Pour Stéphanie Chevrier une édition e-paper doit être : « une variation supplémentaire et enrichie d'un ouvrage qui aurait connu un succès en librairie... » Un peu comme une édition poche, mais, avec les possibilités d'enrichissement de la lecture apportées par le e-paper. Et de citer avec pertinence le Da Vinci Code comme best-seller qui aurait connu une énième vie sur reader, avec de multiples bonus : photos et plans des lieux emblématiques de l'histoire, reproduction des tableaux cités, sources de l'auteur et documents historiques, énigmes supplémentaires, etc.
En conclusion : une édition e-paper se justifie si elle apporte un enrichissement éditorial au texte de base, et cela est possible si auteur et éditeur y mettent de la bonne volonté. Avec Stéphanie Chevrier et Henri Lœvenbruck c'est le cas.
De quoi réchauffer mon cœur de prospectiviste de l'édition ;-)


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