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Le fabuleux destin d’Amélie Mauresmo

Publié le 09 décembre 2009 par Reydecali
Amélie Mauresmo, victorieuse de Wimbledon en 2006

Amélie Mauresmo, victorieuse de Wimbledon en 2006

Clap de fin pour Amélie Mauresmo. Jeudi 3 décembre, devant un parterre de journalistes réunis pour l’occasion, la tenniswoman de 30 ans annonce la fin de sa carrière. Retour sur le voyage extraordinaire au pays du tennis, d’une jeune femme pas tout à fait comme les autres…

Une championne d’exception

Quand la petite Amélie, postée devant sa télévision un après-midi de mai 1983, voit un certain Yannick Noah triompher à Roland Garros, c’est la révélation. Elle sera joueuse de tennis. Ce qu’elle ne sait pas alors, c’est que, plus de vingt-cinq ans plus tard, elle tirera sa révérence en laissant derrière elle une marque immuable. Mauresmo, c’est le plus beau palmarès du tennis français depuis Suzanne Lenglen : 25 titres sur le circuit dont deux Grand Chelem (Australie et Wimbledon en 2006), une médaille d’argent aux Jeux Olympiques (Athènes, 2004), une Fed Cup (2003), et une place de numéro un mondiale (2004 et 2006).
C’est aussi l’image d’un jeu fin, inspiré, imprévisible, contrastant avec un physique impressionnant. L’antinomie comme marque de fabrique. Ou comment durant toute sa vie, Amélie a du exorciser ses démons, apprivoiser ses différences pour se tracer une route jalonnée de fils d’or vers les étoiles.

Le tennis comme exutoire

Amélie n’a jamais pu mentir sur ce qu’elle est réellement : une personne hyper-sensible, angoissée, en combat perpétuel avec ses propres peurs. Cette fragilité s’est parfois cristallisée dans son jeu (en témoignent ses échecs répétés sur la terre battue de Roland Garros), mais elle a été avant tout un moteur dans son parcours. En la domptant, elle s’est forgée une carapace, un artifice lui permettant d’affronter et de surmonter les affres de son destin. Elle déclare à ce sujet : « Il y a une chose qui m’a toujours nourrie, c’est ma sensibilité. Je suis super fière d’avoir pu accomplir cette carrière en la vivant d’une manière complètement exacerbée. […] J’avais une grosse sensibilité, mais aussi une force encore plus forte pour aller au-delà de ça ». Cette force de caractère prodigieuse lui a permis de devenir la championne que l’on connaît. Elle l’a aussi aidée à se réaliser en tant qu’être, à s’accepter enfin en refermant les blessures ouvertes de sa jeunesse. Comme en 1999, lorsqu’elle révèle son homosexualité après une défaite face à Martina Hingis en finale de l’Open d’Australie. Une étape déterminante. Tout après, sera un peu plus facile.
Son prophète inspirateur, Yannick Noah, est sans doute celui qui parle le mieux de cet accomplissement : « C’est un parcours fantastique. S’être affirmé à travers le jeu, ce sont des victoires qui n’ont pas de prix. On a des points communs : cette espèce de rejet de qui on est au départ ».

Une princesse des courts

Amélie Mauresmo sort de scène en laissant derrière elle l’image d’une grande dame du tennis. Une championne toujours restée fidèle à ses valeurs de simplicité, d’humilité et de respect. Une joueuse brillante, au talent pas toujours reconnu à sa juste valeur. Une bonne vivante et une personnalité attachante enfin. Au moment des adieux, les éloges sont légions. Son ancien entraîneur, Loic Courteau, évoque une personne « magnifique, une fille intelligente, drôle, généreuse qui sait profiter de la vie tout en restant une championne ». Hugo Lecoq, son coach en 2009, parle d’une « femme formidable, une patronne exceptionnelle », tandis que Jean Gachassin, président de la FFT, atteste : « c’est une grosse personnalité qui s’en va. Elle a marqué son époque ».

Avec son départ, Amélie Mauresmo laisse un vide insondable dans le tennis français. S’ouvre désormais pour elle une seconde vie, dont elle aura tout le loisir de profiter, à 30 ans. Bon vent, et merci pour tout, championne.


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