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KEVIN K & TEXAS TERRI ::: Firestorm (par Guy-Michel Thor)

Publié le 26 avril 2010 par Gonzai

Traîné à Bagnolet par les hasards de l’orthodontie (ce con de dentiste part toujours hors saison et son remplaçant est un jeune golfeur à la noix) je me suis retrouvé courant octobre dernier à danser la gigue dans le cabinet médical le plus proche de chez ma sœur.

KEVIN K & TEXAS TERRI ::: Firestorm (par Guy-Michel Thor)
Les repas chez Mich’, c’est toujours comme ça ! Si ça finit pas en pétage de bide pour le chevreuil écrasé en GTI qu’il faut finir, c’est l’entérologue à cause du poisson ramassé en train de remonter la Marne sur le dos. Là, pas mieux, c’était un plomb de merde qui m’avait fait sauter la moitié de la mâchoire ; du "n°5" m’avait précisé plus tard ce connard de toubib, « spécial gibier noble ». Je t’en foutrais moi…

Incapable de tenir en place, j’avais refilé le volant à Brandon en désespoir de cause (Bobonne était cuite comme une pomme au four avant même la fin de l’apéritif et je soupçonne ce salopard de beau-frère de lui faire le coup à chaque fois pour pouvoir lui mater le corsage plus facilement). Mais uniquement sur les derniers mètres hein, quand je me suis jeté de la voiture devant le cabinet avec pour consigne de faire le créneau. Je le sais bien qu’il la connaît ma Xantia mon Brandon, un jour j’ai retrouvé des capotes dans la boîte à gant qui n’étaient pas les miennes ! Wham, bam, boum pour le rejeton ! La claque en trois fois ça a fait, et c’est pas Little Richard qui me contredira. Ha ha.

Je vous passe la secrétaire trop occupée avec ses deux téléphones et la salle d’attente remplie de chiards qui déchirent des journaux sous les yeux de leurs matrones débiles. Moi dans ces cas là, je me mets directos en recherche de la bonne porte. J’en ouvre deux et je tombe sur des chiottes et une salle de radio qui faisait des lumières comme dans Highlander ou les clips de techno. J’avais pas atteint la troisième porte quand une cousine en blouse blanche m’a choppé par le bras.

Et là on a entendu la tôle froissée.

Putain, cette fois-ci j’allais devoir expliquer à Clara que son gosse était définitivement parti pour le paradis des mal-finis, "s’il a griffé la Xantia je lui enfile sa collec' de mp3 dans sa gueule". Je traversais le cabinet et trois enjambés en direction de la rue devant la nana médusée quand j’ai pris en pleine gueule la double porte. Le type qui venait d’entrer dans ma tête avait des tatouages plein les bras, les douilles en bataille comme s’il sortait du paddock d’une petite, un marcel noir qui avait dû servir à écraser des mouches ou des rats... Bref, le cave saignait le rock par tous les pores de la peau, à commencer par son arcade.

Dehors, sa caisse hurlait un vieux London Boys par ses vitres d’autant plus ouvertes qu’il venait de s’exploser la calandre dans un plot et que le pare-brise avait fait le saut. Brandon était plus loin, sain et sauf. Tant pis, on ne peut pas tout avoir. Enfin bon, la Xantia était ok elle aussi.

KEVIN K & TEXAS TERRI ::: Firestorm (par Guy-Michel Thor)
Pour vous la faire courte, on a eu le droit à un petit ravalement de façade au torchon mouillé et à des antalgiques dans un box à part, le temps qu’un médecin puisse nous recevoir séparément. Et c’est là que je l’ai reconnu, débarbouillé : ce mec c’était Kevin K. Un polak de New York qui avait fait notre première partie avec les St Etienne Dolls à une kermesse pour le fils de Sylvain Sylvain. Ou Nolan ? Je sais plus, mais ce jour là aussi on avait fait sauter des plombages. Ce mec avait la carrure à jouer du lourd, porter des piano par les dents, manger des stacks marshall. Il avait été batteur derrière son frangibus pendant 25 balais, dans les Road Vultures, les Lone Cowboys et une pelletée d’autres ramassis de gras qui colportait le bon Heartbreakers. Mais là, à la kermesse, il venait de reprendre le manche pour livraison de sapin. Alan K servait désormais de terreau, et si le père Kevin s’en sortait bien en Johnny Thunder low-cost, on voyait bien qu’il avait pas la frite. C’était il y a bientôt quinze piges et punaise ! là avec le coup de porte que j’avais mangé je pouvais vous assurer qu’il allait mieux.

On a parlé des Ramones au R’n’R Hall of Fame, enfin de ceux qui restent et qui n’ont pas de déambulateur, de Ron Asheton parti en fumée alors que Iggy pas, et puis de son concert de la veille aussi. Il a insisté pour me montrer des photos d’une de ses vieilles copines teutonnes, Texas Terri avec qui il voulait enregistrer depuis qu’elle avait crié quelques mots dans un micro qui sentait pour toujours la mouille et le schnaps. On a ri et puis il est reparti.

Ce matin j’ai reçu sa dernière galette par Chronopost. Firestorm ! C’est écrit dessus comme le porc ou le Samu. Faut savoir que c’est une gonzesse qui chante parce qu’on dirait plutôt les Dead Boys. Le reste par contre, c’est Johnny Thunder revenu d’entres les vers ! La batterie est carrée (dans qui, ça par contre… ?) et un peu en arrière pour qu’on profite bien du grain qui se fait moudre. J’attend que Brandon rentre ce soir pour le claquer et lui dire ce que j’ai sur le cœur : On aurait dû t’appeler Kevin !

Après ça, Iggy peut bien tourner avec Williamson tout ce qu’il veut, moi j’attends que Kevin K et Nolan monte un truc digne de ce nom. Quoi ? Nolan est mort aussi ? Rhaa…

Kevin K & Texas Terri // Firestorm // Beast Records
http://www.myspace.com/kevinkrock


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