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Sage Francis : Li(f)e

Publié le 12 juillet 2010 par Crazyhorus

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Si Sage Francis a toujours été une figure à part dans le monde du hip hop, il n'en est  pas moins resté un artiste à la fois extrêmement imaginatif et insaisissable.  Natif de Miami, cet étrange conteur au caractère bien trempé et à la barbe généreuse se situe à des lieues du rap dit “traditionnel”, position entièrement revendiquée qui lui attirera aussi rapidement les foudres de certains MCs que le respect de son auditoire.  Reste que cet amateur invétéré de rock indie s’est depuis plusieurs années tracé un sillon non négligeable dans le paysage rappologique à grands coups de cross over osés et habillement maîtrisés, comme l’atteste son deuxième album, A Healthy Distrust paru en 2005.

Seulement avec Li(f)e, Sage Francis franchit un pas de plus vers son rêve folk-rock en s’entourant de pointures du genre comme Mark Linkous (de Sparklehorse), Tim Fite, Chris Walla (de Death Cab For Cutie), Jason Lytle (de Grandaddy), Tim Rutili (de Califone), en passant par Buck 65, le percussionniste de Chicago Brian Deck et Yann Tiersen ! Rarement autant d’artistes venus d'un courant musical étranger au rap auront collaboré sur un opus estampillé rap-rock. Ce style convoité mais particulièrement délicat à traiter a connu dernièrement des amplitudes extrêmes, passant du subtil rap-blues des Black Keys (Blakroc) au mélange fangeux du dernier opus de Cypress Hill (Rise Up). Cependant pour notre homme, pas question de faire les choses à moitié. Li(f)e renvoie à un univers proche de Neil Young, où se délie une poésie à forte dimension cinématographique (”Little Houdini”). Délaissant les formules de production usinées, Sage Francis intègre alors une épaisseur sonore savamment élaborée par ses acolytes de passage et qui confère à l’opus une qualité musicale qui n’a rien à envier aux plus belles préstations folk.

Les morceaux composés avec soin bénéficient d’une couleur particulière et d’une personnalité affirmée, aux forts accents rock-folk (”Love The Lie”, “I Was Zero”, “London Bridge”) qui convertiront avec aisance un public réticent aux canons du rap. Certains plus expressifs déploient une intensité bouleversante montée sur un crescendo aussi sublime qu’inquiétant (”Diamonds And Pearls”, “Polterzeitgeist”), flirtant à l’occasion avec des tonalités blues bien senties (”Slow Man”, “Worry Not”) pour s’achever sur un “The Best Of Time” sur lequel Yann Tiersen compose une mélodie tout en nuance.

Bien que Sage Francis n’opère pas ici un changement qui tranche radicalement avec les réalisations précédentes, on peut tout de même y déceler un prolongement logique qui aboutit à un projet en accord avec ses ambitions. Pour cela, il n’hésite pas à se livrer entièrement dans une oeuvre sincère et sensible, aux horizons toujours plus audacieux.

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