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Rendez-vous, Festival Elektricity : Interview

Publié le 15 septembre 2010 par Hartzine

elektricity8Cette année, Elektricity en est à sa huitième édition ; en parler, c’est un peu prendre le wagon en route. Rapidement catalogué festival électro en raison de sa proximité avec la « Reims Academy », Elektricity n’en reste pas moins un moment de découverte et d’ouverture comme peut en témoigner l’onglet historique du site internet de l’évènement. Guilhem, programmateur du festival, nous parle de cette entreprise à vocation épicurienne.

Si en guise de présentation d’Elektricity, je cite ces trois mots : Reims, Yuksek, festival électro ; le compte est bon ?

Oui, en effet, le festival se déroule bien à Reims et il a été créé par Yuksek en 2003. Quant au vocable “festival électro”, c’est dans les clous, mais il n’y a pas vraiment de cahier des charges à ce niveau-là. Plutôt qu’un festival électro, je préfère la notion de festival aventureux, du temps présent, un festival qui serait un instantané des musiques audacieuses à un instant T.

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Retrouvez Tristesse Contemporaine  le samedi 2 octobre (Photo © E.A.P.)

J’ai l’impression que cette huitième édition d’Elektricity ne déroge pas à la règle : une programmation composée de grands noms de l’électronique et en parallèle certaines prises de risques assumées (part belle aux créations, mise en avant de newcomers comme Tristesse Contemporaine). C’est important pour Elektricity de jouer la continuité en termes de projet artistique ?

Oui, c’est important. C’est même la raison d’être de ce festival. Yuksek, puis Cyril Jollard, ont tracé une ligne dans le sable qui est très claire. Et le public “rémois” s’y retrouve. Elektricity est censé apporter les sensations que ce public attend… Le live d’Etienne de Crécy avec son cube au pied de la Cathédrale de Reims, c’est une vraie belle image. Les gens s’en souviendront longtemps. D’un autre côté, les créations sont nécessaires. On aime cette idée d’apporter une contribution indispensable à la réalisation de certains projets. Pentile & The Noise Consort par exemple, c’est un projet qui était dans les tiroirs depuis longtemps. Mon ami Cyril l’a mis en route avec une résidence au Lieu Unique l’hiver dernier et moi je le reprends maintenant pour le faire aboutir sur un nouveau concert et peut-être un enregistrement. C’est gratifiant. Quant à Tristesse Contemporaine… je crois qu’on a été nombreux à flasher sur ce tube. Il y avait comme une évidence avec ce groupe. Il me les fallait, tout de suite. Pas dans six mois.

En tant que programmateur-coordinateur, sur quelles ressources t’appuies-tu pour tenir cette double exigence (exigence / prise de risques) ? J’ai cru comprendre que le tissu local rémois (la Cartonnerie et le Centre de Création Césaré) travaillait également dans ce sens là…

Cette double exigence s’impose à nous naturellement. D’une part parce que le festival se déroule dans différents lieux de la ville. On adapte la programmation à ces endroits en choisissant de donner une certaine couleur aux soirées. D’autre part, parce qu’Elektricity est produit par une SMAC comme la Cartonnerie et par un Centre National de Création musicale comme Césaré. Cette co-production très atypique (musiques actuelles d’un côté et musiques savantes de l’autre) génère cette ambivalence. Ces structures ne se retrouvent presque jamais sur un même projet. Elektricity a provoqué cette rencontre, un mariage un peu contre nature qui donne des résultats étonnants et qui a fait ses preuves.
Enfin, il y a les hommes… On peut parler du montage institutionnel ou des moyens mis à disposition pour un tel projet, mais ce sont les hommes qui le portent qui font son originalité. Pierre (Yuksek), Cyril Jollard, Christian Sebille (le DA de Césaré), Gérald Chabaud (directeur de la Cartonnerie) et moi, chacun a contribué à faire de ce festival ce qu’il est aujourd’hui.

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Retrouvez Zombie Zombie  le jeudi 7 octobre

Sept soirées composent cette huitième édition du festival, cela doit être difficile pour toi d’en sortir une du lot… A défaut, est-ce que tu pourrais nous ressortir une attente particulière par soirée ?

La première soirée sur le parvis de la Cathédrale a quelque chose de pharaonique. Elle est très imposante, c’est un peu notre vitrine… Il y a une énorme scène en plein air et on espère accueillir 3000 personnes pour le live d’Etienne de Crécy et un set d’Erol Alkan.
Le lendemain c’est chez Césaré et c’est nettement plus confidentiel, on attend 150 personnes pour Tristesse Contemporaine, le fameux projet Pentile et des DJ comme Luz, les gens de Vice et un trio de sélecteurs composé de programmateurs de l’ouest de la France. Cette soirée est très importante aussi. Elle rassemble les différentes sensibilités d’Elektricity et elle se fait avec des amis… Elle a une saveur très particulière.
Ensuite, on organise deux journées pour les enfants dans un centre culturel. Ça aussi, c’est un aspect important du projet.
Après quoi on accueille le nouveau projet de Zombie Zombie dans un tout petit bar. Là il fera très chaud. Je suis très heureux de recevoir Etienne et Neman. Ils sont vraiment géniaux et ils font partie de ces artistes auxquels nous sommes attachés depuis longtemps. Leur présence sur Elektricity est évidente.
Et puis c’est déjà le bouquet final avec la release des Shoes et la clôture avec Chloé, Ivan Smagghe, Bot’Ox et surtout l’enfant terrible de Reims : Brodinski. On compte sur lui pour mettre le feu au Cirque de Reims. Il jouera en tout dernier et normalement, il mettra à genoux tous les clubbers rémois.

Après Yuksek et Brodinski lors des éditions précédentes, cette huitième édition consacre à sa manière The Shoes via la release party de l’album. J’imagine que c’est une satisfaction pour l’équipe d’Elektricity ? Dans le même ordre d’idées, as-tu déjà des certitudes concernant le futur de cette fameuse scène rémoise ?

Le festival s’est développé en même temps que ces artistes. Leur nom n’a pas cessé de monter d’une ou deux lignes chaque année dans l’affiche. On se fait un devoir de les accompagner jusqu’au jour où ce sont eux qui se font un devoir d’être là pour le festival. Dans le cas de Yuksek et Brodinski, ils sont indispensables à Elektricity. Cette année Yuksek jouera avec son side-project Girlfriend (aux côtés de Clément de Alb) et Brodinski jouera le dernier soir pour la clôture. Quant aux Shoes, c’était évident. On devait faire quelque chose ensemble cette année. Leur album est vraiment classe.
Pour cette release party, on a imaginé un drôle de plateau, composé uniquement de formations rémoises, exception faite de Future Islands. Il y aura Arbogast (un projet aux machines très noise), The Wolf under the Moon (un des chanteurs des Bewitched Hands dans une formule solo… des chansons à la Ariel Pink), la reformation de Invvvaders (un duo rémois qui produit une musique très vulgaire… mais drôle à souhait). Enfin, il y aura une grosse surprise pour tous les bloggeurs. Ils auront la chance de voir un duo de DJ, méchamment sexy. Un truc inédit dont on reparlera !
Avec tous ces artistes, il y a une histoire d’amitié. Alors oui, c’est une satisfaction de pouvoir les programmer chez eux et proposer de belles soirées à un public qui commence à être fier de cette scène.
Quant à l’avenir de cette “Reims Academy”, je ne suis pas inquiet. Les Bewitched Hands vont faire un joli carton avec leur album qui arrive aussi à la rentrée. Tous ces musiciens sont en constante ébullition. Je suis certain que de nouveaux projets vont encore émerger. Et il y a même une sorte de relève qui commence à pointer le bout de son nez, notamment du côté des DJ.

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Retrouvez Bot’Ox  le samedi 9 octobre

L’innovation de l’année semble être la création d’un pass valable pour l’ensemble des soirées payantes du festival (dans quatre lieux différents) ; tu peux nous en dire plus ?

Oui, c’est une des innovations de l’année. On voulait que le festival soit accessible à un coût abordable, voir modique. C’est chose faite. Pour 45€ on pourra assister aux quatre soirées payantes, dont celle sur le parvis de la Cathédrale et la clôture au Cirque. C’est très honnête comme tarif.
On a aussi bossé sur une application iPhone. Elle est téléchargeable gratuitement via l’Appstore. Ça aussi, c’est une vraie satisfaction.
Il y aura aussi un blog qui tournera la semaine du festival, avec de la vidéo et des interviews des artistes. C’est un jeune journaliste passionné d’électro qui a lancé ce projet. Ça s’appellera Elektricity Broadcast. A suivre.

Et le mot de la fin…

On est très fier de cette édition, que ce soit sur la proposition qu’on fait au public de Reims et sa région ou sur la programmation et la relation qu’on entretient avec les artistes. Ce cru 2010 reflète bien le projet, son essence. On touche du bois en espérant que le public sera au rendez-vous d’une part et qu’il en aura pour son argent d’autre part. Plus que tout, on souhaite provoquer de l’étonnement, créer de belles surprises, prendre le jeune auditeur pop moderne par la main et l’emmener ailleurs. C’est pour ça qu’on travaille toute l’année, pour créer des vrais moments de plaisir et d’abandon.

Programmation :
http://www.elektricityfestival.fr/prog/programme-complet

Billetterie en ligne :
http://www.elektricityfestival.fr/infos/tickets

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