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Ces acteurs télé que le ciné ne sait pas (encore ?) employer

Par Tred @limpossibleblog
Combien de grands acteurs de cinéma ont fait leurs débuts à la télévision ? Combien ont été cantonnés à des rôles pour le petit écran pendant des années avant que le grand écran ne s’intéresse à eux ? Énormément, à n’en pas douter. George Clooney ou Jason Bateman sont les des preuves vivantes que l’on peut exploser au cinéma après quelques années de télé et de galères, grâce à un rôle, une série, ou un concours de circonstances. Jon Hamm, l’acteur alpha mâle de la série « Mad Men », s’affiche ces jours-ci dans l’un des succès surprises de la saison, The Town de Ben Affleck, et il en impose.
Il y a quelques jours, une nouvelle m’a comblé de joie : JJ Abrams, qui commence au moment où j’écris ces lignes les prises de vue de son nouveau long-métrage, Super 8, a engagé Kyle Chandler pour tenir l’un des rôles principaux de ce mystérieux film. Kyle Chandler fait partie de ces acteurs que j’adore mais que le cinéma n’a jusqu’ici quasiment pas exploité à sa juste valeur. Il n’est pas le seul comédien dont le potentiel exprimé à la télévision attend toujours de s’étaler sur grand écran. Petite revue d’effectifs personnelle de ces acteurs que j’aimerais voir briller dans une salle de cinéma plutôt que de mon canapé…
Kyle ChandlerÂge : 45 ansDécouvert dans : la série « Demain à la Une » à la fin des années 90.Meilleur rôle au cinéma : Bruce Baxter, l’acteur godiche du King Kong de Peter JacksonCes acteurs télé que le ciné ne sait pas (encore ?) employerJe me souviens parfaitement de la toute première fois que j’ai vu Kyle Chandler. Accrochez-vous, c’est précis. C’était le dimanche 31 août 1997 (je vous avais prévenu). Je n’avais pas encore 16 ans, je remontais en voiture de chez mon grand-père de Perpignan, avec ma sœur, mon père et ma belle-mère. On s’est arrêtés sur cette longue route pour faire une pause dans un hôtel. A la radio, on ne parlait que de la mort de Lady Diana, la nuit précédente, à Paris. Avec ma sœur, dans la chambre d’hôtel, on est tombé sur ce qui ressemblait à un téléfilm. Un type de Chicago qui remarque que le journal qu’il reçoit chaque matin sur son palier est celui du lendemain. En fait de téléfilm, il s’agissait du pilote de la série « Demain à la Une », avec Kyle Chandler dans le rôle principal. J’ai ensuite suivi la série religieusement pendant 2 ou 3 saisons avant de perdre un peu le fil vers la fin (la série s’est arrêtée en 2000). C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Kyle Chandler. Après cela, il aura fallu attendre que Peter Jackson lui offre un second rôle croustillant qui vole à peu près toutes les scènes dans lesquelles il apparaît dans King Kong, en 2005, pour le voir à nouveau sur le devant de la scène. Drôle et charismatique, il s’y révèle pleinement, et après un job d’appoint dans « Grey’s Anatomy », Chandler trouve un excellent rôle dans « Friday Night Lights », la série de Peter Berg adaptée de son film du même titre. Le film est sorti directement en DVD en France, et la série a été cantonnée à une diffusion tronquée sur NRJ12, mais pour qui a vu Chandler dans le rôle du coach, l’évidence du talent du comédien n’est pas à prouver. On l’a aperçu ces dernières années dans des petits rôles dans Le jour où la Terre s’arrêta et Le Royaume, mais l’annonce de sa participation au projet Super 8, produit par Steven Spielberg et réalisé par JJ Abrams, alors qu’il n’est plus retenu par la série « Friday Night Lights » qui vient de s’achever, laisse une ouverture pour une possible réussite dans son passage vers le grand écran.
Nathan FillionÂge : 39 ansDécouvert dans : la sitcom canadienne « Un toit pour trois ».Meilleur rôle au cinéma : Capitaine Malcolm « Mal » Reynolds dans Serenity de Joss WhedonCes acteurs télé que le ciné ne sait pas (encore ?) employerActeur canadien, Nathan Fillion a la particularité de s’être fait connaître dans la même sitcom qui a vu débuter Ryan Reynolds, « Un toit pour trois ». Fillion n’y tenait qu’un second rôle, mais déjà sa bonhomie et sa gueule sympa éclipsait facilement ses partenaires. C’est là-dedans que je l’ai découvert, au début des années 2000. Mais la série qui en a fait une star dans le monde des geeks, c’est « Firefly », la série éphémère créé par Joss Whedon après « Buffy contre les vampires » (dans laquelle Fillion a également tenu un rôle récurrent vers les derniers souffles de la série). « Firefly » a transformé Nathan Fillion en cowboy de l’espace téméraire et charismatique, un rôle qu’il a retrouvé sur grand écran lorsque sous la pression des fans un film tiré du feuilleton, intitulé Serenity, a été réalisé par le créateur Whedon. Le film n’a pas eu le succès escompté, et Fillion n’a pas percé sur grand écran, malgré l’excellente comédie horrifique Horribilis qui a suivi. Une série mort-née, « Drive », un rôle récurrent dans « Desperate Housewives », un épisode de « Lost », et un nouvel épisode geek culte plus tard (« Dr. Horrible’s Sing-along Blog » sur Internet), et Fillion s’est trouvé un premier rôle dans une série qui cartonne aux États-Unis et en France, « Castle ». Une série bien sage qui vaut essentiellement pour le charme irrésistible de Fillion. Mais quand je repense à son cowboy de l’espace sur grand écran, je me dis que son heure au cinéma va bien finir par arriver. J’vous ai dit qu’il avait commencé au cinéma dans Il faut sauver le soldat Ryan ? Bon, il jouait un des frères Ryan qu’on ne voit pour ainsi dire pas du tout, mais quand même, c’est classe.
Hugh LaurieÂge : 51 ansDécouvert dans : “Blackadder”, la série britannique comique des années 80.Meilleur rôle au cinéma : Roger Charlston, un des amis de Peter dans le Peter's Friends de Kenneth Branagh.Ces acteurs télé que le ciné ne sait pas (encore ?) employerHugh Laurie est un des acteurs les plus populaires du moment… à la télévision. L’acteur oxfordien va avoir bien du mal à se défaire de son docteur House, le rôle qui l’a amené à la gloire par la télévision américaine. Pourtant difficile de faire plus british que Laurie, diamant comique dans les années 80 et 90 à la télévision anglaise, que ce soit au côté de Rowan Atkinson ou Stephen Fry, avec lequel il a formé un fameux duo après que les deux hommes se soient côtoyés sur les bancs de Cambridge avec Emma Thompson. Mais son talent comique télévisuel ne lui a jamais vraiment ouvert les portes du cinéma, si ce n’est quelques petits films et seconds rôles ponctuels, dans Peter’s Friends, Raison et Sentiments, Les 101 dalmatiens ou Le vol du Phoenix. En adoptant l’accent ricain et la démarche traînante du médecin le plus cynique du paysage audiovisuel, Hugh Laurie s’est ouvert les portes de la gloire… mais pas encore celles du cinéma. Certes, une voix sympa dans Monstres contre Aliens, un flic parmi d’autres dans Au cœur de la nuit, mais cela ne va pas bien loin… Un conseil messieurs les producteurs et réalisateurs : laissez Laurie lâcher les chevaux du rire, comme au bon vieux temps de Fry & Laurie et Blackadder. Les fous rires seront garantis, et Laurie trouvera sa place sur grand écran.
Damian LewisÂge : 39 ansDécouvert dans : la mini-série de dix épisodes Band of Brothers produite par Steven Spielberg et Tom HanksMeilleur rôle au cinéma : William Keane, le père cherchant désespérément la fille qu’il a perdue dans Keane de Lodge Kerrigan.Ces acteurs télé que le ciné ne sait pas (encore ?) employerJe n’arrive toujours pas à m’expliquer le fait que Damian Lewis ne soit pas devenu un acteur de cinéma de premier plan au cours de la décennie écoulée. Winters, cet officier traversant la Normandie entre les balles dans « Band of Brothers », c’était lui. Un grand roux très anglais qui jouait un américain sans fausse note, plein de courage, de compassion et d’amertume. Seul un rôle au cinéma aura su re-capturer tout le talent de Lewis, celui de Keane de Lodge Kerrigan, dans lequel le comédien, en père errant à la recherche de sa fille, est désarmant. Ses autres apparitions sur grand écran ont été plus anecdotiques, chez Lawrence Kasdan (Dreamcatcher), Martha Fiennes (Chromophobia) ou Lasse Hallström (Une vie inachevée) et quelques films britanniques n’ayant pas traversé la Manche. En 2007, Damian Lewis est donc retourné à la télévision pour « Life », dans laquelle il n’aura pas incarné son personnage de flic zen plus de deux saisons. La bonne nouvelle, c’est que l’acteur sera visible dans les prochains mois sur grand écran dans la nouvelle comédie réalisée par l’excellent David Gordon Green, Your Highness. Un délire médiéval interprété par James Franco, Danny McBride, Natalie Portman et Zooey Deschanel (et donc lui, Lewis). Ca va le changer.
Ces acteurs télé que le ciné ne sait pas (encore ?) employerIl a encore tout à prouver, mais je meurs d’envie de le voir sur grand écran :Henry Ian CusickÂge : 43 ansDécouvert dans : la série “Lost” créée par JJ Abrams.Meilleur rôle au cinéma : il n’a rien fait qui vaille d’être mis en avant !Henry Ian Cusick est l’un des acteurs emblématiques de LA série fantastique de la décennie, « Lost ». Il y a incarné dès la seconde saison Desmond Hume, un écossais voyageant dans le temps et formant le temps d’une saison un duo mémorable avec Dominic « Charlie » Monaghan. Difficile pour le moment de vraiment savoir ce que vaut Cusick en dehors de Desmond Hume, mais je serais prêt à payer cher pour voir ça…
Ces acteurs télé que le ciné ne sait pas (encore ?) employerLe Frenchy du lot : Daniel RussoÂge : 62 ansDécouvert... il y a trop longtemps pour que je me souvienne dans quoi. Probablement Génial mes parents divorcent de Patrick Braoudé...Quand j’aperçois Daniel Russo à la télévision, dans des téléfilms de qualité (ça arrive parfois), l’idée farfelue me vient que le comédien français est peut-être le plus mal employé dans le cinéma hexagonal. Parce que sur grand écran, Russo a presque exclusivement été utilisé comme bouffon alors que le bonhomme recèle un talent dramatique monstre. A la télé, qu’il touche à Bérégovoy (« Un homme d’honneur »), aux collabos (« 93, rue Lauriston »), aux flics (« A cran ») ou aux drames de la vie ordinaire (« Le doux pays de mon enfance »), Russo est invariablement juste et magnétique. Pendant ce temps, le cinéma ne lui offre que des miettes, quelques (rares) bons petits rôles, et beaucoup de comédies oubliables (et oubliées). Je ne peux être le seul à avoir noté à quel point le potentiel cinématographique de Daniel Russo est grand et inexploité…
Il y a suffisamment d'acteurs sous-exploités au cinéma pour avoir matière à faire un second billet sur le sujet, un de ces jours... qui sait quand.

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