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Louie Vega and Friends

Publié le 28 décembre 2007 par Smaël Bouaici

Un petit article publié en 2004 dans Novamag, au moment de la sortie du disque Elements of Life de Little Louie Vega, la moitié des Masters at Work, le duo historique de la house new-yorkaise. Le producteur nous raconte ses collaborations.

Kenny Dope

Kenny c’est mon petit frère. On a une relation exceptionnelle. Ca fait quatorze ans qu’on produit des albums, on a passé des moments magiques en studio. Il peut faire n’importe quel beat avec sa machine, mais il a développé aussi ses talents de compositeur. Quand on joue ensemble, c est très spécial. En studio, il est derrière sa groove box, moi je suis au clavier et on gère avec les musiciens. On leur donne la ligne directrice et ils improvisent.

Blaze

Ce sont deux grands song-writers. Je les ai vus pendant des années expérimenter dans la musique, partir dans tous les sens. Une fois que j’ai les rencontrés, ce sont tout de suite devenu des amis. Ca fait cinq ans et j”adore bosser avec eux. On est devenus très proches. On a une résidence à N-Y “Roots“ tous les mercredis.

George Benson

C’est le meilleur artiste avec qui j’ai bossé. En studio, il est incroyable. Il prend tout du jazz, de la pop, du R’nB, du blues… Tu lui montres un truc, et il part dans un trip, à la voix et à la guitare, il apporte tout de suite un plus. Ce mec-là fait partie des classiques. Un jour, Tommy Lipuma (le producteur attitré de Georges Benson dans les 70’s) m’a dit que You can do it lui rappellait ce qu il avait fait avec The world is a ghetto. Pour moi, c ‘était le compliment ultime.

India

On se connaît depuis l”enfance, on s’est marié, on a divorcé et on a fait de très bons disques ensemble. Elle a la mélodie dans la peau, et un timbre de voix unique. Tous ses disques sont des classique en clubs, Love & Hapiness, To Be in Love. Ca touche beaucoup de gens. Ca fait longtemps qu’on ne s’est pas vu. Elle est partie dans la soca, c’est vraiment une artiste accomplie maintenant.

Todd Terry

C’est lui qui m’a présenté Kenny Dope. Il a changé la house à son époque. A la fin des 80’s, quand il débarquait avec ses disques de Chicago, Marshall Jefferson, Mr Fingers. Todd Terry les a samplé avec des sons du début des 80’s pour créer ce son plus agressif pour la scène. En 1987, quand je mixais à New-York au Heart Driver, il m’apportait toujours de nouveaux disques. J’étais le premier à passer des titres comme Can You Party Party People, Bango, des mois avant leur sortie, grâce à lui.

Quant à Masters at Work, c‘était le nom du crew de Kenny quand il était jeune. Todd l’a utilisé pour deux de ses morceaux. En 90, quand Kenny et moi commencions notre collaboration, on bossait pour Marc Anthony et ça se passait super bien en studio. Alors on a décidé de continuer ensemble. Pour le nom, Kenny a donc proposé Masters at work. J’adorais ce nom, et Kenny a été voir Todd en lui disant “ C’est fini, on reprend le nom. Maintenant, Masters at work c est nous“. Mais Todd est un membre de MAW tout comme Jazzy Jeff, ils font partie de la famille.

Mark Kinchen

Quand on a commencé à faire des remixes, c’était aussi sa période de gloire. A l’époque il venait traîner et nous filer des disques au Sound Factory Bar, où on avait une résidence. On a fait des bons disques au même moment. Je ne l’ai jamais vu mixer, mais je crois qu’il bosse avec la boîte de Quincy Jones. Il fait des sons pour des artistes de R’n’B.

Tito Puente

Le Roi, le pionnier, la légende. Il a tout fait. Jazz, pop, salsa, c‘est le créateur du mambo. Vous imaginez? Il a inventé un rythme! J’allais souvent le voir, c ‘était comme un père pour moi. En 1991, c’est lui qui m’a donné la première occasion de monter un groupe. On a fait la première partie au Madison Square Garden. 70 000 personnes pour son centième album. C’était un honneur. Ensuite il est venu en studio pour Love & Hapiness avec India. C’est là qu’il a fait ce fameux riff à la batterie. Il adorait bosser avec des jeunes, tenter des choses nouvelles. Il revenait toujours à ses sources mais il voulait donner un peu de son talent aux jeunes.

Fela

Il nous a beaucoup inspiré. Ses disques étaient vraiment en avance sur son époque. C’était le King du Groove, le James Brown de l’Afrique. Ses morceaux de 10, 20 ou 30 minutes t’emportent dans un voyage. C‘était un rêve de bosser avec lui. Pour Nuyorican Soul, il devait venir en studio avec nous, mais il est mort au moment de l’enregistrement. Maintenant on a son fils, Femi Kuti, qu’on a déjà remixé en attendant mieux.

Roy Ayers

Roy a eu de l’influence sur plusieurs genres musicaux. Il a fait tellement de choses différentes. C’est le Cab Calloway d’aujourd’hui, il donne tant d’énergie avec sa voix exceptionnelle. En studio, c‘était mémorable. Il est très professionnel, très drôle, il sait exactement ce qu’il faut faire. Si on pouvait, on bosserait tout le temps avec lui. Mais maintenant, il est très occupé.

Willie Ninja

C’était un des leaders du voguing, avant que Madonna ne fasse son Vogue. Il faisait partie du Malcom Mc Laren Project. C’est une des figure de NYC. C’était le physio au Sound Factory et tout le monde l’adorait. Avant de mourir (en septembre 2006, NdR), il apprenait aux mannequins à marcher et il organisait des soirées de temps en temps.

Stephanie Mills

C’est un ami qui me l’a présentée. Elle est venue en studio, et on se demandait comment on allait procéder. On lui a dit “Fais-nous une chanson a capella, on va prendre la mélodie et faire la musique“. Elle a ramené une cassette et le morceau Latin Lover. La chanson était un peu plus lente à la base, on a fait un groove sympa, ramené des choristes et ça a donné un tube d’enfer. C’était une session géniale. On voudrait vraiment retravailler avec elle, mais elle est aussi très prise sur Broadway.

Raul Midon

C’est grâce à Albert Menendez, un des pianistes d’Elements of Life, que je l’ai découvert. Il avait une démo avec Raul qui faisait les choeurs sur une toute petite partie, un petit “lalala“. Et quand j’ai entendu ce ton, je me suis dit qu’il fallait absolument faire une chanson avec ce type et sa voix merveilleuse. Albert et moi avons écrit trois chansons pour lui. Raul a écrit les paroles et quand il est entré au studio, c‘était comme une bénédiction du Ciel. Un guitariste qui chante et qui est aveugle. Je n’avais jamais travaillé avec un aveugle, et en fait c‘est tellement simple. On a fait les trois chansons et pour le prochain Elements Of Life Extension, on a prévu trois morceaux dont deux avec Blaze et un avec Anané. Mais maintenant il est signé chez Manhattan Record, un label de Blue Note. Il a aussi un album prévu avec Arif Mardin et Norah Jones, mais il continue à tourner avec nous.


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