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Hallu-ciné (6)

Publié le 09 décembre 2010 par Hongkongfoufou

Par Hong Kong Fou-Fou

igor

Parce qu'on ne peut pas aller tous les soirs boire un cocktail au Mocambo, et que les programmes télé risquent de nuire gravement à votre santé, chaque mois, une petite sélection de DVD qui peuvent sauver votre soirée.

Les 100 fusils (100 rifles, Tom Gries, 1968)

(What's the story) morning glory

 1912. Lyedecker, un shérif noir, poursuit jusqu'au Mexique Joe Herrera, un voleur métis qui soutient la révolte des Indiens Yaquis contre l'oppresseur mexicain, personnifié par le cruel général Verdugo. Emu par cette noble cause (tu parles !) et surtout par les beaux yeux de la troublante Sarita (ah, je comprends mieux), le shérif se prend pour Che Guevara avant l'heure.

Rock'n'roll star

Jim Brown, star du football américain et future star de la blaxploitation, prête son talent (ses muscles, quoi) au personnage de Lyedecker. Burt Reynolds incarne le sang-mêlé pourchassé qui doit livrer aux Yaquis les cent fusils du titre. Raquel Welch est Sarita, la pasionaria yaqui. Bon, d'accord, elle ne ressemble pas vraiment à une Indienne, mais ses charmes sont tels qu'elle aurait pu jouer dans sa carrière une alpiniste sénégalaise ou une naine inuit, je l'aurais trouvée parfaite. Une scène-clef du film, c'est l'attaque d'un train bourré de Mexicains par Lyedecker et sa bande de traîne-mocassins. Pour faire stopper le convoi, Sarita prend une douche légèrement vêtue sous un réservoir d'eau au bord de la voie ferrée, déclenchant parmi la piétaille entassée sur les wagons une hystérie digne d'un concours de t-shirts mouillés au camping.

My big mouth

Ce film donne un sacré coup de pied dans la fourmillière bien-pensante de l'époque : Jim Brown incarne un policier noir. Il devient le chef des révoltés indiens qui s'élèvent contre l'oppresseur et, cerise sur le gâteau (et quelle cerise !!!), il emballe l'héroine. Tout ça dans l'Amérique de la fin des 60s. A mon avis, le film n'a pas obtenu la Napalm d'Or lors de l'édition 1969 du festival du cinéma du Ku Klux Klan. Comme en plus tous les ingrédients sont réunis pour faire un bon western, ne boudons pas notre plaisir. Et puis il y a Raquel Welch. Je l'ai déjà dit ou pas ?

La métamorphose des cloportes (Pierre Granier-Deferre, 1965)

(What's the story) morning glory

"Un Winter-Winter, ça ne s'ouvre pas comme une boîte de thon !" Edmond, Arthur et Rouquemoute sont de petits truands minables qui, pour mener à bien leur prochain coup, ont besoin de l'aide d'Alphonse, voleur de tableaux qui joue dans la catégorie supérieure. Par amitié pour son vieux copain Edmond, Alphonse accepte. Mais quand on s'associe à des caves, on finit au frais. Le coup tourne mal et Alphonse se retrouve à faire cinq ans à l'hôtel des Gros Verrous, abandonné et trahi par ses complices. Tandis que lui est au régime eau, pain sec et promenades dans la cour, les autres se vautrent dans le champagne, les canapés et les mondanités. Quand il sort, Alphonse ne pense qu'à une chose : retrouver ses anciens complices, tous devenus des notables, et leur présenter l'addition.

Rock'n'roll star

Edmond, c'est Charles Aznavour. Il se voyait déjà en haut de l'affiche, Alphonse va le faire redescendre, fissa. Désormais, pour lui, ça sera plutôt "Mes emmerdes". Arthur, c'est Maurice Biraud, toujours parfait. Georges Géret se glisse dans la peau de Rouquemoute, le plus bête et le plus méchant de la bande. On croise aussi Pierre Brasseur, qui joue Tonton, un fourgue indélicat qui va aussi subir le courroux d'Alphonse, et Irina Demick, en galériste de charme (pour ceux qui n'ont pas la mémoire des visages - et des corps -, c'est elle qui fait tourner la tête d'Alain Delon dans "Le clan des Siciliens" ). Enfin, Alphonse est incarné par Lino Ventura. Le seul acteur français aussi large que haut, et qui présente une densité proche de celle du béton. N'en déplaise à Benjamin Grimm, alias la Chose, le vrai homme de pierre, c'est lui. Quand même, faut vraiment qu'ils soient bêtes, les trois cloportes, pour oser doubler un type comme ça. Ils devaient bien se douter que la réaction ne serait pas du genre "Je te tends la joue gauche".

My big mouth

Depuis le temps que j'attendais la sortie de ce film en DVD ! Des dialogues de Michel Audiard ! Un noir & blanc aussi beau qu'un coucher de soleil sur le Danube (jamais vu, mais on m'a raconté) ! Granier-Deferre à la réalisation ("La horse", en 1969, c'est lui. Il faudra qu'on en parle !). Et, cerise sur le gâteau (mais non, tas d'obsédés, il n'y a pas Raquel Welch dedans), la musique est composée par Jimmy "The Cat" Smith himself. Encore du noir & blanc classieux, mais cette fois sur le clavier d'un orgue Hammond.

Fleur d'oseille (Georges Lautner, 1967)

(What's the story) morning glory

L'ennemi public Pierrot-la-Veine se fait descendre par la police quelques jours avant que sa compagne Cathy mette au monde son fils. Elle se réfugie dans un foyer pour jeunes mamans, où ne vont pas tarder à défiler ceux qui veulent récupérer le butin de son Pierrot de Jules : le commissaire Verdier, d'abord, puis deux bandes rivales de truands, celle de Riton, et celle d'Albert Rosa. Pour leur échapper mais aussi parce qu'elle espère retrouver le magot, Cathy s'enfuit avec Marité, une autre pensionnaire, et leurs bébés.

Rock'n'roll star

Mireille Darc est Cathy. Qui d'autre aurait pu endosser ce rôle ? Elle est incontournable dans ce genre de films de l'époque. André Pousse joue Albert Rosa. L'entendre dire à ses porte-flingues, après une tentative de négociation avec Cathy se soldant par la mort d'un de ses sbires : "Ca, ça change tout : on se repliait de bonne humeur. On se replie fâchés" est un pur régal. Il y a aussi Paul Préboist, en peintre déjanté et voyeur.

My big mouth

Audiard, encore, aux dialogues. Quant à Lautner, on ne va pas revenir sur sa filmographie, aussi longue que parfaite. Sa collaboration avec Mireille Darc a quand même donné : "La grande sauterelle", "Laisse aller, c'est une valse", "Il était une fois un flic", "La valise", etc. Pour moi qui suis né en 1967, l'histoire de la fuite de ces deux femmes avec leurs nouveaux-nés a une saveur particulière : j'ai l'impression de me voir bébé. Est-ce que moi aussi j'ai eu droit au bon lait Alatété ? Bon, il n'y a pas que les vieilles boîtes de talc ou de blédine qui m'intéressent dans "Fleur d'oseille". La Matra 530 orange de Jo de Fréjus me fait aussi de l'oeil (normal, elle a des phares à paupières).

hallu ciné 6


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