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Jimmy Gnecco en interview : Jeff Buckley, Marvin Gaye, les Doors et les autres…

Publié le 21 janvier 2011 par Swann

Nous sommes immédiatement tombées sous le charme de l’album The Heart, premier album solo du leader de Ours, Jimmy Gnecco. Aussi, il nous a semblé indispensable de creuser un peu plus ce mystérieux personnage. La voix d’un ange, une sensibilité à fleur de peau et surtout un univers personnel et intimiste. Jimmy Gnecco a accepté de répondre à nos questions. Il nous parle de son album, de sa relation avec son ami Jeff Buckley, mais aussi de son rapport à la musique.

Jimmy Gnecco en interview : Jeff Buckley, Marvin Gaye, les Doors et les autres…

Pourquoi as-tu décidé de faire un album solo ?

Et bien, j’ai pensé que jusque-là, j’avais fait de mon mieux avec Ours. Nos albums jusqu’à présent n’ont pas obtenu trop d’attention et n’ont pas été vraiment poussé par Columbia Records. J’ai supposé qu’il était temps pour moi de changer. The Heart est très différent de l’univers d’Ours. Comment je me suis senti en l’écrivant ? J’avais des centaines de chansons qui attendaient d’être enregistrées, mais pour cet album je me suis concentré sur les chansons qui devaient être dépouillées.

J’écrivais moins que je n’enregistrais, et j’ai vraiment été inspiré par le fait que ma mère soit mourante. J’ai pensé à tout le temps qu’on a passé ensemble et j’écrivais sur ça. J’ai aussi beaucoup écrit sur les sentiments que j’éprouvais à ce moment-là. C’était très difficile pour moi, mais j’estime avoir eu de la chance de pouvoir exprimer mes sentiments de cette façon-là.

Tu joues de tous les instruments sur The Heart, est-ce que c’est une façon de se sentir tout à fait libre artistiquement ?

Oui. J’avais besoin de faire ça. De ne pas en parler, d’avoir à expliquer les choses à quelqu’un, ou d’avoir leurs interprétations. Je voulais vraiment quelque chose de pur.

Quelles ont été tes influences ?

Quand j’étais jeune j’écoutais beaucoup Michael Jackson, Marvin Gaye, Stevie Wonder, Smokey Robinson, The Supremes, David Bowie, Queen, Elvis Presley, Frank Sinatra, Roy Orbison, John Lennon, Elton John, et la liste est encore très longue ! J’étais fan des grands chanteurs, pas seulement pour leurs niveaux techniques, mais aussi parce qu’en chantant ils nous transmettaient leurs émotions. Pendant mon adolescence j’ai commencé à écouter U2, KD Lang, Bjork and The Sugarcubes, Suede, Nina Simone, Edith Piaf, Jellyfish, et The Doors.  Ce n’est que vers mes vingt ans que je suis devenu un vrai fan de rock comme celui de Led Zeppelin. J’aime aussi écouter de la musique hypnotique, les musiques indiennes, les grands chanteurs comme Qawwali, Nusrat et Rahat Fateh Ali Khan. J’ai aussi grandi en écoutant beaucoup les artistes folk des 70s, j’aime tellement leur musique. Je suis sûr que j’en oublie plein, et je tombe souvent amoureux de nouveaux artistes ou groupes. Je crois que ça me permet de garder une certaine excitation quant à la création artistique et musicale.

Beaucoup de personnes te comparent à Jeff Buckley, comment tu te sens par rapport à ça ?

C’est vraiment très flatteur, parce que Jeff était vraiment fantastique mais je ne pense pas que ma voix lui ressemble. C’est vraiment très difficile pour moi d’être objectif à ce sujet. Je chante de cette manière depuis tellement longtemps. J’ai souvent essayé de comprendre pourquoi les gens disent ça, et si c’est vrai. Je vis avec, et je sais que lui et moi avons une très large gamme vocale. Ma façon de chanter à toujours été comme ça. Je voulais essayer d’attraper les notes que mes héroïnes féminine chantaient, mais je n’ai jamais eu besoin de crier pour les atteindre. Je pense que Jeff et moi sommes arrivés au même moment, et nous avons été influencés par les même artistes, et c’est possible que nos univers soient les mêmes. La différence est que je n’étais pas connu comme lui l’était. Dans le fond, je prends ça pour un compliment quand je ne suis pas attaqué sur le sujet par ce que je l’ai toujours profondément aimé.

Est-ce que tu peux choisir une de tes chansons, celles que tu veux, et nous les expliquer ?

Jimmy Gnecco en interview : Jeff Buckley, Marvin Gaye, les Doors et les autres…
Bien sûr… Je voudrais dire « Bring You Home ». C’est une chanson spéciale pour moi, pas seulement parce qu’elle parle de ma mère, mais aussi parce qu’elle était mourante à ce moment là. Mais je pense qu’elle peut parler à beaucoup d’américains. Je l’ai amené  à l’hôpital pensant que c’était la fin. J’ai lutté contre moi-même parce que je savais qu’elle préférerait mourir à la maison. Mais, je ne pouvais pas la laisser là, et attendre sans essayer de l’aider. Au final, elle a vecu un an de plus, donc j’étais assez heureux pendant ce temps-là.

Mais, cette chanson, je l’ai aussi écrit par rapport à la guerre. Il y a tant d’avis divergeant sur le fait que nous devrions, ou non la faire. Le pays est tellement divisé à ce sujet là. Je ne crois pas personnellement à la violence comme réponse adéquate. Mais les gens sont très sensibles à leur ressenti,  donc je n’ai pas voulu me lever et prêcher une position ou une autre. Mais beaucoup pensent qu’il ne faut plus envoyer nos enfants se faire tuer, que cela suffit. C’est de la que viennent les paroles Bring You Home. Que vous soyez pro ou antimilitaristes, ça vous regarde, je dis juste qu’il ramener juste nos soldats et arrêter de nous battre.

Est-ce que tu as un modèle musicale ?

Je n’ai pas vraiment de modèle spécifique dans la musique. J’aime tellement de musiques différentes. Je veux  juste cobtibuer à aller la où la musique m’enmène. J’aime la musique classique,  pop et  improvisée. Je ne veux juste donc pas faire la même chose tout le temps.  J’essaye cependant de toujours m’assurer que je ressens une émotion forte dans ce que je fais et de repousser les frontières.

J’ai toujours voulu dire et faire quelque chose d’unique avec ma musique, mais je pense que de temps en temps j’ai eu envie de ressembler à quelqu’un, parce qu’on se souvient que quelque chose a été fait. Mais mon défi est d’essayer de renouveler les choses  classiques, mais éternelles. Sinon je suis toujours étonné de la puissance de l’expression « je vous aime »,  ça a été chanté  des millions de fois mais à chaque fois c’est toujours aussi fort.

Est-ce qu’il y a un artiste avec qui tu rêverais de travailler ?

Oh, il y en a tellement. Producteurs ou artistes : Bjork, Fiona Apple, Mark Ronson, Danger Mouse, U2, David Bowie, Elton John, Rufus Wainwright, KD Lang, Willie Nelson, Tony Bennett.

Propos recueillis par Sabine Swann Bouchoul

Un grand merci à Netta M. de l’Agence Ephelide.

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