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Il était une fois en Amérique : enfin en salles !

Par Cineblogywood @Cineblogywood
Il était une fois en Amérique : enfin en salles !
En salles : Si vous n'en étiez pas convaincus, voici 9 bonnes raisons pour courir voir – ou revoir ! – l'ultime chef-d'oeuvre de Sergio Leone, chant d'amour dédié à l'Amérique, ses mythologies et son cinéma. Et au cinéma, tout court !
1 - Parce que c'est la 1ère fois depuis 27 ans, depuis sa sortie, qu'on peut le voir en salles. Et ça, croyez-en un vieux de la vieille comme moi, c'est carrément magique. Petit conseil aux Parisiens : courez-le voir au Max Linder, ultimate confort de vision.
2 - Parce que c'est l'ultime film de Sergio Leone. Mûri pendant plus de 20 ans, c'est un film-somme qui rassemble toute son oeuvre, toute son énergie, et dans laquelle la maîtrise de son art culmine à des altitudes....Son oeuvre-testament, à la tonalité crépusculaire, même si le cinéaste avait d'autres projets, avant que le destin lui assigne ce film comme point final.
3 - Pour Robert DeNiro. Pour vérifier avec nostalgie combien DeNiro était grand, capable de tenir sur ses épaules la destinée de Noodles, ce mister nobody d'une ganster story, petit gamin juif de Brooklyn, fasciné par les lumières et les paillettes, l'argent et les femmes, que le temps transforme en personnage désillusionné, mélancolique. Et seul. Bouleversant. Et rageant de voir l'acteur à l'affiche de 3 films en un mois, tous totalement indignes de sa carrière...
4 - Pour James Woods, acteur alors inconnu du grand public, dans le rôle de son meilleur ami, Max, un personnage séducteur et manipulateur, cynique et individualiste. Tout juste bon à reléguer aux poubelles de l'histoire, malgré leur clinquant. Dans un rôle initialement dévolu à Dustin Hoffman, il impose son charisme, sa démesure et son romantisme, en exact contre-point au personnage incarné par DeNiro.
5 - Pour la maîtrise de ses décors. Maintes fois retardé et repoussé, le tournage du film constitue en lui-même une épopée, Il était une fois Il était une fois en Amérique...! De Cinecitta à la Victorine, en passant par Montréal, Brooklyn – oui, Leone a tourné en décors réels, obligeant les habitants du quartier à calfeutrer leurs immeubles pour faire époque ! - à la... gare du Nord de Paris ou au Lido à Venise, Leone et son décorateur Carlo Rimi sont parvenus avec exactitude à recréer un monde englouti, un univers recréé à travers les documents d'époque, et les traces qu'en a laissé le cinéma. Magique. Je vous recommande les scènes nocturnes à Long Island, tournées à Venise, aux effluves fitzgeraldiennes.
Il était une fois en Amérique : enfin en salles !
6 - Pour le fabuleux travail fait par Tonino Delli Colli sur la lumière. Sépia, opiacée, ténébreuse, elle parvient à donner une texture sensible aux différentes facettes du temps : celui qui fuit, celui qui revient, celui qui traumatise, celui qui permet d'oublier le présent.
7 - Parce que c'est un des rares films qui dans le cadre d'un genre bien codé – le film de gangsters – parvient à délivrer la vision toute personnelle d'un cinéaste, son regard à la fois émerveillé et désenchanté sur l'Amérique, ses valeurs, ses fantasmes, ses vanités. Et qui cache un Rosebud, une intrigue sous-jacente centrée secrètement sur le temps, ses ravages et la mélancolie qu'elle engendre. Une sorte de A la recherche du temps perdu, version gangsters...
8 – Pour la musique d'Ennio Morricone, bien sûr. Mais surtout, parce que plus jamais vous n'entendrez Yesterday sans frissonner, à la mémoire d'une magnifique scène : DeNiro jeune dans la gare de Chicago ; et le temps d'un traveling circulaire, sur un fond sonore qui enclenche les premières notes de la mélodie de McCartney, nous voici 35 ans plus tard, sur le même DeNiro transfiguré, vieilli, dans la même gare modernisée. Bref, une ellipse de toute beauté, digne des plus beaux poèmes de Du Bellay !
9 - Parce que 27 ans après sa sortie, ce monument continue de fasciner. Ceux qui ne l'ont pas encore vu, comme ceux qui l'ont déjà vu. Et qui tel DeNiro dans son opiumerie, ne cessent d'en faire défiler sans fin les images, les sons et les visages.
Travis Bickle

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