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Velvet Goldmine

Publié le 29 août 2011 par Olivier Walmacq

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Genre : drame

Année :
1998

Durée :
124 minutes

L'histoire :
Arthur Stuart, journaliste anglais basé à New York, enquête sur la vie et la disparition de Brian Slade, star du glam-rock des années 70. Il explore son ascension, sa chute, son mariage et sa liaison avec Curt Wild... De la même façon, il en profite pour se pencher sur son passé adolescent, les bouleversements que Slade a provoqué chez lui et sur la jeunesse anglaise de l'époque.
La critique de Leslie Barsonsec :
"Paaaaaaarlez-moi d'un fouuuuur ! Dites-moi des choses tendreuuuuuuuu !". La vieille scie de Lucienne Boyer va comme un gant à ce film légèrement oublié de la mémoire collective : l'exemple type du film maudit, encensé par les critiques, boudé dans les grandes largeurs par le public.
Avant de rentrer dans le vif du sujet, une petite anecdote : le jour de sa sortie, je me suis précipité dans un cinoche du centre-ville de Rouen pour le voir. Malgré les articles du Monde, du Libé du jour, et le hors-série de Rock & Folk, je me suis retrouvé seul comme un brave dans la salle...
Plus exactement, avec un autre mec qui lisait son journal, même pendant le film... Bien entendu, le film n'est resté qu'une semaine à l'affiche...
Mais franchement, pourquoi tant de haine ? Ok, Todd Haynes est un cinéaste particulier : son "I'm Not There" sur Dylan naviguait à vue entre les étincelles de génie (Cate Blanchett) et le n'importe-nawak ; il ne soucie pas forcément d'exactitude historique, ses personnages sont un peu fourre-tout (ici, le Brian Slade censé représenter Bowie à du Bolan en lui, et le Curt Wild (ou Iggy Pop) a du Lou Reed).... Mais c'est aussi un cinéaste indéniablement brillant.
"Velvet Goldmine"
est un film remarquable sur le plan visuel, onirique, chatoyant, féerique.

On peut lui reprocher d'appuyer lourdement sur l'homosexualité d'un courant (le glam-rock) qui ne l'était pas plus que ça (à l'exception de la bisexualité de Bowie, Reed et de Jobriath, les ténors genre Ferry, Bolan, Hunter, Mick Ronson étaient hétéros et fiers de l'être). Mais ce serait retirer une partie du trouble qui émane de ce film : l'incertitude qui berce les adolescents à l'âge des premiers émois, la découverte de ses désirs, l'identification à un modèle.
La mise en avant de la relation Bowie/Slade-Wild/Pop, plus fantasmée qu'avérée, est très importante dans le déroulement du film, mais n'éclipse pas les autres thématiques.

Le film traite aussi des déceptions de l'âge adulte : la réaction de Stuart à la vue de Slade, dix ans plus tard en dit long.
La perte de l'innocence, les compromis minables... "Velvet Goldmine" est un constat doux-amer d'une époque souvent idéalisée; à tort. La musique y'est d'enfer : classiques de Reed, des Dolls, Roxy Music, Eno...
Compos originales de Pulp, Shudder to Think... Michael Stipe, co-producteur du projet, connaissait indéniablement son affaire !
A noter l'absence des chansons de Bowie qui a refusé toute implication que ce soit dans ce projet, peu convaincu par le script.

Et ah oui, pour rigoler : ce film n'a pas fait un pli en France (et pas beaucoup mieux ailleurs...), mais jetons un p'tit coup d'oeil au casting comme ça : Ewan McGregor, Christian Bale, Jonathan Rhys-Meyers, Toni Collette...
Malgré sa démesure "camp" parfois abusée, je ne saurai trop vous encourager à donner une chance à ce film jamais diffusé en France (à l'exception de Canal en 2000). Le DVD est trouvable à un prix souvent très abordable sur Internet.

Note :  15/20


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