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La crise grecque

Publié le 20 septembre 2011 par Vindex @BloggActualite
La crise grecque-Le plan d'aide de la Grèce en mai 2010-

Depuis l’été 2011, les pays de la zone Euro sont secoués par une crise des marchés financiers. Les bourses chutent, entraînées par la baisse des cours des actions des banques principalement. Le CAC 40 a perdu environ un quart de sa valeur depuis fin juillet 2011. Il est accompagné par toutes les banques européennes comme la bourse de Londres (le Dow Jones) ou celle de Francfort en Allemagne. Même l’Euro a chuté par rapport au dollar et est passé sous la barre des 1,35 dollars, ce qui n’était plus arrivé depuis février 2011.

Les raisons de cette chute : les dettes des pays européens. Celles-ci se sont creusées depuis la crise des subprimes débutées en septembre 2008 par la faillite de Lehman Brothers. Mais un Etat inquiète plus que les autres : La Grèce. En effet,la dette souveraine du pays, accumulée depuis des années, s’établit aujourd’hui à 350 milliards d’euros soit 152 % du PIB auxquels s’ajoute 110 milliards de prêts de l’aide internationale. Les marchés estiment que le pays ne peut plus faire face à ses créanciers et qu’il va faire faillite. Les agences de notation ont dégradé sa note ce qui a pour conséquence de faire augmenter les taux d’intérêts des emprunts Hellènes (15-25 % parfois pour les taux à 10 ans). Le pays ne peut plus emprunter à un taux raisonnable, voire plus emprunter du tout. C’est pour cela, que le FMI et l’Union Européenne lui prête de l’argent à un taux plus faible (4-5%).

La Grèce ne dispose plus que de quelques semaines de liquidités et pourrait bien faire faillite en octobre si l’UE ne lui verse pas le deuxième plan d’aide de 160 milliards d’euros.

La crise de la dette grecque commence en 2009 après une décennie de croissance proche des 4% du PIB. Une baisse d’activité apparaît dans le tourisme et le transport maritime, deux secteurs d'activité essentiels, ce sont des conséquences de la crise de 2008 qui a entraîné une chute des demandes et une baisse de la fréquentation touristique. Pourtant, le gouvernement conservateur de l'époque n'a pas fait d’effort budgétaire préférant même maquiller les comptes publics, comme en 2004. En fait, depuis 2000, la Grèce n'a eu de cesse de transgresser le Pacte européen de stabilité financière avec une dette dépassant constamment les 100% du PIB et cela depuis 1993. Les années fastes de la première décennie du XX°siècle n’ont pas permis de la résorber. L’économie grise avec la corruption et le travail au noir accentue les problèmes en provoquant un manque à gagner de 10 à 15 milliards d’euros par an selon le ministre des Finances, Georges Papaconstantinou. La triche éclate une deuxième fois au grand jour en novembre 2009, lorsque le nouveau gouvernement du socialiste Papandhréou multiplie par deux l'estimation de déficit budgétaire pour la porter à 12,7 % du PIB. Depuis, les marchés se sont affolés, entraînant la Grèce dans une crise économique importante.

Les conséquences d’une faillite d’Athènes seraient importantes pour l’Union Européenne. Tout d’abord le pays devrait abandonner l’euro. Il récupérerait le Drachme son ancienne monnaie. Cela aurait pour conséquence la dévaluation de cette monnaie et une inflation très importante. Le pays finira quand même par se redresser grâce à sa monnaie moins forte qui lui permettrait d’exporter moins cher que ses concurrents et qui allégerait sa dette. De plus, et c’est le cœur du problème, une partie de la dette serait purement et simplement annulée. C'est-à-dire qu’elle ne serait jamais remboursée, les Etats et les banques créanciers y perdraient leur argent. La confiance dans le pays serait alors nulle et il faudrait des années avant que les Grecs ne puissent réemprunter à des taux corrects. Ce qui inquiète les pays européens, c’est aussi le fait que de nombreuses banques (françaises entre autres, comme BNP Paribas, la Société Générale et le Crédit Agricole) ont prêté de l’argent à la Grèce en rachetant des bons du trésor grec. Une faillite de la Grèce ferait perdre alors beaucoup d’argent à ces banques ce qui pourraient occasionner une réaction en chaîne. La France est le pays le plus engagé dans la dette à hauteur de 66 milliards d’euros (secteur privé comme public), suivie de l’Allemagne (50 milliards), puis les Etats-Unis.

On craint aussi un effet de contagion aux autres Etats en difficulté de l’Union Européenne comme le Portugal, l’Espagne ou encore l’Italie (qui s’est vu baissé sa note par une agence de notation dernièrement). Cela aurait pour conséquence une faillite généralisée de la zone Euro (car l’Allemagne pourra t-elle supporter seule avec la France tant de plans de sauvetage ? ).

Ces pays ne rentrent plus dans les objectifs du pacte de stabilité qui demande une dette inférieure à 60% du PIB. Aussi a-t-on permis à certains Etats d’entrer dans la zone euro alors qu’ils ne respectaient pas les critères, ce dès 1999. Les effets se manifestent actuellement dans ces pays ayant une économie trop petite pour une monnaie devenue si forte. De même, le concept de monnaie unique peut être remis en cause. En 1999, l’Euro est devenue la seule et unique monnaie de nombreux pays dans une zone économiquement très hétérogène. Cela signifie qu’on a calqué une même politique monétaire pour des pays qui nécessitent des politiques monétaires différentes. Ainsi, quand l’Allemagne, grâce à son industrie puissante, peut supporter une monnaie forte grâce à des productions à forte valeur ajoutée, la Grèce ne peut la supporter avec une économie très portées sur le tourisme et des activités à moins grande valeur ajoutée, ainsi qu’un système social plus contraignant que son homologue allemand. Un concept de monnaie commune (une monnaie de réserve européenne en plus des monnaies nationales) serait plus souple et moins risqué économiquement. Il serait sans doute moins ambitieux pour les plus européistes, mais plus réaliste. Cette monnaie de réserve pourrait servir pour les échanges continentaux alors que chaque Etat pourraient garder sa monnaie nationale pour mener la politique monétaire qu’il souhaite.

La faillite de la Grèce semble pourtant inéducable. L’endettement incontrôlé de certains Etats apparaît aujourd’hui comme un problème majeur qui pourrait bien conduire à l’effondrement de la zone euro si de grandes mesures ne sont pas prises rapidement comme une reprise en main par les Etats du monde de la finance. Cette crise est aussi le résultat du non respect des pactes de stabilités par certains pays qui n’ont jamais été sanctionnés.

Sources :

Le Figaro

Le Monde

http://minuit-1.blogspot.com/p/statistiques-indicateurs-taux.html#taux

Florian Thomas.


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