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L'agent littéraire, la voie de l'avenir ?

Par Jean-Jacques Nuel

On parle beaucoup ces derniers temps de l’aventure de Jonathan Littell, dont le manuscrit Les Bienveillantes, récent prix Goncourt, a été soumis à quatre éditeurs par l’intermédiaire d’un agent littéraire, pratique courante aux Etats-Unis.

Sur le blog d’Alain Mabanckou, j’ai découvert un passionnant entretien avec Pierre Astier, fondateur et ancien directeur du Serpent à Plumes, et créateur d’une agence littéraire. Ses explications font tomber bien des préjugés que les auteurs français (et surtout leurs éditeurs) ont sur les agents littéraires.

« La France est l’un des derniers pays au monde où il n’y a pas (ou en tout cas très peu) d’agents littéraires. Les agents littéraires sont partout : en Suède et en Chine, au Mexique et en Thaïlande, en Russie et au Brésil (et pas seulement dans le monde anglo-saxon comme la petite lorgnette française nous le laisserait croire). »

« Un agent littéraire est un intermédiaire qui a un rôle éditorial (mise au point d’un texte avec l’auteur), commercial (vendre ce texte à des éditeurs français, étrangers, à des producteurs, négocier au mieux les droits) et donc un rôle juridique (établissement du contrat). Un bon agent sera également impliqué dans la « promotion » d’un auteur, le représentera dans les foires, salons et festivals internationaux, et veillera à la bonne exécution des contrats qui auront été signés sous sa houlette (respect des termes du contrat, versement des droits, etc.). »

« Le vrai métier d’agent littéraire est un métier de découvreur. Donc un agent littéraire se doit, selon moi, de recevoir et lire les manuscrits. Les services de manuscrits des maisons d’édition parisiennes, vers lesquels affluent des milliers de manuscrits chaque année, sont très engorgés et en perpétuel état d’implosion. Nous n’en sommes plus à l’époque de la Remington où l’écrivain tapait son manuscrit en trois exemplaires séparés par du papier carbone. L’inflation d’auteurs, et donc de manuscrits, est là. Tout auteur peut reproduire en 100 ex. son manuscrit et l’adresser à autant de maisons, ce qui engendre un gâchis de papier et une perte de temps pour les lecteurs de ces maisons quand le manuscrit n’aurait pas dû leur être envoyé. Orienter et cibler devient une nécessité, et l’agent peut y contribuer. »

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