Magazine Concerts & Festivals

Christy Moore & Declan Sinnott à l'Ancienne Belgique, Bruxelles, le 7 octobre 2011

Publié le 07 octobre 2011 par Concerts-Review

Un seul mot te vient aux lèvres: fabuleux!
Ancienne Belgique, en configuration flex, bien remplie et pourtant, l'avant-veille, le duo se produisait à la salle Roma à Anvers.
Pas mal de fans ont assisté aux deux gigs!
Tout débute à 20:10', une voix off, les annonces d'usages: no mobile, no flash... extinction des feux, arrivée des compères prenant place sur les chaises installées à un mètre de la fosse, c'est parti pour un voyage de près de deux heures pendant lequel le duo enfilera perle sur perle.
Christine, qui n'avait jamais entendu parler de Christy Moore, qui croyait qu'il s'agissait d'une nana, était aux anges: jamais je n'ai connu un tel silence admiratif et une telle ferveur à l'AB.
C'était magnifique... lui ai payé un truc imbuvable, un coca zero, pour qu'elle retrouve ses esprits!
P1160732.JPG
Christy Moore & Declan Sinnott
66 + 60= 126 à eux deux!
Des légendes en Irlande: Christy, le fondateur de Planxty et plus tard de Moving Hearts, avait déjà sorti 'Paddy on the road' en 1969.
Declan: Tara Telephone- les superbes Horslips- Moving Hearts- Mary Black- Small Town Talk.... sans compter ses productions pour Mary Black, sa soeur Frances Black ou Sinéad Lohan, David Hope, Jimmy Crowley e.a....
Declan assure les choeurs et manie à la perfection deux acoustiques, une électrique, l'Irish bouzouki et pour un titre un piano électrique- Christy se contente de ses acoustiques, d'un bodhrán pour un titre et de sa chaude voix de buveur de Guinness.
P1160756.JPG
P1160733.JPGLa ballade ' Wise and holy woman' entame le set, tu plonges d'emblée dans un univers celtique where the water is pure and clear et où l'air que tu respires est frais, mais, en background, cette sage femme chante aussi toute la misère du monde.
Le ton est donné.
Le Chili, Santiago Bay, une social waltz: ' Allende': Pinochet, les balles marquées USA...
Déjà un pincement au niveau du coeur.
Composé par Charlie Murphy,' Burning times', titletrack d'un CD sorti en 2004.
Un chef -d'oeuvre about greed and imperialism avec en contrepoint le jeu racé de Declan qui passe à l'électricité pour le nerveux folk rock 'Biko Drum' accompagné des battements de mains d'un public qui vibre et se souvient de Steve Biko.
Une calme pour retrouver mon souffle: ' Stange ways' aux subtils effets de slide.
Une nouvelle fois, l'émotion te gagne.
Bruxelles, j'allais oublier le message de mon frangin, Luka Bloom, he sends you all his love.
Brave, ket!
Les fans ont reconnu ' City of Chicago', la slide s'enflamme tandis qu'en masse des Irlandais quittent les collines de Donegal pour essayer de survivre à Chicago, on est en 1847.
Christy embraye sur 'Missing you'. On est passé en 1936, à Londres, les Paddies ont la nostalgie de leur île et de ses P1160777.JPGfilles... nouveaux couplets évocatifs et conseils à la jeunesse...
All ye young people now take my advice
Before crossing the ocean you'd better think twice
Cause you can't live without love, without love alone
The proof is round London in the nobody zone...
Aussi fort qu'un film de Ken Loach!
Composé par Floyd red crow Westerman , décédé l'an dernier , le country tune mélancolique ' Quiet Desperation' et puis le coup de poing en pleine gueule ' Viva la Quinta Brigada', vous êtes priés de vous joindre à la 15è brigade, les volontaires irlandais socialistes partis combattre en Espagne pendant la guerre civile.
No Pasaran... hurle l'AB, en flashback d'autres irlandais, fustigés par l'église catholique luttent aux côtés de Franco..
Interprétation poignante et vive, un moment intense!

P1160796.JPG

Richard Thompson: l'acoustic folk ' Beeswing', une tranche de vie narrant l'histoire d'une fille ne tenant pas en place.
There's a good vibe in l'Ancienne Belgique, tonight...
Effectivement, et les deux suivantes seront accueillies par un immense cri de joie: ' Ordinary Man' et pour une fan du premier rang: ' Away ye broken heart'.

P1160741.JPG
Lovely, susurre ta voisine irlandaise!.
Un titre que jouait Moving Hearts: ' No time for love if they come in the morning', une protest song imparable, la guitare s'attaque à tes tripes. Un des points culminants du set, qui en fait ne connut aucune faiblesse!
Le traditionnel 'Only Our Rivers Run Free' de Mickey MacConnell, le second hymne national irlandais, la même voisine pleure!
Un second classique, des Appalaches ce coup-ci ' Black is the colour', il va tous nous faire chialer.
De la magie pure!
Dec, il leur faut something strong pour se remettre, un passage au pub s'impose: ' Smoke and strong whiskey'.
Retour au traditionnel, la child/murder ballad déjà enregistrée avec Planxty ' The well below the valley', interprétée au bodhran et claviers, et chantée d'un timbre sombre et gaélique.
P1160776.JPG
Superbe!
C'est parti pour une séance jukebox, les requêtes fusent, pour commencer le gentle tune ' Magic nights in the lobby bar' de John Spillane, suivi du secouant 'Don't forget your shovel', écrit par un ami, Christie Henessy et dédié, ironiquement, à Margaret Thatcher.
Un singalong humoristique avec yodeling acrobatique, Christy bredouille, se rattrape, trébuche à nouveau, pour repartir au galop!
L'AB en ébullition, Christine a depuis longtemps quitté son douillet fauteuil pour se coller face aux phénomènes.
'The ballad of little Musgrave' ( and Lady Barnard) , un sanglant drame amoureux médiéval.
Fin tragique et travail ciselé de Declan.
Nouvelle demande d'un fan: ' Hiroshima Nagasaki Russian Roulette', atomique!
Remerciements sincères, ils se sont amusés... nous, aussi, la dernière: 'Ride on' !
P1160787.JPG

Un titre magnifique, composé par Jimmy MacCarthy.
Bordel, je connais te souffle Christine, en français en plus.
Moi aussi, je connais.
On a creusé, creusé, et en 2011 on s'est rendu compte que 'Il est libre, Max' d'Hervé Cristiani, qu'on adorait, était une adaptation de cette perle.
J'adore, ajoute l'enfant qui comme toute la salle applaudit à tout rompre après les derniers accords.
P1160798.JPG

Bis
Dédié au petit Paul, assis sur le podium: 'Lisdoonvarna', un titre épique, narratif et dadaïste de près de 7 minutes.
Apothéose d'un concert exceptionnel.
(J'ai décidé de ne plus me laver la paume droite, serrée par le brave bonhomme, avant mon prochain passage aux latrines!)


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Concerts-Review 35011 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte