Magazine Finances

La crise économique systémique mondiale a-t-elle été voulue et organisée?

Publié le 14 novembre 2011 par Plusnet
La crise économique systémique mondiale a-t-elle été voulue et organisée?
"La perversité alliée à la négation du mal sont très efficaces quand il s'agit de dissimuler, mentir et exploiter les autres...on peut aussi suggérer que la guerre a aussi été prévue ainsi que la montée de l'extreme droite...voir les livres Le casse su siècle de Michael Lewis -  Capitalisme et pulsion de mort de Bernard Marris - Le piège divin de Pascal Roussel - Comment Goldman Sachs dirige le monde? de Marc Roche - Pourquoi la crise? de Jean-Loup Izambert - La face cachée des banques d'Eric Laurent - Comment j'ai liquidé le siècle de Flore Vasseur...et d'autres articles sur la manipulation comme  l'argent ou le 11 septembre 2001
14/11/2011 - Documentaire - Les nouveaux (?) maîtres du monde - Canal+ - Comment Goldman Sachs, petite maison de courtage fondée en 1869 par un immigré allemand, est-elle devenue la banque d'affaires la plus puissante du monde ? Ce documentaire plonge au coeur de l'une des plus grandes institutions de Wall Street et lève le voile sur les méthodes de la finance mondiale. La première chose que l'on apprend chez Goldman Sachs c'est que l'on ne doit pas parler de Goldman Sachs. Les anciens ont peur. Les stagiaires se cachent. Depuis décembre 2006, les banquiers de Goldman Sachs savaient qu'une crise financière se préparait et en ont profité. Les Américains, eux, en ont subi les conséquences et commencent à se réveiller.
16/10/2011 - Documentaire - City de Londres, la finance en eaux troubles - FranceTV - "La City contrôle l'Angleterre" Mais qui contrôle la City? A Londres, la première place financière du monde a assis son leadership sur un système «offshore», qui favorise l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent. Plus de la moitié des fonds internationaux transitent par la City, à Londres, et près de 80% des actifs des «hedge funds» européens y sont brassés. Ce leadership, la City le tient de son savoir-faire et de sa réputation. Avec la bénédiction de Westminster, la place financière a essaimé ses ramifications à travers le monde en créant des satellites offshore, qui pratiquent souverainement le secret bancaire et la soustraction d’impôts. Gibraltar, les îles Vierges, les îles Caïmans, les Bermudes, les îles Anglo-Normandes : près de la moitié des paradis fiscaux du monde battent pavillon britannique. A Londres, un bataillon de banquiers, fiscalistes et juristes s’affairent pour construire des montages via ces territoires plus avantageux fiscalement et moins contraignants juridiquement.
26/09/2011 - Alessio Rastani - "C'est Goldman Sachs qui dirige le monde et non les politiques" - Interview BBC  "Il va y avoir un krach et la chute sera violente - Absolument personne ne croit aux plans de sauvetage, ils savent que le marché est cuit et que la bourse est finie - Les traders se foutent de comment on va redresser l'économie, notre boulot est de faire de l'argent avec cette situation - Je me couche tous les soirs en rêvant d'une nouvelle récession - En 1929 quelques personnes étaient préparées à faire de l'argent avec le krach et tout le monde peut faire cela aujourd'hui,  et pas seulement les élites - Cette crise économique est comme un cancer - Préparez vous ! Ce n'est pas le moment d’espérer que les gouvernements règlent les problèmes. Les gouvernements ne dirigent pas le monde, c'est Goldman Sachs qui dirige le monde. Cette banque se fiche des plans de sauvetage - Dans moins de 12 mois je prédis que les économies de millions de gens vont disparaitre, et ce ne sera que le début..."
15/09/2011 - Cours d'économie et d'apocalypse par le Rav Ron Chaya (extrait de la vidéo "sauve qui peut" - Leava) "J'ai un élève qui était dans la finance et qui a arrêté et qui à un copain, un grand économiste invité à la TV et à la radio dans des émissions en Suisse. Il dit "Investissez dans ci, investissez dans ça" et mon élève lui demande: "Et toi ? Entre nous dans quoi tu investis?" "Moi? Dans les pièces d'or" "Les pièces d'or? C'est mieux les lingots non?" "Non. Quand tu devras acheter du pain et du lait, tu pourras pas les acheter avec des lingots, il faudra des pièces d'or" "Pourquoi alors tu mens aux gens?" "Parce que si je ne dis pas que tout va bien ils me tuent, c'est des grands trusts économiques tu comprends?"
13/06/2011 - Jean-François Gayraud pour le livre "La grande fraude"
29/01/2011 - Paul Jorion - Les Usa désignent les responsables de la crise
27/09/2011 - Alessio Rastani - "C'est Goldman Sachs qui dirige le monde et non les politiques"
Un homme présenté comme trader à Londres a provoqué mardi un buzz sur internet en affirmant qu'il "rêvait" toutes les nuits d'une récession, des propos qui ont suscité l'indignation mais aussi des interrogations sur l'identité du jeune individu.
L'interview d'Alessio Rastani, lundi à la télévision BBC, a été visionnée par plus de 360.000 personnes sur internet, mais ses propos correspondent tellement aux stéréotypes des traders que des rumeurs circulaient sur la possibilité qu'il s'agisse d'une supercherie.
"J'ai une confession à faire: je vais au lit tous les soirs, et je rêve d'une autre récession (...). Personnellement, j'ai rêvé de ce moment depuis trois ans", a déclaré Alessio Rastani sans ambages.
Interrogé sur la réponse des dirigeants à la crise de l'euro, le jeune homme de 34 ans a déclaré que les traders "se foutent" de l'euro. "La plupart des traders se fichent de savoir comment (...) la situation va être résolue. Notre boulot, c'est de faire de l'argent", a-t-il affirmé.
"Les gouvernements ne dirigent pas le monde. Goldman Sachs (banque d'affaires américaine) dirige le monde. Goldman Sachs s'en fiche de ce plan de sauvetage, tout comme les importants fonds spéculatifs", a-t-il assuré.
Les commentaires de M. Rastani, présenté comme un trader indépendant par BBC, ont provoqué de nombreuses réactions.
"Cela me semble immoral et amoral", a réagi la ministre espagnole des Finances, Elena Salgado. "Le trader qui a soulevé le couvercle sur ce que la City pense vraiment", a titré The Independent.
Certains médias ont avancé que M. Rastani pourrait être un membre de Yes Men, un groupe basé aux Etats-Unis qui avait reconnu sa responsabilité dans une info bidon reprise par la BBC en 2004, selon laquelle la société Dow Chemical allait indemniser les victimes du désastre de Bhopal en Inde en 1984.
Mais Yes Men a démenti être cette fois impliqué, et dans une interview mardi au magazine financier Forbes, M. Rastani a insisté sur le fait qu'il était un trader travaillant à son compte.
La BBC a aussi assuré avoir mené une "enquête détaillée" sur le jeune homme et n'avoir pas rien trouvé laissant penser qu'il n'était pas trader.
Goldman Sachs, citée par M. Rastani, s'est refusée à tout commentaire.
AFP
25/09/2011 - Interview intégrale de Wolfgang Hetzer dans le journal Die Welt pour le livre "Mafia financière" (06/06/2011)
Wolfgang Hetzer est haut fonctionnaire anti-corruption de l’UE
M. Hetzer, pourquoi ce sujet de la crise financière [lié à la corruption]?
Lorsque le Premier ministre grec Giorgos Papandreou était en Allemagne, il a déclaré que son pays est dans cette difficile situation parce que la corruption est largement répandue en Grèce. Je précise toutefois que mon livre « la mafia financière » n’est lié en aucune façon avec mes fonctions officielles. J’exprime des opinions personnelles qui ne sont endossées par la Commission Européenne en aucune façon.
Vous avez dit que la crise financière internationale n’a pas été une fatalité.
Cette crise n’est certainement pas une catastrophe naturelle. Ce n’est pas une sanction divine. Ce n’est pas une malédiction satanique, mais elle a ses racines dans des conduites et des défaillances humaines. A ces conduites appartient, généralement parlant, la liberté des paris sur les produits financiers hautement spéculatifs tels que les dérivés. Et côté défaillance, parmi beaucoup d’autres, le contrôle défectueux des activités ou encore l’incapacité d’établir une structure efficace de surveillance.
A qui jetez vous la pierre, plus exactement ?
Il y a les coupables dans l’industrie financière, afin de continuer à conclure des paris. Et il y a leurs soutiens dans la politique qui leur ont permis ces paris et les ont laissés ne prendre aucune mesure affectant le périmètre accessible aux banquiers d’investissement. La liste des transgressions de la politique est longue.
Nommez en donc quelques unes
La politique a permis aux entreprises financières de ne pas inscrire toutes leurs opérations dans le bilan, et de les cacher. Elle a admis que les banques ne disposent pas de suffisamment de fonds propres en face des risques qu’elles avaient pris. Il n’y a pas eu de limite quant aux opérations sur compte propre des institutions financières avec leurs produits financiers alors que cela aurait été nécessaire. Les politiciens ont admis que les risques de crédit soient transférés jusqu’à 100 pour cent. Et assez souvent ils laissent letravail législatif aux mains des institutions financières elles-mêmes.
Vous voulez dire que les politiciens se font conseillés/influencés ?
Et bien plus que ça. Pensez à la Loi sur la modernisation des investissements [instruments financiers], à la Loi sur la stabilisation des marchés financiers et à la Loi d’accompagnement qui lui est relative [?]. Il s’est fait là une forme particulièrement piquante de privatisation. Parce que évidemment plus l’expertise nécessaire dans la bureaucratie gouvernementale est absente, plus le gouvernement laisse diriger ce projet de loi par les avocats de l’industrie financière. C’est que la politique délègue son cœur de métier principal, à savoir l’expertise dans l’élaboration de la législation. Et il faut pour cela faire payer les contribuables aussi.
La politique serait ainsi le soutien docile des spéculateurs?
Encore pire. La politique s’est laissée balader sur la scène mondiale par l’industrie financière comme si on la tirait par un anneau dans le nez. L’industrie financière a placé ses intérêts par paquets de milliards dans la politique. C’est bien à cette conclusion qu’est parvenue la Commission du Congrès américain quand elle a tenté d’établir les circonstances qui ont mené à la crise financière.
Dans votre livre « mafia financière » vous vous plaignez d’une « culture dominante de la corruption ». Que voulez-vous dire?
J’entends par là que les pratiques de corruption dans la sphère [?] économique et dans la politique semblent de plus en plus présentes. La rationalité économique a abdiqué. les contre-pouvoirs [Fachzwänge ?] ont été suspendus. Au lieu de cela, une politique d’intérêt à sens unique a été établie.
Comment doit-on se représenter cela?
Le monde financier suit la logique de la mafia, qui est de suivre le maximum de profit avec le minimum de risques. Cela signifie que tous les moyens sont utilisés, dans un but [promesse?] d’efficacité , comme à travers des contacts dans les entreprises, le gouvernement et la politique. L’idée que la mafia vraiment dangereuse est celle caractérisée par la violence, est naïve. Leur menace majeure est leur influence, leur pouvoir par les liens qu’ils construisent, la façon qu’ils ont ainsi de corrompre lois économiques à leur propre avantage, de les faire dysfonctionner ou ne pas entrer en vigueur [quand ça les gênerait]. Telle est la logique de la mafia.
Qui compose ces mafia financières?
Ce sont des gens qui appartiennent à toutes les institutions financières, toutes les banques d’investissement dans la mesure où elles œuvrent exclusivement pour leur propre bénéfice à vendre des produits [structurés] et aux limites de la trahison des parties [clients ?] – alors qu’elles parient en même temps sur leur baisse -. Pourquoi pensez-vous que le procureur général de New York s’en prend à la Deutsche Bank ? Parce qu’ils n’ont pas agi sur le marché immobilier comme aurait du le faire une Banque honorable.
Quel rôle ont joué des gens comme le chef de la direction de la DB Josef Ackermann lors de la crise financière?
 Ackermann a le pouvoir plutôt deux fois qu’une. Et une grande puissance que vous pouvez percevoir en lisant le bilan de sa banque. Et parce que c’est le cas, son rôle pourrait être quelque peu comparé à celui de l’ex-président de la Fed Alan Greenspan. Que Greenspan sourie, et c’était, selon les besoins, interprété de toute façon. Peut-être qu’il ne savait pas pourquoi il sourit. Et si Ackerman dit quelque chose sur la Grèce ou l’euro, alors tous l’écoutent attentivement. Il est puissant en vertu de sa fonction.
Quelles sont les motivations au sein de la mafia financière?
C’est l’avidité qui les anime. La cupidité et l’auto-privilège. Par cette auto-privilège [prise d'intérêt] et avec des « bonnes volontés » en réalité achetées, se créé un milieu dans lequel la participation réussie à des orgies d’enrichissement devient le seul but de l’action. Qui n’a apporte pas à ce moulin un ego correspondant ne s’élève pas dans les cadres du monde financier. Ce sont des gens qui veulent comparer en continu et qui ont une notion pervertie du succès, sinon il y a certaines choses qu’ils n’auraient pas faites.
Un malade, il a besoin d’aide …
Ces gens ne sont probablement plus sensibles à rien. Avec la mondialisation, ils sont capables de manœuvrer autant de grands gouvernails [barre Räder] qu’ils peuvent se prendre pour le bon Dieu. PDG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, a dit littéralement: « Nous faisons le travail de Dieu. » Malheureusement, ils n’ont pas une seule pensée pour tout ce qu’on pourrait faire de sensé avec tout cet argent.
Comment est-on parvenu à un tel état?
Parce que nul ne s’oppose à ces personnes. Parce que la politique volontairement se livre à leur emprise, l’électeur, de son coté, fait ses adieux à la politique. Nous nous retirons dans la sphère privée, nous nous résignons et nous lamentons que « ceux d’en haut » de toute façon, font ce qu’ils veulent. C’est une attitude qui a toujours fréquemment conduit à des catastrophes auparavant.
Mais encore?
La situation s’aggrave. Que se passerait-il si la Grèce ne paie pas la fin de Juin ses fonctionnaires?
Quelles sont les alternatives entre la faillite de l’Etat et la poursuite des programmes d’aide? En Grèce, et en Espagne le mécontentement grandit. On ne croit plus les politiciens. Les gens voient parmi les élites le règne d’une culture kleptocratique. Ils se sentent trahis par des cliques menteuses [versager?] en politique et en économie.
L’état est-il vraiment victime ou complice?
Norbert Bluem a déclaré que l’Etat est maintenant comme un guetteur[Schmierensteher?] de joueur de casino. Et maintenant, ce guetteur doit faciliter, lubrifier les activités du joueur. Il est le garant de milliards de pertes. Il obtient les factures présentées. Et les banques allemandes et françaises ne craignent rien de plus que la faillite nationale des Grecs , parce qu’ils seraient obligé de mettre une croix sur de grosses créances et d’encaisser de lourdes pertes. Ainsi, les recettes fiscales qui sont encore bonnes en Allemagne seront utilisées pour renflouer ceux-là même qui sont responsables de la situation dans laquelle ils nous ont coincés.
Nous allons donc sauver les banques encore une fois ?
Tout à fait. Tout l’argent dont nous avons besoin pour des besoins sociaux urgents, est maintenant utilisé pour payer les intérêts dus aux banques. Mais de cela on ne parle évidemment pas avec la clarté qui conviendrait.
Pourquoi n’y a-t-il pas de débat politique sur la responsabilité?
Sur ce point, je n’ai pas d’explication. Au contraire, on laisse filer les machinations de la mafia financière, qui pour moi ont leur propre obscénité, haussant loin [achselzuckend hinweg, et cela porte loin ?]. Ainsi des millions de gens voient leurs chances dans la vie trahies, leur avenir trompé. Ce qu’on a fait est un déni d’existence [existenzvernichtend] pour des sociétés entières. Mais il demeure impuni.
Timotia
30/08/2011 - Laurence Parisot dénonce un complot américain contre l'Europe
L'activité économique semble connaître un coup de frein brutal. Comment l'expliquez-vous?
Le ralentissement est dû à la rencontre de deux séries de causes: aux États-Unis, une situation économique et politique qui se dégradait; en Europe, des États qui franchissaient la ligne rouge en terme d'endettement. Une fois ces difficultés surmontées, nous retrouverons une croissance vive et créatrice d'emplois mais il ne faut pas se tromper dans l'analyse de ce que nous avons vécu cet été.
La situation s'est tendue quand la Chine a commencé à faire la leçon aux États-Unis sur leur dette. Les Américains ont sans doute voulu alors repasser le mistigri à l'Europe. On a assisté à une sorte de guerre psychologique et à une tentative de déstabilisation de la zone euro. Les marchés ont surréagi, étant par nature très sensibles aux rumeurs, même organisées. La morale de l'histoire, c'est que nous ne devons pas être naïfs et tomber dans le panneau de l'autodisqualification: si l'Europe a été attaquée, ce n'est pas parce qu'elle est faible mais parce qu'elle est forte, et si elle est enviée, c'est parce qu'elle est enviable.
Qui serait à l'origine de ce complot?
Je parlerais plutôt d'une «orchestration» outre-Atlantique des difficultés de l'Europe. Voyez les rumeurs sur les banques françaises, qui se sont diffusées immédiatement alors qu'elles étaient absolument infondées. Nos banques sont parmi les plus solides au monde. Des unes de médias américains an­­­nonçaient pourtant la mort de telle ou telle et même la fin de la zone euro. Nous sommes passés d'attaques sur l'Espagne à des attaques sur l'Italie, puis sur la France, jusqu'à des rumeurs de dégradation de l'Allemagne la semaine dernière! Quand des publications américaines très lues par les investisseurs et les analystes financiers titrent sur de fausses annonces dramatiques, des questions se posent.
L'accumulation des dettes des États est pourtant une réalité…
Certes. Les dettes ne sont plus tenables. Elles doivent être résorbées au plus vite. Comme le montrent les mesures prises la semaine dernière, le gouvernement n'a pas tardé à entendre l'avertissement.
Vous êtes donc favorable à la règle d'or de retour à l'équilibre budgétaire?
Le principe d'une règle d'or consoliderait la réputation de notre pays et faciliterait le travail de n'importe quel gouvernement. De nombreux pays s'y engagent, il serait étrange que nous Français n'en soyons pas capables.
Dix milliards de prélèvements supplémentaires pour un milliard d'économies de dépenses, est-ce la meilleure façon de lutter contre les déficits?
Il fallait ajuster rapidement la situation, le gouvernement l'a fait. Mais vous avez raison, cela ne suffira pas, et l'État doit aussi accélérer la baisse de ses dépenses. L'idéal serait un ratio de 1 à 2: deux fois plus d'économies sur les dépenses que de hausse sur les recettes sociales et fiscales. Des mesures comme la réforme des retraites et le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux vont dans ce sens. Aller plus loin suppose d'autres réformes structurelles: se concentrer sur les collectivités locales et y décliner la RGPP; travailler aussi sur la santé, notamment l'hôpital public (pourquoi facture-t-il plus à l'assurance-maladie que le secteur privé pour les mêmes prestations?); enfin, développer partout les partenariats public-privé et les délégations de service public. Ces voies ont l'immense avantage de ne pas toucher à notre modèle social.
François Fillon a-t-il eu la «PME attitude» que vous ne cessez de prôner dans son plan antidéficit?
Il s'est en effet montré attentif aux petites entreprises mais on doit faire encore plus. Parmi les TPE-PME-ETI d'aujourd'hui se trouvent des entreprises du CAC 40 de 2030: elles doivent bénéficier du meilleur environnement possible pour pouvoir grandir. C'est pourquoi nous appelons à un vaste programme pour délégiférer et déréglementer le système juridique qui enserre jusqu'au cou les petites et moyennes entreprises. Il faut aussi alléger leur fiscalité. Il est choquant que l'impôt sur les sociétés (IS) acquitté effectivement par les TPE-PME soit (par rapport à l'excédent d'exploitation) de l'ordre de 39% contre 19% pour les grandes entreprises. Entre autres raisons, ces dernières déduisent de leur résultat les intérêts d'emprunts, tandis que les TPE-PME le font peu du fait de leur moindre capacité à emprunter. C'est la double peine! Il existe aussi un taux réduit d'impôt sur les sociétés (15%) pour les entreprises dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 7,6 millions d'euros. Le Medef demande que ce plafond soit relevé à 10 millions.
Seize grands patrons se sont dits prêts la semaine dernière à être taxés plus. Approuvez-vous la taxe exceptionnelle sur les hauts revenus qui va être instituée?
On voit des revenus très élevés chez les sportifs, les acteurs, les professions libérales: ce n'est pas un sujet spécifique à quelques chefs d'entreprise. Je comprends le principe d'une taxe particulière à un moment exceptionnel, mais l'arbre ne doit pas cacher la forêt et faire oublier la nécessaire modération des rémunérations des dirigeants. Par ailleurs, ne confondons pas tout. Il y aurait de la démagogie à comparer l'incomparable et à mettre dans le même sac des revenus annuels de 250 000 euros et de 2,5 millions d'euros. Veillons à ce qu'à l'avenir une évolution du seuil n'affecte pas les classes moyennes, y compris les classes moyennes supérieures, qui sont le moteur de l'économie.
L'intégration des heures supplémentaires dans le calcul des allégements de charges sur les bas salaires ne risque-t-elle pas de renchérir le coût du travail et de détruire des emplois peu qualifiés?
Il y a bien sûr dans ce plan des mesures qui nous plaisent moins que d'autres. Nous déplorons aussi le passage du forfait social de 6 à 8%: il pénalise l'intéressement et la participation que nous voulons encourager. Mais l'ensemble s'inscrit dans une claire logique de désendettement et cela, nous le saluons.
Êtes-vous inquiète de l'évolution du chômage dans les mois à venir?
Nous pouvons enrayer la récente dégradation. En comprenant que dans les TPE-PME réside le plus grand potentiel d'emplois et en le favorisant. En travaillant sur la meilleure employabilité des demandeurs d'emploi, en intégrant les fortes mutations des métiers, en adaptant en temps réel les formations.
L'emploi se précarise avec la multiplication des temps partiels, des CDD… Comment y remédier?
Dans le cadre de l'accord sur l'assurance-chômage signé en début d'année, nous allons créer avec les organisations syndicales un groupe de travail sur les évolutions des modes d'indemnisation. Nous avons aussi prévu une délibération sociale sur le marché du travail. Je souhaite faire converger ces réflexions pour améliorer l'ensemble emploi-assurance-chômage-formation. Les procédures qui entourent le contrat de travail doivent encore progresser: telles quelles, elles sont bloquantes par leur longueur et leur juridisme excessif. La peur de l'embauche est le problème numéro un des entreprises. Il faudrait réaliser avec les ruptures collectives le travail que l'on a accompli avec les ruptures individuelles. On ne dit pas assez que la rupture conventionnelle a installé pour la première fois en France la «flexisécurité» et que tout le monde y gagne.
Quel est le menu de vos négociations avec les syndicats au second semestre?
La priorité dans les jours qui viennent est de mettre en œuvre les accords patronat-syndicats du premier semestre sur l'emploi des jeunes. Nous poursuivrons aussi les négociations sur la valeur ajoutée et la modernisation du paritarisme. Nous lancerons également des délibérations sociales sur le bien-être au travail et l'égalité professionnelle homme-femme, dans laquelle nous inclurons le congé paternité.
Quelle sera votre stratégie pour faire passer vos idées pendant la campagne présidentielle?
En 2007, nous avions publié un livre, Besoin d'air, qui a marqué la campagne. Nous préparons «Besoin d'air 2» qui sortira début janvier. «Besoin d'air 2» proposera des réformes structurelles mais surtout portera un grand projet européen. Il y a quelque temps encore, il arrivait que je rencontre des chefs d'entreprise qui reconnaissaient avoir voté non au traité de Maastricht; aujourd'hui, je vois ces mêmes chefs d'entreprise convaincus, enthousiastes et prêts à avancer résolument vers un fédéralisme européen économique et social. La France restera la France si, et seulement si, l'Europe est solidaire, unie et puissante.
Figaro
11/08/2011 - Et si la crise financière ne servait qu’à faire disparaitre les derniers services publics et à mater les salariés ?
Je ne suis pas le moins du monde un spécialiste des questions économiques et financières et je ne suis pas non plus un adepte de la théorie du « complot permanent » auquel les citoyens seraient confrontés...
Mais, au bout de ces onze jours de crise financière (si nous sommes au bout...) il m’est venu un soupçon que d’aucuns jugeront naïf : et si cette crise n’avait que deux fonctions, deux objectifs majeurs :
- Inciter les pays qui en possèdent encore, à se débarrasser définitivement de leurs derniers « services publics », à les vendre, qu’il s’agisse de réseau de transports, de distribution d’énergie, d’acheminement du courrier, de la santé, de la protection sociale, etc. Une vente qui les rendrait miraculeusement rentables au dépend du "service" rendu. La privatisation et la réduction des déficits font partie des conditions (au fait exigées par qui, exactement) pour « aider » des pays ou garantir leurs dettes. Dans les conditions imposées, je n’ai pas entendu parler, probablement que je ne suis pas assez attentif, d’augmentation des recettes auprès des entreprises et des banques imposée par la banque européenne, le FMI ou la Banque Fédérale américaine.
- Inciter les salariés à accepter de plus en plus de « souplesse » et de plus en plus de « flexibilité » pour reprendre ce mot étrange qui caractérise en fait un nouveau droit de licenciement plus expéditif. Et de moins en moins de protection sociale et d’indemnités de chômage.
Ensuite, sauf catastrophe pour des gens, des banques et des institutions qui pourraient se brûler en jouant avec le feu, tout redeviendra « normal », sauf pour les salariés et les retraités.
Aux économistes de dire si je fantasme ou si je pose deux bonnes questions.
Politis - Claude-Marie Vadrot
12/07/2011 - Livre: Finanz Mafia de Wolfgang Hetzer
Alors que la Grèce ne cesse de se débattre pour échapper à la faillite totale provoquée par l’énormité de sa dette, alors que les citoyens européens ont déjà payé cher la crise financière en sauvant les banques en 2008 et pourraient à nouveau devoir payer pour faire sortir l’Union de la crise de la dette européenne actuelle, Wolfgang Hetzer, conseiller anticorruption à l’Office européen de lutte antifraude (Olaf), a accordé une entrevue au quotidien allemand Die Welt et dans laquelle il évoque une mafia financière qui a corrompu le monde politique.
La cupidité des financiers associée à la corruption des politiques a, selon lui, mené aux crises et menaces actuelles. Il n’est pas le seul à le penser. "Lorsque le Premier ministre grec Giorgos Papandreou était en Allemagne, il a déclaré que son pays est dans cette difficile situation parce que la corruption est largement répandue en Grèce", a-t-il déclaré.
"Les politiciens laissent le travail législatif aux mains des institutions financières elles-mêmes"
La crise a éclaté parce que les financiers ont agi avec cupidité, produisant des dérivés financiers hautement spéculatifs et dangereux. Mais rien ne serait arrivé si les politiques avaient pris des mesures. Il n’y a eu aucune surveillance. Le monde politique n’a pas limité le périmètre d’action des financiers. Il a laissé faire.  "La politique a permis aux entreprises financières de ne pas inscrire toutes leurs opérations dans le bilan, et de les cacher. Elle a admis que les banques ne disposent pas de suffisamment de fonds propres en face des risques qu’elles avaient pris. Il n’y a pas eu de limite quant aux opérations sur compte propre des institutions financières avec leurs produits financiers alors que cela aurait été nécessaire. Les politiciens ont admis que les risques de crédit soient transférés jusqu’à 100 pour cent" explique au cours de l'interview Wolfgang Hetzer.
Aucune loi n’est venue brider les institutions financières. Et lorsque des lois ont été ou sont mises en place, ce sont les financiers eux-mêmes qui s’en chargent. "Les politiciens laissent le travail législatif aux mains des institutions financières elles-mêmes" observe le spécialiste anticorruption.  L’expertise dans les administrations des Etats est de plus en plus absente, "la politique délègue son cœur de métier principal, à savoir l’expertise dans l’élaboration de la législation" ajoute M. Hetzer.
"La politique s’est laissée balader sur la scène mondiale par l’industrie financière"
On aurait donc un monde politique faible et sous contrôle : "La politique s’est laissée balader sur la scène mondiale par l’industrie financière comme si on la tirait par un anneau dans le nez. L’industrie financière a placé ses intérêts par paquets de milliards dans la politique. C’est bien à cette conclusion qu’est parvenue la Commission du Congrès américain quand elle a tenté d’établir les circonstances qui ont mené à la crise financière" estime le conseiller de l’Olaf.
La menace majeure de cette mafia: son influence
Et en face, une véritable mafia financière particulièrement puissante et dangereuse: "Le monde financier suit la logique de la mafia, qui est de suivre le maximum de profit avec le minimum de risques (…) L’idée que la mafia vraiment dangereuse est celle caractérisée par la violence, est naïve. Leur menace majeure est leur influence, leur pouvoir par les liens qu’ils construisent, la façon qu’ils ont ainsi de corrompre lois économiques à leur propre avantage, de les faire dysfonctionner ou ne pas entrer en vigueur [quand ça les gênerait]. Telle est la logique de la mafia" estime Hetzer.
"L'électeur fait ses adieux à la politique"
Et au milieu, le citoyen, lui, paie la note et n’y croit plus. "Parce que nul ne s’oppose à ces personnes. Parce que la politique volontairement se livre à leur emprise, l’électeur, de son côté, fait ses adieux à la politique. Nous nous retirons dans la sphère privée, nous nous résignons et nous lamentons que ‘ceux d’en haut’ de toute façon, font ce qu’ils veulent. C’est une attitude qui a toujours fréquemment conduit à des catastrophes auparavant" justifie le conseiller de l'Olaf.
Au bout de la crise de la dette, il y aura une facture. Et les citoyens devront payer. Ils devront payer pour les banques. "Les banques allemandes et françaises ne craignent rien de plus que la faillite nationale des Grecs, parce qu’ils seraient obligés de mettre une croix sur de grosses créances et d’encaisser de lourdes pertes. Ainsi, les recettes fiscales qui sont encore bonnes en Allemagne seront utilisées pour renflouer ceux-là même qui sont responsables de la situation dans laquelle ils nous ont coincés" expose Hetzer.
"Nous allons donc sauver les banques encore une fois ?", demande, en guise de conclusion de l’interview, le journaliste de Die Welt.
"Tout à fait", répond Wolfgang Hetzer. "Tout l’argent dont nous avons besoin pour des besoins sociaux urgents, est maintenant utilisé pour payer les intérêts dus aux banques. Mais de cela on ne parle évidemment pas avec la clarté qui conviendrait", conclut l’expert dans l'interview.
RtlInfo.be
24/06/2011 - Le Grand Orient de France contre "l'impérialisme des marchés"
Le Grand Orient, première obédience maçonnique en France, "s'inquiète" mercredi dans un communiqué, de la "sévérité des modes de gestion politiquement imposés à de nombreux pays pour résorber l'endettement public".
L'obédience maçonnique, qui revendique 50.000 adhérents, "demande aux responsables politiques de ne pas céder à l'impérialisme des marchés".
Pour le Grand Orient, ces modes de gestions "sont d'une sévérité telle qu'ils compromettent le maintien de la démocratie en Europe et dans le monde. Ils sont à terme source de violence, de replis communautaires, de montée des nationalismes".
"Les règles européennes, précise le communiqué, imposent partout des politiques monétaires, budgétaires, fiscales, immobilières, salariales qui fragilisent les pactes sociaux des pays de l'Union."
"Un véritable scénario de démantèlement est aujourd'hui enclenché. On voudrait nous faire croire que la seule issue institutionnelle en cas de crise reste le sauvetage des banques, des fortunes privées, et des rentes de situation quel que soit le prix à payer par les autres, notamment les jeunes ou la population défavorisée".
Le Grand Orient de France se prononce "contre un dogme et une mystique quasi-religieuse de l'argent qui asservissent les peuples".
"Une réappropriation politique et citoyenne des dérives économiques est possible, estime l'obédience. De nombreuses solutions existent pour sortir par le haut de la crise de l'endettement, en imposant notamment la recherche d'une réforme fondée sur l'information financière des peuples, la mise en place d'une déontologie en appliquant à la finance elle-même les principes de responsabilité et de solidarité".
AFP
13/06/2011 - Livre: La grande fraude de Jean-François Gayraud
Le Monde - Crise des subprimes, une affaire criminelle ?
La banque Goldman Sachs a reçu récemment du procureur de New York une citation à comparaître pour son rôle louche durant la crise des subprimes. Une enquête pénale se profilerait-elle, enfin ?
Depuis le début de cette crise, la finance américaine ressemble en effet à une gigantesque "scène de crimes". Cependant, les fraudes massives ayant déclenché la plus grande crise financière depuis un siècle attendent encore leurs procureurs, leurs policiers et leurs juges. L'explication d'un phénomène macroéconomique par le crime peut sembler dérisoire, anecdotique, voire naïve.
L'opinion publiée - celle des élites ayant accès aux médias - s'empresse comme toujours de diaboliser une perspective aussi dérangeante, en agitant de commodes épouvantails : théorie du complot, boucs émissaires, effet de diversion, populisme.
Tous veulent imposer un aimable récit des causes de la crise au moyen d'explications fatalistes (la théorie des cycles), magiques (une catastrophe) ou lénifiantes (dysfonctionnements des marchés). Pourtant, peu de crises financières dans l'histoire ont comporté une dimension criminelle aussi évidente, une telle masse critique de fraudes.
Ces spécialistes de la négation sont souvent ceux qui, durant les décennies d'euphorie (1980-2000), ont été aveugles à l'anomie grandissante des marchés financiers. Hier incapables d'anticiper la crise, ils s'empressent aujourd'hui d'en dissimuler les tréfonds les plus choquants, ce qui signe des deux côtés de l'Atlantique la faillite quasi généralisée de l'expertise universitaire et médiatique.
Or cet aveuglement ne peut que troubler ceux dotés d'un tant soit peu de mémoire historique. En effet, dans les années 1980, l'Amérique avait déjà subi une première grande crise financière à forte "odeur criminelle" avec la faillite des caisses d'épargne. Faute d'avoir su tirer les véritables leçons de cette première tragédie de la dérégulation dogmatique des banques, l'Amérique se condamnait à une rechute douloureuse.
L'aveuglement généralisé et la dérégulation prédatrice trouvent leur origine dans l'idée que les marchés sont omniscients et autorégulateurs. Que leur "main invisible" est quasi infaillible. Fort de ce préjugé, le lobby financier de Wall Street peut s'attacher - s'acheter ? - des élus complaisants sinon convaincus, de myopes professeurs et parfois avides d'expertises rémunérées, des analystes friendly (sympathisants), et des journalistes piégés par la complexité de la matière et l'appartenance de la plupart des médias à de grands groupes capitalistes.
Dans les faits, cette crise a été le théâtre de fraudes à la fois massives (systématiques) et intégrées aux mécanismes financiers (systémiques). Des fraudes qui n'ont pu éclore que grâce à une dogmatique dérégulation des marchés financiers, pensée puis réalisée depuis les années 1980, aussi bien côté républicain que démocrate. Porteuse d'incitations et d'opportunités criminelles inédites, la dérégulation fut en effet criminogène ; ce qui explique pourquoi ces malversations ont pu spontanément et mécaniquement éclore tout au long de la complexe et opaque chaîne financière américaine, à la façon des essaims ou des meutes.
Ces fraudes ont été déterminantes à trois stades : en amont avec les prêts dits "prédateurs" ou "menteurs", déversés sur les plus vulnérables de la société américaine (pauvres, minorités ethniques, personnes âgées et handicapées). Ces prêts seront même qualifiés par les professionnels de l'industrie financière de "prêts à neutrons", sous-entendu : ces prêts sont des armes détruisant les ménages et laissant intactes les maisons. Autant de cynisme linguistique réduit à néant les tentatives de défense a posteriori sur le thème de l'ignorance ou de l'incompétence.
En aval, les fraudes touchent les produits titrisés vendus par les grandes banques d'investissement de Wall Street. Là, ces banques se livrent à de multiples turpitudes : tromperie sur le niveau de risque, trucage des bilans, manipulation des cours à la baisse, etc.
Au milieu du processus, les trois grandes agences de notation - dont l'une française - agissent en régulateurs de fait, dans un marais de "conflits d'intérêts", un euphémisme ne trompant plus personne aujourd'hui. Ces agences sont juges et parties puisqu'elles notent des produits financiers qu'elles ont elles-mêmes contribué à structurer.
Or cette crise vient "d'en haut", les fraudeurs appartenant en majorité aux élites de la société américaine. Loin d'une classique criminalité organisée, nous sommes ici chez des "cols blancs", intégrés au système et disposant de tous les outils pour faire disparaître jusqu'à l'idée même de leurs forfaits. Cette crise financière largement criminelle met au jour le nouvel équilibre des pouvoirs aux Etats-Unis entre le politique (Washington) et la finance (Wall Street) : après le "complexe militaro-industriel" dénoncé par le président Eisenhower (1961), un "complexe politico-financier" se serait-il imposé ?
Car à ce jour, nul banquier n'a été condamné au pénal, les seules sanctions tenant en des dédommagements négociés au civil. Par ailleurs, le plan de sauvetage fédéral s'est réalisé au seul bénéfice de Wall Street. Que penser au final d'un système récompensant aussi ouvertement la prédation ? Car l'impunité est toujours une puissante incitation à la récidive, que vous soyez voleur de banques ou banquier voleur ("bankster").
Exagérations, dira-t-on ? Les sceptiques devraient lire les deux rapports du Congrès des Etats-Unis publiés début 2011 : FCIC (fcic.law.stanford.edu/report) ; Carl Levin (hsgac.senate.gov/public/_files/Financial _Crisis/FinancialCrisisReport.pdf). Les quelque 1 300 pages ne laissent aucun doute : la fraude est de manière indiscutable le fil conducteur de cette crise.
Ouvrage : "La Grande Fraude" (Odile Jacob, 262 p., 22,90 €). Jean-François Gayraud, chargé de mission au Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégiques, commissaire divisionnaire
13/06/2011 - La culture « cleptocratique » des élites
Dans le contexte de la crise financière, Wolfgang Hetzer, qui dirige le Centre des renseignements, évaluations et analyses stratégiques du Bureau européen de lutte anti-fraude (OLAF), a accordé une interview forte intéressante à Die Welt le 1er juin à Bruxelles, où il accuse les responsables de la crise d’être une mafia financière dont les seules motivations sont la cupidité, les privilèges et l’enrichissement personnel.
Tout aussi responsables de la crise, cependant, sont leurs « complices dans le monde politique » qui ont abandonné la rédaction de lois censées réguler la finance aux juristes de l’industrie financière (entre autres, ajouterais-je, l’ex ministre Karl-Theodor Guttenberg, les cabinets Linklaters et Freshfield, etc.). A travers ces lois, comme l’a reconnu Norbert Blüm, l’Etat s’est fait « le complice de l’activité des flambeurs » .
Il est indéniable, comme le dit Hetzer, que les politiques se sont laissé mener par le bout du nez par le monde financier, qui voit dans la ruée vers les énergies renouvelables et la vente de ces « nouvelles indulgences » que sont les droits d’émission de CO2, la perspective d’une nouvelle bulle fort lucrative.
Que les hedge funds et les banques d’affaires, avec les fabricants d’éoliennes et de panneaux solaires, les revendeurs de droits d’émissions de dioxyde de carbone et les experts de la contreculture écologique soient les bénéficiaires de cette nouvelle « orgie d’enrichissement », est tout à fait révélateur. Il suffit de jeter un coup d’œil à la liste des partenaires de financement de la Fondation européenne pour le climat (ECF) du Pr Schellnhuber pour voir dans quel sens souffle le vent. Et comme d’habitude, les « complices politiques » sont sur la scène.
Nous savons aujourd’hui que la théorie du changement climatique provoqué par l’homme et les thèses des prétendues limites à la croissance sont des inventions de cette oligarchie financière. Le climat terrestre n’est pas déterminé par les émissions négligeables de CO2 produites par l’homme, mais par les longs cycles de notre galaxie et leur impact sur notre système solaire, à l’origine de l’augmentation de l’activité sismique, volcanique et météorologique que nous connaissons aujourd’hui. Or, du fait que les investissements dans la recherche ou dans les satellites de surveillance et d’observation ne sont pas porteurs financièrement, l’Union européenne a, comme l’administration Obama, amputé ces secteurs d’activité.
Au regard de cette véritable menace qui ira croissant dans les années à venir, la « grande transformation » de Schellnhuber, fondement de la politique de sortie du nucléaire adoptée par le gouvernement allemand, est la voie garantie pour le suicide de l’espèce humaine, car elle va mener nos capacités industrielles et scientifiques dans une impasse idéologique, alors qu’il faudrait les mobiliser de toute urgence en vue de mieux comprendre les principes scientifiques à l’œuvre dans notre univers. Le désarroi politique et la désorientation des hôpitaux privés face à la bactérie e. coli, qui a causé, en quelques jours, « plus de malades et de morts en Allemagne que l’énergie nucléaire en soixante ans » , comme l’écrit le Frankfürter Allgemeine Zeitung , illustrent combien ces aberrations peuvent être fatales. La santé est certainement le secteur qui ne doit, sous aucun prétexte, être privatisé ni soumis à des motivations pécuniaires. Malheureusement, il s’agit là d’un des aspects de la dérive tolérée par ce que Hetzer appelle « la culture des élites cleptocratiques » de ces quarante dernières années.
S&P
19/02/2010 - Nous sommes les coupables de la crise, et les victimes sont les banques.
«Tout est bousillé et personne ne va en prison. Toute votre histoire est là. Bon Dieu, vous n’avez même pas besoin d’écrire la suite! Ecrivez juste ça. [...] Vous pouvez arrêter votre article là-dessus.»
Ces mots prononcés par un enquêteur du Sénat américain devant une bière, dans un bar de Washington, ouvrent l’article consacré aux investigations sur la crise financière par Matt Taibbi, du magazine Rolling Stone, qui s’était notamment fait remarquer en 2009 en comparant la banque Goldman Sachs à une «pieuvre géante».
Ce dernier ne s’est pas «arrêté là-dessus», puisque son article se poursuit sur plusieurs pages:
«Personne ne va en prison. C’est le mantra de cette crise financière, qui a vu à peu près toutes les grandes banques et sociétés financières de Wall Street entraînées dans des scandales financiers indécents, qui ont appauvri des millions de personnes et détruit des centaines, des milliers de milliards de dollars de richesse —et personne n’est allé en prison. Si ce n’est Bernard Madoff, un flamboyant et pathologique artiste de l’escroquerie, dont les victimes se trouvaient être d’autres personnes riches et célèbres.»
«Mécanisme de protection des délinquants»
Taibbi s’interroge notamment sur le fait que, malgré des témoins et des preuves contre eux, Dick Fuld, le patron de Lehman Brothers, et Joe Cassano, le chef de la division «produits financiers» de l’assureur AIG, n’aient pas été poursuivis pénalement. Une mansuétude qu’il attribue notamment à la grande porosité existant entre le gendarme des marchés américain (SEC), le ministère de la Justice, les grands cabinets d’avocats et les services juridiques des banques:
«Une véritable montagne de preuves indique qu’en ce qui concerne Wall Street, la justice, non seulement échoue à punir la délinquance financière, mais s’est en fait transformée en un mécanisme très efficace de protection des délinquants financiers. [...] La justice pénale s’est transformée en un cocktail mondain entre amis et collègues où, de mois en mois et d’année en année, on s’échange ses postes.»
Une optique qu’a, selon le journaliste, renforcée l’administration Obama, qui vient d’ailleurs d’embaucher comme secrétaire général de la Maison Blanche un ancien de la banque JPMorgan Chase, William Daley. En témoigne cette diatribe du juriste Oliver Budde, un ancien camarade de fac du président qui a fait partie de ceux qui ont dénoncé en interne les pratiques de Lehman Brothers:
«La trahison d’Obama envers tout le monde est juste... Nous ne sommes pas encore prêts à y croire. Il nous la met profond comme cela? Vraiment? C’est vraiment un type de JPMorgan, vraiment?»
«Ils l'ont déjà oubliée, et bientôt vous aussi»
En dehors de Matt Taibbi, un autre journaliste vedette de Wall Street publie ces jours-ci un pamphlet, non pas sous forme d’une enquête fouillée mais d’un billet plein d’ironie. Célèbre pour ses articles dans Vanity Fair et son livre Le Casse du siècle, Michael Lewis revient pour Bloomberg sur la très divisée commission d’enquête du Congrès sur les causes de la crise, qui vient de publier un rapport qui a donné lieu à deux «opinions minoritaires». Morceaux choisis de ce billet, écrit entièrement au second degré:
«Cause numéro un de la crise: les changements démographiques à Wall Street. [...] Les femmes qui ont investi en masse les sociétés n’étaient pas autorisées à prendre de gros risques et restaient en retrait, pour filer un coup de main, mais leur présence à clairement brouillé le jugement des traders mâles.»
«Cause numéro deux: la faillite morale de la classe ouvrière américaine. [...] Les dirigeants de Wall Street comprennent maintenant qu’ils ont fait une erreur, née de leur nature confiante et innocente. Ils ont cru que les Américains ordinaires se comporteraient de manière plus responsables qu’ils ne le feraient, et ceux-ci les ont trahis.»
«Cause numéro trois: les Chinois. La détermination de ces gens bizarres et éloignés à nous vendre des biens à des prix ridiculement bas est perturbante. Par exemple, elle encourage nos pauvres à croire qu’ils peuvent se payer plein de choses qu’ils ne devraient pas pouvoir.»
Conclusion de Lewis:
«L’aspect le plus déprimant du rapport de la commission est sa tentative de blâmer des vrais êtres humains. [...] Réfléchissez: si tout le monde à Wall Street est coupable, comment quelqu’un peut-il l’être? [...] La commission s’est montrée incapable de comprendre que les rares hommes capables de diriger une grande société de Wall Street se concentrent sur l’ensemble du tableau. Et dans ce tableau, du point de vue de leurs entreprises et de leurs bénéfices potentiels, la soi-disante crise financière était un hoquet. Ils l’ont déjà oubliée, et ils supposent que cela sera bientôt votre cas.»
Slate
29/01/2011 - Vidéo: les Usa désignent les responsables de la crise
Encore convalescents, les Etats-Unis sont bien décidés à identifier les responsables de la crise financière qui a fait tomber en 2008 le pays dans un marasme économique dont elle sort à très petits pas. La Commission d'enquête sur la crise financière devait rendre ses conclusions jeudi à 10 heures locales (16 heures, heure de Paris), au terme d'un an de travaux marqués par de nombreux désaccords entre ses membres.
Le New York Times, qui a pu consulter le rapport avant sa sortie, a  livré dès mardi ses conclusions.
Et la première d'entre elles est sans  équivoque : "la crise aurait pu être évitée" s'il n'y avait pas eu de  graves carences dans la régulation, de grossières fautes de management  au sein des entreprises et des prises de risque inconsidérées au sein  des banques.
Deux types d'institutions sont particulièrement pointés du doigt pour leurs décisions : d'une part la Federal Reserve, notamment sous la présidence d'Alan Greenspan (1987-2006), d'autre part les régulateurs financiers, accusés d'avoir laissé entrer sur le marché des produits trop risqués, opaques et complexes.
Les divisions du panel à l'origine du rapport pourraient toutefois minimiser sa portée, déplore le NYT, qui précise que les six démocrates siégeant à la commission ont approuvé les conclusions de l'enquête, tandis que trois membres républicains ont livré une version "dissidente" de leurs conclusions.
DÉSINVOLTURE
Alan Greenspan est accusé par le panel d'avoir poussé à la dérégulation les marchés financiers tout au long de son mandat et de ne pas avoir contenu l'essor des prêts immobiliers toxiques. George W. Bush est quant à lui blâmé pour avoir laissé Lehman Brothers faire faillite. Les démocrates ne sont pas épargnés : Bill Clinton aurait été trop laxiste sur les produits financiers toxiques et Timothy Geithner, président de la Federal Reserve de New York au début de la crise et actuel secrétaire au Trésor, n'aurait pas pris au sérieux les signaux de détresse émis par Lehman et Citigroup.
Le gendarme de la finance américaine, la Security and exchange commission, est quant à elle accusée d'avoir "failli à sa mission" en autorisant les banques à abaisser leurs ratios de fonds propres. "Selon un décompte, les cinq plus grandes banques d'affaires du pays n'avaient qu'un dollar en capital pour couvrir les pertes sur 40 dollars d'actifs, ce qui signifie qu'une baisse de 3 % de la valeur de ces actifs pouvait faire disparaître l'entreprise", indique le New York Times.
Le rapport aurait également le mérite d'évacuer un certain nombre de théories sur les origines de la crise, telle celle qui fait de Fanny Mae et Freddie Mac, les deux géants du crédit immobilier, les boucs émissaires de la récession.
La désinvolture des acteurs financiers est soulignée tout au long du rapport, qui s'étonne que des banques à la réputation de sérieux évidente aient pu fermer les yeux sur les risques encourus par certains placements, croyant se couvrir à l'infini à l'aide de produits dérivés, ou ne pas prêter attention au retournement de certains marchés.
Ce portrait au vitriol d'un système malade est nuancé par la vision des membres républicains du panel, qui ont livré leurs propres conclusions mercredi. Ces dernières mettent l'accent sur les flux de capitaux massifs issus du développement asiatique, venus nourrir la bulle spéculative en Europe et aux Etats-Unis, ainsi que sur la politique d'accès à la propriété pratiquée aux Etats-Unis depuis des décennies. Pour ces membres, le rapport adopté par la commission fait trop peu de cas des facteurs internationaux et ne sépare pas assez "les causes des effets".
Ils soulignent à ce titre que la loi Dodd-Frank, adoptée par le gouvernement Obama et destinée à renforcer la régulation bancaire et financière est "démesurée" et "aura des conséquences sérieuses sur la croissance et les créations d'emploi".
LA FIN DU "BANKER BASHING" ?
Des déclarations en ligne avec la fronde qui sévit actuellement au sommet des plus grandes banques. Lassés par la mode du "banker bashing", le fait de taper sur les financiers, des patrons de grandes banques ont ouvertement exprimé  leur exaspération à l'occasion du Forum économique de Davos, qui se tient depuis mercredi en Suisse.
James Dimon, président et directeur général de la banque d'investissement JP Morgan, a interpellé Nicolas Sarkozy lors de son intervention devant les participants au Forum, martelant que les banques avaient déjà "beaucoup fait" pour réparer leurs erreurs et se mettre en conformité avec les nouvelles lois. Il a également regretté qu'un excès de régulation des banques empêche les membres du G20, dont la France assure la présidence, de se concentrer sur la croissance et l'emploi.
Même son de cloche du côté de Gary Cohn, un des principaux dirigeants de la banque d'affaires Goldman Sachs, qui a mis en garde mercredi contre le renforcement des contraintes sur les banques, susceptible de déclencher une nouvelle crise en déplaçant les activités financières vers les fonds alternatifs ou vers d'autres produits moins régulés.
Vikram Pandit, président de Citigroup, a abondé dans son sens, brandissant la menace d'une "finance de l'ombre" en plein développement. Peter Sands, directeur de Standard Chartered, s'est quant à lui étonné que "des régulateurs qui existaient avant la crise croient désormais qu'ils ont toutes les solutions".
Audrey Fournier - Le monde
11/01/2011 - Wikileaks denonce une manipulation des élites économiques?
Un câble diplomatique américain mettant en scène Mervyn King, le président de la Banque d'Angleterre, Robert Kimmitt, alors sous-secrétaire au Trésor américain, et Robert Tuttle, l'ambassadeur des Etats-Unis en Grande-Bretagne, a été divulgué par WikiLeaks (http://213.251.145.96/cable/2008/03/ 08LONDON797.html).
Il montre ces acteurs s'accordant, le 17 mars 2008, sur un diagnostic de la crise : celle-ci, admettent-ils, a cessé dès l'été 2007 d'être une crise de liquidité pour devenir une crise d'insolvabilité généralisée du secteur bancaire.
Bien que largement partagé par les commentateurs de la presse financière à l'époque, ce sera cependant le diagnostic inverse que ces acteurs choisiront de présenter à l'opinion, position dont ils ne se départiront jamais.
Ce câble offre une réponse tardive à une question que l'on se posait alors, tant les décisions prises contrevenaient à celles qu'il aurait fallu prendre : les instances dirigeantes faisaient-elles preuve d'incompétence ou de rouerie ? La réponse est claire désormais : il ne s'agissait pas d'incompétence.
La dissimulation des faits avait pour seul objectif de justifier pourquoi, entre deux décisions possibles, c'était systématiquement la pire qui était prise.
Il ne s'agissait donc pas, comme on le constate parfois, d'une ruse paternaliste permettant de faire valoir l'intérêt général contre des intérêts particuliers mal avisés, non, il s'agissait de l'inverse : il fallait faire prévaloir l'intérêt particulier de la coterie à laquelle appartiennent ces preneurs de décisions contre l'intérêt général.
LA FACE CACHEE DES DECIDEURS
Il y a donc deux versants à l'information financière, dont le contenu est cependant le même : la face visible que l'on trouve dans les écrits de commentateurs sans responsabilité que sont les journalistes, chercheurs et autres blogueurs, s'exprimant au nom de l'intérêt général ; et la face cachée des décideurs, qui partagent la vision des premiers, mais en affirmant le contraire pour pouvoir mettre en application des mesures qui ne bénéficieront qu'au petit groupe de privilégiés dont ils font partie.
Il y eut une époque où des fonctionnaires intègres, empreints du sens de l'Etat, constituaient un rempart. Leur credo était précisément que leur intérêt particulier devait s'effacer devant l'intérêt général dont ils se considéraient les porte-parole et les défenseurs.
La pratique du lobbying a eu raison d'eux. C'est l'intérêt particulier qui trouve désormais accès aux instances supérieures pendant que l'intérêt général négligé languit dans les antichambres.
Les défenseurs des intérêts particuliers l'ont emporté, sous le prétexte - né au XIXe siècle à l'école de Vienne et grandi au département d'économie de l'université de Chicago - que l'intérêt général, même s'il existait, est impossible à définir, alors que les intérêts particuliers de ceux qui disposent des moyens de se faire entendre sont, eux, clairs.
La leçon du câble révélé par WikiLeaks est sans ambiguïté : il n'y a pas deux cultures financières, l'une faite d'incompétents chargés de présider à notre destin, l'autre faite de sages informant le public par les voies de la presse, de la radio et de la télévision, il n'y en a en réalité qu'une, faite d'hommes et de femmes compétents mais partagés : d'un côté, ceux qui veillent à la défense de leurs propres intérêts et qui ont accès aux manettes du pouvoir ; de l'autre, ceux qui dénoncent ce scandale et sont soigneusement maintenus à distance des centres de décision.
Paul Jorion, économiste et anthopologue - Le monde
14/11/2010 - Les secrets de la FED
Contrairement à une croyance générale, l’institut d’émission des Etats-Unis est, en fait, une machine à fabriquer de l’argent détenue par un cartel bancaire privé, qui gagne d’autant plus que les taux sont élevés. Mine de rien, il imprime des dollars à bon marché et les revend plus cher.
L’institut d’émission des Etats-Unis, appelé aussi «Réserve fédérale» ou «FED», revient constamment en point de mire lorsque le monde financier international se demande, anxieux, s’il va modifier son taux directeur ou non.
L’abréviation FED se rapporte au «Board of Governors of the Federal Reserve System», c’est-à-dire à la conférence des gouverneurs du «Federal Reserve System» érigé il y a 93 ans. Il s’agit non pas d’une ­banque centrale traditionnelle, mais de la réunion de cinq banques privées régionales tout d’abord, de douze banques actuellement, disséminées aux Etats-Unis, habilitée chacune à porter le nom de Federal Reserve Bank, un petit nombre d’initiés seulement sachant à qui elles appartiennent. Un seul point est certain: elles n’appartiennent pas à l’Etat. Néanmoins, elles exercent les fonctions d’un institut d’émission de l’Etat. Elles prennent leurs décisions au sein du Federal Reserve Board, dont le président les représente à l’extérieur et dont les séances ont lieu à Washington dans leur propre et imposant monument historique. La plus importante de ces banques privées est la Federal Reserve Bank of New York, qui contrôle l’énorme place financière de cette ville.
Privilèges d’une machine à fabriquer de l’argent
Ce cartel de banques privées dispose de privilèges incroyables, dont trois doivent être soulignés:
• En imprimant des dollars, la FED convertit à moindres frais du papier sans valeur en dollars et prête ceux-ci aux Etats-Unis ainsi qu’à d’autres Etats et à d’autres ­banques contre reconnaissances de dettes. Au cours de son histoire, le cartel a donc créé des milliards de créances à partir du néant et encaissé des intérêts en permanence, ce qui lui assure un profit annuel atteignant des milliards. Ainsi, aucun gouvernement américain ne doit se faire des soucis à propos du déficit budgétaire tant que ces messieurs en complet sont à ses côtés et – tel est le cas du financement des guerres durant la présidence de Bush – mettent en branle la planche à billets en cas de besoin.
• Le privilège des intérêts permet à la FED de fixer elle-même les taux et il est évident qu’elle a le plus grand intérêt à encaisser les plus hauts intérêts possibles. Les taux at­teignent donc un niveau souvent particulièrement élevé et occasionnent périodiquement des crises – ce qui est le cas actuellement et donne l’occasion à la FED d’intervenir ultérieurement comme sauveur. Les intérêts opèrent en permanence une ponction sur le pouvoir d’achat des citoyens américains en faveur des banquiers de la FED, par les intérêts des crédits comme par les impôts transformés en intérêts dus à la FED en raison de l’énorme service de la dette publique. Modifiant constamment les taux d’intérêt, la FED change les conditions cadres de la plus grande économie du globe et de la plus importante bourse des actions, celle de Wall Street, qui, principale bourse du monde, diffuse des signaux en direction des autres bourses.
• Pour être en mesure de résoudre les crises bancaires, la FED gère les réserves monétaires de ses banques membres (rémunérées à raison de 6% par année), qu’elle remet à disposition du système bancaire lors de l’éclatement d’une de ces crises. Actuellement, la FED s’efforce de prévenir, en fournissant à maintes reprises des liquidités aux banques, une crise financière mondiale causée par le krach du système de financement immobilier américain. Comme de nombreuses banques améri­caines de crédit hypothécaire ont sagement lié leurs crédits à des papiers-valeurs et transmis ainsi leurs problèmes à des banques européennes, celles-ci ont commencé aussi à vaciller.
Mais c’est la FED et son ancien président, Alan Greenspan, qui ont provoqué cette crise. En abaissant rapidement et dramatiquement les taux d’intérêt – après avoir porté le taux directeur jusqu’au niveau exorbitant de 6% –, et avoir approvisionné l’économie américaine excessivement en liquidités, Greenspan avait tenté, à partir du 3 janvier 2001, d’enrayer la plus forte chute boursière depuis 50 ans.
Au 25 juin 2003, le taux directeur était tombé à son niveau minimal de 1%, ce qui avait permis aux banques d’octroyer des crédits aux taux extrêmement bas et ce qui avait fait tomber de nombreuses familles dans le «piège du crédit», les incitant à acheter des logements à crédit, à des conditions auxquelles elles ne pouvaient faire face qu’à des taux bas.
Crise provoquée par la FED
A la fin du cycle des taux d’intérêt, Greenspan avait provoqué une situation qui avait déclenché une avalanche. En effet, la FED a majoré douze fois de 0,25% son taux directeur, du 30 juin 2004 au 29 juin 2006, le portant alors à 5,25%. Il dépasse ainsi de 525% le taux fixé il y a quatre ans! Les taux fixés pour les crédits hypothécaires sont montés en conséquence et ont atteint un niveau que toujours davantage de familles ne peuvent pas supporter. Comme la propension à épargner est actuellement négative aux Etats-Unis, que la plus grande partie de la population doit recourir au crédit et que les carnets ­d’épargne ne jouent guère de rôle, la crise s’accentue. Vu que, depuis l’année précédente, toujours davantage de bailleurs de fonds hypothécaires sont – tout comme leurs clients – en retard dans leurs paiements à d’autres banques, le système bancaire est en crise, celle-ci ayant atteint un point culminant en août 2007, lorsque la FED et la Banque centrale ­européenne (BCE) n’ont pu stabiliser le système que par plusieurs injections de liquidités.
La crise des liquidités bancaires s’est immédiatement répercutée sur la bourse, qui réagit généralement de manière sensible aux variations de taux de la FED. En effet, la hausse des taux rend les titres à intérêt fixe plus attrayants que les actions, freine l’économie, est donc un poison pour la bourse et abaisse les cours des actions. Ainsi a commencé septembre 2007.
Les motifs des banques de la FED
Pour comprendre la manière d’agir et les motifs de la FED, qui paraissent parfois curieux, il faut jeter un coup d’œil sur l’histoire de l’institut d’émission.
La proposition d’établir une banque centrale est due au banquier allemand Paul Warburg. La crise financière et bancaire déclenchée en automne 1907 par la faillite de Knickerbocker Trust Co. et la situation menaçante de Trust Company of America a mis en péril 243 banques, car aucune institution n’était en mesure de mettre temporairement des fonds à leur disposition pour surmonter leurs difficultés de paiement. Dans un discours prononcé peu de mois auparavant à la Chambre de commerce de New York, le banquier John Pierpont Morgan avait prévu par hasard cette crise et appelé à fonder une ­banque centrale. La crise se prêtait à merveille au soutien de cette revendication.
Par la suite, Morgan a joué un rôle essentiel, à l’arrière-plan, dans la réalisation du projet.
Initialement copropriétaire de la banque Warburg de Hambourg, Paul Warburg avait épousé en 1893, lors d’un séjour aux Etats-Unis, la fille de Salomon Loeb, de la banque new-yorkaise Kuhn, Loeb & Co., qui a fait de lui et de son frère Felix des partenaires de la banque (fusionnée en 1977 avec ­Lehman Brothers).
Pourvu généreusement par la Banque ­Kuhn Loeb d’un salaire annuel de USD 5 000 000, Paul Warburg s’est occupé uniquement, pendant les six ans qui ont suivi la crise bancaire, d’une «réforme bancaire» tendant à ériger une banque centrale d’après le modèle de la Banque d’Angleterre, laquelle appartenait alors à des banquiers privés. Ce faisant, il a été soutenu par le sénateur Nelson D. Aldrich, beau-père du premier héritier milliardaire américain, John D. Rocke­feller junior, connu comme porte-parole du banquier J.P. Morgan au Congrès des Etats-Unis.
Conspiration au yacht-club de Jekyll Island
En novembre 1910 finalement, un groupe de personnes triées sur le volet s’est rassemblé, sous prétexte d’une excursion de chasse, dans un wagon de chemin de fer aux jalousies fermées du yacht-club que possédait le banquier J.P. Morgan à Jekyll Island, en Géorgie. Lors de cette réunion secrète, taxée ultérieurement de conjuration, Paul Warburg, représentant de Kuhn Loeb et d’autres banques ainsi que deux banquiers de J.P. Morgan, représentant aussi les intérêts du groupe Rothschild, et deux du groupe Rockefeller ont décidé d’aider le sénateur Aldrich à rédiger en neuf jours un projet de loi que le Républicain vaniteux entendait présenter en son nom au Congrès. Il s’agissait non pas d’une banque centrale, mais seule­ment d’une société privée nationale de réserve dont plusieurs comptoirs devaient être disséminés aux Etats-Unis et dans lesquels des banques affiliées volontairement de­vaient déposer des réserves monétaires de crise. En raison de ses relations bien connues avec le centre financier et boursier de Wall Street, Aldrich a échoué, la majorité méfiante des députés voyant à juste titre dans son projet un plan tendant à assurer à un cercle restreint de banquiers puissants et liés les uns aux autres une position dominante et, partant, la possibilité de réaliser des profits énormes dans l’économie américaine.
Les requins de Wall Street ne se sont évidemment pas découragés et ont profité des élections présidentielles de 1912 pour faire élire le candidat démocrate ­Woodrow Wilson, qu’ils ont soutenu massivement sur le plan financier. Pendant la lutte électorale, il s’est fait passer pour un adversaire du «Wall Street Money Trust» et a promis au peuple un système monétaire exempt de main-mise des banquiers internationaux de Wall Street. En fait, la conception de la banque centrale a été élaborée par le groupe­ment qui semblait avoir perdu la partie.
En tout cas, les Schiff, Warburg, Kahn, Rockefeller et Morgan avaient misé sur le bon cheval. Sous le titre de «Federal Reserve Act» qui dissimule sa portée et qui prétendument réduit à néant le projet de banque centrale formulé par Wall Street, ils ont déversé le 23 décembre 1913 sur des députés démocrates des mieux disposés et avec le soutien du président Wilson, un projet de loi très peu modifié et ont requis l’approbation du Congrès alors que de nombreux députés non informés prenaient déjà leurs vacances de Noël et que très peu avaient lu le texte du projet.
Le plus grand cartel du monde
Les rares députés qui ont perçu la nature de ce jeu pervers n’ont guère pu se faire entendre. Avec sagesse, le conservateur ­Henry Cabot Lodge senior a prévu «une inflation énorme de moyens de paiement» et que «la monnaie d’or serait noyée dans un flux de papier-monnaie non échangeable». Après le vote, Charles A. Lindbergh senior, le père du célèbre aviateur, a déclaré au Congrès: «Cette loi établit le cartel le plus important au monde […] et légalise ainsi le gouvernement invi­sible de la puissance financière […]. Il s’agit du projet de loi Aldrich déguisé […]. La nouvelle loi provoquera de l’inflation tant que le cartel le souhaitera […].»
Lindberg avait raison, comme le prouve le «privilège du dollar». Avant l’établissement du Système fédéral de réserve, des banques privées avaient déjà imprimé des billets. Dans les années soixante du XIXe siècle, il y avait encore 8000 sortes de billets, émises par des «State Banks» privées avec l’autorisation de l’Etat. A partir de 1880, 2000 banques pourraient avoir encore émis leurs propres billets. Depuis 1914, le chiffre s’est limité à la douzaine de banques privilégiées.
Quand le président Abraham Lincoln a eu besoin d’argent, en 1861, pour financer la guerre civile et que les crédits des ­banques Rothschild, financiers traditionnels des guerres, lui sont devenus trop chers, il a éludé le privilège des banques privées et fait imprimer un billet d’Etat, le «Greenback». Il ne devait pas survivre longtemps à cette démarche téméraire. En 1865, il a été assassiné par un tireur isolé, abattu lui-même lors de sa fuite. Le successeur de Lincoln, Andrew Johnson, a suspendu l’impression de billets pour des raisons inexplicables.
Le prochain président qui a voulu redonner à l’Etat le monopole de l’impression de billets a été John F. Kennedy.
Tentative de Kennedy de priver la FED de son pouvoir
Peu de mois avant son assassinat, John F. ­Kennedy a été semoncé par son père Joseph dans le salon ovale de la Maison Blanche. «Si tu le fais, ils te tueront!» Mais le président ne s’est pas laissé dissuader. Le 4 juin 1963, il a signé l’acte exécutif numéro 111 110, abrogeant ainsi l’acte exécutif 10289, remettant la production de billets de banque dans les mains de l’Etat et privant en grande partie de son pouvoir le cartel des banques privées. Après que quelque USD 4 milliards en petites coupures nommées «United States Notes» eurent déjà été mises en circulation et alors que l’imprimerie de l’Etat s’apprêtait à livrer des coupures plus importantes, Kennedy a été assassiné le 22 novembre 1963, soit 100 ans après Lincoln, par un tireur isolé abattu lui-même lors de sa fuite. Son successeur s’appelait Lyndon B. Johnson. Lui aussi a suspendu l’impression de billets pour des raisons inexplicables. Les douze banques fédérales de réserve ont retiré immédiatement les billets Kennedy de la circulation et les ont échangés contre leurs propres reconnaissances de dette.
Grâce à son monopole de production illimitée d’argent, le cartel bancaire du Système fédéral de réserve dispose d’une énorme machine à fabriquer de l’argent, qui lui permet de gagner énormément. Qui se cache derrière ce système est un secret bien gardé. Car il faut distinguer entre les banques proprié­taires et les simples banques membres, qui déposent des réserves monétaires pour, le cas échéant, être sauvées par la suite. Il y a quelques années, la Federal Reserve Bank of New York a publié les noms de ces banques membres, qui n’ont par ailleurs aucun droit. La rémunération annuelle de leurs dépôts se chiffre à 6%. Mais le niveau de leurs parts est tenu secret comme les noms des propriétaires des banques fédérales de réserve, initialement trois, aujourd’hui quatorze.
Critique après le krach de 1929
Paul Warburg a refusé la présidence du Federal Reserve Board en 1910, alors que ce juif allemand à l’accent prononcé, juste avant le début de la guerre contre l’Allemagne, venait d’acquérir la nationalité des Etats-Unis. Toute­fois, il devint membre du Conseil d’administration et du puissant Council on Foreign Relations, qui passe encore aujourd’hui pour le berceau des politiciens américains et des banquiers de la FED.
Les efforts qu’il a déployés pendant de longues années pour fonder l’institut d’émission américain lui ont valu non seulement de l’argent et des honneurs dans la haute finance, mais aussi la pire expérience de sa vie. En 1928, il a exigé sans succès une limitation de la circulation monétaire afin de freiner la spéculation boursière qui rappelait la ruée vers l’or. Mais ceux qui étaient disposés à l’entendre sont restés rares; on le nommait la Cassandre de Wall Street. Après le krach d’octobre 1929, il devint la cible de ceux qui avaient perdu leur patrimoine. Des rumeurs, des brochures et des articles de presse l’ont décrit, lui qui avait tenté d’entraver les catastrophes financières, comme «l’auteur non américain» de la panique boursière d’alors. On a pu lire que «Paul Warburg avait prêté avec sa bande de l’argent au Système fédéral de réserve afin de mettre en mains juives les finances américaines et d’exploiter l’Amérique jusqu’à son épuisement.» De telles légendes se sont poursuivies jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Aigri par ces attaques, il est décédé en 1932. En 1936-1937, les cours des actions ont baissé de 50%, en 1948 de 16%, en 1953 de 13%, en 1956 de 13%, en 1957 de 19%, en 1960 de 17%, en 1966 de 25% et en 1970 de 25%. Ont suivi le krach ­d’octobre 1987, les chutes de cours de 1990, 1992 et de 1998 ainsi que, finalement, la forte baisse d’avril 2000 à mars 2003 et la crise actuelle qui a commencé en août/septembre 2007 et dont les effets sont incertains.
Aujourd’hui, on répand le bruit – mais ne le confirme pas – que le groupe bancaire Rocke­feller détient 22% des actions de la Federal Reserve Bank of New York et 53% de tout le Système fédéral de réserve. Principal acquéreur de bons du Trésor des Etats-Unis, la Banque du Japon possèderait 8% de ces actions. On attribue 66% aux banques purement américaines et 26% aux vieilles ­banques européennes (dont 10% aux banques Rothschild).
Wolfgang Freisleben, Vienne International III/2007
(Traduction Horizons et débats)
20/10/2010 - De la nature parasitaire du système monétaire actuel
Parfois induits en erreur par les grands médias et les soi-disant « experts, » même les gens les plus instruits ne parviennent pas à identifier la cause profonde du ralentissement économique actuel. Ils ont tendance à confondre les symptômes (inflation, chômage, etc.) avec la cause. D’autres facteurs déclenchants inexacts, souvent mis en avant, sont la cupidité inhérente à l’homme, la surpopulation, les générations du baby-boom, l'abandon de l'étalon-or, la réserve bancaire fractionnaire, les monnaies fiduciaires, la surconsommation, et même la technologie.
Amanda Morales est une analyste financière vénézuélienne qui a vécu et travaillé en Europe pendant plusieurs années. On peut la contacter à l’adresse ama.morales@yahoo.com.
Le système monétaire est devenu le carcan mondial de l'esclavage alimenté par la dette que nous connaissons aujourd'hui au travers d’une série d’évolutions : invention de l'usure (prêt à intérêt composé), établissement du prêt sur fraction des réserves (c'est-à-dire, prêt d'argent inexistant), privatisation de la masse monétaire, création des banques centrales, abolition de l’étalon-or et mise en circulation légale des monnaies fiduciaires.
Désormais, dans les pays occidentaux, environ 96% de l'argent est de la dette (crédit d'argent), créée par les banques d’affaires sous forme de promesses de remboursement (reconnaissances de dettes). Les sommes déposées à la banque et prêtées sont simplement inscrites dans la comptabilité, sans être soutenues par des avoirs réels (comme de l'or, par exemple). Ce qui donne du prix à ces piles de paperasses autrement sans valeur, c’est le travail humain. C’est seulement en s’arrêtant pour réfléchir que nous pouvons commencer à comprendre la nature profondément frauduleuse du prêt bancaire : la promesse d’un emprunteur en garantie d’un prêt pour quelque chose qu'il ne possède pas encore (par exemple une voiture qu'il achète à crédit) contre de l'argent que le prêteur n'a pas réellement dans ses réserves.
Voyons brièvement comment les bulles spéculatives sont créés et l'effet qu'elles ont sur l'économie réelle. Les faibles taux d'intérêt fixés par les banques centrales déclenchent une frénésie de crédit qui pousse les gens à s'endetter. Les banques créent de l'argent ex nihilo (à partir de rien) et le prêtent contre des intérêts, ce qui gonfle des bulles alimentées par le crédit (dot-com, logement, immobilier commercial, etc.) qui rendent les banquiers et d’autres spéculateurs outrageusement riches. Par définition, il y a bulle quand le prix d'un actif augmente au-delà de ce que peut permettre le revenu moyen. Prenons la bulle immobilière actuelle à titre d'exemple. Quand finalement la bulle éclate, la valeur de l'actif plonge avec des répercussions désastreuses sur le bilan des banques et des ménages : les banques saisissent des maisons dont la valeur baisse rapidement et les ménages se retrouvent avec des capitaux propres négatifs (la valeur marchande de leur maison est inférieure à ce qu'ils remboursent pour elle chaque mois à la banque). Comme les banques ont été autorisées à devenir « too big to fail » (si grosses que leur faillite coulerait tout le système) au moyen de fusions et d’acquisitions, les barrons de la Finance donnent des instructions à leurs marionnettes politiques pour se faire renflouer aux frais du contribuable. Grâce à des doses énormes de propagande médiatique et l'alarmisme, ceux qui tiennent lieu d’élite lavent le cerveau des masses en leur faisant croire que la prospérité des banques est essentielle à la stabilité sociale et à la prospérité économique. En d'autres mots, un chaos généralisé s'ensuivrait si nous laissions les grandes banques faire faillite. Au début, la plupart des citoyens semblent croire ce mensonge et acceptent de payer la facture par l’augmentation des impôts et une combinaison de coupes et de privatisations dans les services publics (éducation, assistance, infrastructures, santé, etc.).
Après avoir eu leur renflouage, les banquiers s’adjugent d’énormes primes et tentent de reprendre les affaires d’avant. Mais il y a un hic : plus personne n’est solvable (c’est le rejeton né de la magouille à la Ponzi). Une grande partie des particuliers et des entreprises croulent sous les dettes, et les perspectives de profit sont trop sombres. C'est pourquoi les banques ne prêtent pas (le crédit se resserre) et les débiteurs, s’ils le peuvent, remboursent leur reste de dette en asséchant ainsi l'argent de l'économie réelle (ils ne consomment plus). Une dangereuse spirale de déflation de l'argent s’installe, créant faillites, chômage, saisies, diminution des recettes fiscales et troubles sociaux. Pendant ce temps, le gouvernement fait grimper en flèche le déficit, gonfle une dette publique déjà gigantesque, créant une sorte de crise de dette souveraine, comme on le voit dans des pays comme la Grèce, l'Islande et l'Irlande, pour n'en nommer que quelques-uns.
Comment est-on arrivé là ? Prenons un peu de recul et réfléchissons. Un système monétaire basé sur l'usure exige une croissance sans fin, car les intérêts composés grandissent de façon exponentielle au fil du temps. Sous ce nouvel éclairage, il est plus facile de comprendre pourquoi l'establishment est si obsédé par l’augmentation du PIB. Seulement, une croissance exponentielle n'est tout simplement pas viable sur une planète limitée. Il n'y a pas d'échappatoire : si l'économie ne croît pas, le nouvel argent-dette ne peut être émis pour faire tourner dans l'avenir le passif de la dette existante. Comme la quasi-totalité de la masse monétaire est créée par les banques elles-mêmes sous forme de dette, le nouvel argent doit venir au monde par l’emprunt uniquement et payer les intérêts dus aux banquiers. De même, une croissance nulle ou négative marque la destruction du système monétaire, ce auquel nous assistons en ce moment.
Des considérations éthiques sur le parasitisme inhérent à l'usure seraient certainement appropriées à ce stade : Ceux qui prêtent de l'argent à ceux qui en manquent deviennent à leur tour esclaves de ces derniers. Mais l'usure présente aussi un problème pratique mathématique : les banques créent seulement le capital, pas les intérêts exigés pour rembourser leurs prêts. Il en résulte une pénurie chronique d'argent qui affecte tous les acteurs du système, car l'argent du remboursement des intérêts de tous les prêts n'existe pas. Par conséquent, nous devons tous participer à un jeu à somme nulle pour gagner une chose qui n'existe tout simplement pas. L'argent est gagné par quelques-uns au détriment de ceux qui en sont privés, dans ce que l’on ressent de plus en plus comme une concurrence acharnée qui accroît considérablement les conflits sociaux et les déséquilibres de richesse.
L'expansion constante de la fourniture de monnaie, nécessaire pour remédier à la pénurie chronique d'argent, est la principale cause de l'inflation. Celle-ci équivaut à confisquer en douce la richesse des possesseurs d’argent. Le système monétaire pourrait être comparé à un jeu de chaises musicales : tant que bat l’orchestre (avec à la fois fourniture d’argent et économie croissante), il n'existe apparemment pas de perdant *.
Dans un tel système, le montant de la dette d'argent doit se développer continuellement afin de minimiser tout risque de déflation dangereuse. Nous pouvons à présent comprendre pourquoi toutes les discussions que nous entendons dans les médias grand public sur la nécessité de réduire la dette ne sont en fait que des propos ambigus trompeurs. La dette doit être maintenue, car le système entier repose sur elle. Toute réduction de la dette (soit par remboursement, soit par annulation écrite) augmentera la pénurie d'argent et aura des conséquences catastrophiques dans une économie en dysfonctionnement comme la nôtre.
Malgré tous les efforts déployés par les banques centrales pour continuer à faire tourner ce manège, actuellement la fourniture de monnaie dans de nombreuses économies de l'Ouest se contracte, et des millions de gens sont laissés sur le carreau dans le froid.
Avec le remboursement de la dette, le capital bidon disparaît progressivement et l'intérêt reste en bénéfice à la banque. Si l'on considère que le montant des intérêts des prêts remboursés sur de longues périodes (comme dans le cas des hypothèques) peut facilement dépasser le capital, on commence à comprendre la dimension colossale de l’arnaque et sa nature essentiellement parasite.
Armés de ce savoir, il devient évident que le système monétaire qui nous est imposé est par conception condamné à faire faillite. Un système de prêt basé sur les intérêts ne peut marcher que si tout l'argent gagné dans les intérêts est dépensé en biens et services (circule de sorte que l'emprunteur puisse à nouveau le gagner), et non pas thésaurisé ou à nouveau prêté. Thésauriser l'argent ou le prêter à divers emprunteurs en même temps (comme le font les banques aujourd'hui), provoque sa pénurie et entraîne en fin de compte un défaut de masse monétaire.
Je pense que la privatisation de l'argent est la principale cause sous-jacente de la pauvreté, de l'esclavage économique, des gouvernements insuffisamment financés et d’une classe dirigeante oligarchique qui contrarie toute tentative visant à lui faire lâcher les rênes du pouvoir.
Source - traduction PetrusLombard lepost - globalresearch.ca
13/10/2010 - Personne ne se réunit en secret autour d'une table pour protéger et accroitre ses interêts !
"Car nous vivons dans un monde merveilleux où le mensonge et l'égoïsme n'existent pas ! Ironie mise à part, il est très facile de tout expliquer par la théorie du complot, car quand  l'on commence à se poser les bonnes questions cela devient une évidence, comme 1+1=2.
Cependant un problème existe: si nous serions très riche, nous ferions, pour l'immense majorité d'entre nous, exactement la même chose d'une manière ou d'une autre. C'est pour cela que toutes initiatives ou intentions autres que spirituelles afin de résoudre les crises sont inutiles. Elles seront toujours orientées vers l'accomplissement de nos instincts égoïstes en ne formant  que des unions temporaires avec les autres, au grès de nos intérêts personnels. Après il faut voir ce que l'on met derrière le mot spiritualité."
« Chaque troisième mercredi de chaque mois, neuf membres d’une société de l’élite de Wall Street se rencontrent dans Midtown Manhattan [le quartier des affaires de New York]. Ils partagent un même objectif : protéger les intérêts des grandes banques qui agissent sur le vaste marché des produits dérivés, l’un des plus profitables – et controversé – de la finance. Ils ont aussi en commun des secrets, le compte-rendu de leurs réunions de même que leurs identités, strictement confidentiels ».
C’est ainsi que Louise Story débute son article dans le New York Times, dont elle est une journaliste financière vedette.
Au terme d’une enquête fouillée, elle met en évidence, détails et noms à l’appui, les mécanismes utilisés par les mégabanques qui dominent le marché des produits dérivés. Dans le but d’empêcher que de nouveaux entrants élargissent leur club très restreint et afin que continue à régner sur ce marché une totale opacité, garante de leurs immenses profits.
Les noms de ses membres sont ceux du gratin de la banque : Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan Chase, UBS, Deutche Bank, Barclays, Crédit Suisse, Citigroup, Bank of America.
Tous se retrouvent membres du comité du risque de ICE, une nouvelle chambre de compensation des produits dérivés qui a vocation à dominer ce marché, mais également au comité de nombreux autres, ainsi qu’à la direction de l’International Swaps and Derivatives Association (ISDA), le lobby international qui fait la pluie et le beau temps sur ce marché.
Ce n’est évidemment pas par hasard, car ces comités du risque des chambres de compensation qui ont poussé comme des champignons ont été investis par la loi Dodd-Frank de régulation financière de très importants pouvoirs.
Notamment ceux de décider quels sont les produits dérivés qui n’ont pas à utiliser les services des chambres de compensation – et restent ainsi totalement négociés de gré à gré – au prétexte qu’ils ne sont pas standardisés et ne peuvent donc être compensés. Ainsi que de déterminer le coût du service, qui s’ajoute aux commissions des banques, et les montants financiers qui doivent être apportés en couverture. Les mégabanques sont donc totalement juges et parties.
Sur ce marché, les commissions bancaires ne sont pas connues, et il n’y a pas comme sur le marché boursier de cote officielle à la disposition des intervenants. Les banques achètent et vendent à des prix qu’elles seules connaissent, fixant ainsi leur marge selon leur bon vouloir.
« Pas un seul domaine financier n’est probablement aussi profitable aujourd’hui que les produits dérivés », explique Louise Story. « Plus que l’activité de prêt, celle des cartes de crédit, des fusions et acquisitions ou de la gestion de fortune. » poursuit-elle, pour conclure : « Le secret qui entoure le marché des produits dérivés est un facteur clé des importants profits réalisés par les banques ». Les moyens dont elles disposent et qu’elles mobilisent pour le protéger sont à l’avenant.
Ce qui n’est pas sans expliquer comment elles sont parvenues à faire barrage avec succès à des dispositions trop incisives du Congrès, et comment elles peuvent encore prétendre bloquer, fort de l’appui massif des républicains – mais de démocrates également – les nouvelles dispositions que cherche à prendre la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), le régulateur compétent, afin de limiter le contrôle des chambres de compensation par les banques.
Le Département de la justice a pour sa part engagé une enquête afin de vérifier l’existence éventuelle de pratiques tombant sous le coup de la loi anti-trust, qui sont de notoriété publique à Wall Street, dont on attend avec intérêt les résultats.
Ironiquement, les positions prises par les mégabanques ont pour origine une demande de l’administration aux mégabanques. Devant la panique crée par la menace d’effondrement d’AIG, qui assurait avec des CDS de nombreuses grandes banques, celle-ci était autant que les régulateurs dépassée par les événements et ignorante du fonctionnement de ce marché sur lequel elle n’avait aucune prise.
Au milieu de la tourmente, les régulateurs se tournèrent donc vers les banques pour leur demander de monter dans l’urgence une chambre de compensation, afin de réduire les risques et stabiliser le marché. InterContinentalExchange (ICE), qui compensait déjà les commodities et les futures, servit de base.
Au fil de son enquête, Louise Story raconte comment les mégabanques firent par la suite obstacle aux velléités d’autres intervenants d’entrer sur le marché des chambres de compensation, avec également comme souci d’empêcher l’avènement d’une quelconque cotation électronique des produits dérivés, qui apporterait de la transparence et risquait de court-cicuiter les banques.
Citadel Group, un très important hedge fund qui chercha à s’y lancer en joint venture avec le Chicago Mercantile Exchange, dut finalement y renoncer au terme de batailles de coulisses homériques.
Elle narre également comment certaines banques, telle Bank of New York Mellon, essayèrent de rentrer dans le « club des négociants en dérivés », comme il est appelé à Wall Street, pour en être rejeté par le physionomiste.
Cette histoire appelle-t-elle d’autres commentaires ?
François Leclerc.
PaulJorion.com
09/09/2010 - La preuve ultime de la grande manipulation de ces 30 dernières années ?
"La crise actuelle n'a rien à voir avec celles  qui se sont passés antérieurement, car elle est en fait l'acheminement, l'addition, l'accumulation et le résultat  des crises produites depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Créer une classe moyenne forte puis la détruire pour qu'elle se retourne contre un bouc émissaire désigné lorsque le temps est venu, est-elle  la stratégie ou du moins un des mécanismes utilisé pour créer des guerres mondiales? Tout le monde est responsable en partie, car suivre son égoïsme, ses désirs personnels afin de toujours ressentir le plus de plaisirs, sans recul, nous fais toujours prendre des chemins de plus en plus abominables et pervers."
30 statistiques qui prouvent que les élites s'enrichissent , que les pauvres deviennent plus pauvres et que la classe moyenne est détruite
Grand article, sans doute l’un des meilleurs de l’année, et cela sur tous ceux que j’aie pu voir: la preuve par A+B+C qu’un système a été mis en place pour capturer l’argent des classes moyennes, et cela dès les années 60.
Résultat, si en 1960 1% de la population avait 9% des flux financiers, en 2010, ce même 1% dispose de presque 30% de toutes les richesses créées. C’est clair, net et précis. Et c’est pire que ce que vous pensez… Ainsi, un ouvrier des années 50 gagnait bien plus qu’aujourd’hui, et, en plus, il était le seul à travailler, madame était à la maison. Puis, dans les années 70, sa paye n’a plus suffi, et madame s’est mise à travailler pour gagner/retrouver le même pouvoir d’achat que dans les années 60.
Perdant le pouvoir d’achat à nouveau dans les années 90, les ménages se sont alors endettés pour retrouver le même niveau, une sorte d’illusion achetée à crédit. Aujourd’hui pour retrouver le même niveau d’achat, les enfants restent chez les parents et partagent les dépenses…
« … Le constat est amer: « Dans le cas où vous n’avez pas fait attention au cours des deux dernières décennies , ce que nous avons en Amérique aujourd’hui est un système qui est conçu pour canaliser autant de richesses dans les mains de l’élite que possible … Ce n’est pas le capitalisme que nous avons en Amérique en 2010 . Au lieu de cela , ce que nous avons créé un système où les lois sont mises en place afin que l’élite au pouvoir et leurs grandes sociétés dominantes sont toujours gagnants . Pourquoi pensez-vous tant de grandes sociétés en Amérique du payer si peu d’impôts ? Pourquoi pensez-vous beaucoup d’entre eux sont comblé par des subventions du gouvernement , des allégements fiscaux et les renflouements ? Il ne s’agit pas de la concurrence plus . Il s’agit de truquer le jeu en votre faveur . L’élite au pouvoir et les sociétés qu’ils contrôlent géant dépenser des millions et des millions sur le lobbying et les contributions de campagne et ils s’attendent à un grand retour sur investissement. » .
Jovanovic
The Rich Are Getting Richer
1 - As of 2007, the top 1 percent of all Americans was taking home 24 percent of the national income. This was a level that had not been seen since the days of the Great Depression.
2 - Incomes have been growing in the United States, but those at the very top of the pyramid have been gobbling up almost all of the income growth. According to Harvard Magazine, 66% of the income growth between 2001 and 2007 went to the top 1% of all Americans.
3 - Even official government figures bear out the fact that the rich are getting richer. An analysis of income-tax data by the Congressional Budget Office a few years ago found that the top 1% of all American households own nearly twice as much of the corporate wealth as they did just 15 years ago.
4- Most Americans have suffered during the last few years, but not the boys and girls down on Wall Street. New York state Comptroller Thomas DiNapoli says that Wall Street bonuses for 2009 were up 17 percent when compared with 2008.
5 - Even as the number of Americans living in poverty skyrockets, the number of millionaires just keeps growing. In fact, the number of millionaires in the United States rose a whopping 16 percent to 7.8 million during 2009.
6 - The amount of money some of these Wall Street hotshots are making is incredible. Back in 2005, the top 25 hedge fund managers earned a total of 9 billion dollars. That would be bad enough, but even in these hard economic times the rich just keep getting richer. One year after the recent financial collapse the top 25 hedge fund managers earned a total of approximately $25 billion. That breaks down to an average of $1 billion each. The truth is that the United States has been experiencing uneven prosperity for quite some time and things just seem to get worse with each passing year.
La crise économique systémique mondiale a-t-elle été voulue et organisée?
The Poor Are Getting Poorer
7 - Government anti-poverty programs are exploding in size in response to the recent economic difficulties. USA Today is reporting that a record one in six Americans are now being served by at least one government anti-poverty program.
8 - Over 50 million Americans are on now Medicaid. That figure is up more than 17 percent since the beginning of the recession.
9 - The number of Americans in the food stamp program rose to a new all-time record of 40.8 million in May. That number is up almost 50 percent since the beginning of the recession.
10 - The number of Americans who cannot afford even the basic necessities is absolutely staggering. A whopping 50 million Americans could not afford to buy enough food in order to stay healthy at some point over the last year.
11 - Compared to other industrialized nations, the United States is doing very poorly. The U.S. poverty rate is now the third worst among the developed nations tracked by the Organization for Economic Cooperation and Development.
12 - The saddest part of this is what we are doing to our children. According to one recent study, approximately 21 percent of all children in the United States are living below the poverty line in 2010.
13 - But the American people cannot provide for their families if they don't have jobs. Today there are not nearly enough jobs for everyone. In 2010, it takes the average unemployed American worker over 8 months to find a job.
14 - Approximately 10 million Americans are currently receiving unemployment insurance, which is a number that is nearly four times higher than what it was at back in 2007.
15 - The truth is that we are creating a permanent underclass of Americans that cannot get jobs. The number of Americans receiving long-term unemployment benefits has increased over 60 percent in just the past year.
16 - Increasingly, the wealth of the United States is being held in fewer and fewer hands. One study found that as of 2007, the bottom 80 percent of American households held about 7% of the liquid financial assets.
17 - It is not a good time to be living in "the bottom half" in America. The size of "the pie" being divided up among those at the low end of the wage scale is becoming really, really small. In fact, the bottom 40 percent of all income earners in the United States now collectively own less than 1 percent of the nation’s wealth.
The Middle Class Is Being Destroyed
18 - Even those Americans that still do have decent jobs are seeing their wealth fade rapidly. For example, U.S. families have $6 trillion less in housing wealth than they did just three years ago.
19 - Home ownership used to be a sign that one had arrived in the middle class, but in 2010 an increasing number of Americans are finding out that they simply can't afford their homes anymore. One out of every seven mortgages were either delinquent or in foreclosure during the first quarter of 2010.
20 - The reality is that incomes have just not kept up with housing costs. This has put an incredible amount of pressure on the middle class. Just how much pressure? Well, only the top 5 percent of all U.S. households have earned enough additional income to match the rise in housing costs since 1975.
21 - The debt binge middle class Americans have been on over the past couple of decades has drained many of them completely dry, and now more Americans than ever have bad credit scores. Over 25 percent of Americans now have a credit score below 599, which means that they are a very bad credit risk.
22 - A rapidly rising number of Americans are actually choosing bankruptcy as a way out of their financial problems. Nationwide, bankruptcy filings rose 20 percent in the 12 month period ending this past June 30th.
23 - The middle class manufacturing jobs that once defined so many American cities are rapidly disappearing. Despite the fact that the U.S. population has dramatically increased, less Americans are employed in manufacturing today than in 1950.
24 - These days it seems like almost everyone is looking for a good job, but very few people are finding them. According to one recent survey, 28% of all U.S. households have at least one member that is looking for a full-time job.
25 - Even many of those Americans that still have decent jobs have been hit hard by this economic downturn. A recent Pew Research survey found that 55 percent of the U.S. labor force has experienced either unemployment, a pay decrease, a reduction in hours or an involuntary move to part-time work since the recession began.
26 - The number of jobs that are evaporating is absolutely stunning. According to one analysis, the United States has lost a total of 10.5 million jobs since 2007.
27 - So where are the jobs going? It doesn't take a genius to figure it out. China's trade surplus (much of it with the United States) climbed 140 percent in June compared to a year earlier.
28 - The truth is that "globalism" and "free trade" have put middle class American workers in direct competition with the cheapest labor in the world. This is what middle class American workers must now compete against: in China a garment worker makes approximately 86 cents an hour and in Cambodia a garment worker makes approximately 22 cents an hour.
29 - Due to these difficult economic conditions, the middle class is being squeezed as never before. According to a poll taken in 2009, 61 percent of Americans "always or usually" live paycheck to paycheck. That was up significantly from 49 percent in 2008 and 43 percent in 2007.
30 - So what kind of future do our young people have in front of them? Unfortunately, things don't look pretty. Many fresh college graduates can't even get a job that will allow them to be independent. One recent survey of last year's college graduates discovered that 80 percent moved right back home with their parents after graduation. That was up significantly from 63 percent in 2006.
Union Révolution Citoyenne

Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Plusnet 12554 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Dossiers Paperblog

Magazines