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Le tour d'écrou

Par Placebo

Le tour d'écrou

Coffret 2 volumes 1888-1910


Henry JAMES, Le tour d'écrou in Nouvelles complètes 1898-1910, édition établie par Évelyne LABBÉ, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, Paris, 2011 (1726 pages) - traduction par Christine SAVINEL; plusieurs éditions en format de poche.

Le tour d'écrou

Henry James


C'est le cinéma et l'opéra qui m'ont fait découvrir les nouvelles d'Henry JAMES. La chambre verte de François TRUFFAUT, un de ses films les plus difficiles et les moins compris, et The Turn of the Screw de Benjamin BRITTEN. Plus récemment, les romans Le maître de l'irlandais Colm TOIBIN et L'Auteur ! L'auteur ! du britannique David LODGE, que je recommande vivement l'un et l'autre, constituaient, étaient, moins des biographies romancées, que de beaux portraits d'un auteur à l’œuvre. L'édition des nouvelles complètes, dans la bibliothèque de la Pléiade, m'aura permis de m'y plonger.
Il y a quelque chose d'assez sombre dans cette histoire d'une gouvernante et des deux enfants dont elle a la charge, y compris une fin aussi tragique qu'inattendue; une histoire de fantômes qui viendraient -- viennent -- hanter les lieux. Ils sont deux, ces revenants, un homme et une femme, liés naguère aux enfants, mais qui les voit ? La gouvernante certes, mais qui d'autre ? Est-elle folle, ces visions sont-elles le fruit de sa trop grande sensibilité ? JAMES entraîne son lecteur dans un labyrinthe d'une grande beauté littéraire au style aussi sobre que le sujet est fantastique. La difficulté, hélas, pour le lecteur d'aujourd'hui, est qu'il est habitué -- la télé, le cinéma -- à voir tellement de ces histoires (je pense notamment à la saga des Harry Potter), alors que le contemporain de JAMES n'avait d'images que du produit de son imagination; bref, je me demande si notre sensibilité n'aura pas été trop émoussée pour que nous puissions réellement comprendre l'histoire et le message de l'auteur. Et je dois avouer, tout amateur de la collection que je puisse être, que la notice m'a paru être davantage destinée à un public universitaire qu'au lecteur moyen et m'a laissé du côté de l'ombre... un peu comme la gouvernante. Mais je vais blâmer cette grise matinée de décembre, qui m'aura embrouillé les idées.
Pour la suite des choses, je vais maintenant me diriger vers les nouvelles qui ont inspiré TRUFFAUT : L'autel des morts, Comment tout arriva et La bête dans la jungle.

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