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A la recherche d'une "Amérique idéale": entretien avec G. Gilmore

Publié le 03 mars 2008 par Scopes
Glenda Gilmore (Yale University)


InBlogWeTrust a rencontré l'historienne Glenda Gilmore, qui nous livre son analyse de la campagne et replace dans une perspective historique tant l'ascension de Barack Obama que la rhétorique utilisée par les candidats républicains et démocrates.
Vous enseignez à l'université de Yale dans les départements d’histoire et d’African-American Studies. Un Noir, Barack Obama, paraît en mesure de remporter les primaires démocrates, bouleversant une scène politique à l’échelon national, qui semblait jusqu’alors réservée aux Blancs (les Noirs étant exclus ou cantonnés au niveau local). Son élan (momentum) vous paraît-il irrésistible ?
Avant toute chose, il faut rappeler un point : la popularité actuelle de Barack Obama est pour l’instant circonscrite à l’intérieur du Parti démocrate. Il a réussi à séduire des électeurs dits « indépendants » lors de quelques primaires, mais il n’est pas certain que ces « indépendants » soient prêts à voter pour lui lors de l’élection de novembre. Obama est certes sur une pente ascendante, mais son élan est loin d’être irrésistible et il n’a pas encore gagné l’élection présidentielle.
Comment expliquez-vous sa popularité actuelle ?
Parmi les raisons qui peuvent expliquer son momentum, quatre me semblent d’importance:
1) Premièrement, son savoir-faire organisationnel, caractéristique de la ville de Chicago où il a fait ses premières armes. Sa campagne est structurée à l’échelle locale, maisons après maisons, pour toucher directement la base de l’électorat. Lorsqu’il a fait campagne dans l’état du Nebraska par exemple, il ne s’est pas contenté d’acheter des espaces publicitaires dans les média, mais il a rassemblé une vingtaine ou une trentaine de volontaires et les a envoyés ratisser l’état, pour mieux connaître les électeurs démocrates et comprendre leurs motivations. Il a compris qu’aux États-Unis, la politique est avant tout locale, voire communautaire.
A l’inverse, le style des Clinton est différent, plus national. Leur parcours politique est en cela révélateur : Bill Clinton a été gouverneur de l’Arkansas avant d’être président. Ils ont été en politique depuis longtemps, connaissent du monde et ont cherché à séduire d’abord les élites politiques. Par conséquent, un grand nombre de superdélégués les soutient, même dans les États où Obama a remporté les primaires par une marge conséquente.
2) Ensuite, Obama reprend et réinvente une stratégie rhétorique typiquement américaine. Il parle d’espoir et de changement comme si les Américains pouvaient véritablement changer, s’ils le voulaient, et avec l’aide du gouvernement fédéral. On n’avait pas entendu depuis longtemps un candidat demander aux gens de se prendre en main, un peu comme John Fitzgerald Kennedy en son temps. Il avait déclaré lors de son discours d’investiture cette phrase restée célèbre : « ne vous demandez pas ce que le pays peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour votre pays ». On n’avait d’ailleurs pas entendu depuis longtemps un homme politique demander aux gens de faire quoique ce soit : ils se contentaient de parler d’eux-mêmes, et de ce qu’ils pouvaient faire, ou de ce qu’ils ne pouvaient pas faire.
De fait, lors des vingt-cinq dernières années, nos hommes politiques ont fait comme si les Américains ne pouvaient pas changer ; ils sont partis du principe qu’ils étaient tous âpres au gain et impérialistes, qu’ils n’étaient motivés que par leur propre intérêt. Or, la rhétorique d’Obama remonte dans le temps jusque dans les années 1960, avant cette période. Ceux qui écrivent ses discours ont lu Robert Kennedy [candidat lors des primaires démocrates de 1968, assassiné en juin de la même année] ; ils ont étudié le mouvement des droits civiques des années 1960.
Obama s’inscrit donc dans une histoire où les Américains étaient encore optimistes et pensaient qu’ils pouvaient s’améliorer et que le futur ouvrirait de nouvelles possibilités. C’est une thématique ancrée dans la tradition américaine, mais qui a été quelque peu oubliée, ou mise de côté, lors des trois dernières décennies. Nous avons agi comme si le futur serait pire que le passé.
L’un des marqueurs de la réussite d’Obama est d’ailleurs la manière dont les candidats républicains pointent du doigt sa rhétorique du changement et la qualifient de naïve. De fait, l’espoir, le changement, c’est peut-être la dernière chose qu’ils veulent entendre ! Mais les électeurs, eux, apprécient ce discours.
3) Troisièmement, son momentum vient des jeunes générations (complétées par beaucoup qui ne sont plus tous jeunes, des trentenaires ou des quarantenaires) politisées par les deux élections de George W. Bush qu’ils ont vues comme frauduleuses. Ils se sont organisés hors du système traditionnel des partis politiques, par le biais de l’internet notamment, et se reconnaissent massivement dans la candidature de Barack Obama.
4) Enfin, son ascension s’explique également par les erreurs commises par Hillary Clinton. A mon sens, l’une de ces erreurs a été de se faire appeler « Hillary », simplement « Hillary », comme si elle était si célèbre que son prénom seul suffisait pour la désigner.
De plus, son message politique est limité, il n’appelle pas au changement. C’est dommage, car je sais qu’elle est une excellente administratrice, et qu’elle connaît comme personne les intrications de Washington et de l’administration. Mais la manière dont elle a fait de cette expérience un thème de campagne la dessert. Elle dit en substance « votez pour moi car j’ai travaillé dans la politique depuis trente-cinq ans », mais ce n’est pas tout à fait exact. Elle n’a pas travaillé dans la politique depuis trente-cinq ans ! L’une des choses que l’on m’a apprise en tant que féministe est que l’on n’assimile pas le métier de son mari au sien. Ça ne me semble pas très féministe, comme tactique électorale.
Enfin, au lieu d’offrir un message d’espoir et de changement, elle s’est positionnée comme celle qui a une coque suffisamment épaisse pour naviguer entre les eaux républicaines. Elle les connaît pour les avoir déjà vécues auparavant (ndt : en 1994, lorsqu’elle a mené le combat au Congrès pour la réforme du système de santé américain). Mais je crois que les gens en ont marre du climat politique actuel. Elle pourrait naviguer avec doigté entre ces politiciens républicains (qui nous ont mis dans ce bourbier irakien, soit dit en passant) mais ceux qui votent pour Barack Obama – moi y compris – aimeraient voir le paysage politique modifié en profondeur, c’est à dire ne pas voir quelqu’un qui serait simplement meilleur que les Républicains à leur propre jeu, mais quelqu’un qui amènerait une autre forme de politique.
Cette candidature vous apparaît-elle comme « révolutionnaire » dans le contexte historique américain ?
La présence d’un Noir au stade des primaires n’est absolument pas un phénomène nouveau. Des candidats noirs se sont présentés bien avant Barack Obama : je pense ici à Shirley Chisholm (une candidate noire en 1972) ou à Jesse Jackson (en 1984 et 1988). Cela dit, jusqu’à présent, ceux qui ont essayé de concourir lors d’une primaire n’ont jamais réussi à rassembler une masse suffisante d’électeurs pour se faire élire.
La candidature de Barack Obama n’est donc pas « révolutionnaire », du moins pas à ce stade. En revanche, son éventuelle nomination par les démocrates puis, si les sondages se maintiennent en l’état, son élection à la présidence, constituerait un vrai tournant, un nouveau jalon dans l’histoire des États-Unis. Parce qu’il est un candidat « noir », certes, mais pas seulement. Il incarne une double nouveauté : celle d’une nouvelle génération qui aspire à prendre le pouvoir et celle d’une Amérique métissée [son père est Kenyan alors que sa mère est blanche et originaire du Kansas].
Justement, dans un pays qui fait la part belle à la politique des identités (identity Politics), quelle signification et quelle importance a sa couleur de peau ? L’électorat américain le perçoit-il comme un candidat noir ou comme un métis d’origine africaine ?
A mon avis, la plupart des gens ne le voient pas comme un noir, mais comme un métis. Les Américains commencent à s’habituer à cette notion de métissage. Beaucoup de familles sont d’origine mélangée et les personnes ayant un parent noir et l’autre blanc ne sont finalement pas si rares.
Il est plus facile pour les électeurs de s’identifier à un métis comme Barack Obama qu’à, disons, un Afro-américain originaire de Géorgie. Obama le sait et en a fait un outil de communication : il se présente comme un Américain originaire du Kansas (où il est né) et comme un homme du Midwest alors qu’il a en fait grandi à Hawaï et que même sa mère a passé le plus clair de son temps loin du Midwest. Par ses origines diverses, il représente une Amérique idéale, les États-Unis tels que nous aimerions les voir, un pays harmonieusement multiracial, sans tensions entre les minorités ; un pays à la fois blanc et noir.
Il serait enfin réducteur de le catégoriser comme « candidat noir » : les électeurs le voient certes comme un candidat noir, mais aussi comme le candidat d’une nouvelle génération ; comme un candidat qui, bien qu’ayant eu une enfance parfois difficile [son père l’a abandonné] a su s’intégrer dans les réseaux de l’establishment en allant faire ses études à la faculté de droit de Harvard ; comme un candidat de gauche enfin, héritier des valeurs et des idées du Parti Démocrate, c’est à dire du parti du New Deal et de la lutte pour les droits civiques. Il n’est donc pas qu’une feuille blanche sur laquelle les électeurs projetteraient leurs espoirs.
Que révèle sa candidature quant à l’évolution actuelle de la société américaine ? Les États-Unis sont-ils devenus une société post-raciale dans laquelle l’origine ethnique a cessé d’être un handicap ?
Je ne pensais pas que j’assisterais de mon vivant à ce que vous appelez une société post-raciale [ndt : au sens américain, c’est à dire non pas une société qui ignore les différences ethniques, mais une société qui les reconnaît comme égales]. Dans mon enfance, en Caroline du Sud, le monde de la politique était un monde en noir et blanc. Puis une nouvelle vague d’immigrants est arrivée lors des vingt-cinq dernières années, bouleversant complètement la démographie américaine. Les États-Unis sont devenus un pays plus divers, plus mélangé : les réfugiés vietnamiens et les travailleurs mexicains se sont installés partout, même dans les endroits les plus reculés. Il n’y a pas de grandes villes sans réfugiés africains. Donc pendant que certains s’acharnent à construire des murs aux frontières, d’autres en sont venus à percevoir leur société comme une société post-raciale. On peut désormais cocher des cases « autres » ou « origines ethniques diverses » dans les recensements de la population.
Cela dit, une société post-raciale ne signifie évidemment pas une société sans racisme. Le racisme existe toujours, et la plupart des gens ne réalisent même pas que certains de leurs actions quotidiennes sont marquées par le sceau du racisme. Je pense néanmoins que les Américains dans leur majorité aspirent à l’idéal d’une société post-raciale, apaisée.
On entend beaucoup parler de race et de gender dans les analyses des politologues. Cette élection n’est-elle qu’affaire d’identités ? N’y a-t-il pas autre chose ?
J’ai entendu dire que John McCain choisirait Condoleeza Rice comme sa vice-présidente. C’est du moins une rumeur qui circule ces derniers temps. Voici un exemple qui illustre bien la manière dont toute cette campagne politique est parfois réduite à une opposition entre race et gender. Le choix est intelligent, car il ramènerait dans le giron des Républicains des Afro-américains que ce parti a snobé pendant les quinze dernières années.
Mais cette opposition est réductrice : les Américains veulent des idées nouvelles, et non pas spécifiquement un candidat noir ou une femme comme président. A mon sens, les résultats des dernières primaires montrent que les électeurs ont décidé qu’Obama était celui qui apportait le plus d’idées nouvelles, qu’il était capable de rassembler et en même temps de changer la scène politique.
Barack Obama parle souvent de changement, de renouveau. A 46 ans, il semble incarner l’aspiration d’une nouvelle génération à prendre le pouvoir. Comment, en tant qu’historienne, analysez-vous ce conflit générationnel ?
C’est effectivement assez rare de voir des candidats qui représentent des générations différentes de manière aussi évidente. Cela dit, d’une certaine façon, tant John McCain que Barack Obama – même si McCain est de la génération antérieure – incarnent les années 1960 et ses divisions. Dans ces années-là, comme aujourd’hui, les Américains étaient divisés entre d’un côté ceux qui soutenaient l’intervention au Vietnam (ou du moins ceux qui pensaient que, puisque les Américains étaient au Vietnam, il fallait une forte présence militaire afin de gagner la guerre) ; et de l’autre côté ceux qui représentaient l’espoir d’une politique intérieure plus progressiste, l’espoir de faire des États-Unis un pays meilleur.
On l’a vu, cette thématique était alors très présente et Barack Obama, par ses discours de campagne, par sa rhétorique, essaie de retrouver cet esprit des années 1960 et les débats progressistes (et parfois plus isolationnistes) de politique intérieure qui caractérisaient cette période. L’imaginaire derrière sa campagne est qu’il est capable de mobiliser des soutiens parmi toutes les générations, des jeunes, mais aussi des cinquantenaires, ceux qui ont perdu leurs combats dans les années 1960 et qui attendent depuis longtemps la réalisation d’un programme politique plus progressiste.
John McCain incarne quant à lui plutôt les faucons de la guerre froide (cold-warriors) : les États-Unis doivent s’impliquer et réguler les affaires du monde et doivent avoir une politique militaire conséquente même si personne n’essaie de nous envahir. Ainsi, même si Obama et McCain sont issus de deux générations bien différentes, tous deux continuent une discussion qui est celle d’une génération (la mienne), celle des années 1960.
Enfin, Hillary Clinton se trouve entre ces deux figures: en tant que féministe et que femme en politique, elle exprime cet état d’esprit des années 1970, selon lequel les femmes amélioreraient la politique et œuvrerait en faveur du bien commun si elles gagnaient plus de place au sein du gouvernement.
Cette élection nous présente donc trois générations, ou plutôt deux et demi, et nous donne ainsi un véritable choix.
Les trois candidats ne cessent de se référer à trois figures historiques - Abraham Lincoln, John Fitzgerald Kennedy et Ronald Reagan – et font l’impasse sur d’autres présidents tout aussi significatifs (Franklin Delano Roosevelt par exemple). Comment expliquer ce tri sélectif parmi ces figures du passé ? Que cela nous révèle-t-il sur la perception par les Américains de leur propre histoire et de leur propre identité ?
Les Américains se sont appropriés ces trois présidents. Tout le monde peut trouver dans la figure de Lincoln quelque chose à admirer ; et ils se rappellent de la présidence de Ronald Reagan avec nostalgie. Ces présidents s’inscrivent dans une histoire linéaire et sélective (linar feel-good history) – et cela en dépit de la réalité historique et du contexte des époques concernées. Lincoln fut président pendant une guerre de Sécession sanglante ; Kennedy a géré avec difficulté l’explosion du mouvement pour les droits civiques [ndt : les années 1960 furent aussi de grandes années de violence à l’intérieur des États-Unis] ; enfin sous Reagan s’opère une montée en force du monde de l’entreprise et un accroissement des inégalités de revenus. Compte tenu des côtés obscurs de ces trois figures historiques, les candidats feraient peut-être mieux de ne pas les évoquer trop souvent…
D’autres présidents ont été réappropriés par le passé : Bill Clinton et Hillary elle-même se sont beaucoup référés à Franklin D. Roosevelt et à sa femme Eleanor Roosevelt, au temps de leur première campagne électorale. Une fois élu en 1992, l’une des premières choses que fit Bill Clinton fut d’ailleurs d’aller à Hyde Park (État de New York) pour y voir l’ancienne maison de FDR. Il aurait ouvert un placard, touché un vieux costume de Roosevelt et murmuré : « c’est ici que j’appartiens » ! De même, Hillary Clinton avait voulu suivre l’exemple d’Eleanor Roosevelt, image d’une Première Dame active et activiste. Elle s’est éloignée de ce modèle après la bataille parlementaire autour de son projet de sécurité sociale (1993-1994) et sa prise de conscience que les journaux n’allaient pas lui laisser jouer ce rôle.
Enfin, je pense que si on permettait à John McCain de désigner librement son président préféré, il choisirait Théodore Roosevelt (1901-1909), qui était viril, agressif et direct, un peu le type de personnage que McCain aime à incarner. Un président qui pensait également que les Américains devaient intervenir militairement à l’étranger, et pouvaient y rester pour des années. Mais comme Teddy Roosevelt n’est pas vénéré à l’image des autres présidents à causes de ses aventures impérialistes en Amérique du Sud et ses envois de troupes à l’étranger, McCain doit sans doute se refreiner de mentionner son nom.
Pour conclure cet entretien, et puisque l’on parle de John McCain, pensez-vous que les Républicains peuvent l’emporter en novembre lors de la présidentielle ?
Bien, sûr, les Républicains peuvent toujours gagner en novembre, et ce même si Barack Obama paraît monter en puissance, même si Hillary Clinton peut rassembler de nombreux électeurs et même si le parti démocrate n’a jamais semblé en aussi bonne santé !
La campagne est longue, et maintenir une compétition idéologique jusqu’au bout n’est pas chose aisée, d’autant plus que les électeurs votent souvent en se référent aux événements qui se produisent en dernier. Si une nouvelle attaque terroriste se produisait par exemple, les électeurs pourraient très bien se tourner vers John McCain dont le message est plus centré autour de la défense de l’Amérique face à ses ennemis. Si Obama devient le candidat démocrate, certains commentateurs et sondeurs pensent aussi que certains hésiteront à voter pour un noir. Il se peut qu’il y ait un biais raciste dans les sondages que l’on ne perçoit pas encore [ndt : le Bradley effect, qui montre que les sondages flatteurs attribués à un candidat noir ne se retrouvent pas toujours dans les urnes], et que sa popularité actuelle soit surestimée par rapport à ses résultats le jour du vote.
Même si je ne me rappelle pas avoir vu des primaires aussi décisives, il me semble qu’elles ne sont pas tout à fait représentatives de l’état de l’opinion. Il ne faudrait donc pas surestimer les possibilités des démocrates à l’heure actuelle.
D’un autre côté, les gens apprendront peut-être à connaître John McCain un peu mieux, et découvriront qu’il est négligent et qu’il ne fait que répéter la même chose ; ils découvriront peut-être qu’Obama est un candidat plus énergique et plus jeune… Ou bien ils se diront qu’Obama – s’il devient le candidat démocrate – est trop immature pour gérer la politique étrangère du pays et les crises prévisibles.
Glenda Gilmore est professeure d’histoire à l’Université de Yale (États-Unis). Spécialiste de la gauche américaine et de la question noire au XXe siècle, elle s’est également distinguée par son opposition publique, dès 2003, à la guerre en Irak. Son dernier livre, Defying Dixie: The Radical Roots of Civil Rights, 1919-1950 (W.W. Norton), s’interroge sur les racines profondes de la lutte des Afro-américains pour leurs droits politiques et civiques.
Traduction : Scopes (pour InBlogWeTrust et lejdd.fr)


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