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Shame : provocant, indécent, bouleversant !

Par Greenbeautiful @wa_off

Pour commencer je vous souhaite à tous une merveilleuse année 2012, qui j’espère vous fera tourner la tête avec des rêves mais surtout des accomplissements réels !

Cette année commencera pour moi par ce post qui me réconcilie avec la promesse de base de mon blog. Il y a un an environ, quand j’ai accouché de ce support épistolaire virtuel, je disais vouloir y parler de mode éthique principalement, mais aussi de bien-être, psycho, etc.
Ainsi, pour ne pas qu’on me taxe de « manquement à tous mes devoirs », j’inaugure le volet  psycho de Wa off avec quelques lignes sur le film Shame de Steve Mc Queen, qui m’a prises au tripes !

shame steeve mc queen

Pour ceux qui vivraient reclus dans une communauté éloignée s’interdisant de jouir de tous progrès technologique tel que l’électricité, le téléphone le cinéma et n’ayant pas accès à l’information… l’histoire tourne autour des deux personnages principaux : le brillant et sexy Michael Fassbender qui y incarne Brandon, un trentenaire New-Yorkais, célibataire et dépendant sexuel, et de sa sœur Sissy, toute aussi craquante dans sa spontanéité, interprétée par Carey Mulligan, accroc également, mais à l’affection des hommes.

shame steeve mc queen

Selon sa propre histoire, son propre vécu, les scènes peuvent interpeller ou laisser insensible,  les personnages, eux, inspireront dégoût ou compassion… Les frère et sœur, dans le film, jouent de la provocation  dans une démarche d’autodestruction, au même moment de leur histoire commune (scène où Brandon affirme outrageusement à un monstre de muscles qu’il est en train de brancher sa nana…, la bienséance m’oblige à ne pas donner davantage de détails, puis celle où sa sœur se coupe les veines…).
Caresser leurs limites, pour eux, semble être une réponse, une compensation, à celles qu’il leur manque, qu’ils cherchent parce qu’on ne leur aurait probablement pas appris à poser : la consommation (sexuelle pour lui, affective pour elle) à outrance des deux héros, est là pour combler un vide manifeste. En étant dans l’action permanente, ils évitent d’être dans l’attente, dans un vide temporel donc, et cela octroie un sentiment de contrôle…ils ont cette impression de contrôler leur vie, or, tout le paradoxe est là, puisqu’en tant que dépendants, par définition, ils ne sont ni maître de leurs actions, encore moins de leurs émotions…

shame steeve mc queen brandon

L’excitation, l’euphorie leur procure à tous deux une joie furtive, un sentiment de bien-être très court, elle ravive et donne du relief à une vie dépourvue de couleur, morose et plate…comme si quelque chose y manquait.

Etre dans l’action permet aussi de canaliser son attention sur ce qui est en train de se dérouler, la détournant ainsi de ce qui est plus inconsciemment douloureux…une sorte de refoulement…

Dans le film on n’arrive pas à connaître l’origine de la souffrance, ni la souffrance elle-même, que Brandon et Sissy (dont la présence au final n’a de sens que parce qu’elle apporte des éléments d’ information supplémentaires sur la personnalité de son frère, puisqu’issue du même moule) cherchent à soulager par cette recherche de jouissance protectrice.

Le réalisateur met néanmoins parfaitement en exergue ce qui se cache derrière un sujet aussi tabou que l’addiction sexuelle : il permet au spectateur de lire entre les lignes et envisager  ce qui est d’ordinaire perçu comme choquant, voire perverse, comme quelque chose de profondément  plus douloureux,  insupportable au point d’y mettre fin par la destruction. Elle se manifeste par le suicide physique pour la sœur, social pour le frère avec ses multiples comportements à risques (provocation de sa propre agression, rapports avec des inconnus, homme, prostituées…)

shame steeve mc queen sissy

La recherche du plaisir immédiat, dans l’addiction, quel que soit l’objet qui donne l’illusion d’y mener (drogue, alcool, nourriture, sexe…), émane toujours de celui  que l’on n’arrive pas à trouver/éprouver dans la vie… Point de vue insuffisamment exploité dans le film, mais peut-être pour laisser libre court à l’interprétation de chacun…


PS : WA, çà peut aussi signifier Wellness Addict, je vous souhaite encore à tous une merveilleuse année 2012, qui nourrira votre curiosité, développera votre sérénité et vous conduira à l’équilibre auxquels vous aspirez !

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