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Assassin's Creed, T3 : Accipiter - Eric Corbeyran & Djillali Defali

Par Belzaran

Titre : Assassin's Creed, T3 : Accipiter
Scénariste : Eric Corbeyran
Dessinateur : Djillali Defali
Parution : Novembre 2011


« Accipiter » est le troisième tome de l’adaptation en bande dessinée du jeu « Assassin’s Creed ». Edité chez « Deux Royaumes », il est apparu dans les librairies le mois dernier. Je ne suis pas un adepte du jeu dont je ne connaissais rien avant de feuilleter les premières pages du premier album. J’ai été attiré vers cette série par le nom de ses auteurs. En effet, Corbeyran et Defali ont déjà travaillé ensemble dans « Uchronies » qui est, à mes yeux, une des meilleures sagas de science-fiction de ces dernières années. C’est donc en pleine confiance que j’étais parti à la rencontre de ce nouvel univers. 

Le principe scénaristique de la série est le suivant. L’Animus est une machine qui permet de plonger dans les souvenirs de la personne qui s’y installe. Mais elle dévoile la mémoire « génétique » du patient. En effet, elle permet de faire renaitre les aventures de lointains ancêtres. Dans le premier opus, on avait découvert Desmond Miles. Cet homme était le cobaye d’un laboratoire dont le but d’explorer la vie de ses aïeuls. On apprend alors qu’il appartient à une longue lignée d’Assassins qui s’avère être une confrérie secrète qui s’oppose aux Templier depuis des millénaires. Cette lutte est amenée à se poursuivre au vingt et unième siècle…

Dans ce troisième opus, l’histoire se déroule essentiellement à l’époque romaine. La quatrième de couverture nous présente la trame ainsi : « Aquilus cherche à venger le meurtre de son père. Cette soif de vengeance qui va l’entraîner jusqu’à Rome va également coïncider avec la quête de l’ankh dérobée. Au même moment, à l’époque antique, les Barbares, avec à leur tête Accipiter, un autre Assassin, s’apprêtent à fondre sur Lugdunum et sur l’Italie… »

Dans les tomes précédents, l’intrigue se baladait à plusieurs époques. On passait de notre temps à des voyages dans le passé par les passages de Desmond dans l’Animus. On avait donc le sentiment de suivre deux trames différentes qui s’entremêlaient. Cela permettait d’offrir une lecture relativement dense. Dans ce troisième album, ce sentiment disparait quelque peu. En effet, une grande majorité  de l’histoire se déroule durant la Rome antique. Par contre, cette partie de la trame est construite autour de deux personnages. Le premier est Aquilus. Il s’agit d’un ancêtre de Desmond qu’on connait depuis les opus précédents. Le second est une découverte qui donne son nom à l’album. Il s’agit d’Accipiter. On est donc curieux de le voir évoluer, de découvrir qu’elle est son descendant contemporain de Desmond et également quand va-t-il rejoindre Aquilus. 

Cet album possède donc une dimension historique en nous immergeant de manière plus intense que les précédents dans cette époque historique qu’est l’Antiquité. Je vous précise tout de suite que les purs historiens seront déçus par la densité de la reconstitution. On est loin de « Murena ». Néanmoins, le dépaysement est agréable et plutôt réussi. Les scènes se déroulant à notre époque sont plus épurées sur le plan narratif. Elles sont vraiment axées sur le côté informatif. Il n’y a pas de fioriture. Les passages contemporains ont pour objectif de répondre à quelques une de nos interrogations. 

D’ailleurs plus globalement, cet album est construit en « chapitre ». On alterne les aventures d’Accipiter, d’Aquilus et de nos contemporains. L’aspect positif de cette construction est qu’on ne s’ennuie jamais. Toutes les quatre ou cinq pages, on déménage d’époque et de lieu et notre attrait en est ainsi attisé. Par contre, le défaut de tout cela est que la narration apparaît découpée ou saccadée. On a du mal à me plonger pleinement dans l’histoire. Je trouve que la lecture manque d’ambiance. J’ai eu du mal à pleinement me trouver dans les traces des héros tant cette alternance permanente fait que j’ai eu du mal à m’y faire au niveau immersion dans l’album. De plus malgré cette grande variété de personnages, je trouve que la trame globale de la série avance relativement peu. Je ne peux pas dire qu’il ne se passe rien, loin s’en faut. Mais on n’a pas forcément l’impression d’avoir beaucoup avancé après cet opus. C’est toujours un petit peu frustrant. 

Concernant les dessins, je trouve toujours que le style de Defali est de qualité. Son trait se prête parfaitement à cette histoire. Les personnages sont réalistes. On n’a aucun mal à se les approprier et à les reconnaitre. De plus, les décors ont une place importante du fait des variations d’époques. Le dessinateur s’en sort très bien. On n’a aucun mal à voyager sur ce plan-là. Que ce soit au niveau des paysages, de l’architecture ou des vêtements le réalisme apparait criant pour un novice en Antiquité comme moi. Les couleurs sont confiées à Alexis Sentenac. Je trouve qu’il s’en sort très bien. J’ai une affection particulière pour les scènes de nuit qui dégagent un vrai quelque chose. 

En conclusion, cet opus est dans la lignée des précédents. C’est-à-dire qu’il se lit avec plaisir mais qu’il ne possède pas l’intensité qu’on pourrait en attendre. Certes les personnages sont nombreux, certes les voyages sont fréquents, certes il y a de l’action et des révélations mais l’ensemble n’est pas aussi rythmé ou envoutant qu’on pourrait le souhaiter. Ce phénomène persiste après ce troisième tome. Cela me laisse croire que « Assassin’s Creed » est vouée à rester une série agréable, plutôt divertissante mais qui ne marquera pas autant ses lecteurs qu’on aurait pu le croire…

par Eric the Tiger

Note : 12/20


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