Magazine Cinéma

Dog Pound (2010) de Kim Chapiron

Publié le 14 mars 2012 par Flow

Dog Pound. (réalisé par Kim Chapiron)

Extrêmementfort et incroyablement creux.

 

 

Dog Pound, qui signifie la fourrière, est un film carcéral s'employant à nous montrer sans fards et de manière crue la vie de jeunes détenus. Hélas, le résultat énerve par son côté nombriliste et finit par n'être qu'un simple long-métrage anecdotique.

 

dog-pound-affiche.jpg

 

Davis, 16 ans, trafic de stupéfiants.

Angel, 15 ans, vol de voiture avec violence.

Butch, 17 ans, agression sur un officier de probation.

Une même sentence : la prison pour délinquants juvéniles d'Enola Vale. Entre quotidien banal et violence primale, les trois délinquants auront fort à faire.

 

Au début de l'œuvre (disons les 30 premières minutes), j'étais satisfait de m'être lancé dans son visionnage. Un petit côté indé fortement appuyé et intéressant par la mise en scène et la poésie qu'elle véhicule, des personnages auxquels on s'attache tout de suite, une unité de lieu assez puissante -un centre de détention pour mineurs- et des acteurs très impliqués dans le projet. J'étais content de mon choix et m'apprêtai à le considérer comme un film « choc » à même de bouleverser les consciences.

 

Une heure plus tard, j'étais contraint de déchanter. Vainement, on attend que le film décolle mais cet envol salutaire n'a jamais lieu. On y croit au détour de belles scènes (l'accident tragique, la confrontation entre Butch et le gardien) mais on obtient en retour que frustration et animosité à l'égard du réalisateur. Il aime bien faire joujou avec sa caméra et c'est tout. Il revêt l'habit du cinéma indépendant mais n'en a d'aucune manière la force d'évocation. Dog Pound fait partie de ce genre de film qui choque pour choquer mais sans raison si ce n'est celle d'accrocher son public. Oui, le film prend aux tripes mais uniquement par sa violence gratuite et cautionnée par le milieu dans lequel se déroule le film. On est en prison, il y a forcément de la violence, il y a forcément une sodomie non désirée. Oui mais pourquoi putain? Un vrai film qui se réclame indépendant aurait réfléchi aux origines de cette dernière. C'est un film opportuniste qui profite de son milieu pour justifier ses excès de violence sans réfléchir à leur origines ou à leurs conséquences.

 

Voilà pourquoi ce film est un échec total. Le personnage de Butch en est le parfait exemple. D'où lui vient sa rage intérieure? En tant que spectateur, j'aurai aimé savoir afin de le comprendre et de m'attacher à lui. Les autres personnages subissent le même traitement. Ils sont caricaturaux car il ne sont pas traités. Ils sont laissés à l'état d'archétypes: le latino, le blanc bec grande gueule mais fragile, le colérique, les gardiens qui abusent de leur pouvoir...

Bref, un beau gâchis. De la matière intéressante gaspillée par un film opportuniste qui utilise le monde carcéral à des fins putassières. Vraiment dommage.

 

 

Note:

Pastèque périmée


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Flow 261 partages Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Dossier Paperblog

Magazines