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Projet X

Publié le 21 mars 2012 par Olivier Walmacq

Thomas et ses potes font une fête pour son anniversaire. Le problème c'est que la fête qui ne devait compter qu'environ trente personnes va devenir un bordel monstre...

Affiche de 'Projet X'
 
Même bourré, il en redemande le con!

La critique old school de Borat

Found Footage: film où le spectateur est (soi-disant) en immersion dans l'action via un personnage filmant cette dernière.
Un genre particulièrement opportuniste car coûte pas cher (jamais plus de vingt millions de $ mis dans le budget) et une manière comme une autre de faire de la merde. Initié par Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato, il refait surface en 1999 avec fracas avec le navrant Projet Blair Witch, puis en 2007 avec l'efficace Rec.
Depuis, le genre s'est principalement placé dans l'horreur (les honteux Paranormal Activity, Le dernier exorcisme, The Devil Inside dont notre cher Olivier nous prépare une critique bien juteuse) mais également dans le film de super-héros (le récent Chronicle) et maintenant dans le teen movie.
Il n'y a pas de raison surtout quand les producteurs sont Todd Phillips, le réalisateur des très dispensables Very Bad Trip et Joel Silver, producteur dont on n'évoque plus la réputation.

Projet X

Le sexe, ça commence par les préliminaires...

Voici donc venu Projet X réalisé par Nima Nourizadeth (à tes souhaits!), film déjà remboursé car n'a coûté que 12 millions de $.
De plus, nous avons des inconnus devant la caméra, donc ils n'ont pas empiété sur le budget. Comme quoi, il n'est pas dur de nos jours de faire un film à Hollywood. Le problème de Projet X c'est que le fond est aussi alarmant que ce que la forme. On le sait, le teen movie n'est pas très en forme depuis un petit moment. Autrefois films de rebellion (La fureur de vivre) ou générationnels (les John Hugues, Risky Business); depuis American Pie, le genre est synonyme de graveleux.
Si Supergrave n'était déjà pas triste, Projet X se révèle encore pire. Le but étant de pousser la connerie jusqu'au fond du trou.
Pour cela, rappelons que l'histoire tient sur une feuille machouillée par un chien. A côté, American Pie passerait presque pour un chef d'oeuvre.
A savoir des jeunes de 17-18 ans fêtant l'anniversaire d'un de leur potes ou pas.

Projet X

La jeunesse ricaine dans toute sa splendeur.

Une manière comme une autre de passer de looser à winner. L'occasion également de tirer sa crampe. Inutile de vous dire que nos trois héros se feront dépuceler (qui l'eut cru?!) et même le gros de service avec une asiatique !
Mais pour cela, n'oubliez pas de foutre le plus possible de bordel en bousillant la barraque familial, en vous droguant, en picollant et même en mettant la bagnole préférée du papounet dans la piscine! Sur l'avant-dernier point, nos héros ne seront pas tellement inquiété vu que malgré les tonnes de litres qu'ils ont bu en bière ou téquila ne leur ont pas permis de faire des comas étiliques.
En d'autres termes, le réalisateur nous dit que même avec un taux d'alcool énorme, vous pouvez ne pas mourir.
Pareil pour la drogue où certains auraient risqué mille fois de se faire une overdose avec un tel mélange d'alcool, extasy et autres joints. Enfin bref, continuons à évoquer le taux de bêtises de la chose.

Projet X

Thomas va devenir le héros de son lycée comme vous vous en doutiez pas et finira par se faire la geek de service dans son pieu, après que le canon du bahut lui soit passé dessus le temps de quelques instants !
Autant dire que le looser est non seulement devenu un winner, mais également un sacré pinneur! Comme vous pouvez le lire, Projet X est un vrai monument menant à la débauche, ce qui est pour le moins honteux.
Le réalisateur croit que nous refourguer des images de fête va changer autre chose mais à vrai dire, plus elles s'accumulent, plus on se fait chier.
En plus, cela devient abberrant également. Nous sommes donc face à une accumulation de nanas à moitié à poil, dansant ou baisant et ce, pour le soi-disant plaisir du spectateur. Au bout de quelques minutes, on a vite fait le tour de ce sommet d'indigeance qui sous prétexte de faire dans le second degré, accumule tous les poncifs sur la jeunesse, pas aidé par un trio d'acteurs pour le moins quelconque et débile.

Pour faire le rapprochement avec Supergrave, vous avez un looser (Michael Cera), un mec chaud comme la braise mais à pull jaquard Lacoste (Christopher Mintz-Plasse) et le gros (Jonah Hill).Pour l'originalité, on repassera.
Le summum est peut être l'apparition des policiers qui ne broncheront pas face à des jeunes cons ne voulant pas les laisser entrer dans la maison, sous peine de passer des abrutis de première (et pourtant pas de Luc Besson dans le coin).
Malgré les plaintes répétées, ils ne donneront l'assaut que quand un dealer débarquera avec un lance-flamme! La morale aussi en tient une couche avec un père fier que son gamin soit devenu un winner mais pas qu'il ait fait couler sa bagnole ! Décidemment... Sans compter les écritos aussi invraissemblables que débiles en fin de film. On nous assainera donc que le chaud bouillant a trois tests de paternité au popotin. Que c'est passionnant comme anecdotes !

Néanmoins quelques petits trucs font un minimum rire. Le meilleur passage du film est celui où un des golios assurant "la sécurité" se retrouve dans le placard. Par chance, le coco assiste au moment où notre héros en chef culbute la plus belle fille du bahut (donc pas la geek de tout à l'heure, qui se nomme par ailleurs Kirby, dont on ne remarque à peine pas la référence vulgaire au personnage de Nintendo !).
Malheureusement et comme par hasard, la geek débarque alors que l'autre vient d'enlever son soutien-gorge. Le meilleur arrive quand le mec du placard demande à l'autre si elle veut de l'aide pour se rhabiller! Un fou-rire instantané et le seul réel d'un métrage qui en avait bien besoin. De plus, le found footage atteint vraiment ses limites avec des images pour le moins moches et le procédé ne sert vraiment à rien.
N'oublions pas non plus l'écrito de départ nous faisant croire que tout est réel. Désolé ça ne marche plus. Heureusement que je n'ai payé que 3 euros 50 pour voir cette merde.

Une daube à la morale douteuse et hymne débile à la débauche.

Note: 1/20 (pour la scène de cul précitée)

Note naveteux: 18/20


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