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Finalement Nicolas Sarkozy était incompétent.

Publié le 13 mai 2012 par Juan
Finalement Nicolas Sarkozy était incompétent. Depuis le dimanche 6 mai 2012 au soir, on s'interroge sur les raisons de la défaite de Nicolas Sarkozy. Elles sont peu nombreuses: une campagne trop tardive, trop à droite, sans idées fortes ni programme, un mauvais bilan, un candidat hors sol. Mais il y avait pire. Sarkozy n'était même pas compétent.
Le Monarque était convaincu, notamment par son conseiller Patrick Buisson, que la France avait tellement virée à droite qu'il fallait la suivre ou la dépasser. Aux risques de faire peur aux plus centristes de son électorat.
On a aussi relevé que François Hollande avait gagné grâce au rejet du sarkozysme. Quelques déçus à droite sont allés jusqu'à qualifier cette victoire d'illégitime. Pouvaient-ils se taire ? Nicolas Sarkozy a certes attiré les foudres d'une critique à la hauteur de son comportement. Mais pas seulement. Cette élection présidentielle a bel et bien été un référendum contre lui.
Nicolas Sarkozy a payé la note de son incompétence.
Depuis dimanche, les langues se sont déliées, et certains, à droite, font mine de découvrir que Nicolas Sarkozy n'était pas si bon que cela. Il est temps d'ouvrir les yeux. Vu de droite, Nicolas Sarkozy était pourtant incompétent. Et depuis longtemps.
Depuis le 6 mai 2007, nous avions relevé, à de multiples occasions, les preuves ou les prémisses de ce fiasco final.
4ème semaine de Sarkofrance: les deux erreurs de Sarkozy
Nous n'étions qu'en juin 2007, avant les élections législatives. Déjà, l'électeur aurait dû s'inquiéter des dégrèvements fiscaux qui allaient dégrader nos déficits encore plus. Jean Arthuis, sénateur centriste, s'en préoccupait publiquement. Fillon expliquait que les caisses étaient vides. Un an avant le déclenchement de la crise.
18ème semaine de Sarkofrance : un gouvernement de bleus
Nous n'étions qu'en septembre 2007. Bernard Laporte, entraineur de l'équipe de France de Rugby et futur ministre des sports avait honteusement raté la Coupe du Monde. Il avait poussé le ridicule en faisant lire la lettre de Guy Mocquet juste avant les matches. François Fillon avait qualifié Rama Yade de « jeune inexpérimentée » pour excuser l'une de ses bourdes. Christine Lagarde avait fait peur en évoquant un prochain plan de rigueur.
27ème semaine de Sarkofrance: l'effet boomerang
44ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy sait il travailler ?
La Sarkozie couinait déjà contre le terrorisme intellectuel des médias de gauche. Nous n'étions qu'en mars 2008, avant la Grande Crise de l'automne, mais les Français venaient de bouter les représentants UMP hors de nombreuses municipalités. Une première claque nationale, une vraie.
56ème semaine: l'agitation immobile
Sarkozy avait inventé l'agitation immobile. Même au plus fort de son omni-présence médiatique, Nicolas Sarkozy agissait finalement peu. Il déclamait beaucoup, et confondait toujours la boulimie législative avec l'action réelle.
59ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy est inefficace 
Nous n'étions qu'en juin 2008,et déjà il fallait être inquiet. Malgré des courbettes devant le colonel Kadhafi (que nous comprenons mieux aujourd'hui), ce dernier lui refusa l'Union pour la Méditerranée. Son nouveau traité européen venait d'être refusé. Son paquet fiscal faisait polémique à cause de son coût, qui échaudait les plus rigoristes de la droite au pouvoir.
67ème semaine de Sarkofrance : incompétence diplomatique... seulement ?
Dans le conflit armé qui opposa la Russie à la Géorgie en août 2008, on avait cru que Nicolas Sarkozy avait bien joué. Nous l'avions même félicité. Mais dès le lendemain du compromis, la Russie rompait la trève, sabotait les installations militaires de son petit voisin. Mais Nicolas Sarkozy était vite reparti en vacances Quelques semaines plus tard, la Géorgie perdait deux provinces.
72ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy, impuissant donc agité
La bourse s'effondrait, mais Sarkozy masquait. Il n'y connaissait  pas grand chose à la finance mondiale, à l'exception de ses signes extérieurs de richesses qu'elle pouvait procurer dans les belles années. Il resta silencieux, 15 jours durant après la disparition de Lehman Brothers.
76ème semaine de Sarkofrance: qui va siffler la fin de Sarkozy ?
Nous étions en octobre 2008. Nicolas Sarkozy était sorti de son silence. Les krachs boursiers se multipliaient. Sarkozy présidait l'Union européenne pour encore quelques mois. Après son discours de Toulon, solitaire et isolationiste, il avait suivi les recommandations de George Brown, son homologue britannique, pour trouver une solution au « credit-crunch » qui menaçait nos économies européennes. On découvrait qu'il n'était pas ce grand leader charismatique et visionnaire. Il n'était pas Roosevelt, il était Hoover. Contrairement au story-telling qu'on nous servi des mois plus tard. Nicolas Sarkozy avait été nul face à la crise: c'est la France qui a résisté, pas lui. Ce sont les manifestations populaires qui, en janvier 2009, lui imposèrent des contre-parties sociales et fiscales.
102ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy pédale mais n'avance plus
Nous n'étions qu'en mai 2009. Il disposait d'une majorité totale au Parlement. Pourtant, depuis janvier et la fin de la présidence française de l'Union Européenne, il ne parvient plus à maîtriser l'agenda politique du pays, ni même ses propres troupes. Comme lors de l'hiver 2007/2008, avant la déroute des élections municipales, il tentait de masquer ses difficultés par des annonces qui tombent à plat et un optimisme factice. Mais son comportement et ses échecs revenaient au centre des critiques: il emprunta l'Airbus présidentiel pour un weekend pascal; il se livrait à des confidences désagréables contre ses homologues européens. Le chômage gonflait de 100.000 personnes par mois mais il s'attardait sur son décret anti-cagoule. Son nouveau Fond d'Investissement Stratégique était installé, mais Sarkozy rechignait à lui imposer de n'investir que dans des sociétés refusant tout licenciement.
Insécurité: le mauvais bilan de Sarkozy
C'était son ADN politique. Et pourtant, quel échec... quel désaveu. Dès 2009, la tartufferie était manifeste. En fin de quinquennat, malgré une boulimie législative inchangée depuis son entrée à l'Elysée, les chiffre sont mauvais. D'autant plus mauvais qu'il avait lui-même réduit les moyens des forces de l'ordre. En janvier dernier, Claude Guéant livrait le dernier bilan, et nous écrivions: « En juillet dernier, la Cour des Comptes avait livré un sévère réquisitoire contre la méthode Sarkozy. Claude Guéant, comme la plupart des snipers habituels de Sarkofrance, avait fustigé une analyse partisane. (...) le nombre des violences contre les personnes a continuellement augmenté depuis 2002 (sauf en 2007... ):  381.000 atteintes aux personnes en 2002, 411.000 en 2005, 434.000 en 2006, 433.000 en 2007 (année électorale), 443.000 en 2008, 456.000 en 2009, 467.000 en 2010, puis 468.000 en 2011 ! La hausse a été de 14% sur la période 2002-2006), puis de 8% de 2007 à 2011.»
126ème semaine de Sarkofrance : l'incompétence au pouvoir
En octobre 2009, quelques semaines après l'annonce, le RSA jeunes était un fiasco. La défiscalisation des heures supplémentaires faisait des ravages dans nos comptes publics. Mais malgré la crise économique et donc fiscale, Nicolas Sarkozy n'avait rien changé...
133ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy, un boulet à l’Elysée 
Novembre 2009, on croyait que Nicolas Sarkozy voulait une Europe forte. Il soutint la désignation du Belge van Rompuy, obscur anonyme pas même candidat, à la présidence de l'Union. En France, Sarkozy souffrait de son entourage: Brice Hortefeux publiait des chiffres de la délinquance d'octobre sur un mois incomplet, Laurent Wauquiez promettait le recul du chômage (sic!). Valérie Pécresse faisait patienter les étudiants pour le 10ème mois de bourse tant promis.
150ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy est-il cynique ou incompétent ? 
Encore un coup sur la tête. La droite avait été laminée aux élections européennes. Et pourtant, au soir du premier tour, Nicolas Sarkozy niait la réalité: « ce n'est pas un désaveu ». Quand la gauche s'empara de 21 régions sur 22, que restait-il au Monarque ? Pourquoi personne ne s'est alors levé pour construire une alternative ?
156ème semaine de Sarkofrance: Sarko et la stratégie du touriste. 
Trois ans sont passés. Nous étions en mai 2010. Le président français s’est envolé pour la Chine. Coincé entre deux commentaires lénifiants sur la beauté des œuvres et monuments chinois, Sarkozy a dû glisser quelques phrases de commentaires sur une nouvelle crise grecque. L'euro menaçait à nouveau de disparaître. Mais Sarkozy avait choisi le retrait. On appelait cela la « représidentialisation ».
199ème semaine de Sarkofrance : Nicolas le candidat contre Sarkozy l'amateur
Bientôt 200 semaines depuis qu'il a été élu. Nous sommes fin février 2011 et l'incroyable s'est à nouveau produit. Nicolas a complètement raté la séquence internationale qui secoue l'autre rive de la Méditerranée. Le printemps arabe frappait l'Egypte, la Tunisie et même la Syrie. Mais en Sarkofrance, on s'apprêtait à livrer des grenades à Ben Ali. On effaçait les traces de quelques voyages compromettants. Quand la Tunisie fut libérée, Nicolas Sarkozy ne trouva rien de plus habile que d'y nommer comme nouvel ambassadeur un fan du colonel Kadhafi dénommé Boris Boillon.
Quand la Cour des Comptes ne croit plus aux bobards de Sarkozy
En juin dernier, l'institution dirigée par Didier Migaud livre l'un de ses derniers réquisitoires contre la gestion économique des gouvernements Sarkozy: (1) le déficit public restait « très élevé et largement structurel »; (2) les dépenses publiques ont été ralenties... grâce aux collectivités locales; (3) la Cour s'inquiétait des choix fiscaux inconséquents du gouvernement (le déficit structurel s'est aggravé de 3,7% du PIB en 2007 à 4,6% en 2009 et 4,9% en 2010 (hors plan de relance) ); (4) la situation française est « plus dégradée que dans le reste de l’Europe ».
223ème semaine de Sarkofrance : pourquoi Sarkozy est si mauvais
C'était l'été 2011, son dernier à l'Elysée. Dans la douleur, les Européens s'étaient mis d'accord sur un énième plan de sauvetage de la Grèce et de l'euro le 21 juillet. Mais plutôt que s'efforcer de le mettre en oeuvre rapidement, Nicolas Sarkozy partit en vacances. Mi-août, il était contraint de revenir à Paris à deux reprises. Mais pourquoi donc avait-il tant tardé à mettre en oeuvre le plan européen ? Quelques mois plus tard, la sanction tombait. Standard and Poors dégradait la note de la France. Nicolas Sarkozy fut un président dégradé.

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