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K-19 Le piège des profondeurs - Kathryn Bigelow - 7/10

Publié le 18 mars 2008 par Kaa1

Pitch :
En juin 1961, en pleine Guerre froide, dans les eaux de l'Atlantique nord, Alexei Vostrikov, le capitaine du premier sous-marin nucléaire de l'arsenal soviétique, le K-19, découvre que le système de refroidissement du réacteur principal est défaillant. A son bord, des ogives et un moteur à propulsion atomique menacent d'exploser si la température au coeur du réacteur ne baisse pas rapidement. Si une telle explosion se produisait, les Etats-Unis pourraient croire à une première attaque soviétique et déclencher une guerre totale.

Dans la lignée des bons « films de sous-marins », K-19 le piège des profondeurs pourrait se targuer d’une certaine légitimité. Pourtant, dès le départ, rien n’est acquis tant le film peine à démarrer. La longueur des préparatifs est certes intéressante, puisqu’elle permet de bien contextualiser le propos (à savoir la guerre froide opposant les deux ennemis jurés que sont les Américains et les Russes) mais souffre d’un goût de déjà vu et de scènes limite sur jouées (les premiers face à face entre Harrison Ford et Liam Neeson sont à ce titre consternant de banalité).
Pourtant, à l’image de ce monstre d’acier plongeant rapidement en eaux troubles, l’immersion pour le spectateur devient totale, avec un rythme de croisière atteint assez rapidement par de nombreuses scènes claustrophobiques à souhait. Rapidement, on comprend mieux l’intérêt de la première partie du film qui fait vite ressortir le manque de préparation du bâtiment, autant que le manque de médicaments ou de combinaisons anti-radiation...
Chacun trouve sa place au sein du submersible et les esprits s’échauffent pour notre plus grande satisfaction. Difficile alors d’oublier ces scènes atroces de marins vomissant leurs tripes suite à la découverte d’une fissure sur un réacteur nucléaire prêt à exploser d’un moment à l’autre. Kathryn Bigelow prend la peine de bien d’une reconstitution minutieuse de l'évènement où chaque détail prend une importance capitale.
K-19 prend donc la tangente d’un film au rythme assez lent en assumant bien l’enchainement de son histoire qui, tout en restant confiné à l’intérieur de l’engin (au propre comme au figuré) reste intéressante par les ressorts politiques abordés (tiré d’ailleurs de fait réels). Les acteurs ont l’air de se sentir concerné (Peter Sarsgaard, Christian Camargo ou encore Joss Ackland) et rien que l’idée que ces hommes aient pu endurer un tel calvaire force le respect et l’admiration.
D’une certaine manière, le sacrifice héroïque des mécaniciens pour la survie de leurs camarades et les divergences d’opinions entre le commandant et son second sont la clé de voute d’un film mettant en exergue l’absurdité des doctrines politiques prônant la négation de l’individu au profit de la collectivité. On regrettera seulement les errances finales (la scène du cimetière par exemple) et ce sentiment patriotique comme d’habitude exacerbé (à force… on ne s’y fait toujours pas).
Au delà des faits dramatiques relatés de manière brute, K-19 dépeint donc avec brio une histoire d’hommes, dont les relations sont conditionnées par le respect de la hiérarchie et du code d’honneur. Huit-clos politique haletant et angoissant, (et malgré son échec au box-office) il demeure un film intéressant et prenant à bien des égards.

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