Magazine Culture

Pourquoi les idées de la gauche s’essoufflent-elles quand elles cherchent à convaincre? Les idées de la droite seraient plus « naturelles ».

Publié le 01 juillet 2012 par Donquichotte

Oui, pourquoi les idées de gauche peinent-elles à convaincre?

C'est une question que je me suis souvent posée. Et je crois avoir trouvé une partie de la réponse dans cet article de Louis Cornellier (critique d'un texte des philosophes David Robichaud et Patrick Turmel)  dont voici l'introduction.

** Quelle est votre juste part ?

Louis Cornellier   30 juin 2012  Livres

"La juste part - Repenser les inégalités, la richesse et la fabrication des grille-pains"

Dans le magazine Nouveau Projet dans la collection  "Documents" de David Robichaud et Patrick Turmel, Montréal, 2012, 104 pages

"Dans son essai Le monstre doux (Gallimard, 2010), l’intellectuel italien Raffaele Simone développe une thèse intéressante. Les idées de la droite économique, fondées sur la liberté individuelle et sur les bienfaits de la compétition, seraient plus instinctives, plus « naturelles », que les idées de la gauche, qui mettent en avant la nécessité de la solidarité et le sens du social. L’opposition droite/gauche, en d’autres termes, rejouerait sur le terrain socioéconomique l’opposition nature/culture, raison pour laquelle les idées de droite seraient plus faciles à défendre que les idées de gauche, qui exigent, pour être comprises, un détour culturel, un dépassement du simplisme argumentaire".  *
* Je me souviens d'une critique d'un étudiant à un de mes cours (à l'université du Québec, nos cours sont évalués, par écrit, par les étudiants) qui avait écrit dans le formulaire d'évaluation: "j'aime pas ce prof, il nous oblige à penser, à réfléchir; moi, je suis venu ici pour apprendre les meilleures techniques de gestion, c'est tout; je me fous bien de savoir d'où elles viennent". Je me posais aussi cette question récemment: pourquoi des gens comme "Marois (le frère de madame), et Burns (le syndicaliste) avaient abandonné le navire-projet de l'Indépendance du Québec? Je le voyais bien à l'époque, ou plutôt, je me disais, ils ont l'air "essoufflé". Porter l'idée de l'Indépendance (que j'associe à des idées de gauche en ce sens qu'elle promeut des idéaux progressistes: une certaine idée d'autonomie - voire de liberté d'un peuple colonisé historiquement, -  et une certaine critique de l'ordre social ambiant et la volonté de réformer celui-ci dans un sens égalitaire et rationnel. ) exigerait-il que, "pour être comprise, un détour culturel, un dépassement du simplisme argumentaire" soit nécessaire? Autre question, au risque de tout mélanger: l'homme est-il un animal comme les autres? Qu'y a-t-il de "naturel" dans l'homme? Qu'y a-t-il de culturel? Louis Cornellier, rappelle que "le (néo)libéralisme économique s’inspire des idées du philosophe anglais John Locke. Dans le paisible état de nature, suggère ce dernier, les humains ont des droits naturels - à la vie, à la liberté et à la propriété - octroyés par Dieu et le libre marché est le système qui s’impose. L’État ne vient pas spolier les individus et tout va bien" *
*
C'est comme si une responsabilité sociale et collective des hommes, pour une société plus équitable, et surtout, plus responsable, n'existait pas. Autrement dit, "Dieu et le Marché" y pourvoiraient: c'est grave de le dire ainsi puisque c'est comme si l'on disait que l'ensemble de ce que l'homme a appris, construit, imaginé, bâti, expérimenté, ne servait à rien - et surtout pas à comprendre que l'homme est aussi un animal "culturel-agissant-pensant-intelligent" qui sait que, laissé libre sur une île isolée, il ne saurait même pas faire du feu. J'aime bien revenir à La Boétie, et me redemander:  mais pourquoi l'homme s'asservit-il volontairement, et si facilement, à une idée "intégriste", conservatrice, anti-ouverture au changement, qui nie notre culture-intelligente-accumulée, et qui repose sur une croyance simpliste en Dieu et le Marché? Comment notre culture - notre part consciente de la vie - répond-elle à cette question? Cette phrase de Cornellier m'intrigue: " Nous sommes, selon la formule, « juchés sur les épaules d’un géant », et ce géant, « c’est la tradition culturelle cumulative » Voici un autre extrait de cet article de Cornellier:

« Être de gauche est plus fatigant qu’être de droite », conclut Simone, mais, puisque c’est la gauche qui a raison, elle doit trouver des façons efficaces de convaincre. 

Les philosophes David Robichaud et Patrick Turmel s’attaquent à ce défi dans La juste part, un bref mais brillant et réjouissant essai... Réfutation allègre du mythe selon lequel l’individu serait « entièrement responsable des fruits de son travail et de ce qu’il peut en retirer sur le marché », cet essai imagé veut montrer « que toute richesse est d’abord un produit social » et qu’il est juste que les plus riches d’entre nous paient plus de taxes et d’impôts que les autres « parce qu’ils profitent davantage de la coopération sociale et des bénéfices collectifs produits ».

Est-ce que cela est si difficile à comprendre? Et pourquoi est-ce si difficile de convaincre de cela, disons une "majorité de gens", pour qu'une certaine justice redistributive soit possible?

*


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Donquichotte 1 partage Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines