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Matthieu Bonhomme – Esteban, Prisonniers du bout du monde

Par Yvantilleuil

Merveilleuse série d’un grand Bonhomme !

Matthieu Bonhomme - Esteban, Prisonniers du bout du mondeAprès deux tomes édités chez Milan sous le label Treize étrange et un voyage rebaptisé “Esteban” suite à l’arraisonnement du baleinier par Dupuis, c’est à présent un changement de cap scénaristique que propose Matthieu Bonhomme (Le Marquis d’Anaon, Omni-visibilis, “Messire Guillaume”). Si le commandant de cette saga a su prouver qu’il avait le pied marin lors des trois premiers volets de ce récit initiatique qui raconte l’histoire d’un jeune orphelin qui rêvait de devenir harponneur, il décide de rejoindre la terre ferme lors de ce quatrième tome.

L’aventure du jeune Esteban se poursuit en effet en Patagonie, là où l’équipage du Léviathan a échoué. Après avoir échappé à l’emprisonnement grâce à son oncle Tonto, le jeune indien décide donc d’aider ses amis à s’évader du bagne d’Ushuaia en se faisant enrôler comme gardien de prison. Si Matthieu Bonhomme passe habilement du récit maritime à un huis-clos carcéral, il livre surtout un récit qui à de quoi faire jalouser la récente série concept sur le thème de l’évasion dirigée par David Chauvel.

Encore prisonniers des glaces lors du tome précédent, les personnages de cette saga se retrouvent maintenant pris au piège dans une prison en Terre de Feu. Si l’auteur propose un univers carcéral assez classique et un scénario qui ne recherche pas forcément l’originalité, il démontre cependant une nouvelle fois cette capacité à exceller dans la simplicité. Il installe tout d’abord un univers crédible, dont la dureté n’a rien à envier au quotidien à bord d’un baleinier, ainsi qu’une tension qui monte crescendo au fil des pages. Du capitaine charismatique du Léviathan, victime des maltraitances de ses geôliers, à la femme du général, en passant par la mission périlleuse d’un héros tentant de déjouer la surveillance des gardes, le travail au niveau des personnages est proche de la perfection.

Si la mise en scène est également exemplaire, c’est surtout le talent graphique de Matthieu Bonhomme qui n’en finit pas de me séduire. Passant de grands espaces marins à un environnement carcéral avec une aisance déconcertante, il continue de faire des merveilles avec ce trait simple et efficace qui donne vie à une extraordinaire aventure humaine. Et pour couronner le tout, il y a l’admirable colorisation de Delphine Chedru, qui parachève le tout et contribue à plonger cette histoire dans une ambiance qui s’installe au diapason du scénario.

Un album que vous pouvez retrouver dans mon Top de l’année, ainsi que dans mon Top du mois et un auteur que je place dorénavant dans mon Hall of Fame (voir mes auteurs favoris dans le menu à droite de l’écran), afin d’y rejoindre ces quelques auteurs dont il m’est parfois difficile de parler en toute objectivité.

De l’aventure comme on en redemande !


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