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Magma / Félicité Thösz / Seventh Records / 2012

Publié le 27 août 2012 par Radiocampusparis @campusparis

Magma / Félicité Thösz / Seventh Records / 2012

Magma / Félicité Thösz / Seventh Records / 2012

Magma / Félicité Thösz / Seventh Records / 2012

Un nouvel album de Magma est toujours un évènement ou une curiosité, 40 ans après la sortie du double album Kobaïa. L’hystérie virtuose de son âge d’or (1972-1976) s’est polie au fil des démissions de l’héroïque soldatesque enrôlée sous les cymbales de Christian Vander. Ses grandes évolutions stylistiques (jazz progressif, symphonies modernes, jazz-rock motorik, funk fusion, gospel cosmique, incantations coltraniennes acoustiques) ont parfois dérouté son public alors qu’elles incarnent la même quête exaltée de l’amour suprême.

Christian Vander a vandalisé et porté vers ses plus belles incandescences la musique contemporaine, il a scandalisé, éduqué et manqué de peu l’adhésion d’un public français plus tourné vers les prodiges anglo-saxons, lui l’héritier du Paris bohème et avant-garde des années 60. Folie des illuminations, utopie radicale, rage créatrice, Christian Vander a le parcours initiatique d’un artiste français du XXème siècle, parsemé de sacrifices et d’incompréhensions, avant le grand équarrissage des politiques culturelles, des écoles de musique et des multinationales. Malgré quelques fidèles soutiens, Vander reste toujours un artiste à la marge, indépendant et anar, méprisé par la critique musicale actuelle et les institutions. Alors que d’autres – Robert Wyatt, Miles Davis période électrique, Zappa, le krautrock et le jazz/free-rock européen des 70′s – sont entrés au panthéon de la culture pop.

Félicité Thösz, le nouvel album de Magma, poursuit ce décalage permanent : choeurs féminins prédominants, piano, jeu de percussions feutré, vibraphone, guitare discrète, l’opus s’ouvre par une musique rituelle échappée d’une communauté utopique mitteleuropa du XIXème siècle, un ballet magique, ondoyant, lumineux et courtois, pour ensuite retrouver, après le titre « Waahrz », la frénésie ascensionnelle du Magma électrique et se clore sur un morceau minimaliste et aérien, « Les Hommes sont venus ».

Félicité Thösz brille par sa singularité, son rejet des courants musicaux actuels. Il pêche parfois par l’absence d’instrumentiste virtuose avec qui Christian Vander pourrait ferrailler et irradier sa partition. Là n’était peut-être pas l’intention du compositeur. Magma attire moins les jeunes musiciens que par le passé… ou aucun n’est assez solide pour endurer des oeuvres complexes et la tutelle du soleil noir Vander. Cette sobriété volontaire ou imposée transparaît dans les rares soli que Vander s’autorise sur l’album, le mélancolique et magnifique solo de piano sur « Waahrz » et un scat solaire/gospel kobaïen sur « Öhst » qui célèbre avec toujours autant de dévotion les énergies de la vie.

> Félicité Thösz est sorti chez Seventh Records, le label de Christian Vander qui a réédité l’intégralité du catalogue de Magma, Offering, Christian Vander Trio…

> Magma est en concert le 30 août à la Grande Halle de la Villette à Paris dans le cadre du festival Jazz à la Villette 2012.

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