Magazine Cinéma

[Critique] TAKEN 2

Par Onrembobine @OnRembobinefr

Titre original : Taken 2

Note:

★
½
☆
☆
☆

Origine : France
Réalisateur : Olivier Megaton
Distribution : Liam Neeson, Maggie Grace, Famke Janssen, Leland Orser, Jon Gries, D.B. Sweeney, Luke Grimes, Rade Serbedzija…
Genre : Action
Date de sortie : 3 octobre 2012

Le Pitch :
En Albanie, le patriarche du gang mafieux responsable de l’enlèvement de la fille de Brian Mills, voir revenir son fils et ses hommes dans des boites en sapin. Un poil remonté, il réclame vengeance et promet aux siens de ramener Brian Mills par la peau du cou afin d’abreuver la terre de son sang.
Pendant ce temps, à Los Angeles, le brave Brian se rabiboche avec son ex-femme et garde un œil bienveillant sur sa fille, coulant des jours heureux. Un voyage à Istanbul sera l’occasion de peut-être renouer des liens familiaux trop longtemps éprouvé. Malheureusement, c’est aussi l’endroit que les mafieux albanais ont choisi pour tomber sur le râble des Mills. Ce qui ne tarde pas à arriver…

La Critique :
Avec ses 221 millions de dollars récoltés au Box Office mondial, le premier Taken s’est vite imposé comme l’un des plus gros succès du cinéma français. Il n’en fallait pas plus à Luc Besson, ici producteur et scénariste en chef, pour mettre en chantier une suite. Une suite qui débarque quatre ans après l’original et qui permet de retrouver le même trio d’acteurs, à savoir Liam Neeson, Maggie Grace et Famke Janssen. Une suite qui -autant le dire de suite- n’est jamais à la hauteur de son prédécesseur et qui s’avère plus qu’à son tour aussi risible que pathétique.

Certainement désireux de découvrir les charmes de la Turquie, Liam Neeson s’est gentiment laissé convaincre par Luc Besson pour enfiler à nouveau la veste en cuir et les habitude bourrines de Brian Mills, ce type pas comme les autres, aux « compétences particulières ». Non, parce que vu la tronche qu’affiche Liam tout au long du métrage, on s’aperçoit rapidement du peu d’investissement de ce dernier. Très pro néanmoins, il fait le minimum pour donner à nouveau de la substance à son rôle, mais lutte sans cesse contre les dialogues consternant de bêtises que le scénario signé Besson le force à réciter. Résigné, Neeson se fait enlever, avec sa bourgeoise et se retrouve dans la situation qui était celle de sa fille dans le premier Taken. Petit détail mis à part : ici, personne ne cherche à violer Neeson. Sa fille par contre, intéresse toujours autant les méchant albanais qui font bien comprendre à Brian Mills, que s’ils mettent la main dessus, la pauvre petite finira illico dans un bordel insalubre. On reconnaît là la propension au glauque de Besson pour qui les méchants doivent forcement être à la fois des meurtriers et des obsédés animés de motivations bien malsaines.
Pendant ce temps, Famke Janssen se fait pendre au plafond et se vide de son sang dans l’indifférence générale… Y-compris celle du spectateur.
Non parce qu’il faut pas déconner non plus. Vu la bête (Brian Mills), on ne doute pas une seconde que ce dernier saura se sortir de n’importe quelle situation. Mills c’est un peu la somme de tous les Expendables réunis, de Robocop, de Terminator et de MacGyver. Il sait tout faire et s’avère impossible à abattre.
Malgré ses cinquante balais bien tassés, le bougre tient la dragée haute aux méchants. Des méchants pour le coup particulièrement incompétents qui -petit exemple- laissent Mills et sa femme sans surveillance alors qu’il est clair que ce dernier est l’homme le plus dangereux du Monde. Des bad guys à la ramasse qui s’apparentent à une troupe de branleurs carrément aux fraises, qui ne toucheraient pas un éléphant dans un couloir. Ni plus, ni moins.

Dans ces conditions, pas étonnant que même la fille de Brian Mills, soit capable de semer ses agresseurs. Elle qui, pour aider son père à se repérer dans Istanbul, fait exploser des grenades en plein centre-ville sans que personne ne s’en inquiète outre-mesure. Pas même les flics qui de toute façon sont restés bloqués dans les années 70, vu qu’ils roulent dans des Fiat toutes pourries. Quand ils en viennent à prendre en chasse Brian et sa Mercedes jaune, l’issue est connue à l’avance. Surtout si on se rappelle que le film est signé Besson et que chez Besson, les Mercedes (parfois des Audi) peuvent se sortir de n’importe quelle situation (si c’est le héros qui conduit).

Délaissé par Pierre Morel qui avait fait du très bon boulot dans Taken 1, Taken 2 est signé Olivier Megaton, le réalisateur du récent et plus ou moins affligeant Colombiana. Complètement surexcité de prendre les commandes de la suite de l’un des plus gros cartons d’Europa Corp, Megaton en fait des mégatonnes (elle était facile celle-là) et oublie le b.a.-ba de la mise en scène. L’action est illisible et le montage file la migraine. On ne comprend pas grand-chose, mais puisqu’on s’en fout c’est pas très grave. De quoi se concentrer sur le comique involontaire des nombreuses scènes qui semblent avoir été écrites un soir de cuite sur un coin de table. À l’image de l’enlèvement de Brian et de sa femme, grand moment de n’importe quoi ubuesque, où Besson nous ressort la copie carbone de la scène de téléphone du premier (scène culte s’il en est) avec un aplomb assez incroyable. Le pathétique atteint des sommets et Maggie Grace se balade en haut de bikini et petit short moulant. Tout va bien, vous êtes à la bonne adresse.

Taken 2 est ainsi une bonne grosse « bessonnade ». Un gros film difforme réalisé par un type totalement soumis à son producteur et qui délaisse le peu de talent dont il a pu faire preuve par le passé. Cumulant les clichés et s’avérant d’une platitude extrême, Taken 2 se prend le mur. Finie l’urgence du premier. Finis les gun fights et les bastons chorégraphiées et millimétrées. Ici, mis à part une ou deux séquences vaguement impressionnantes (comme le combat final), c’est la nullité qui prime.
Taken 2 est un énorme foutage de gueule qui ne prend même pas la peine de respecter son ainé. C’est consternant 90% du temps. Comme si Besson s’amusait à piétiner les bonnes idées qu’il avait miraculeusement su exploiter (avec Pierre Morel) dans le premier épisode. Mieux vaut en rire. Et dans Taken 2, il y a matière à bien se poiler. C’est garanti les amis. On rit, on a pitié et on se dit que finalement, ça aurait certainement pu attendre la diffusion sur M6.

@ Gilles Rolland

[Critique] TAKEN 2

Crédits photos : Europa Corp


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