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283ème semaine politique: pourquoi il est difficile de défendre Hollande.

Publié le 06 octobre 2012 par Juan
283ème semaine politique: pourquoi il est difficile de défendre Hollande. En Syrie, les combats font rage, et toujours à Alep et ailleurs. Le régime ne chancelle pas. François Hollande veut un gouvernement provisoire. Le Qatar travaille en sous main. La Russie résiste mais la France s'en fiche.
Mais jeudi, l'armée syrienne tire de l'autre côté de sa frontière, et tue 5 civils turcs. Grosse erreur ! La Turquie est membre de l'OTAN et peut réclamer des sanctions à l'ONU. La Syrie vient de fournir le prétexte légal qui manquait - une agression contre un pays extérieur - pour légitimer une intervention.
Mais la France a oublié le conflit syrien. BHL avait bien couiné pour réclamer une intervention militaire. Je l'imaginais rééditer son coup libyen. Il aurait pu s'y rendre, en Syrie. Des journalistes, notamment français, y ont risqué leur vie, ou l'ont perdu, pour témoigner.
En France, on pleure deux morts, l'assassinat de deux jeunes par une bande à Eichyrolles, près de Grenoble, littéralement massacrés « pour un regard de trop ».
On réclame François Hollande. Il se rend sur place, comme Nicolas Sarkozy en son temps, mais à son rythme et à sa façon. Il est interpellé devant les caméras par une habitante du quartier:  « c'est le Texas ! » hurle-t-elle de sa fenêtre. On pensait à cet Sarkozy ministre à la Courneuve, en 2002. Mais Hollande n'a pas évoqué de chasse à la racaille. Il a attendu quelques jours, trois jours pour être exact. Juste avant une douzaine d'interpellations, pour l'essentiel conclusives. Sarkozy nous aurait promis une loi sur-mesure, évidement non appliqué faute de moyens.
Une poignée d'éditocrates, fabriquant de l'opinion, s'amusent à la comparaison. Hollande ferait du Sarko. Qu'espéraient-ils ?
La France médiatique s'amuse avec des Pigeons. Quelques entrepreneurs pour la plupart issus du Web lancent dimanche un appel, avec page Facebook et site dédié. Ils se dénomment les Pigeons (#Geonpi en langage nerd-millionnaire). Ils fustigent deux mesures du projet de Loi de finances, un minuscule relèvement des cotisations sociales pour les auto-entrepreneurs, rapidement qualifié « d'assassinat ». Et la taxation des plus-values de cession d'actions au barème de l'impôt sur le revenu. Quelle horreur ! Ce n'est plus un assassinat mais un génocide ! Les mots n'ont plus de sens.
D'ailleurs, le Medef, débordé et tardif, évoqua un racisme anti-entreprise. Même Christian Clavier a pris peur ! Il a filé à Londres. Fichtre... On est finalement soulagé. Qui se souvient de Christian Clavier ?
Et du racisme anti-cons, qui s'en indigne ? Quelques journalistes paresseux, jusqu'aux journaux radio-télévisés, répètent l'argument de ces néo-conservateurs. Les mêmes arguments, sans aucune recherche ni aucun travail: ça mélange tout, le capital et ses revenus, les plus-values et le travail, le taux marginal de l'impôt sur le revenu et l'imposition en général.
Quelques autres journalistes, trop rares, démontent l'imposture. Mais les éditocrates préfèrent observer comment Hollande, Ayrault ou un ministre allaient reculer.
On s'énerve, il faut défendre.

Qui m'expliquera comment trier entre les entrepreneurs qui prennent des risques et les autres ? Qui m'expliquera la différence entre les plus-values faciles et les autres ? Au gouvernement, on réagit. On tend la main. Dans les blogs, certains s'agacent.
Nous défendons. On en connaît, certains de ces ministres. Ils/Elles se (dé)battent. Redresser, corriger, rétablir sans fustiger, dénoncer, accuser. La tâche est rude. On pourrait donner des leçons comme les autres, mais non. Ayrault est critiqué parce que trop calme. En ex-Sarkofrance, on préfère les troubadours...
Je suis solidaire.
Il n'y a aussi aucune raison que l'outrance l'emporte sur le débat. Tout projet de loi s'améliore. C'est même pour cela qu'on appelle cela un Projet de Loi. Ces Pigeons n'ont rien dit contre d'autres nouvelles: la progression de la pauvreté, ou ce sixième des Français payés sous le SMIC, ces
Jeudi soir, Pierre Moscovici et Fleur Pellerin reçoivent quelques représentants. Ils annoncent des allègements.
Sur le fond, pas grand chose, juste de quoi rétablir un équilibre, dissocier les entrepreneurs laborieux des quelques millionnaires qui voulaient préserver leur bonus.
On croyait que le redressement de la nation nous concernait tous. Certains pensent encore qu'il vaut mieux réduire le filet social, celui-même qui nous a sauvé de la débâcle voici trois ans. La rigueur, c'est pour les autres.
Sarkozy, justement. Imaginez qu'il ait été réélu.
Vous auriez eu l'Agité et le TSCG, le fameux traité européen. Bien joué François, se félicite notre confrère Gabale. Il a raison, même si ce fichu traité n'est pas bon. Il faut expliquer que le traité n'interdit pas les déficits quand ils sont conjoncturels. Que c'est fatiguant...
A en croire, les sondages, ceux qui ne regrettent pas Sarkozy dépassent les 55%, plus nombreux qui ceux qui ont voté contre lui en mai dernier.
Une réjouissance.
Ah, au fait, Hollande a annoncé une loi contre le cumul des mandats pour le printemps.
A bon entendeur...


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