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Les primeurs 2012 à Bordeaux

Par Elmarco

Les dégustations du millésime 2012 « en primeur » ont commencé officiellement à Bordeaux le lundi 8 avril et se sont terminées le vendredi 12. La vente de ces vins aux négociants de la Place de Bordeaux commence dès cette semaine et se prolongera jusqu’en juin. Quasiment au même moment, ces vins vous seront proposés à l’achat en diverses tranches, de la 1e vers la fin du mois d’avril, jusqu’à la 4e un an après. Durant ce lapse de temps, les prix d’achats des grands crus seront au plus bas puisque les vins ne seront pas encore physiquement sur le marché (ils ne seront livrés qu’en fin d’année 2014, voir en 2015 selon les choix d’élevage fait par chaque château). Une fois embouteillés et disponibles dans tous les points de vente traditionnels, les marges des différents acteurs de la filière (importateurs, distributeurs…) pèseront plus lourd sur l’addition.

Inutile de le rappeler, mais 2012 arrive après deux millésimes historiques et exceptionnels, 2009 et 2010, où quasiment tous les châteaux ont produit leur millésime « du siècle ». 2012 s’annonçait difficile puisque la météo a été très capricieuse, jusqu’à la fin du mois de juillet on a même imaginé le pire et puis la récolte a été sauvée in extremis grâce à deux mois splendides, aout et septembre, mais les différences entre une propriété et l’autre sont énormes et se révèlent à la dégustation. L’art de l’assemblage et le sacrifice de grandes parties de la récolte, sont les dénominateurs communs aux châteaux qui s’en sortent la tête haute.

Les appellations de la Rive Droite, tout particulièrement Pomerol, Lalande de Pomerol et Saint Emilion (mais aussi Pessac Léognan qui se trouve elle sur la rive gauche au sud de Bordeaux), semblent être celles qui se sont sauvées dans leur quasi-totalité, mais j’ai dégusté des choses exceptionnelles aussi à Margaux et Pauillac. Les vins blancs secs méritent eux leurs 5 étoiles. Concernant le Sauternais, la polémique a commencé bien avant cette semaine des primeurs avec l’annonce d’Yquem qui ne va pas embouteiller du tout de 2012, suivi par d’autres grands châteaux…

On compte plus de 6000 personnes qui, chaque année, font le déplacement à Bordeaux durant cette semaine : les grands acheteurs, les journalistes et gourous ; tous demandent depuis 2011 une baisse des prix et tous s’attèlent à défendre le système unique au monde de la vente en primeurs (qui prévoit la vente d’au moins 80% de la production de chaque grand cru aux négociants installés sur la Place de Bordeaux, avec son tôt d’allocation, son règlement rubis sur l’ongle malgré une livraison des vins deux ans après etc…). Nous avons tous compris que quelques châteaux souhaitaient sortir de ce système afin de récupérer intégralement les marges, mais cela veut aussi dire s’occuper personnellement de la distribution de ses propres vins dans le monde entier. C’est une chose faisable pour des propriétaires qui sont aussi des grands patrons d’entreprises bien entrainés aux problèmes que la distribution suscite, comme par exemple François Pinault (Château Latour, mais aussi Gucci, Yves Saint Laurent etc..), mais cela devient un autre cœur de métier pour tous ces propriétaires qui n’ont pas derrière eux de grands groupes financiers et pour qui le nerfs de la guerre reste la production de vin, une activité agricole, de la vigne à l’embouteillage. D’ailleurs Latour, a commencé des travaux en creusant un grand trou profond de 15m afin de créer un espace de stockage de bouteilles, jusqu’ici complètement inutile puisque sa production était vendue et livrée immédiatement au négoce… on y pense pas, mais ces nouveaux besoins de stockage vont couter cher !

En dégustation, il semble vraiment que la rive droite soit privilégiée : les notes de maturité s’enlacent avec des notes plus vives et vertes, le tout nous offrant un ensemble léger et agréable. Mais il est très difficile de généraliser car dans toutes les appellations que j’ai dégustées, il y a des choses formidables et d’autres moins bien.
Si l’on voulait tout de même définir ce millésime 2012 dans sa globalité, alors je tiens à dire qu’il s’agit là d’un millésime très fruité, agréable à boire rapidement, un millésime de plaisir immédiat. Ces vins se conserveront tranquillement dans nos caves pendant les 15 prochaines années et si, par chance, la baisse des prix annoncée devait se concrétiser, il s’agirait là alors d’une très belle affaire !

Les primeurs 2012 à Bordeaux
Pour une fois, je ne vais pas lister mes coups de cœur puisque cette campagne des primeurs 2012 va se faire uniquement sur les prix, inutile d’attendre les notes des critiques… mais pour ne pas laisser filer les meilleurs affaires, je vous conseille de suivre en live les sorties de chaque château en vous inscrivant gratuitement sur le site web de Millésima afin de les recevoir via sms ou email. Vous connaitrez ainsi en temps réel les prix et les disponibilités de vos vins préférés en cliquant ici.


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