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Nebraska – critique cannoise

Par Tedsifflera3fois

On attendait Michael Douglas ou Oscar Isaac, Mads Mikkelsen ou Toni Servillo, c’est finalement Bruce Dern qui obtint le Prix d’Interprétation masculine au Festival de Cannes 2013. Et effectivement, son regard égaré fait merveille dans le dernier film d’Alexander Payne, une comédie douce-amère qui respecte toutes les recettes du cinéma indépendant US, mais qui arrive quand même à nous toucher.

Synopsis : Un vieil homme, persuadé qu’il a gagné le gros lot à un improbable tirage au sort par correspondance, cherche à rejoindre le Nebraska pour y recevoir son gain…

Nebraska - critique cannoise
Quand on voit un film d’Alexander Payne, on sait très bien à quoi s’attendre. Des personnages un peu perdus, une histoire un peu statique au cours de laquelle chacun se révèle, une pincée de nostalgie, de l’humour tendre, une douceur très calibrée. Au bout du chemin, les frustrations et les désillusions butent toujours contre un petit bout d’humanité, modeste et rédempteur.

Le cahier des charges de la comédie indépendante US est maintenant si connu qu’on est à chaque fois un peu dépité devant des films sans surprise, à la saveur toujours identique, comme s’il fallait toujours reproduire le succès bien sage de Little Miss Sunshine.

The Descendants souffrait en plus d’un cruel manque de rythme. Nebraska suit tous les codes du genre et pourtant, force est de reconnaître qu’il s’agit là d’un exemple particulièrement réussi de ce type de cinéma.

Nebraska ne prend aucun risque, jamais nos habitudes de spectateurs ne seront bouleversées. Pourtant, il y a dans ce récit une alchimie particulière. L’émotion est bel et bien là, légère, par la grâce de personnages délicats (Kate Grant, avec son franc-parler, nous séduit de plus en plus au cours du film) et d’acteurs très convaincants (notamment June Squibb et bien sûr Bruce Dern, Prix d’interprétation à Cannes pour ce rôle).

Surtout, le film est souvent drôle (toute la séquence de vol du compresseur, les scènes dans la maison familiale) et l’histoire, très simple, possède beaucoup de justesse et avance sans temps mort, ce qui n’était pas forcément gagné, d’autant plus après le très longuet et artificiel The Descendants.

Certes Nebraska ne brille pas par son originalité, certes le film est précisément dans le ton qu’on attendait de lui, mais il faut reconnaître qu’il arrive quand même à nous surprendre par la précision de son intrigue et par la tendresse de ses situations.

Note : 6/10

Nebraska
Un film d’Alexandre Payne avec Bruce Dern, Will Forte, Bob Odenkirk et June Squibb
Comédie dramatique – USA – 1h50 – Sortie en janvier 2014
Prix d’Interprétation masculine au Festival de Cannes 2013


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