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La sélection de la semaine : Annie Sullivan et Helen Keller, Pilules bleues, Kairos, Titeuf 20 ans, Flash ou le grand voyage, Little Kevin, Mourir nuit gravement à la santé, Niklos Koda, Lueur de nuit, Les Sisters et Cercle intime

Par Casedepart @_NicolasAlbert

L’hiver approche à grands pas et pour cette dernière semaine du mois d’octobre, Case Départ vous propose de lire au coin du feux quelques albums. Parmi ces dernières nouveautés, il y a pour vous quelques petites merveilles : une belle biographie de Annie Sullivan & Helen Keller : le destin des deux célèbres américaines, la réédition du chef d’œuvre Pilules bleues de Frederick Peeters, Kairos : la suite réussie de la série fantastique pour les ados, un album événement pour l’anniversaire du garnement à la houppe blonde : Titeuf 20 ans, Flash ou le grand voyage : un road-movie  junky hippie, un album humoristique sur la mort : Mourir nuit gravement à la santé, le premier album du troisième cycle de la série d’espionnage : Niklos Koda, Lueur de nuit : un récit fantastique signé Boiscommun, un album amusant pour les jeunes filles : Les sisters et un album pour adultes Cercle intime. Bonnes lectures !

Annie Sullivan & Helen Keller

ou l’art de communiquer

helen keller
Attention : très bon album ! Annie Sullivan & Helen Keller est une bande dessinée de Joseph Lambert qui met en scène les relations de travail et d’amitié entre les deux femmes. Annie, mal voyante, est la préceptrice d’Helen, petite fille aveugle et sourde. Cette histoire est connue d’une grande majorité des américains, Helen étant un véritable symbole de l’Amérique qui réussit.

Tuscumbia en Alabama. 1880. Helen Keller naît dans une famille plutôt aisée et très conservatrice. A l’âge de dix-neuf mois, le petite fille devient aveugle et sourde à la suite d’une congestion cérébrale. Incapable de communiquer avec ses parents, elle devient la petite tornade de la famille. Son père, un capitaine de l’armée, lui cède tous ses caprices.

En 1887, Annie Sullivan est engagée par les parents d’Helen comme gouvernante. La jeune femme mal-voyante, âgée de 20 ans, vient d’achever ses études à l’Institut Perkins pour aveugle. Tout juste diplômée, c’est le directeur de l’établissement, Mickael Anagos, qui lui demande d’aller s’occuper de la petite fille de 6 ans.

L’éducation d’Helen s’avère extrêmement compliquée tant la petite fille est indisciplinée. Ses deux handicaps ne permettent pas à la fillette de se faire comprendre, se renfermant de plus en plus sur elle-même. Pour arriver à ses fins, Annie utilise différentes stratégies pour établir le contact. La gouvernante, après un très long travail, va réussir à lui apprendre la langue des signes. La grande difficulté de cet apprentissage réside dans le fait que la petite fille est aveugle, donc ne peut percevoir visuellement les signes. Le contact se fera donc avec les doigts. Un véritable mano à mano. Les mots poupée ou gâteau seront les premiers que Helen apprendra. Tout cela au fil de luttes délicates, allant jusqu’à une violence forte entre elles. Le déclic arrivera autour du puits dans le jardin et le mot eau.

A partir de ce moment-là, la jeune fille a soif de connaissances, elle veut connaître tous les mots qui l’entourent. L’apprentissage s’accélère et Annie réussira l’exploit de faire lire et écrire à Helen. Les deux femmes deviendront amies jusqu’à la disparition de la gouverante en 1936.

Helen Keller étudiera à la faculté de Radcliffe College et deviendra la première personne handicapée à obtenir un diplôme universitaire aux Etats-Unis, à 24 ans. Ecrivain féministe, elle publiera 12 livres et de nombreux articles. Elle mènera également un combat politique, sera membre du parti socialiste américain et créera, avec George Kessler, la fondation Helen Keller International en 1915 afin de soutenir la prévention de la cécité et la réduction de la malnutrition dans le monde. En 1964, elle recevra la Presidential Medal of Freedom des mains de Lyndon Johnson, l’une plus hautes distinctions américaines. Depuis 1980, les Etats-Unis célèbrent le Helen Keller Day tous les 27 juin (jour de sa naissance).

Très documenté, ce merveilleux album de Joseph Lambert est touchant. Le jeune auteur alterne habilement la relation de Annie et Helen avec l’enfance délicate de la gouvernante. Alors qu’elle était plus jeune, elle fut placée, avec son jeune frère handicapé Jimmy à l’hospice de Tewksbury. Puis à la mort de son petit frère, entra à l’Institut Perkins.

La très grande réussite de cet album, c’est aussi le système narratif de la perception des mots par la jeune fille (les mots dans tous les sens sur les objets, présents de plus en plus souvent au fil des pages). Annie Sullivan & Helen Keller fut couronné d’un Eisner Award, catégorie Reality-based work, cette année. Les ouvrages et les films sont nombreux sur la vie de Helen Keller dont notamment l’excellent film Miracle en Alabama de Arthur Penn avec Anne Bancroft, oscarisée pour son rôle.

  • Annie Sullivan & Helen Keller
  • Auteur : Joseph Lambert
  • Editeur: çà et là / Cambourakis
  • Prix: 22 €
  • Sortie: 22 octobre 2013

Pilules bleues : hymne à l’amour

pilules bleues
Il est des livres qui passent dans votre vie, comme des OVNI… Et Pilules bleues est de ceux-là. Les éditions Atrabile publient une nouvelle édition augmentée de ce magnifique roman graphique, signé de Frederik Peeters. En novembre 2001, paraissait pour la première fois cette autobiographie d’une force émotionnelle incroyable. Vendu à près de 40 000 exemplaires, douze années plus tard, il a été traduit dans une douzaine de langues (anglais, espagnol, allemand, italien … et bientôt en russe, en chinois et en japonais). De plus, une version cinéma est en cours de production.

« Parce que la perception de la maladie mais aussi son traitement ont évolué, parce que les “personnages” du livre sont toujours là, mais ont eux aussi changé, il nous a semblé intéressant douze ans plus tard de faire le point… », voici comment Atrabile justifie cette nouvelle mouture, enrichie de 10 nouvelles pages, toujours dessinées par Peeters. Elles permettent de conclure, sous forme d’épilogue, cette bande dessinée, succès dans le monde du 9e art mais aussi au-delà, ce qui est très rare. Il est salué unanimement par les lecteurs mais aussi par les professionnels.

Pour ceux qui n’auraient pas eu la chance de lire Pilules bleues, Case Départ vous propose un résumé. Pour les autres, cela leur rafraîchira la mémoire.

Frederik Peeters, trentenaire, auteur de bande dessinée, rencontre Cati, une mère célibataire. De cette jolie rencontre, va naître une belle histoire d’amour, comme il en existe de nombreuses sur Terre. Frederik ne croise pas seulement un amour, il croise aussi une maladie. La jeune femme et son fils sont atteints du HIV. L’auteur nous parle donc de sa vie quotidienne, finalement aussi banale qu’une autre mais avec comme point centrale de sa vie de couple : le virus du sida. En ce questionnant lui-même sur des thèmes universels que sont la mort ou l’amour, il nous interroge nous aussi. Il nous livre, sans pathos et avec pudeur, ses émotions parfois contradictoires, comme la compassion, la pitié, le rire, les larmes mais aussi l’Amour avec un grand A. Pilules bleues, nous propose de regarder sous un jour nouveau, le quotidien de la maladie, sans sensationnalisme, tout en douceur, par petites touches.

Au-delà de la simple histoire avec la maladie, Peeters, raconte son cheminement intellectuel, sa découverte du virus, les questions liées à sa sexualité (le préservatif, un médecin spécialiste non-conventionnel), son rythme de vie qui change, un lieu quasi inconnu qu’est l’hôpital… Cet homme se pose les bonnes questions mais réagit en homme avec ses certitudes mais surtout ses doutes. Il met en lumière les relations homme-femme, mais aussi homme-enfant, ce petit être séropositif qu’il doit apprivoiser car il n’est pas son père, et aussi les rapports mère-fils, parfois tendres, parfois douloureux. Une mère qui culpabilise d’avoir infecté sa propre progéniture. Il ne sombre pas dans l’exhibitionnisme, ne montre pas tout, quelques scènes sont sous-entendues, juste allusives. Les dialogues sont extrêmement bien maîtrisés et son trait sensible en noir et blanc (dans la filiation de Dupuy & Berbérian) apporte de la chaleur au récit.

Rarement, un album ne m’aura fait un tel effet. Une de mes plus belles lectures parmi le tome 3 de Le combat ordinaire de Larcenet ou encore Le fils, roman de Michel Rostain. Ces récits qui vous touchent, vous bouleversent, vous bousculent, vous questionnent sur votre propre vie. Je l’avais lu lors de sa sortie et force est de constater que j’y ai pris encore autant de plaisir la deuxième fois. Comment passer du rire aux larmes, à une extrême émotion, en quelques pages, voilà la force de ce récit. Pilules bleues : un hymne à l’amour et l’espoir. Je vous recommande de lire ou relire ce beau roman graphique et de lui trouver une place de choix dans votre bibliothèque. Il est des livres qui passent dans votre vie, comme des OVNI…

  • Pilules bleues (nouvelle édition augmentée)
  • Auteurs : Frederick Peeters
  • Editeur: Atrabile
  • Prix: 22 €
  • Sortie: 22 octobre 2013

Kairos ou la métamorphose de Nills

kairos 2
Le 25 avril paraissait le premier tome de l’excellente série jeunesse, prévue en 3 albums, Kairos signé Ulysse Malassagne. Et voici déjà le deuxième opus, six mois après ! Nills, plongé dans un monde parallèle, est toujours à la recherche de sa compagne Anaëlle.

Case Départ vous présentait le premier album de la série, le samedi 4 mai. Nills se retrouve plongé dans un monde étrange peuplé de dragons pour sauver sa bien-aimée Anaëlle. La jeune fille, qui se révèle être la princesse de cette contrée, avait fui les traditions abjectes qui lui étaient imposées par son devoir de future reine. Le retour à cette réalité verra sonner pour elle un douloureux dilemme : choisir entre sa liberté et le bien de son peuple. Nills, quant à lui, n’a qu’une chose en tête : la ramener chez eux, quel qu’en soit le prix.

Dans ce deuxième opus, le lecteur retrouve Nills en compagnie de Kuma, grand monstre vert massif et Koyot, petit monstre très bavard. Ce dernier, ancien pêcheur, raconte sa rencontre avec Kuma. Le sage géant vert, quant à lui, se soucie plutôt de la santé psychique de l’humain. Nills n’a qu’un seul but : retrouver Anaëlle et la ramener dans le monde actuel.

Les trois compagnons s’arrêtent dans un village. Point de fête, juste une joute verbale dont le thème est la politique : d’un côté, les partisans du roi et de l’autre, les partisans de la princesse Anaëlle. Ce débat passionné se transforme vite en pugilat, lorsque Nills reconnaît l’un des ravisseurs de son amie. Fonçant sur le kidnappeur, il essaie de récolter avec véhémence des informations concernant le lieu de captivité. Mais Kuma ne lui en laisse pas le temps parce que la foule gronde.

Enervé, le jeune homme poursuit son chemin à l’écart de ses deux compagnons de route. Mais au fur et à mesure que les trois approchent du palais, Nills se métamorphose. Sa part d’animalité prend de plus en plus le dessus : des écailles poussent sur son visage et sur ses bras. Plus sa rage est forte, plus l’animal se réveille.

Arrivés devant les grilles du palais, l’humain, quasi enragé, force le passage, n’hésitant pas à tuer à tour de bras. Mais le chemin vers sa promise est encore très long et malgré l’aide des ses deux compères, c’est à la garde royale qu’ils vont être confrontés. Emprisonné, Nills rencontre alors des révolutionnaires qui ont tenté de renverser le roi.

Voici une suite réussie. Le récit dynamique et captivant d’Ulysse Malassagne est teinté d’humour, de fantastique et d’actions. Le lecteur découvre les fêlures de Nills ; comme en chacun d’entre nous l’ambivalence est plus ou moins forte. Ici, l’animalité et la violence sourde du héros sont bien mises en scène. Tantôt réfléchi, tantôt agissant sans discernement, le jeune homme nous paraît finalement très humain et plutôt sympathique. Graphiquement, c’est toujours aussi bon. Les décors fantastiques et médiévaux sont très maîtrisés. Le découpage est dynamique, presque cinématographique, comme par exemple lorsque Nills entre dans le palais et qu’il escalade les échafaudages. Cette course-poursuite est très réussie. Case Départ attend avec impatience la fin de cette bonne série, avec un tome 3 qui promet aussi d’être enlevé. « Le Kairos, c’est l’instant à saisir, le moment décisif où tout bascule. La fraction de seconde qui change une destinée. Celui qui maîtrise le Kairos est invincible ».

  • Kairos, tome 2/3
  • Auteur : Ulysse Malassagne
  • Editeur: Ankama
  • Prix: 
  • Sortie:  octobre 2013

Titeuf est grand ! Titeuf a 20 ans !

titeuf 20 ans
Janvier 1993. Titeuf venait de naître ! Et naître à 7/8 ans fô l’faire ! Le première album « Dieu, le sexe et les bretelles » paraissait en noir et blanc et était tiré à 7000 exemplaires. Venait de naître le phénomène Titeuf !

En 20 ans, le garçonnet à la mèche blonde s’est imposé comme une exceptionnelle réussite, avec plus de 20 millions d’albums vendus, des traductions dans plus de 25 langues (allemand, italien, puis espagnol, portugais, danois, finnois, hollandais…), des séries animées à la télévision (sur France 3) ou encore un long-métrage au cinéma (avril 2011).

Zep, le papa de Titeuf, a révolutionné la façon d’aborder et de traiter l’enfance dans le champ éditorial. Il a imposé, par la verve d’un langage graphique hors pair et d’un talent d’écriture rare, une vision décomplexée de la pré-adolescence qui amuse et séduit toutes les tranches d’âge, toutes les générations…

Pour célébrer comme il se doit cet anniversaire, Zep vous invite à partager avec lui 20 ans de souvenirs d’une aventure unique. Chaque année est illustrée par une double-page comprenant un florilège de planches et un rappel des temps forts pour Titeuf cette année-là. Cet album anniversaire, tiré à 4 000 exemplaires. Titeuf a 20 ans : Tchô c’est pô triste !

  • Titeuf, 20 ans
  • Auteur : Zep
  • Editeur: Glénat
  • Prix: 18 €
  • Sortie: 23 octobre 2013

Flash ou Le grand voyage : hippie connection

flash
Flash ou le grand voyage est la très belle adaptation du roman éponyme de Charles Duchaussois. Prévu en diptyque, ce premier album est scénarisé par Thomas Kotlarek et mis en images par Jef, raconte le périple d’un jeune homme qui part de France jusqu’en Inde en plein mai 68.

Paris. Mai 1968. La France bouillonne et les grèves se multiplient sur tout le territoire. Au milieu de cette agitation, il y a Charles. (Sur)vivant grâce à des petits larcins et cambriolages pendant les manifs, le jeune homme ne se sent plus en phase avec la société qui l’entoure. Il décide alors de quitter le pays.

Il rallie Beyrouth, en 1969, par bateau pour rejoindre un ami qui travaille pour un mafieux du coin. Rapidement, lui aussi va gagner de l’argent grâce au trafic d’armes (l’amenant jusqu’à Tanger) et à la récolte du cannabis. Il se marie même avec la fille d’un producteur de haschisch. L’argent et la drogue lui font perdre la tête. Contraint de fuir rapidement le Liban parce qu’il est l’amant de la femme du patron, Charles se retrouve à Istanbul où il va baigner dans l’univers des hippies. Avec ses nouveaux amis, il invente une arnaque pour financer la suite de son périple. Il doit partir de nouveau vers l’Inde direction Bombay et Katmandou.

Flash ou le grand voyage est une adaptation du roman-témoignage Flash de Charles Duchaussois. Grand succès d’édition avec 6 millions d’exemplaires vendus depuis 1971, le livre est un document sociologique important de la contre-culture des années 70 en France.

Belle surprise, la folle épopée de Charles est parfaitement transposée par Thomas Kotlarek. Les aventures parfois dangereuses sont menées tambour-battant par le scénariste. La dépendance à la drogue du héros mais aussi ses limites (sa propre mort, la violence) sont bien dépeintes. Les dialogues sont savoureux et drôles. La période hippie-Katmandou est fascinante et l’album rend bien cette ambiance si particulière. Captivant, le récit du scénariste est prenant et les lecteurs ne lâcheront pas la bande dessinée avant la fin. Le trait très détaillé de Jef est très enlevé et le cadrage est dynamique. Malgré quelques petites erreurs techniques, les planches et les couleurs à l’aquarelle sont magnifiques ; on sent un grand travail de documentation pour arriver à ce résultat là. On se laisse facilement transporter dans ce Grand voyage.

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  • Flash ou Le grand voyage, tome 1/2
  • Auteurs : Thomas Kotlarek et Jef
  • Editeur: Des Ronds dans l’O
  • Prix: 22 €
  • Sortie: 12 septembre 2013

Litteul Kévin est grand ! Litteul Kévin a 20 ans !

little kevin
Comme Titeuf (voir la chronique ci-dessus), Litteul Kévin a 20 ans ! En 1993 naissait l’adorable Litteul Kévin sous les pinceaux de Coyotte chez Audie. Le jeune garçon faisaient la joie des fans de Fluide Glacial. En 2005, l’auteur changeait de maison d’édition pour Le Lombard à partir du 8e tome de la série. En cette fin octobre, les lecteurs pourront tenir entre leurs mains, le dixième opus du petit gamin super mignon et super éveillé, un peu crapule. Des parents bikers, Chacal et Sophie, rock’n'roll et amoureux. Kévin, on ne sait pas vraiment son âge mais il a sa propre petite Harley. L’album est composé de 7 scénettes humoristiques.

Jour de fête dans le local des bikers. Un des membres de la joyeuse bande enterre sa vie de garçon et c’est l’occasion d’aller faire un tour en Harley. A peine enfourchées, leurs montures rutilantes et bruyantes foncent dans les rues. Le jeu du chat et de la souris entre les bikers et les gendarmes se met en place.

Mais les femmes ne sont pas en reste. Habillées en abeilles, elles s’amusent aussi. Au menu : deux séances de remise en forme et soirée chippendales. D’ailleurs, Kévin doit rester avec les femmes pour veiller sur elles, ce qui ne lui fait pas plus plaisir que ça.

En 20 ans et 10 albums, Coyotte a crée un univers bikers rock’n'roll avec énormément d’humour. En digne descendant de Gotlib, il n’a pas besoin d’énormément d’artifices pour nous faire sourire. Il mêle habilement amusement, humanisme et amour ; oui amour, car il y en a dans tous les albums de l’amour : entre Litteul Kévin et ses parents, entre le garçon et les bikers. Franche rigolade, franche camaraderie, joyeux délires et vrais grands enfants. Les personnages sont toujours aussi chaleureux et leurs aventures aussi réjouissantes. Les dialogues sont savoureux et très bien sentis. Enfin les planches en noir et blanc sont parfaites, c’est dans ce style que Coyotte est le plus performant, cela confère à l’histoire du dynamisme mais aussi une petite touche de poésie. Faites vrombir les moteurs en ouvrant ce sympathique album !

  • Litteul Kévin, tome 10
  • Auteurs : Coyotte
  • Editeur: Le Lombard
  • Prix: 12 €
  • Sortie: 31 octobre 2013

Mourir nuit gravement à la santé :

descente délirante aux Enfers

mourir nuit gravement
On a tous peur de la mort. On se pose beaucoup des questions et notamment qu’est-ce qu’il y a après la mort ? Jean-Paul est décédé et sa vie d’après est racontée dans Yo-yo post mortem, le premier tome de la série Mourir nuit gravement à la santé signé par Gilles Le Coz.

Jean-Paul Gratin, 43 ans, vient de mourir, il y a peu. A peine enterré, il entend toquer à son cercueil. Qui cela peut-il être ? Lui qui pensait être enfin tranquille, il ne peut reposer en paix ! Devant lui, se dresse un drôle de squelette, lunettes de soleil sur le front et fumant le cigare, il se nomme James Bone. Il lui explique qu’il y a encore quelques formalités administratives à accomplir.

Bone l’invite à le suivre et à emprunter un escalier interminable qui descend vers les limbes. A la surface, sa veuve que personne ne peut consoler, pleure sur sa tombe. Une petite larme s’infiltre dans une interstice et se transforme en avion de papier puis en une belle lettre d’amour.

Arrivés en bas du long escalier, l’homme et le squelette découvrent alors une sublime cité où trône en son centre, un immense arbre… Arrivera-t-il à sauver son âme dans cet univers délirant ?

Financé par les édinautes de Sandawe, l’album de Gilles Le Coz amène une touche humoristique à un sujet tabou en France, la mort. Rire de la mort, c’est la désacraliser, lui donner une âme. Le lecteur ne rira pas à gorge déployée mais rira plutôt jaune grâce à un humour parfois subtil. Les scènes amusantes alternent avec de très belles scènes d’émotion liées à la veuve de Jean-Paul. Le dessin semi-réaliste de l’auteur se marie bien avec cette histoire. Yo-yo post mortem se lit bien mais on attendra plus du deuxième tome de cette série originale Mourir nuit gravement à la santé pour s’en faire une réelle idée.

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  • Mourir nuit gravement à la santé, tome 1 : Yo-yo post mortem
  • Auteur : Gilles Le Coz
  • Editeur: Sandawe
  • Prix: 14,85 €
  • Sortie: 9 octobre 2013

Et pour quelques pages de plus…

Pour compléter notre sélection de la semaine, Case Départ vous conseille aussi les albums suivants :

Niklos Koda : La danse du diable

niklos koda
5 ans que les lecteurs attendaient un nouvel album de Niklos Koda. On ne présente plus ce héros, le séduisant diplomate-espion multipliant les conquêtes féminines. La danse du diable est le onzième tome de la série signée par Jean Dufaux et Olivier Grenson.

Pour sauver sa famille, Niklos Koda a dû faire appel à la magie noire. Il est à présent plus puissant que jamais. Confronté à Shanghai à des adversaires redoutables, il risque constamment de s’abandonner aux forces obscures qu’il tente de maîtriser. Mais ne faut-il pas parfois combattre le mal par le mal ?

Pour ce nouveau cycle de 3 albums, il n’est nul besoin de connaître les 10 opus précédents de la série. Même si le lecteur apprendra peu de choses dans cette histoire, il reste le trait élégant d’Olivier Grenson qui est sublime et magnifie l’ambiance tout en secret de cet album. On succombe facilement au charme de l’espion-magicien !

  • Niklos Koda, tome 11 : La danse du diable
  • Auteurs : Jean Dufaux et Olivier Grenson
  • Editeur: Le Lombard
  • Prix: 12 €
  • Sortie: 11 octobre 2013

Lueur de nuit

lueur de nuit
Lueur de nuit est le nouvel album de OG Boiscommun, à qui l’on doit entre autre Le livre de Jack ou encore Anges.

Trois jeunes orphelins, Martin, Gabrielle et Émile, poursuivis pour avoir dérobé une miche de pain, trouvent refuge dans une mystérieuse et sordide abbaye. Bloqués à l’intérieur, ils découvrent un autre enfant, seul et visiblement traumatisé. Ce dernier tient dans sa main une chandelle qui, quand il l’allume, fait apparaître les silhouettes de ses parents décédés et provoque d’étranges phénomènes…

Teinté de fantastique et de mélancolie, Lueur de nuit, est un fabuleux conte. Dans ce one-shot poétique et onirique, Boiscommun met en scène des orphelins confrontés à leurs peurs et leurs angoisses. Le trait tout en rondeur et merveilleux de l’auteur permet de mettre en place une atmosphère oppressante. Les planches mettant en scène la mer, en couleurs directes, sont magnifiques. Inclus : un cahier de recherches graphiques de 8 pages.

  • Lueur de nuit
  • Auteur : O G Boiscommun
  • Editeur: Glénat
  • Prix: 12 €
  • Sortie: 11 octobre 2013

Les Sisters : Tout pour lui plaire !

les sisters
Tout pour lui plaire est le huitième tome de Les sisters, scénarisé par Cazenove et mis en images par William. Cette série pour jeunes filles est drôle. Gags en une ou plusieurs planches permettent  des chutes pertinentes. Les dialogues sont savoureux, les planches sont dynamiques et les couleurs sont pétillantes. Ce sont les ingrédients qui permettent à cette série d’être un véritable succès.

C’est l’année du dépaysement pour Wendy ! Il y a tout d’abord son correspondant italien qui vient passer quelques jours à la maison. Et puis, ce qui la fait rêver depuis tant d’années, ces vacances aux États-Unis que ses parents lui ont promises ! Et pourtant, Wendy n’a pas besoin de parcourir des milliers de kilomètres, ni de traverser des océans pour découvrir des contrées inconnues, il lui suffit de pousser la porte de la chambre de sa petite sister Marine pour entrer dans le pays de la dinguerie et de l’agitation permanente ! En plus, les cocktails de caprices sont à volonté !

  • Les sisters, tome 8 : Tout pour lui plaire !
  • Auteurs : Cazenove et William
  • Editeur: Bamboo
  • Prix: 10,60 €
  • Sortie: novembre 2013

Cercle intime

(album pour adultes)

Cercle intime est le nouvelle série de Atilio Gambedotti, parue aux éditions coquines Tabou BD. Décidément, l’auteur argentin aime les histoires entre amis. Avec ce premier album de la série prévue en diptyque, il raconte de nouveau des tranches de vies sexuellement incorrectes entre amis. Ces 5 histoires mettent en scène 4 amis :

Adrien n’est pas vraiment ce qu’on pourrait appeler un tombeur : ce grand sentimental un peu grassouillet et maladroit est souvent sur la touche. Son pote Joshua, c’est le beau gosse de service : opportuniste et néanmoins sympathique, il enchaîne les bons coups sous le regard médusé de son ami. Claire, dont Adrien est secrètement amoureux, est toute excitée dès qu’elle croise un grand baraqué. Cette fille « très ouverte » incite gaiement son amie Rachel à la débauche.

Cercle intime, c’est un peu comme la série Friends, mais dans un style bien plus coquin. Les quatre amis partagent leur lit mais aussi les scènes de jalousie, comme Adrien envers Claire. Les cinq scénettes mêlent parfois l’humour au sexe. Le trait de Atilio Gambedotti est très maîtrisé. L’auteur argentin n’en ai pas à sa première série coquine, il a en effet signé Les 4 amies, publiée aussi chez le même éditeur.

  • Cercle intime, tome 1/2
  • Auteur : Atilio Gambedotti
  • Editeur: Tabou BD
  • Prix: 15 €
  • Sortie: 20 septembre 2013

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