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Spin – Robert Charles Wilson

Par Theoma

 

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« Nous avions toutefois perdu quelque chose de plus subtil que quelques lumières dans le ciel. Nous avions perdu l’impression de connaître avec certitude notre place dans l’univers. »

Un soir d'été, les étoiles disparaissent soudainement.

Ce qu'il y a de bien dans Spin c'est que même si on n'est pas un adepte du genre sf, on se prend au jeu de ces pages captivantes de réalisme. Car c'est justement ce qui est étonnant dans ce roman, au fil des pages, cette pensée lancinante, et si un jour un tel événement se produisait, les conséquences seraient-elles identiques à celles décrites par Wilson ?

J'ai apprécié la subtilité de l'auteur. Au lieu de choisir la facilité (partir dans du sensationnel technologique), rester dans le quotidien, le ressenti, la difficulté de vivre sans futur. Wilson possède la capacité d'aborder une multitude de sujets : l'impact des événements sur les différentes générations, la filiation, le besoin viscéral de faire sens par la compréhension ou la foi, la recherche de sa place dans le monde...

Alors oui, parfois, les descriptions sont absconses et il n'est pas évident de suivre le fil des théories physico-chimiques de l'univers. En faire un obstacle à la découverte de cette œuvre ambitieuse et aboutie, serait une erreur. L'épopée est d'une grande exigence et vous restera longtemps en mémoire.

Folio, 624 pages, 2010, traduit de l'anglais par Gilles Goullet

Prix Hugo 2006

Grand prix de l'Imaginaire 2007

Extraits

« Il existe tant de temps différents. Celui par lequel on mesure nos vies. Les mois et les années. Ou le grand temps, celui qui soulève les montagnes et crée les étoiles. Ou toutes les choses qui se passent entre deux battements de cœur. C’est difficile de vivre dans tous ces temps-là. Et facile d’oublier qu’on vit dans tous. »

« Nous sommes tous mortels, mais nous avions la consolation de savoir que l’humanité nous survivrait. »

« En tant que médecin, j'avais croisé la mort plus souvent que la plupart des gens. Je savais comment mourraient mes semblables. Je n'ignorais pas que la conception habituelle de la manière dont on affronte la mort – déni, colère, acceptation – n'était au mieux qu'une généralisation grossière. Ces émotions pouvaient évoluer en quelques secondes ou ne pas évoluer du tout, la mort pouvait renchérir sur elles à tout instant. Pour beaucoup, affronter la mort n'était pas un problème : elle survenait sans s'annoncer, par une rupture d'aorte ou une décision malencontreuse à un carrefour encombré. »


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