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La sélection de la semaine : Les Campbell, Adrastée 2, La colère de Fantômas, Le cadeau de l’ange, Pompéi, Le soufflevent, Lâcher prise, Before Watchmen Compagnon, Alyssa, La brigade du rail et Golden Dogs

Par Casedepart @_NicolasAlbert

Pour cette quatrième semaine de janvier et à quelques jours du Festival d’Angoulême, Case Départ vous ouvre sa boîte à bandes dessinées avec de très bons albums. Parmi ces dernières nouveautés, il y a pour vous quelques petites merveilles : Les Campbell : une nouvelle série humoristique jeunesse avec des pirates très réussie de Munuera, le second tome du somptueux diptyque : Adrastée, le deuxième volume du très bon polar : La colère de Fantômas, un recueil des premières histoires de Tsukasa Hôjo : Le cadeau de l’ange, Pompéi : un récit dramatique sur les derniers jours de la cité antique, une nouvelle bonne série fantastique : Le soufflevent, Lâcher prise : le nouvel album de Miriam Katin, Before Watchmen compagnon sur des héros méconnus de DC Comics, Alyssa : petite fille surdouée qui essaie de se fondre dans la masse, une enquête policière avec La brigade du rail et la nouvelle série de Desberg et Griffo : Golden Dogs. Bonnes lectures !

Les Campbell : A l’abordage !!!

Les Campbell sont des pirates retirés des affaires depuis le décès de la femme du célèbre corsaire. Elevant seul ses deux filles, le flibustier coule une vie paisible loin des combats et autres trésors. C’était sans compter sur l’infâme Inferno pour le sortir de sa retraite. C’est le récit qu’a voulu raconté José-Luis Munuera dans la toute nouvelle série humoristico-historique de Dupuis, Les Campbell. Intitulé Inferno, le premier tome de cette saga de piraterie est lancée sur les chapeaux de roue.

Carapepino, pirate de seconde zone est à la recherche du lieu idéal pour enterrer un trésor qu’il vient à peine de voler. Accompagné de son fidèle homme-de-main Haggins, il débarque sur une île aux formes suggestives. Alors que ses sbires commencent à creuser, Campbell, une véritable légende de la piraterie, les interrompt. Par un stratagème digne d’un cinéaste, la famille de pirates récupère le butin de Carapepino ainsi qu’un autre enterré là. Le devoir accompli, les trois membres du clan Campbell regagne leur maison située en haut d’un arbre.

Le père, veuf à cause d’Inferno depuis peu, tente tant bien que mal d’élever ses deux filles : Icata, jeune ado bagarreuse qui n’a peur de rien mais rêve d’une vie romantique et qui tient un journal intime ; mais aussi Geneva, jeune fille espiègle et ingénieuse de 8-10 ans, qui adore taquiner sa grande sœur.

Lorsqu’il apprend que Campbell est toujours en vie de la bouche de Carapepino, Inferno entre dans une colère noire. Il défie le célèbre pirate sous les yeux de Fanny, la mère de Icata et Geneva que tout le monde croyait disparue.

Bahia Cambalache. A peine sorties de l’école, les deux filles Campbell tombent dans une embuscade de Carapepino envoyé par Inferno. Secouru par le très beau Luca, l’aînée lui dévoile leur lieu de vie. Ce dernier révèle tout de suite la nouvelle à son père, Carapepino qui l’a délaissé. Parti avec une troupe d’hommes sur l’île Jardin, le pirate de seconde zone met en fuite la famille Campbell qui trouve alors refuge sur une autre île de l’archipel Bakalaoo lieu de résidence d’une colonie de lépreux vivant en autarcie. Leurs seuls but dans la vie : peindre, lire et profiter du soleil.

Voilà une série jeunesse qui débute très bien. Le récit plein de punch de José-Luis Munuera mêle habilement l’action, la grande aventure, les pirates et surtout l’humour. Cet aspect, très visible tout au long de cet album réside dans la posture des personnages savoureux : Icata et Geneva qui apportent beaucoup de fraîcheur au récit notamment par leurs prises de bec, mais aussi Carapepino et Haggins, les pirates ratés, l’île des lépreux endroit paradisiaque, ou encore Inferno, pirate colérique qui joue un double-jeu. L’auteur joue aussi parfaitement avec les patronymes, notamment ceux des lépreux : Nutel-la ou bien Neskooïk. Il multiplie les clins d’oeil (les Dalton de Morris et Goscinny) et revisite, pour le plus grand bonheur des lecteurs, les codes des aventures de pirates. Cette histoire menée tambour-battant est agrémentée d’un trait incisif et humoristique. Les planches équilibrées et le découpage rythment admirablement le récit. Les Campbell : une grande histoire de pirates teintée d’un humour dévastateur. Case Départ vous recommande vivement cet album. A l’abordage !

  • Les Campbell, tome 1 : Inferno
  • Auteur : José-Luis Munuera
  • Editeur: Dupuis
  • Prix: 13.95€
  • Sortie: 10 janvier 2014

Adrastée

Case Départ avait été très enchanté par le première tome de l’excellente série Adrastée de Mathieu Bablet et voici déjà le deuxième tome qui parait aux éditions Ankama. Ce diptyque met en scène un roi immortel de 1000 ans qui part en quête de son éternelle question : pourquoi ne peut-il pas mourir ? Sur le chemin vers l’Olympe, il rencontrera une souveraine qui ne peut enfanter et qui lui demandera d’interférer auprès des Dieux pour devenir elle aussi immortelle. Une route semée d’embûches où  il n’est souvent pas le bienvenue dans les cités qu’il traverse.

Après avoir passé mille ans sur son trône de pierre à méditer sur sa lourde condition d’immortel, un homme, ancien roi d’Hyperborée part vers le Mont Olympe afin que les Dieux répondent à ses questions : Pourquoi lui ? Comment mourir ? Sa femme, son fils et tous ses sujets ont disparu, le laissant seul.

Alors qu’il est assoiffé, la déesse Aphrodite vient en aide au Roi immortel. Elle lui indique le chemin d’une cité où une pièce de théâtre lui est présentée. Les scènes dignes du théâtre grec antique retranscrivent sa vie et se remémore quelques vérités, notamment le suicide de son fils unique.

Il est emmené ensuite par des gardes à la reine de la ville qui ne peut enfanter. Elle connaît son histoire et lui demande de lui livrer son pouvoir : elle souhaite vivre mille ans, voir les dieux mourir et ainsi se venger de son mauvais sort. Alors qu’il lui explique qu’il ne peut lui être d’aucune aide, la cité est attaquée par Talos, un géant de fer. Cet événement permet au roi de faire diversion et de s’échapper. Poursuivi par cet être immense, il est touché par l’épée de Nicarchos, un ancien compagnon de voyage.

Pourtant le roi ne meurt pas et continue son voyage vers l’Olympe aidé par Athéna transformée en chouette, qui lui indique la route. Devant Zeus, Arès ou encore Héra, il les implore de comprendre sa situation. Le dieux des dieux lui explique que ce sont Les Moires qui ont le destin des hommes entre leurs mains. Il part alors à leur recherche…

Le lecteur ne sera pas déçu de ce dernier tome de cette épopée. Sur la lancée du premier album, le récit de Mathieu Bablet mêle de nombreuses mythologies pour nous livrer un Adrastée de très grande qualité. Le jeune et talentueux auteur découpe d’excellente manière son histoire pour la rendre très vivante. On aime à philosopher avec ce roi immortel sur sa condition, sur les hommes et la nature qui l’entoure ainsi que de leur place dans l’univers. Ce magnifique rêve poétique est magnifié par de sublimes planches où les décors sont vertigineux et majestueux. Les couleurs donnent une belle dimension aux cases dont les angles de vue sont originaux. Que dire de plus que magnifique, sublime, rare et admirable ! Adrastée : un voyage contemplatif dépaysant. Case Départ vous recommande vivement sa lecture !

Pour découvrir un peu plus le monde de Mathieu Bablet : www.lacinquiemedimension.com

  • Adrastée, tome 2/2
  • Auteur : Mathieu Bablet
  • Editeur: Ankama
  • Prix: 15,90€
  • Sortie: 15 janvier 2014

La colère de Fantômas : peur sur la ville

Il y a un an était publié aux éditions Dargaud, le premier tome de la série La colère de Fantômas que Case Départ vous avez fait découvrir. Cet excellent polar, scénarisé par Olivier Bacquet et dessiné par Julie Rocheleau, est une adaptation des romans de Pierre Souvestre et Marcel Allain écrits entre 1911 et 1913. Dans ce deuxième opus, Tout l’or de Paris, le lecteur retrouve le grand criminel qui dépouille les dorures des monuments de Paris, ce qui met la police sur les dents.

Paris, septembre 1911. La police parisienne ne sait plus où donner de la tête tant Fantômas la ridiculise. Le criminel a juré de dérober tout l’or de la capitale. La Banque de France et l’Hôtel de la Monnaie sont donc placés sous étroite surveillance.

Alors qu’il apprend que la mère de Charles, Alice Rambert, qui lui avait confié son fils il y a 16 ans et de retour, bouleverse le commissaire Juve ; il est convoqué par Havard. Son supérieur hiérarchique lui indique que Fantômas et ses hommes-de-main ont enlevé toutes les dorures des Invalides, des statues du pont Alexandre III, celles de l’Opéra et ont déboulonné la statue de Jeanne d’Arc, tout cela à la pioche et au chalumeau.

8 septembre. L’homme au masque envoie une fausse convocation de la police à des personnalités de la ville. Alors qu’un faux policier déguisé en Juve commence son exposé, il décide de tuer toutes personnes réunies dans le lieu. Humiliée l’unité de sûreté parisienne  décide de révoquer le commissaire, par le préfet Lépine. C’est alors que le journaliste Fandor tente de démasquer l’ennemi public numéro 1 en s’associant avec Georges Méliès, le réalisateur.

Ce deuxième volet de la saga policière La colère de Fantômas est dans la même veine que le premier tome : excellent ! L’adaptation libre de Olivier Bocquet est toujours aussi rythmée, ne laisse aucun temps-mort au lecteur. L’intrigue très noire est souvent cruelle et apporte son lot de cadavres. On est loin du Fantômas incarné par Jean Marais et de Juve par Louis de Funès dans les films de André Hunebelle. Ici l’ennemi numéro 1 est avide de sang et n’hésite pas à employer les grands moyens pour arriver à ses fins. Le trait éblouissant de Julie Rocheleau est toujours aussi séduisant et surtout très singulier. Sa patte originale est élégante et extrêmement efficace. Les couleurs apportent une belle ambiance aux planches à mi chemin entre réalisme et abstraction. La colère de Fantômas : une saga policière à suivre !

  • La colère de Fantômas, tome 2 : Tout l’or de Paris
  • Auteurs : Olivier Bocquet et Julie Rocheleau
  • Editeur: Dargaud
  • Prix: 13.99€
  • Sortie: 17 janvier 2014

Le cadeau de l’Ange :

Les trésors de Tsukasa Hôjo

Après Sous un rayon de soleil et Le temps de cerisiers dont Case Départ vous avez parlé, Ki-Oon publie Le cadeau de l’ange dans la très belle collection Les trésors de Tsukasa Hôjo. Dans ce manga sont réunies cinq histoires dont les deux dernières concernent les héros de la série culte City Hunter (Nicky Larson), ainsi que le tout premier récit réalisé par le maître mangaka.

Le cadeau de l’ange (créé en 1988) publié dans le magazine Weekly Shônen Jump. Masahiro est un jeune étudiant japonais qui rêve de grandes histoires d’amour avec des princesses inaccessibles. Depuis tout petit, sa vie est liée à celle de Kyoko, sa voisine. Elle semble attirée par lui mais il n’y prête guère attention. Alors qu’il prend le métro pour rejoindre une jeune fille à un rencard, il est bousculé par Anna, une petite fille sans parents. Arrivée là par hasard, elle commence à l’appeler papa à son grand étonnement…

Je suis un mec, un vrai ! (1980) : Tout premier manga de la carrière de Hôjo. Alors que l’internat du Lycée de garçons Otoko Date est fermé pour des travaux, les jeunes adolescents doivent partager celui de l’Institut Sainte-Caroline de jeunes filles. Parmi les lycéens, il y a Sho, un garçon très macho, qui ne supporte pas de partager le même établissement que celui des filles et qui fait régner la terreur auprès de ses camarades pour qu’ils ne se mélangent pas. Pourtant les autres ados s’accommodent très bien de cette cohabitation, en allant voir les filles au premier étage fréquemment sans le dire à leur chef. Petit à petit Sho se rapproche de Yuko…

Histoire de chats (1985) : première histoire où Hôjo choisit un animal comme héros d’un récit. Yuichi Moriyama, un jeune paparazzi est sur un gros scoop : il est en passe de prendre des clichés compromettants entre un politicien et sa maîtresse. Il est accroché à une corde à l’extérieur pour photographier. C’est alors qu’un chat blanc tombe du toit de l’immeuble. N’écoutant que son courage, il sauve l’animal. Blessé à la patte, il le soignera. C’est alors qu’au détour d’une ruelle, il croise une jeune femme qui va tomber amoureux de lui…

City Hunter XYZ (1983) : Première histoire mettant en scène les personnages de la série culte ainsi qu’un personnage secondaire de Cat’s eye. Ryo Saeba, qui se fait d’ailleurs appeler City Hunter,  tueur professionnel est un éternel obsédé par les femmes. Pour exécuter ses contrats, il est aidé par Kaori, une jeune femme toujours là pour le remettre dans le droit chemin. Le premier travail qu’il doit accomplir est la protection de Mitsuko, une jeune femme qui détient une invention scientifique de premier ordre : un virus qui inhibe la faculté de reproduction…

City Hunter – Double edged (1983). Keiko Ohara fait appel à Ryo pour exécuter un contrat. La célèbre actrice lui demande de tuer son amant Shinichi, son partenaire dans la pièce Double Edged. L’acteur est devenu comme son personnage de théâtre : un véritable fou meurtrier. Il accompli assassinats sur assassinats…

Quelle excellente idée ont eu les éditions Ki-oon de rééditer les premières histoires de Tsukasa Hôjo, publiées d’abord chez Tonkam en 1988. Pour cette version, les textes ont été retraduits, des pages couleurs ont été ajoutées  inédites en France et même au Japon. En plus de son tout premier récit, un peu emprunté mais pour lequel on sent déjà le talent poindre, il y a les deux premières histoires de City Hunter, plus connu en France sous le nom de Nicky Larson dont les épisodes passaient dans le Club Dorothée (séquence nostalgie…). Ces thèmes de prédilection sont developpés dans ce manga: l’humour, les relations hommes-femmes où souvent le héros masculin est obsédé par la gente féminine, la défense des plus faibles, la nature et les animaux. Pour les deux premières histoires du recueil, le mangaka mêle habilement le fantastique et le sentimental, le tout saupoudré d’un grand humour. Le trait, qui évolue au fil des récits, est toujours aussi séduisant. Hôjo : un talentueux mangaka à (re)découvrir dans ses premières histoires magnifiques !

  • Le cadeau de l’Ange
  • Auteur : Tsukasa Hôjo
  • Editeur: Ki – Oon
  • Prix: 7,90€
  • Sortie: 9 janvier 2014

Drame à Pompéi

79 après Jésus-Christ. Le Vésuve, volcan de la baie de Naples, entre en éruption et recouvre la ville de cendres. De nombreux habitants de la cité meurent asphyxiés. Pour raconter cet événement italien si sombre, Frank Santoro développe dans Pompéi, une tragédie romanesque, mettant en scène Flavius, un peintre renommé ayant de nombreuses conquêtes féminines et son apprenti Marcus, dans l’atelier de l’artiste.

Pompéi, an 79. Marcus, jeune homme originaire de Paestum, en couple avec Lucia, travaille comme apprenti chez Flavius, un artiste peintre renommé. Le jeune homme fabrique les couleurs, nettoie le matériel et l’atelier ou range les toiles.

Alors que Flavius réalise le portrait d’une magnifique princesse qui le paie décemment et dont il est l’amant, arrive sa femme Alba qui ne se doute de rien. C’est Marcus qui doit gérer les entrées et les sorties des deux femmes pour qu’elles ne se croisent pas. C’est ainsi que l’apprenti gagne la confiance de son maître en couvrant ses frasques adultérines. Le futur mécénat de la princesse permettraient aux deux hommes d’avoir une situation stable, sinon, faute de financements, le peintre devrait se séparer de son fidèle homme-de-main.

Le soir lorsqu’il retrouve Lucia, rien ne va plus. Les dissensions au sein du couple se multiplient : le jeune homme souhaitant rentrer dans sa ville natale de Paestum, l’argent commence à manquer et Lucia aimerait que sa mère s’installe chez eux.

En plus de tout cela, la riche femme demande à Flavius de venir travailler chez elle à Rome pendant plusieurs mois. C’est alors que se produisent les premières secousses dans l’atelier. Le Vésuve entre en éruption. Le peintre décide alors de quitter la cité par bateau, en demandant à son Marcus de veiller sur ses toiles.

Nous avons tous en tête quelques bribes du programme d’histoire-géo de sixième racontant l’éruption du Vésuve ensevelissant Herculanum et Pompéi ; mais Frank Santoro décide de conter ce moment important de l’histoire de la Rome Antique de manière romanesque. Ce récit à la trame tragique met en scène 5 personnages forts et bien campés qui se croisent tel un très bon vaudeville. Le décor de l’Antiquité romaine permet à l’auteur américain de livrer une réflexion sur le processus de création, sur l’illustration ou encore sur la relation maître-apprenti. Le trait de Santoro, dont le talent fut remarqué par Chris Ware et David Mazzucchelli, est proche du schéma, de l’esquisse et devient parfois abstrait. Sa technique vagabonde au fil des pages, passant de l’aquarelle au feutre et même aux crayons. Cet album touchant et parfois poétique ravira les amoureux de l’histoire antique mais aussi ceux de l’Art en général.

  • Pompéi
  • Auteur : Frank Santoro
  • Editeur: çà et là
  • Prix: 24€
  • Sortie: 15 janvier 2014

Le Soufflevent : une belle série fantastique

Attention très belle saga épique tout public. Le soufflevent va faire souffler un vent nouveau sur le catalogue Delcourt. Scénarisé par Andoryss et mis en images par Xavier Collette, le premier tome New Pearl Alexandrie, raconte l’histoire de Coline et son chat ailé Typhon, pris en chasse par des militaires qui cherchent à récupérer l’invention détonante du père de la jeune fille.

Accompagnée de Typhon, Coline monte clandestinement dans un avion de l’Aéropostale. Ne les ayant pas aperçu avant, le vieux pilote atterrit au relais sur le trajet New-Pearl – Alexandrie. Là-bas, l’attend Sacha, un très jeune pilote.

La jeune femme est la fille d’un très grand scientifique travaillant sur les propriétés unicellulaires. Assassiné il y a peu par un soldat de l’armée, l’homme avait confié l’une de ses nombreuses découverte à sa progéniture : Le soufflevent, un produit aux propriétés extra-ordinaires. Un seul être la protège, Typhon, est un chat ailé, lui aussi invention du papa.

Sacha accepte d’acheminer à Alexandrie la jeune fille et son chat. Leur but : aller déposer le brevet du Soufflevent. En vol, ils sont poursuivis par la flotte Firenza qui ouvre le feu sur le petit avion. Ils décident alors de voler en dessous des nuages. Touché au réservoir, le jeune homme pose son appareil pour la nuit. Le lendemain, les trois continuent leur trajet. Mais les soldats sont toujours en chasse. Dans un combat, Typhon est touché par une balle…

Voilà une saga d’aventures pour les adolescents qui démarre de la plus belle des façons. Le récit d’Andoryss est mené tambour-battant, rythmé par une longue course-poursuite aérienne. Les personnages sont attachants, notamment Sacha, le jeune pilote, bougon mais valeureux. De l’action, du fantastique, de la science, des combats, du suspens : tout pour allécher le lecteur qui ne pourra pas s’ennuyer tant les rebondissements sont nombreux. La scénariste, encore professeur de biologie actuellement, est aussi romancière avec notamment Les enfants d’Evernight, sa bande dessinée, qu’elle a adapté en livre. En plus d’un excellent scénario, cette série prévue en 4 tomes, doit beaucoup au dessin de Xavier Collette. Son trait très dessin animé et jeu vidéo est sublime. Il y a beaucoup de volumes dans ses personnages, les scènes de combats aériens possèdent beaucoup de mouvements, les décors extérieurs sont magnifiques et les engins volants font penser à ceux de Miyazaki. Ajouté à cela, des couleurs éclatantes qui réhaussent parfaitement les planches. Le Soufflevent : un départ stimulant pour cette nouvelle saga d’aventures tout public de très bonne facture.

  • Le soufflevent, tome 1 : New Pearl-Alexandrie
  • Auteurs : Andoryss et Xavier Collette
  • Editeur: Delcourt jeunesse
  • Prix: 13.95€
  • Sortie: 8 janvier 2014

Lâcher prise :

à la recherche de ses racines

Samedi dernier, dans sa Sélection de la semaine, Case Départ présentait le témoignage bouleversant de Miriam Katin, Seules contre tous, une réédition de 2006 au Seuil, où l’auteur américaine racontait ses années de fuite en Hongrie avec sa mère pendant son enfance. Aujourd’hui, nous vous présentons son nouveau récit Lâcher prise où la dessinatrice raconte ses doutes et ses difficultés à passer outre ses vieilles blessures et sa haine de tout ce qui est allemand lorsque son fils lui annonce son intention de prendre la nationalité hongroise.

New-York de nos jours. Miriam Katin a vieilli. L’auteur a maintenant 65 ans. Cette juive hongroise, qui a fui la barbarie nazie en 1944 avec sa mère (voir Seules contre tous), vit actuellement aux Etats-Unis avec son mari Geoff. Alors qu’elle est en phase de création d’un nouvel album, son appartement est envahi d’oothèques (insectes aussi colonisateur que les blattes).

Leur fils vit à Berlin avec Tinet, un ravissante jeune fille auteur de BD. Pour communiquer entre eux, les 4 adultes utilisent Skype. Pendant l’une de leurs conversations, le néo-berlinois leur apprend qu’il va venir les voir aux USA. Sur-excitée par la nouvelle, l’auteure en rajoute beaucoup : achat de nourriture bio, cuisine, ménage… Au détour d’un dialogue, le fils dit à sa mère, sa volonté de devenir hongrois. Pour obtenir la nationalité, il doit faire remplir des papiers à Miriam qui voit cela d’un très mauvais œil. A partir de ce moment-là, la dessinatrice commence à se remémorer des souvenirs malheureux de son enfance. Elle jette alors le formulaire à la poubelle.

Miriam Katin est de nouveau rattrapée par son histoire personnelle, cette enfance si délicate en Hongrie. Alors que son fils, qui ne peut pas comprendre ce rejet systématique de l’allemand, lui souhaite seulement prendre la nationalité de ses aïeux. Il n’a pas vécu cette période si sombre. Dans Lâcher prise, l’auteur nous livre cette répulsion quasi maladive pour les allemands, comme une sorte de psychanalyse de soi au travers de cet album. La sélection de ses planches de Seules contre tous pour une exposition au Musée Juif de Berlin la rendra heureuse et lui permettra même de solder son passé. Son trait aux crayons de couleurs est très expressif et extrêmement agréable à l’œil. Les planches sans case rythment parfaitement le récit. Lâcher prise : une histoire trouble et touchante sur la recherche de sa personnalité. Un très bel album !

  • Lâcher prise
  • Auteur : Miriam Katin
  • Editeur: Futuropolis
  • Prix: 22€
  • Sortie: 9 janvier 2014

Before Watchmen : Compagnon

Compagnon est un des recueils d’histoires de Before Watchmen. Elles sont écrites par un pool de scénaristes Len Wein, Joe Mickael Straczynski et John Higgins et mis en images par Steve Rude, Eduardo Risso et John Higgins. 3 histoires sont contées ici :

Bill Dollar. William Benjamin Brady est né le 4 juillet 1917. Doué dans tous les sports, il choisit le Collège de Dartmouth pour exercer ses talents. Même s’il n’excelle pas dans les études, il devient un grand joueur de foot américain. Lors d’un match, touché au genou, il est obligé d’arrêter sa carrière sportive. C’est alors qu’il est engagé par la National Bank pour incarner Bill Dollar, un super-héros qui protège l’établissement bancaire. Il tourne alors des films publicitaires pour vanter les mérites de la banque. Pourtant, il va devenir prisonnier de son personnage et aucun producteur de cinéma ne l’appelle.

Moloch. Eddie Jacobs dit Moloch le mystique se confesse et décide de raconter tous les méfaits qu’il a pu intenter pendant sa vie. Pour comprendre pourquoi il en est arrivé là, il décide de raconter son enfance. A sa naissance, ses parents vont tout de suite le rejeter. Difforme et ayant de grandes oreilles, il est la risée de ses camarades. Battu et humilié par les autres enfants, il est fasciné par les grands tours de prestidigitation. En 1937, il part pour Chicago et débute sa carrière de malfrat. Utilisant les tours de magie, il cambriole à tout va et recrute des hommes pour former une bande de gangsters…

Le corsaire sanglant. Juillet 1771. Gordon Mc Clachlan est nommé aspirant officier dans la Marine Royale de George III. Affecté sur le Pendragon, il tente une mutinerie contre le commandant du navire après que celui-ci fit preuve de barbarie contre un voleur à bord. Attaché au mât principal, il réussit à s’enfuir pendant un combat. Il est alors recueilli par des hommes désincarnés, tels des zombies, et devient alors le Corsaire Sanglant à la tête d’une armée de morts-vivants…

Ce recueil permet de découvrir la face cachée des personnages créés par Alan Moore et Dave Gibons dans Watchmen. Souvent ces derniers étaient peu exploités dans l’œuvre principale. Les scénaristes de Compagnon ont réussi à fabriquer de toutes pièces une enfance voire une vie très sanglante à Moloch, Bill Dollar ou le Corsaire sanglant. Les trois destins hors-norme racontés dans Before Watchmen Compagnon sont très intéressants et plus particulièrement les récits Moloch et Le corsaire sanglant, celui de Bill Dollar étant moins surprenant et plutôt classique. Pour la dernière histoire, le trait sombre de John Higgins est puissant et en fait sa véritable force. Un bel album pour découvrir de nouveaux héros DC.

  • Before Watchmen : Compagnon
  • Auteurs : Collectif
  • Editeur: Urban Comics
  • Prix: 15€
  • Sortie: 24 janvier 2014

Alyssa : surdouée incognito !

Alyssa est la nouvelle série jeunesse d’humour des éditions Soleil. Signé Isabelle Bauthian et dessiné par Rebecca Morse, son premier tome s’intitule Un QI de génie. Cet album met en scène l’héroïne Alyssa, une jeune fille surdouée mais qui veut être une enfant comme les autres, dans sa vie de tous les jours.

Alyssa est une jolie jeune adolescente rousse comme tout le monde. Tout le monde ? Non, c’est un petit génie et son quotient intellectuel est de 160. Passionnée par les expériences de chimie, elle connaît toute l’œuvre de Kant mais voilà, elle veut être une fille normale, pouvoir se fondre dans la masse, avoir des amies et que l’on ne la juge pas uniquement sur sa précocité.

Autour d’elle, il y a une bande de filles qu’elle souhaite intégrer : Nadia, qui aime les fringues, la musique pop et les animaux, Mélanie – dite Mel – aime les fringues, le hip-hop et les films d’amour et enfin Elodie qui aime les fringues, les chats, le rose et toutes les stars.

Entre le shopping, les fautes d’orthographe qu’elle corrige, les soirées pyjama, les excellentes notes à cacher, les SMS… La mission d’Alyssa, à savoir dissimuler son intelligence, va s’avérer délicate tant ses amies sont à l’opposée d’elle. Mais c’est le prix à payer si elle veut s’intégrer.

Les gags en une planche de cette série humoristique sont principalement ciblés pour les adolescentes. La thématique de départ (Alyssa une surdouée qui veut d’intégrer) est intéressante et permet de nombreuses situations d’humour. Cette petite héroïne tiraillée entre ses passions et sa quête d’avoir des amies est bien campée. Les récits de Isabelle Bauthian sont bien maîtrisés et tombent souvent justes. La scénariste de Effleurés à un sens aigu de l’observation des adolescentes. Le trait de la britannique Rebecca Morse est parfait pour raconter ce style de gags. Tout en rondeur, il permet aussi de jouer son rôle de ressort comique. Alyssa : un album d’humour agréable pour passer un bon moment de détente.

  • Alyssa, tome 1 : Un QI de génie
  • Auteurs : Isabelle Bauthian et Rebecca Morse
  • Editeur: Soleil
  • Prix: 10,95€
  • Sortie: 15 janvier 2014

Et pour quelques pages de plus…

Pour compléter notre sélection de la semaine, Case Départ vous conseille aussi les albums suivants :

La brigade du rail,

tome 1 : Le tueur du Lyon-Genève

Le tueur du Lyon-Genève est le premier tome de la nouvelle série de la maison d’édition parisienne Zéphyr BD, La brigade du rail. Scénarisé par Frédéric Marniquet et mis en images par Olivier Jolivet, ce polar met un scène un inspecteur nouvellement intégré à la Surveillance Générale des chemins de fer qui enquête sur le décès d’un truand.

Lyon, 1959. Bonetti sort de prison. Ce truand, qui essaie de se réintégrer dans la société après une détention de 20 ans pour un crime, est agressé par un homme mystérieux sur la voie de chemin de fer près de Bellegarde-sur-Valserine. Tenu en joue, l’agresseur le blesse gravement aux deux genoux et c’est le train qui arrive à toute vitesse qui finira le sale boulot.

Pour enquêter sur cet assassinat si singulier, Hubert Granville est nommé. Cet ancien résistant et policier de la brigade criminelle de Paris, vient tout juste d’intégrer la très secrète police des chemins de fer, la SUGE (Surveillance Générale). Pour une première, ce n’est pas un cadeau de sa hiérarchie.

En effet, le jeune inspecteur était mêlé de près à une fusillade à la Gare de Lyon. Soupçonné de bavure, il donne sa démission à son supérieur, la commissaire Georges Delagrange et sera donc embauché par les services de la police de la SNCF.

Bellegarde-sur-Valserine dans l’Ain. Accompagné de son nouveau coéquipier Pigagniole, Granville débute ses investigations. Mais sur place, ils sont mis en garde par le commandant Louvel de la Gendarmerie qui ne leur facilite pas la tâche. Ils leur promet qu’au premier écart, il les cassera sans aucun ménagement. La collaboration entre services sera alors des plus délicates.

Rapidement le nouvel inspecteur de la SUGE comprend que ce qui ne semblait n’être qu’un règlement de comptes entre truands se transforme vite en une série de meurtres étranges. Vingt ans après un tragique et effroyable fait divers, en ce début d’hiver 59, un mystérieux tueur sème l’effroi et les cadavres dans le Pays de Gex le long de la ligne Lyon-Perrache/Genève.

La brigade du rail est une série policière bien menée. Le récit de Frédéric Marniquet, dont les ressorts sont des plus classiques, maîtrise à merveille les ficelles du polar : un jeune inspecteur en quête de respectabilité, plutôt têtu et ayant des manières d’enquêter très singulières, un coéquipier à l’opposé du héros et une série de meurtres mystérieux. La mise en place tient une grande place dans cet album et notamment pourquoi Granville fut obligé de quitter la brigade criminelle. A noter qu’ici le décor est original (les trains et les lignes de chemins de fer) et le service de la police aussi (la brigade de surveillance générale), ce qui rend l’histoire un brin atypique. Ajouté à cela, l’époque, les années 50, cela permet au dessinateur Olivier Jolivet de donner toute sa mesure pour mettre en images des trains anciens. Même si les postures des personnages semblent très souvent figées, les décors et les véhicules sont bien restitués grâce à une solide documentation. Prévu en diptyque, cette enquête se clôturera dans l’épisode intitulé Les naufragés de Malpasset.

  • La brigade du rail, tome 1 : Le tueur du Lyon-Genève
  • Auteurs : Frédéric Marniquet et Olivier Jolivet
  • Editeur: Zéphyr BD
  • Prix: 14€
  • Sortie: 17 janvier 2013

Golden Dogs,

tome 1 : Fanny

Fanny est le premier tome de la nouvelle série du duo Stephen Desberg-Griffo, Golden Dogs. Dans le Londres des années 1820, Orwood décide de créer une nouvelle bande de cambrioleurs. Les 4 malfrats veulent concurrencer les Black Birds qui règnent sur la ville.

Fanny s’enfuit de la maison familiale de la campagne anglaise. Elle tente d’échapper à son père devenu fou et qui vient d’assassiner sa mère. Elle trouve alors refuge dans une maison de passe d’un quartier populaire de Londres. Les années passent et la jeune femme continue de se prostituer pour 5 schillings. Un soir, Orwood arrive dans son hôtel pour la recruter. Cet homme mystérieux a décidé de créer un groupe de quatre cambrioleurs où la jeune femme tiendra un rôle essentiel : elle récupérera les informations lors de ses passes pour les futurs méfaits.

Orwood et Fanny vont ensuite chercher Lario à l’opéra, un castrat originaire de Venise qui a quitté la cité des Doges après avoir assassiné sa maîtresse et son amant et qui adore les substances interdites. Lui aussi aura un rôle précis dans la nouvelle bande : celui d’exécuteur.

Enfin, la quatrième personnages des Golden Dogs c’est Lucrèce, une jeune femme prisonnière, qui devait prendre un bateau pour le bagne. Arrachée à son gardien peu scrupuleux, son rôle n’est pas des plus défini.

Alors que les premiers larcins se soient déroulés sans anicroches, le groupe décide de s’attaquer aux Black Birds, un groupe qui règne en maître sur le Londres des bas quartiers.

Le lecteur connaît le talent immense de conteur de Stephen Desberg, notamment avec Sherman dont Griffo était chargé du dessin. Il s’avère qu’ici, nous restons sur notre faim. Les premiers cambriolages se déroulent sans soucis, ce qui semble d’ailleurs très surprenant, tant le scénariste nous avait habitué à mieux. Le récit trop classique est donc sans grande surprise. La mise en place des personnages était bien campé, laissant des ouvertures pour Orwell, Lucrèce ou encore le juge très autoritaire. Griffo, quant à lui, livre une prestation honorable et qui colle bien au Londres de l’époque victorienne. On préférera pourtant son style graphique dans La pension du Docteur Eon, Monsieur Noir ou encore Giacommo C. On espère que ce début de série poussif, prendra son envol tant le matériel est intéressant. Nous  le saurons rapidement, le tome 2 arrive en mars. En tout 4 tomes dans l’année 2014 pour boucler cette histoire.

  • Golden Dogs, tome 1 : Fanny
  • Auteurs : Stephen Desberg et Griffo
  • Editeur: Le Lombard
  • Prix: 14,45€
  • Sortie: 24 janvier 2014

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