Magazine Cuisine

Coup de sang...

Par Mauss
La caricature en matière de carte des vins trouve parfois ses limites...

C'est l'article de Nicolas de Rouyn sur la famille Marionnet qui m'y a fait penser (ici), avec cette citation amusante du fils de la famille :

"Les restaurants ne veulent plus de vin sans soufre. À part une dizaine de vinaigreries où je ne mets pas les pieds de toute façon. "

Et cette phrase m'a immédiatement renvoyé à une expérience faite la semaine dernière, dans un restaurant italien du 12e arrondissement de Paris, niché derrière le marché d'Aligre. Certes, le quartier est terriblement"bobo" (j'y habite) et j'aurais pu m'en douter. Mais ce coin fourmille aussi de restaurants inventifs, simples, et avec des vins "normaux".

 Alors, alléché par la carte de ce restaurant devant lequel j'étais passé à de nombreuses reprises, j'ai réservé. J'arrive en premier ( ce qui est normal, j'attends une dame...). Je demande la carte des vins pour attendre. Première surprise, sur une carte assez ramassée d'une quarantaine de noms, je n'en connais qu'un ou deux (Cos par exemple,  bio-dynamiste utilisant des amphores pour ses vinifications sur certaines cuvées). Je me dis que soit le propriétaire (un italien) est vraiment très curieux et sélectionne des vins peu connus aux bons rapports qualité prix, soit je risque d'être tombé dans une "vinaigrerie".

Je demande alors conseil pour un vin au verre.

Le premier blanc? "très très bon, avec un nez un peu spécial, ça sent le pourri, en bouche c'est très amer, mais c'est très bon, hein, vraiment". Ah? bon, je vais passer je crois.

 Le deuxième blanc? "surprenant, très complexe, bon le nez fait vraiment carrément oxydé, un peu passé vous voyez, mais en bouche c'est vraiment génial". Hum. Perplexité grandissante.

 Plutôt un rouge alors? "alors ça, c'est surprenant, bon c'est très trouble comme robe, des arômes puissants et assez terroir, animaux".

En désespoir de cause, j'ai pu me rabattre sur un Cannonau de Sardaigne, seul vin dont je pense que les standards de vinification me permettaient de le boire sans me pincer le nez. Mais quel vent de folie peut bien saisir des gens pour vous expliquer qu'un vin qui sent le pourri ou l'oxydation  à plein nez est "très très bon"? Et c'est d'autant plus dommage que la nourriture était par ailleurs excellente et plutôt créative: chittara aux oursins et à la poutargue, cochon roti cuit à point...

Comme Jean-Sabastien Marionnet, je crois que je vais me tenir à l'écart de cette vinaigrerie. Dommage pour la nourriture, mais on en trouve de l'aussi bonne ailleurs dans le même quartier, avec des vins civilisés ( la dernière fois que j'étais chez Rino, un peu plus haut dans la même rue, c'était très très bon en tous cas).
François R

Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Mauss 1569 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines