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MMav, rencontre avec deux hyperactifs passionnés

Publié le 29 juin 2014 par Unionstreet

MMav

Union Street : Salut les gars, bon trêve de plaisanterie, je ne commencerais pas par vous demander quel est votre parcours. Si je ne m’abuse vous sortez tous les deux de l’Université Paris 8, mais quelle a été la suite pour vous ? Vous y êtes encore ?

Rey : Ouais, je sortais d’un Bac L quand je me suis inscris à la fac. Je me suis arrêté en Master 1 car cela ne me plaisait plus vraiment… Mis à part le fait d’avoir rencontré Mutt en première année, la fac m’a permis de théoriser ma pratique. Maintenant je bosse chez Carhartt, j’économise afin de financer nos projets.

Mutt : Effectivement on s’est connus à l’université, en section Arts plastiques. Mais on a vite compris que l’enseignement proposé était insuffisant pour développer une pratique concrète. Du coup on s’est mis à travailler le dessin de notre coté, avec nos propres références. On reste des autodidactes et ce qu’on produit aujourd’hui est essentiellement le fuit d’une recherche personnelle. J’ai construit ma pratique tout seul, j’ai choisi mes influences, j’ai choisi mes outils, et j’espère bien continuer mon parcours dans les mêmes circonstances.

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Autodidactes jusqu’au bout !

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US : Vous pouvez nous résumer en quelques mots la success story qui est la vôtre depuis le temps ? J’ai cru comprendre que vous aviez pas mal exposé dans la capitale ?

R : Merci ! Bah écoute c’est difficile à dire, on a juste envie de faire beaucoup de choses. On est jamais vraiment satisfaits à 300%. Nous voulons toujours produire, trouver de nouveaux concepts, de nouveaux challenges. On a eu la chance d’exposer quelques fois oui. La dernière grosse exposition s’est tenue au Barbershop, c’était assez fou car on a pu rencontrer Larry Clark, le côtoyer toute un après midi et lui vendre des œuvres… Il fait d’ailleurs la couverture du dernier volume de notre magazine, Journal De Bord !

M : Les trois expositions à retenir sont sûrement celles de DC Shoes, Barbershop et puis SUPRA. A chaque fois, on a essayé de proposer des dispositifs qui s’adaptaient le mieux possible au lieu donné. Le principe n’est pas de faire un maximum d’expositions, ou d’exposer toujours les mêmes choses. Proposer de nouveaux produits est important pour nous, « exposer pour exposer » ne mène pas loin. Donc, oui on a pas mal exposé à Paris, mais le chemin reste devant nous.

Journal de bord MMav


US :
Pour en revenir à SUPRA, votre taff a tout récemment été mis à l’honneur dans la boutique du Marais, à Paris, vous pouvez nous en dire plus ? Comment est née cette collab ?

R : Ce sont de très bons potes à nous, donc la collaboration s’est produite vraiment naturellement. On avait en tête de faire quelque chose avec eux depuis pas mal de temps, après il faut trouver le bon timing etc… On a donc exposé dans la boutique 1 mois complet et surtout produit un visuel qu’ils ont ensuite réalisé sur des tee shirts en série très limité, disponible uniquement lors du vernissage!

M : Comme il l’a dit,  on connaissait déjà les gars de SUPRA. On  avait carte blanche, et on a pu produire les visuels qu’on voulait, sans contraintes. C’était juste du plaisir, et je dois bien avouer que je suis assez fière du tee-shirt qu’on a fait avec eux.


US
: Et avant cela, c’était pour DC Shoes ?

R : On baigne totalement dans la culture skate donc c’était vraiment un honneur de bosser avec DcShoes. On a produit 3 visuels, fait une exposition dans leur showroom et également produit notre premier magazine avec leur support.

M : La collaboration avec DC Shoes a une saveur particulière. Ils ont soutenu notre première « grosse » exposition, tout en proposant un partenariat sur la durée. La mise en place de l’exposition au Hub avait mis du temps, si bien que nous sommes devenus familiers avec le staff. Par la suite, ils nous ont permis de travailler sur d’autres projets, ils ont financé notre premier magazine, ils ont édité des tee-shirts avec nos visuels… Bref, nous restons encore aujourd’hui en bon contact.

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« On baigne dans la culture skate »

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US : Vous avez tous les deux des styles très différents et malgré tout, vous réussissez à les combiner sans souci, comment vous faites pour que cela fonctionne ?

R : Je n’en ai vraiment aucune idée. Je ne pense pas qu’on ait de recette spéciale, nos styles ne sont sans doute pas si différents que ça, je suppose. Avec le temps j’ai fini par faire confiance en ses choix graphiques et en ce qu’il pouvait m’apporter. Je pense que cela fonctionne car on a la même vision des choses. On s’exprime juste différemment.

M : Il est évident que nous avons une approche du dessin assez similaire. On travaille tous les deux sur les mêmes formats, avec les mêmes outils et avec une préférence pour le noir et blanc, ce qui facilite grandement l’unification des styles. Mais au-delà des outils, je pense qu’on a des pratiques complémentaires, avec des constructions qui se répondent. Les traits se combinent sans se mélanger et permettent à chacun de s’exprimer efficacement sans se nuire. A chaque interaction nous tentons de garder notre identité et il me semble que nous arrivons toujours à créer quelque chose de nouveau dans cet affrontement.


US :
Vous bossez toujours à deux sur une pièce ? Du coup, ça s’organise comment ? Vous brainstormez sur un concept ou c’est de l’impro pur jus ?

R : Quand on a commencé à bosser sur une œuvre en binôme, l’un de nous s’attelle au sketch de sa partie, tout en réfléchissant à ce que l’autre peut améliorer. Bien sur il y’a toujours cette étape de brainstorming, tout dépend du support qu’on utilise également. On a du faire de l’improvisation une ou deux fois, mais comme on est très méticuleux on préfère quand même prendre notre temps, réfléchir à tout en premier abord.

M : Les dessins faits en commun sont périodiques, ce qui permet d’éviter les répétions. On travaille sur une même œuvre quand on en ressent le besoin. Les idées viennent naturellement, maintenant on se connait assez bien pour envisager ce que l’autre peut produire. Les discussions en amont sont toujours assez rapides, on commence sur une idée de base et on voit au fur et à mesure comment le dessin évolue et ce que chacun peut y ajouter.


US :
J’ai pu observer vos travaux de manière bien distincte, un œil néophyte pourrait croire que ton travail, Rey, se rapproche plus de celui de l’illustration, de la BD, quand le tien, Mutt, ressemble plus à l’imagerie du tatouage… Ce sont deux domaines qui vous parlent ?

R : On est tous les deux influencés par le dessin au sens le plus large du terme. Que ce soit catégoriser par secteurs « illustration / tatouage / dessin contemporain » et j’en passe, ce qui nous intéresse c’est la technique, l’univers, la sensibilité qu’on peut percevoir dans une œuvre…

M : L’imagerie du tatouage me parle, mais çca n’a jamais été une vraie source d’inspiration. Comme dirait l’autre, je préfère ce que permet le dessin pur.

MMav


US :
On peut d’ailleurs voir pas mal de monstres, de drôles de créatures dans vos créations, mais quelles sont vos références et quelle est votre source d’inspiration numéro 1 ?

R : Bien sûr, nous avons chacun des références plus ou moins diverses. Pour ma part, j’étais vraiment captivé par l’univers de l’estampe Japonaise, par le tracé, l’équilibre, la façon dont ces artistes arrive à représenter un amas de choses d’une simple ligne claire et très précise. On pourrait vous citer une liste exhaustive d’artistes qui nous influencent, mais on en aurait pour une bonne heure ! Le fait de bosser avec Mutt m’a aussi permis d’évoluer, c’est une bonne stimulation, une compétition positive, le fait de se confronter sans cesse, j’en ai besoin pour avancer.

M : Personnellement, ma source d’inspiration première reste la gravure et plus particulièrement les travaux de Gustave Doré et des maîtres allemands. Mais effectivement on pioche un peu partout. De l’illustration contemporaine à la peinture du XVIe siècle, je pense qu’aucun de nous n’a vraiment de limite. Mais il clair que les figures monstrueuses sont récurrentes chez nous. En faite, je pense juste que ce sont des sujets agréables à dessiner, qui sont plus permissifs et qui ont tendance à s’opposer au réel. Les monstres se soumettent plus facilement à l’imagination et admettent naturellement un trait personnel.

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Estampe jap et gravures, ils piochent un peu partout

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US : Vous avez étudié l’art contemporain à la fac, cette culture de l’art de manière générale vous aide aussi à nourrir votre travail ?

Rey : La faculté m’a permis de théoriser mon travail. De pouvoir en parler de façon plus clair, en ayant des référents. Après pour ne pas vous mentir, cela doit remonter à plus de 3 ans et je n’ai pas remis les pieds dans une galerie depuis, si ce n’est pour acheter des magazines. Avec Internet et les bouquins j’arrive à trouver ce qu’il me faut quotidiennement, sans jamais rester sur mes acquis.

M : L’enseignement a servi dans un premier temps à avoir des « bases », pour acquérir une vision globale des tendances artistiques. Mais aujourd’hui, je pense que nous sommes assez pointus pour cibler précisément nos intérêts. Concrètement, je fais rarement de recherche à l’aveugle, je connais les mouvements et le types d’artistes qui sont susceptibles de m’aider dans mon travail. On trouve toujours de nouvelles références, mais je pense avoir construit le socle nécessaire pour avoir l’esprit serein dans mon approche du dessin.


US :
Bon, allez trêve de plaisanterie, c’est quoi la suite pour vous ? Une expo, de nouvelles collab à venir ?

R : Une soirée de lancement de notre magazine devrait se dérouler en Juillet si tout se passe bien. Il y aura aussi une grosse collaboration dans un avenir proche, mais on ne peut pas en parler pour le moment. Sinon, vous pouvez toujours suivre notre acte sur notre site, Instagram ou notre blog.

MMav US

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