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Hey Mother Death l’interview

Publié le 15 juillet 2014 par Hartzine

HMD playing Plan B Harald Hutter

Photos © Harald Hutter

La nuit recèle d’une musicalité bien différente de celle diurne : les sonorités sont plus profondes, pesantes, les caresses rythmiques plus mates, quant aux vocalises, elles se font plus intimes, sous le sceau énigmatique de la confession. La chanteuse et comédienne parisienne Laurence Strelka et le guitariste canadien Denma Peisinger s’escrimeraient à faire vivre leur projet commun Hey Mother Death de jour, coincé entre une immensité sablonneuse, un soleil de plomb et une mer de bleu, rien n’y ferait : nos rétines s’empourpreraient de cette encre obscure, délayant de son sang d’alcôve les artefacts de leur magie noire, entre instrumentation de velours et voix de satin. Et dans le rideau d’obscurité dressé, si la vision est obstruée, laissant libre court à toutes les fantasmagories, le sens auditif se trouve quant à lui décuplé : chaque résonance, chaque chuintement ou chaque stridence vitupère de sa condition retors une paisible courbe mélodique suspendue dans les limbes du temps et de l’espace. Le premier album du duo, Highway - sorti digitalement via leur propre label, Snake Power Records, le 24 juin dernier, présenté ici et disponible, libre d’obole et dont la moitié des dons est reversé à Amnesty international, via le site du groupe – se présente ainsi comme une virée sensible et personnelle aux confins de ténèbres ouatés, débarrassés de quelconque sentiment d’angoisse, où les rêves englobent la réalité et où l’étrange se meut en loi cardinale régentant l’écoute. L’étrange, entre exubérance et singularité, entre poésie et indicible, là où les quatre morceaux de cet Highway à la voilure cinématique se révèle inconsciemment, à mi-chemin entre les œuvres délirantes d’Alejandro Jodorowsky et celles à l’opacité tenace de David Lynch. The Hills, ode flottante et médusante à l’absence, est d’ailleurs mise en images selon ces codes et une esthétique VHS par Harald Hutter. Présentée en exclusivité ci-après, elle devance une entrevue longue à se dessiner puisqu’Halifax, en Nouvelle-Ecosse, fut récemment le théâtre d’une tempête tropicale laissant le couple dans la pénombre de quelques nuits sans électricité.

Vidéo (PREMIERE)


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