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Poemes et problemes

Publié le 01 août 2014 par Amandine97430
POEMES ET PROBLEMES

(Source:http://ecx.images-amazon.com)

De: Vladimir Nabokov

Quatrième de couverture des Éditions Gallimard: «  Il est temps, nous partons – pleins de jeunesse encore,avec un lot de rêves non rêvés,avec sur les rimes phosphorescentes de nos derniers vers la dernière clarté pâle de la Russie ».

C’est en 1970 à Montreux, à l’heure des bilans, que ce recueil de poésie en russe et en anglais – présenté ici dans une édition trilingue – fut conçu et minutieusement ajusté par Nabokov. Composé de textes écrits au fil des années, donnés dans l’original russe et en auto traduction, il forme une œuvre à facettes où les langues jouent entre elles comme les pions sur l’échiquier, sous la commande de l’intelligence. Mieux qu’ailleurs, mieux même que dans Ada, le grand roman du souvenir, on devinera ici la «tige secrète» de l’œuvre de Nabokov : la poésie, les échecs, la Russie de l’enfance et celle de l’exil, le silence et la mémoire, la jouissance toujours renouvelée des mots, tempérée de tristesse, d’ironie et d’une probité très particulière. Un livre rétrospectif dont la forme elle-même est un aveu et une profession de foi, quand «parler de mots», c’est affirmer l’espoir de «mondes bien faits» où «tout va ensemble», comme dans le vers de la poésie russe.

 MA CHRONIQUE

Je dois avouer que d’ordinaire je ne suis pas une grande fan de poésie. En même temps, mes connaissances à ce sujet se limitent aux œuvres étudiées au cours de ma scolarité notamment au lycée avec par exemple Les fleurs du Mal de Baudelaire ou encore Les Planches Courbes de Yves Bonnefoy.

D’où me vient alors cette supposée aversion ou plutôt réticence pour la poésie? Je n’en ai aucune idée; je ne pense pas qu’il s’agit d’une question d’aimer ou pas au final. En fait, comparé à un texte classique, j’ai beaucoup plus de mal à entrer dans une poésie. La forme m’accapare tellement avec les rimes et cie que le fond m’échappe parfois. Je m’attarde tellement sur chaque mot, chaque vers ou encore strophe que ça en perd tout son charme. Je dirais même que cela dénature le texte, l’enlève tout plaisir et tout charme. Mais, ça c’était avant!

Depuis, j’ai découvert Vladmir Nabokov et ce fut une révélation. Cette dernière va t-elle durer? Rien n’est moins sûr cependant car après lui, j’ai essayé Sylvia Plath mais la saveur était différente. Je n’ai pas pu fini son recueil de poème et pourtant, celui qu’elle a intitulé « A la verticale » m’a beaucoup impressionné. Peut-être qu’un jour, je retenterai la chose et ce, dans de meilleures conditions. Le prochain sera sans aucun doute Keats car il me fait de l’œil depuis longtemps.

Bon c’est bien tout ça mais revenons à notre sujet du jour: Vladimir Nabokov. J’ai connu ce dernier par le biais de Joyce Carol Oates ( j’aime bien cette façon de dire les choses, c’était comme si je connaissais les deux auteurs personnellement). La romancière y fait effectivement allusion dans son livre, la foi de l’écrivain. Jusque là, j’avais seulement entendu parler de Nabokov ici et là mais sans plus. En fait, je ne lis pas d’auteurs russes et c’est une terrible erreur je pense. D’ailleurs, je suis religieusement les conseils de JCO de lire d’autres univers, d’autres auteurs. C’est d’ailleurs un besoin assez fréquent dans ma vie de lectrice ces derniers temps. Voir autre chose, découvrir autre chose. Être dépaysé, être surprise tout simplement.

Ce fut totalement le cas avec, Poèmes et Problèmes. Pourquoi celui-là et pas un autre? Je ne sais pas c’est juste l’instinct, le flair (presque) infaillible d’une lectrice. Dés les premières pages, j’ai eu le coup de foudre et miracle, la forme ne m’a posé aucun problème. En effet, j’étais aussi séduite par elle que par le contenu. Tout avait l’air d’être à sa place subtilement sans sauter aux yeux ni lui échapper. Chaque soir, avant de me coucher, je lisais plusieurs poèmes et je me faisais toujours le grand plaisir de toujours finir par mon préféré, A la liberté. D’autres ont suivi mais celui là m’a le plus marqué et c’est celui aussi qui me poursuit.

A la liberté

Lentement tu t’en vas par les rues insomniaques;

sur ton front attristé le rayon s’est éteint

qui conviait à l’amour, aux lumineux sommets.

A ta main frissonne un flambeau consumé.

Traînant parmi les morts ton aile fracassée,

Et te voilant les yeux d’un coude ensanglanté

A nouveau tu t’éloignes, à nouveau abusée,

Derrière toi, hélas, se referme la nuit.

 Vladimir Nabokov (Crimée, 1917)

 Je pourrais m’arrêter là tellement c’est beau tellement c’est magique. Tellement tout ce que je pourrais dire ne pourra exprimer ni démontrer un tel talent. Mais, je n’en ai pas vraiment envie car j’ai vraiment envie de vous parler de ce grand poète russe justement. Vladimir Nabokov voit le jour en 1899 à Saint-Pétersbourg. Il passera toute son enfance en Russie mais se voit obligé à l’âge de 17 ans de quitter son pays suite à la révolte russe. De Crimée à Athènes, l’écrivain finira par poser ses valises aux États-Unis en 1940 pour y fonder sa famille. En 1945, il est naturalisé américain; parallèlement à cela, il commence à se faire remarquer professionnellement avec la publication de D’autres rivages. La consécration arrivera quelques temps plus tard avec son sulfureux et polémique roman, Lolita.

Vous devez vous demandez pourquoi je vous parle de l’histoire de Nabokov d’autant que « ma » biographie est très expéditive et très amputée. Seulement voila, je voulais vous parler de qui est important, de ce qui à mon sens a influencé ses œuvres ou tout du moins celui-ci. Nul doute, que son exil forcé (y a t-il seulement des exils voulus?!) l’a profondément marqué. Quitter son pays natal a été semble t-il un des pires moments de son existence. Perte ou/et vol de son identité, de son histoire, de ses racines. La guerre, les politiques n’échappent pas non plus à la critique ni à la souffrance d’ailleurs. La guerre ne semble jamais vouloir se terminer, elle donne l’impression de toujours faire des victimes même des années après. Tant de vies volées, tant de sang qui a coulé, tant de destins figés et condamnés au néant et à la fin de tout. La mort est omniprésente; et s’oppose à elle, un temps une Russie où il faisait bon de vivre et de s’aimer. Une terre de tous les possibles, une terre qui n’avait pas à avoir honte de qui elle est ni ses dirigeants. Désabusé, l’auteur l’est par moment mais d’un autre côté, il m’a semblé que ce recueil était quelque part un travail de deuil, de renoncement aussi.

J’ai complètement été happé par la prose de l’auteur, par la fluidité de son style. J’ai trouvé l’ensemble plutôt accessible même si certainement, je suis passée à côté de certains choses. En outre, une fois dedans, je n’avais pas l’impression d’être dans une poésie mais dans plusieurs petites histoires. La sienne et des inventées. Je n’ai eu aucun mal à en faire partie même si je n’étais qu’un observateur. Un observateur admiratif, attentif et avide cependant.

Ce qui est paradoxal, c’est que Vladimir Nabokov ne se considérait pas comme un bon poète; et vénérait plus que tout, Tolstoï qu’il considérait comme un des plus grands écrivains de son temps. Je ne peux pas comparer car je n’ai pas encore (j’insiste sur le « encore ») lu Tolstoï (sacrilège diraient certains) donc je ne serai dire s’il a raison ou pas. En revanche, je peux dire que Nabokov est un grand poète(et surement un grand écrivain également), un ces auteurs qui donnent sans compter et qui ne vous quittent jamais.

20 SUR 20


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