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GRAPHISTE DU MOIS : Guillaume bonte (96), musique & graphisme

Publié le 31 août 2014 par Unionstreet

Guillaume Bonte

Salut Guillaume, première question pour briser la glace et te présenter à nos lecteurs, je dois t’appeler Guillaume, ou 96 ?

96 !

Ca vient d’où ce « surnom » ?

Mes initiales : 9 pour le G (minuscule), 6 pour le B (minuscule aussi). Et là, généralement les gens sont déçus.

Tu es fondateur et co-créateur de deux labels, mais également graphiste : comment tu fais pour cumuler ces multiples casquettes ?

Multiples, oui et non. Musique et graphisme sont juste des hobby qui ont pris une certaine ampleur mais ont toujours été étroitement liés. L’activité de graphisme purement freelance mais déjà en lien avec la musique s’est fusionnée avec celle de directeur artistique pour Soulection puis Cosmonostro donc le surcroit d’engagement est à relativiser, juste le cadre à changer. Je ne cours pas après les opportunités, je m’efforce juste de répondre présent. En pratique, je ne fait pas de grasses matinées, je ne reste jamais oisif et j’ai le soutien de ma chère-et-tendre.


D’ailleurs, d’aussi loin que tu te souviennes, c’est quoi ton premier souvenir « musical » ? Et « artistique » ?

La berçeuse ‘Doucement s’en va le jour’ pour le premier souvenir ; Wild Bill Davis – ‘Ooh Ah Dee Dee Dee’ pour le coté musical à proprement parler. Concernant le coté artistique, définitivement les peintures de feu mon Grand-père.

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96 VS Union Street

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Pour toi, quel est le lien qui relie l’univers de la musique à celui du graphisme ?

Le même lien qui relie un livre à sa couverture. Ca offre un support et une ouverture vers l’univers littéraire ou musical. Le but est d’offrir une interprétation avec l’espoir que cette communication audio-visuelle fasse sens pour tout le monde.


Avec quel univers es-tu le plus à l’aise ? 

Je n’ai de légitimité ni dans l’un ni dans l’autre donc je me trouve dans une position assez libre en dehors de toutes normes qui auraient pu m’être données. La démarche graphique reste la plus personnelle puisque je produis de bout en bout ce qui n’est pas le cas de la musique qui m’offre du coup distance et détachement.

Question graphisme, tu te sens un peu plus bridé du coup ? Pourtant tu parlais d’interprétation, donc logiquement tu n’as aucune contrainte ?

C’est vraiment le contraire : pour la musique, je suis le juge – Pour le graphisme, je suis jugé. Je ne porte pas le même regard sur mon travail et sur celui de quelqu’un d’autre. La bride, c’est mon exigence envers moi-même. Le respect de l’autre et de son travail donne un certain confort. Il faut abandonner le contrôle au profit de la confiance et de la maîtrise ce qui change tout. Parra a écrit « I really like it but could you change the colors & the design? » et ça résume bien le problème actuel ou tout le monde se découvre une expertise. Face à un graphiste, je vais voir la technique et alors avoir la tentation à laquelle il va falloir résister de projeter ma façon de faire. J’ai beaucoup moins cette problématique avec ma casquette de producteur exécutif face à un beatmaker…

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« Comment ? » VS « Pourquoi ? »

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Te sens-tu artiste ou artisan du coup ?

Je préfère définitivement artisan. La question qui sous-tend le travail de l’artisan, c’est « Comment ? » Pour l’artiste, c’est « Pourquoi ? » Sachant répondre à la première mais pas à la seconde : je me classerais par défaut comme artisan. C’est aussi moins galvaudé et ça fait davantage appel à une démarche d’honnêteté et de recherche. Tout le monde possède Photoshop et se dit artiste comme tout le monde possède Traktor et ce dit DJ.

Quelle seraient les qualités d’un véritable artiste alors ?

C’est une question irrésolue. J’ai toujours en tête ce distinguo en arts majeurs qui supposent une éducation et mineurs pour lesquels c’est dur d’être définitif puisque beaucoup plus protéiforme. Surtout quand on arrive au moment où l’on peut définir le défaut volontaire dans une œuvre comme une qualité. Reste une notion d’engagement dans la créativité et culture à l’heure où être artiste, c’est utiliser une photographie qui t’appartient pas avec une police d’écriture gratuite que t’as pas créée et te créditer pour ce dur labeur.

Quels sont tes artistes « maîtres », ceux dont tu ne peux t’empêcher d’admirer le travail ?

J’ai toujours adoré Mœbius, Giger mais le terme « maîtres » me gène parce je ne me sens pas comme issu d’une lignée. Mais pour répondre, disons que je perds pas mal de temps à admirer le boulot de contemporains comme Dan McPharlin, Adam Ferris ou encore Nate James.

Pour quelles raisons ?

Ils ont développé leurs esthétiques et leurs codes et les réinventent. Et accessoirement, c’est beau.

Pour finir, c’est quoi ton actu pour la rentrée 2014 qui s’annonce ?

Des artworks, des logos, des polices d’écriture et peut-être mon projet le plus important à date…

Guillaume Bonte

96

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