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Le Pérugin, Maître de Raphaël, au musée Jacquemart-André

Publié le 19 septembre 2014 par Mpbernet

affiche

Pietro Cristoforo Vannucci (né autour de 1450 – mort en 1523), originaire de Pérouse, capitale de l'Ombrie, fut le peintre qui, selon Giorgio Vasari, a joui sur la fin du siècle de la plus grande autorité en Occident.

Largement éclipsé ultérieurement dans la mémoire collective par ses contemporains (Boticcelli, Da Vinci, Michel-Ange), on a du mal à se figurer sa renommée et sa fortune de son vivant, le fait qu'il se partageait entre ses différents ateliers de Florence, Pérouse, voyageait à Rome, Venise …

Cette exposition nous permet de combler bien des lacunes en réunissant de façon exceptionnelle cinquante œuvres, dont une dizaine de Raphaël, l'élève hyperdoué …

Et pour nous le souvenir ėbloui d'un voyage en Ombrie et en particulier à la Galerie Nationale de Pérouse, et la visite d'une des oeuvres majeures de ce peintre in situ : les fresques de la loge des changeurs, qui manquent un peu ici ...où on deroule un court résumé du parcours d'une longue carrière : Le Perugin entre en apprentissage dans l'atelier de Verrocchio avant 1470. Sa réputation égale bientôt celle de Sandro Botticelli, Filippino Lippi, Ghirlandaio, Signorelli qui tous travaillent aussi pour Laurent de Médicis. En 1479, il est appelé par le pape pour coordonner les travaux de la Chapelle Sixtine.

Francesco-delle-Opere

Raphaël, qui a 17 ans, entre à l'atelier du Perugin en 1500. Il saura s'inspirer du talent de son maître, alors à son apogée, et le porter à des altitudes infinies, car la parenté stylistique entre les deux artistes est évidente.

Sur la fin de sa carrière, on trouve soudain toutefois le style du Pérugin démodé, répétitif. On dit qu'il se contente de superviser la production de ses ateliers, en redoutable homme d'affaires.

Il aura certainement introduit dans cette époque de la Renaissance, une nouvelle manière de peindre, avec en arrière-plans des paysages pleins de poésie, la merveilleuse douceur des compositions, des couleurs dorées, des portraits d'une merveilleuse vérité.

Quel plaisir de s'attarder dans la salle des madones … on peut y comparer la sienne et celle de Botticelli, qui datent de la même année : le visage de la vierge est plus réussi chez Le Pérugin, celui de l'enfant est plus avenant chez Botticelli …

combatamourchasteté

Je suis bien moins enthousiaste sur les œuvres profanes, comme le tableau « Le combat de l'Amour et de la Chasteté », sauf sans doute pour le paysage d'arrière-plan, ou le petit tableau représentant Apollon et Daphné, pour lequel on dit que Laurent de Médicis aurait prêté ses traits. En revanche, on reste subjugué devant la sobriété attentive du portrait de Francesco delle Opere, un riche artisan, ou plus tardif, celui de Marie-Madeleine, peint après le voyage de Pérugin à Venise.

Pietro_Perugino

Une exposition à déguster longuement, de très près … ah, les merveilleuses prédelles de l'avant-dernière salle ...où l'on apprend beaucoup sur cette époque fantastique qui voit se fracasser des génies plus novateurs les uns que les autres, bénéficiant de commandes éclairées de mécènes – Laurent le Magnifique, Francesco della Rovere, les Sforza, Gonzague, Este, doges et papes …

L'exposition vient d'ouvrir ses portes, il n'y a pas encore trop de monde le matin … Cela ne durera sans doute pas !

Le Pérugin, Maître de Raphaël, au musée Jacquemart-André, 158 boulevard Haussmann, 75008 Paris, jusqu'au 19 janvier, ouvert tous les jours de 10h à 18 h. 12€,


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