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Pride

Par Onrembobine @OnRembobinefr

[Critique] PRIDE

Titre original : Pride

Note:

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halfstar [Critique] PRIDE

Origine : Royaume-Uni
Réalisateur : Matthew Warchus
Distribution : Bill Nighy, Imelda Staunton, Paddy Considine, Ben Schnetzer, George Mackay, Dominic West, Andrew Scott, Joseph Gilgun, Jessica Gunning, Faye Marsay…
Genre : Comédie/Drame
Date de sortie : 17 septembre 2014

Le Pitch :
1984, Royaume-Uni. Des groupes de mineurs sont en grève et Margaret Thatcher est au pouvoir. À Londres, un groupe de militants pour les droits des homosexuels décide de s’unir aux grévistes et de se mobiliser pour récolter des fonds. D’abord réticents, les mineurs finissent par accepter cette aide importante et tous vont s’unir pour défendre les deux causes. Histoire vraie…

La Critique :
Pride traite d’un sujet assez peu connu de l’histoire contemporaine d’Angleterre et du Pays de Galle. En effet, si tout le monde a déjà au moins une fois entendu parler de Margaret Thatcher, dont la vie fit l’objet d’un film intitulé La Dame de Fer, sorti en 2011 (avec la brillante Meryl Streep), très peu par ailleurs connaissent le conflit des mineurs grévistes qui s’unirent aux protestataires du mouvement pour les droits des homosexuels en 1984. Pride est donc basé sur des faits réels.

« LGSM – Lesbians and Gays Support the Miners ! »

L’époque Margaret Thatcher a marqué l’Angleterre par un conservatisme ferme et une politique libérale extrême, et c’est dans ce contexte historique tendu que le réalisateur de Pride nous amène. Prenant pied dans un climat difficile, le film est cependant tout sauf plombant, et il s’en dégage une légèreté ahurissante au vu du thème traité. Cette légèreté est principalement rendue grâce à la présence de nombreux jeunes protagonistes tous aussi imprégnés de leurs rôles les uns que les autres. À commencer par Ben Schnetzer (également vu dans La Voleuse de Livres en 2013) dans le rôle du leader charismatique Mark, tout bonnement excellent, ou encore George Mackay dans les bottes du jeune homme timide Joe qui tâtonne mais qui ne tardera pas prendre son envol. Côté mineurs la distribution reste épatante, Bill Nighy en tête ! Accompagné par la sympathique Imelda Staunton que l’on récemment vu dans Maléfique, et qui se démarque ici franchement de son rôle de professeure tyrannique dans Harry Potter. Sans oublier Paddy Considine évidemment, authentique et touchant. Un casting général très classe et absolument investi, dont il est possible de citer tous les noms, mais on relèvera également pour terminer sur ce point la très bonne interprétation de Dominic West. Il n’y a de toute façon aucune fausse note dans la distribution, et tout le monde est impeccable.

Par ailleurs le film fait preuve de qualités artistiques indéniables. La photographie soignée rend très bien l’époque de l’histoire, la bande-son est formidable de bout en bout et la mise en scène profondément géniale ! Autant d’atouts qui font de Pride un film devant lequel on passe un très bon moment, mais que l’on aura certainement envie de revoir, et qui nous marquera bien plus qu’il n’y paraît.

Un film foncièrement joyeux

Pride est fantastique car il est tout simplement joyeux. Drôle, réjouissant et extrêmement bien rythmé, notamment par une bande son détonante comme dit plus haut, il enchaîne les scènes et les plans sans jamais lasser. Et si cela peut paraître dispensable d’insister sur ce point, ils sont tout de même rares les films engagés voulant transmettre un message, sur un ton humoristique aiguisé. C’est un point qui mérite d’être souligné.

Un feel-good movie donc ? Oui, mais pas que …

S’il y a beaucoup de légèreté dans tout ça, le film de Matthew Warchus ne manque pas d’aborder des thématiques sérieuses et graves. La finalité est d’ailleurs particulièrement poignante et ancre le métrage dans une authenticité et une réalité bien palpables. Les moments de légèreté sont alternés avec de très beaux moments de sincérité et de tendresse qui inscrivent ce long-métrage manifeste dans une dimension beaucoup plus noble que sa bande_annonce ne laissait présager.

Du cinéma anglais engagé

Et dans toutes les thématiques abordées par le film on retrouve de nombreuses problématiques comme le conflit générationnel et social, ou encore les différences entre le mode de vie à la ville et à la campagne qui induisent des antagonismes culturels. Autant de thèmes qui sont ici traités avec finesse et qui font la richesse du propos. Chaque personnage est dessiné avec justesse, et fait avancer l’histoire. Au-delà des caractères respectif qui s’entrechoquent les uns les autres, c’est la découverte d’un terrain d’entente, l’échange et le partage qui l’emporteront. Dans cette réalité parfois dure et froide des années 1980 au Royaume-Uni, on entrevoit également le monstre tapi dans l’ombre qui deviendra quelques années plus tard l’un des fléaux sanitaires les plus graves du monde, à savoir le sida. Dépeindre le réalisme social est un genre particulier dans lequel le cinéma anglais est assez doué, et s’il ne le fait pas à la manière d’un Ken Loach ou d’un Stephen Frears, Matthew Warchus s’inscrit tout de même en partie dans cette veine.

Pride n’est jamais plombant. Il est complet. Il illustre un savant mélange d’humour et de drame. Le rendu est explosif et respire la bienveillance. Totalement jouissif, Pride se dessine par le biais d’une perspective qui rend le traitement de la multiplicité des sujets, brillant. Pride offre un immense message de positivité et d’optimisme dans le combat pour les idéaux, et égratigne au passage toute forme d’intolérance.

@ Audrey Cartier

Pride cast [Critique] PRIDE
Crédits photos : Pathé Distribution


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