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Womex 2014 ( Edition 20) jour un - Santiago de Compostela - le 23 octobre 2014

Publié le 27 octobre 2014 par Concerts-Review

Charles Eloy.

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Womex 2014 - Jour 1 – jeudi 23 octobre

Womex est le plus important marché de musiques du monde avec des délégués du monde entier et des concerts répartis sur 3 jours . Chaque année Womex se déroule dans un lieu différent. Cette année, la ville de Saint-Jacques de Compostelle en Espagne est à l’honneur.

Pour les professionnels, c’est le travail, mais également une ambiance de vacances avec des températures voisinant les 25 degrés durant la journée.

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 Madeeh (Malaisie) – Daycase stage

En guise d’ouverture des showcases de la journée, le groupe MADEEH du groupe ethnique Bidayuh qui vient de la région de Padawan, non loin de Kuching, une ville en Malaisie. Nous trouvons de cette région de longues maisons qui sont habitées par plusieurs grandes familles. Le nom de Madeeh signifie cousins, parents, fraternité et les traditions sont transmises oralement.

Les trois musiciens sur scène nous ont dévoilé quelques secrets de leur musique et culture ancestrale.

Le Pratuokng, l’instrument principal est une cithare à 5 cordes construite à partir du corps d’un tube de bambou, est joué par le musicien du centre. Arthur Borman « Bai Kis » Kanying.

Le groupe est conduit par ce dernier, un expert de l’histoire de du groupe ethnique Bidayuh qui joue plutôt les parties mélodiques, tandis que les deux autres musiciens jouent des percussions de base sur un gaduok (tambourin en bambou) sur un second pratuokng pour des accompagnements . Les musiques sont répétitives qui traduisent le rythme de vie dans cette région. Elles ont la faculté de mener à un état de transe.

Le groupe débute le concert avec la chanson de l’aigle. Nous écoutons ensuite une composition dédiée aux bienfaits de notre terre-mère.

Il nous explique qu’il va chanter une chanson de victoire. Ses ancêtres étaient des coupeurs de têtes redoutables.

Le rythme est festif et contraste avec sa voix baryton pleine de tristesse. Il m’a intrigué. Je lui ai posé la question « pourquoi chantez-vous la victoire sur un ton mineur et triste ».

Il me répond « normalement les hommes vont les voix basses et les femmes en groupe chantent d’une manière festive »

J’ai compris de suite, au 19e siècle et début du 20e siècle, ce n’était pas l’endroit idéal pour passer des vacances ou faire des expéditions détruisant leur environnement forestier qui se pratiquent malheureusement de nos jours à une échelle mondiale.

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 Paolo Angeli (Italie) – Daycase stage

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PAOLO ANGELI est un esprit universel qui me fait penser à Leonardo da Vinci. Restons modeste tout en reconnaissant les talents multiples de cet artiste.

Il nous réserve de nombreuses surprises avec sa guitare préparée. Durant une dizaine d’années, il a été l’élève du maître-guitariste sarde Giovanni Scanu. Il nous raconte qu’il a habité près d’une base américaine en Sardaigne, écouté Jimmy Henrickx et que Sardaigne étant une île, il faut avoir une ouverture vers le monde pour ne pas rester isolé. Tous ces éléments ont forgé une version culturelle , ainsi qu’une approche non conventionnelle de son instrument.

Cette guitare hydride qui contient des éléments de guitare, violoncelle, percussions, batterie alimentée par des moteurs, hélices, pédaliers et martelets permet à Angeli Paolo, un magicien des sons de nous offrir un concert durant lequel la musique traditionnelle sarde et méditerranéenne mélangée à celle d’avant-garde (free jazz, pop minimal, néo folk) reste accessible par l’émotion qu’elle dégage.

Nous découvrons son univers de poésie dans ses chansons et son univers d’expérimentation et d’imaginaire dans les morceaux sans paroles. Les innovations techniques de sa guitare préparée ne sont pas des gadgets, mais des outils qui contribuent à générer des sources de créativité. Le guitariste américain Pat Metheny joue également sur une guitare préparée inspirée de celle de Angeli Paolo.

Madeeh et Paolo Angeli ont attiré de nombreux professionnels durant leurs prestations scéniques sur le Daycase stage

Guayo Cedeno and Coco Bar (Honduras) – Twin stage A

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La soirée commence avec le groupe GUAYO CEDENO &COCO BAR qui puise son inspiration dans la musique du début des années ’60 avec référence à Dick Dale, le roi du surf rock. Le jeu de Guayo est plus nuancé et moins puissant. Vous y ajoutez quelques couleurs latines et l’univers musical du groupe Guayo Cedeno et Coco Bar est partiellement défini, je précise, pour ce concert. Le musicien et ami Aurelio Martinez accompagne durant une partie du concert.

Une musique agréable à écouter. Il fait quelques incursions dans le merengue qui incite le public à danser au devant de la scène. Les 45 minutes de concert ne suffise pas à connaître les multiples talents de Guayo Cedeno qui adapte son jeu de guitare à des styles de rock, jazz ou guitare acoustique

 Spiro (Grande-Bretagne) – Twin stage B

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Après deux décennies de travail, le groupe SPIRO mérite la reconnaissance. Je pensais que c’était l’un des groupes qui venait amuser le public. Dès la seconde composition, Spiro incorpore des éléments se référant à Steve Reich et Philip Glass et autres éléments de la musique classique contemporaine.

Le quatuor (violon, accordéon, guitare et mandoline) nous amène sur des chemins spirituels. Leurs compositions sont truffées de disharmonies tout en assurant une continuité musicale ne dérangeant pas l’écoute. La musique traditionnelle folk est traitée d’une manière contemporaine. Leurs arrangements sont soignés avec des nuances nous faisant rêver aux paysages accidentés de l’Angleterre.

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 La Chiva Gantiva (Colombie/Belgique)– Théâtre principal

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LA CHIVA GANTIVA, composé de sept joyeux lurons de nationalité colombienne, belge et française, complètement délurés nous fait rentrer dans leur univers. Une sonorité qui déchire en innovant leur musique traditionnelle: une section cuivre avec le trio classique rock batterie, basse, guitare, épicée aux rythmes de la cumbia, currallao ou mapale. Un débit de punk-funk, de rock latin, d'énergie exubérante, des traditions afro colombiennes habillées dans des sonorités cosmopolites. Un style que La Chiva Gantiva définit comme étant du pfunkcore.

Le guitariste solo de Felipe est influencé par les jeux de guitare de Carlos Santana, de guitaristes de Race against the Machine, King Crimson ou de Marc Ribot qui accompagne Tom Waits durant les tournées et est présent sur les albums de Norah Jones, Tricky. Le théâtre principal étant un endroit pour des concerts plus classiques. La tentation est grande, Felipe nous joue un court morceau avec une technique de guitare classique. Un musicien polyvalent comme tous les membres de La Chiva Gantiva.

Deux musiciens sympathiques aux cuivres viennent parfois animer le concert au-devant de la scène.

Dès les premières notes de leur set, le ton est donné. Je ressens cette relation particulière qui s'installe petit à petit entre les musiciens et le public.

Natalia, la percussionniste est à l'image de Sheila E, qui accompagnait Prince. Non seulement elle chante, mais elle nous produit un numéro de danse colombienne avec le batteur et le chanteur, Rafael Espinel qui passe aux percussions. La foule est en extase quitte les fauteuils et danse d’allégresse devant la chorégraphie pleine de sensualité de la bomba latina. La Chiva Gantiva nous offre une musique transe afro colombienne avec une dose d’adrénaline bienfaisante qui libère le corps et l’esprit.

Une partie de la Setlist : Amamar, Pelao, La Pecosa, El chenche, Pa que gozen, Apretao, El valor

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Un bon début pour la série de concerts des jours suivants.


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