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Art conceptuel

Publié le 23 novembre 2014 par Aelezig

L'art conceptuel est un mouvement de l'art contemporain apparu dans les années 1960 mais dont les origines remontent aux ready made de Marcel Duchamp au début du XXe siècle. L'art est défini non par les propriétés esthétiques des objets ou des œuvres, mais seulement par le concept ou l'idée de l'art. Il s'oppose ainsi à la définition dominante de la beauté artistique avant le début du XXe siècle, exprimée par Emmanuel Kant dans la Critique de la faculté de juger, selon laquelle "le beau est ce qui plaît universellement sans concept".

L'art conceptuel n'est pas une période précise de l'art contemporain, ni un mouvement artistique structuré ou un groupe d'artistes précis.

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1961 - Robert Rauschenberg - Portrait of Iris Clert

La première exposition regroupant de nombreux artistes conceptuels, Quand les attitudes deviennent forme, a lieu entre le 22 mars et le 27 avril 1969 dans la Kunsthalle de Berne. C'est aussi en Europe que Catherine Millet commence à parler d'art conceptuel avec la première grande manifestation d'un mouvement artistique nouveau composé essentiellement de Nord-Américains.

Ce serait l'artiste américain Henry Flynt qui aurait été le premier à utiliser l'expression concept art, comme titre d'un texte sur la musique paru dans un recueil, Fluxus : Anthology, en 1961. Or, cette expression est loin de la définition donnée par Joseph Kosuth « l'art comme idée en tant qu'idée » ou par le groupe Art and Language.

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2008 - Jacek Tilicki - Give if you can, take if you have to

Kosuth date l'origine de l'art conceptuel des ready made comme Porte-bouteilles (1914) ou Fontaine (1917) de Marcel Duchamp. La tendance remonte également à des peintures telles que la série Carré blanc sur fond blanc (1918) de Kasimir Malevitch ou, plus récemment, avec la création de l'Art infinitésimal (1956) d'Isidore Isou qui proposait l'exploration de données esthétiques purement virtuelles, à imaginer.

De telles œuvres constituent selon certains la forme la plus pure de l'art tel que le définissait Emmanuel Kant, ou tel qu'en parlait Léonard de Vinci en affirmant que « La pittura e cosa mentale ».

L'art conceptuel ne se soucie en apparence plus du savoir-faire de l'artiste ni même de l'idée qu'une œuvre doit être « finie » car l'idée prime sur la réalisation : certains artistes ne proposent par exemple que des esquisses de ce que pourrait être l'œuvre ou encore des modes d'emploi permettant à tout un chacun de réaliser l'œuvre, c'est l'idée qui a de la « valeur », pas sa réalisation.

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Barbara Kruger - Installation

Avec l'art conceptuel, on assiste, pour la première fois dans l’histoire de l'art, à une « expression artistique » qui peut en réalité se passer de l'objet.

On a trop souvent confondu l'art conceptuel avec une activité astucieuse se développant autour d'envoi de messages elliptiques pour ne pas insister sur le caractère analytique de cet art.

Valéry disait que le seul réel dans l'art c'est l'art et Ad Reinhardt que l'art est art-en-tant-qu'art... Cette loi correspond bien à une autodéfinition de l'œuvre d'art, ce qui par essence sera la règle des artistes conceptuels : pour eux aussi l'art ne doit être qu'une exploration de lui-même.

Avec sa variante, l'art minimal, qui met l'objet en scène dans un décor plus ou moins épuré, on peut considérer que l'art conceptuel est un élargissement de ces deux préoccupations. En effet, le regard qui analyse d'abord l'objet puis va circuler ensuite vers son contexte de présentation, idéologique, psychologique ou philosophique.

Les artistes conceptuels n'ont jamais constitué un groupe homogène. Globalement, deux tendances se sont affirmées dès le début : la première opte pour l'intérêt que suscitent les mathématiques, la sémiologie, la philosophie ou la sociologie, tandis que la deuxième privilégient des propositions ayant une forte charge poétique liée à l'imaginaire et à l'éphémère. On trouve aussi des œuvres synthétisant ces deux tendances, notamment celles d'artistes américains comme Vito Acconci, Carl Andre, Nancy Holt ou encore Robert Smithson, ces derniers prolongeant les expérimentations linguistiques de la poésie concrète.

Richard Long réalisa une marche entre le 19 et le 22 mars 1969 qu'il présenta à l'exposition Quand les attitudes deviennent forme sous la forme d'une feuille blanche rectangulaire indiquant son nom, une date et le titre de l’œuvre. Mais pour l'artiste anglais, connu pour son engagement dans le processus de la marche et ses milliers de kilomètres parcourus, la réalisation est incontournable...

D'après Wikipédia


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