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Bienvenue en Sibérie

Publié le 30 novembre 2014 par Montagnessavoie
Je ne pars pas en voyage demain pour la Sibérie, fait bien trop froid. Avec 10 degrés en France je trouve le moyen de choper des engelures, alors le nord, très peu pour moi. Arte s'est donc chargé de m'y emmener, tous frais payés, en me laissant le loisir d'être bien installée sur mon canapé, dans mon salon chauffé. Ce n'est pas le thème, cet Allemand qui est dans le business du prêt-à-porter et qui part développer une filiale de sa marque au fin fond de la Russie, qui m'a donné envie de regarder. Ce sont les extraits. Le résumé disait "comédie". J'y suis allée. Un peu longuet, peut-être, un peu naïf. Quoique. Dans l'ensemble, cela donne une parfaite idée, à travers une situation commune, des tiraillements et des conséquences qu'un choix ou un autre entraînent. La situation qu'on a tous connue, c'est de tomber amoureux (se) de quelqu'un d'exotique. Les questionnements qui s'ensuivent, inévitablement : tout plaquer ou retourner tranquillement chez soi, remettre tout en cause ou prendre ça comme une aventure de vacances, une union impossible. Le personnage de Matthias est en plein là-dedans, surtout que lui, en plus, est passionné par le chamanisme. Non content de tomber sous le charme de la chanteuse autochtone, il se pique de curiosité et se prend même carrément d'amour pour le peuple Chor. Il veut en savoir plus, toujours un peu plus. Le temps passe et il ne rentre pas en Allemagne. La curiosité cède peu à peu la place à l'idée qu'il pourrait adopter les coutumes, vivre avec eux, rester. Le fond du film, en plus d'être une comédie assez plaisante, c'est : comment survivre dans un autre pays, comment s'adapter à un autre mode de vie quand on vient de si loin. En bref, comment faire coller ses rêves à la réalité. Vaste programme. Pour illustrer le propos, nous avons donc d'un côté Matthias, illuminé allemand un peu puéril qui veut se transformer en Chor ; de l'autre, son traducteur et guide qui est tombé amoureux lors de son séjour en Allemagne et qui ne pense qu'à une chose, y retourner. A ma droite, laisser un super job et se plonger dans le dénuement le plus total par amour, donc par inconscience ; à ma gauche, s'échapper du néant pour entamer une vie meilleure dans une région plus 'développée'. La question de 'qui sont les plus sauvages' et 'qui sont les plus 'intelligents', l'opposition entre le monde moderne et le monde traditionnel, du fait que le film soit une comédie, est traité de façon directe et sans idéalisation de la ruralité. Exit le "bon sauvage", Matthias est confronté à un mode de vie qu'on n'embellit pas pour faire passer un quelconque message romantique sur le retour aux sources. Il se prend les décalages en pleine face. C'est ça qui m'a plu. La fin, du coup, est ce qu'elle est et a le mérite de finir de poser un regard moqueur et attendrissant à la fois sur les Européens qui sautent le pas et lâchent leur confort pour vivre dans des régions reculées du monde, sans internet, sans machine à laver et sans les codes : on le sent venir gros comme une maison et on rit en comprenant que Matthias, le pauvre, il va galérer !

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